HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

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 QUARTIER DU MAARIF, RACONTE PAR JOSE MARIA MORIDO

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Soly Anidjar
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MessageSujet: QUARTIER DU MAARIF, RACONTE PAR JOSE MARIA MORIDO   Lun 19 Mar 2007 - 14:59

QUARTIER DU MAARIF, RACONTE PAR JOSE-MARIA MORIDO.

LE MAARIF A SON ORIGINE :


Ce fut en premier une ferme tenue par un riche agriculteur qui avait sa maison: rue du Ballon d'Alsace angle Boulevard Camille Desmoulins. Il y avait là plusieurs bâtiments, nous connaissons tous la Villa "CHEZ DESCHAMPS" transformée plus tard en "Maison Portuguaise" qui avait accès également par la Place des Halles; cette place en mon temps fut toujours un terrain vague avec des chardons où nous allions jouer au foot juste derrière le marché. Il existe également une villa de Maître rue de l´Átlas au numéro 11 qui date de cette époque avant le Protectorat. Ces terrains étaient traversés à l´Est le long du Bd Jean Courtin (Ex Rte de Mazagan) par l´Oued Bouskoura. Au bord de cet oued se trouvait un four à pain primitif ainsi que le Hammam (bain Turc) l´ensemble avait des murs d´enceinte en terre battue, que l´on pouvait voir en partie, rue du Bourbonnais. Le quartier est fondé en 1911 par trois négociants Anglais les terrains 50 fois moins chers que ceux du centre ville (Voir l´article de Jeanine Nicolas "un quartier de casablanca le Maarif" Cahiers d´outre-mer nº63 Juillet/Septembre 1963) Dans la photo aérienne de 1922 nous y voyons au centre l´Eglise c´est en 1918 que se construit l´Eglise Franciscainne au style "Colonial Espagnol" comme en Californie (voir photo) Le Père Bonaventure Cordonnier (mort en 1946) y dît sa première messe le 15 Septembre 1918 (Les Franciscains furent remplacés par les Salésiens en 1929) devant et dérrière l´Eglise entre la rue du Jura et la rue des Alpes rien, pas de cinémas Monte Carlo et Mondial, pas d´Ecole en Bois, ce terrain devait étre un boulevard avec des jardins au centre, et une belle perspective depuis la route de Mazagan, la spéculation a empéchée la réalisation de ce projet et bien d´autres; il y avait là quelques cent familles qui s´étaient risquées à abandonner la vieille médina (Ville) de Casablanca (Ex Comptoir Portuguais repris par les Espagnols au 18ème siècle, qui obtinrent du Sultan le privilège du commerce); cette ville était une forteresse où l´on fermait les portes au coucher du soleil..... Dans la journée les maraîchers vendaient leurs marchandises, hors murs le long de l´oued. La ville était circonscrite dans l´enceinte de l´ancienne médina, seul le cimetière de Sidi Béliout se trouve en dehors, et le port n´existait pas. L'oued Bouskoura longeait les murs d'enceinte et son embouchure à la mer, la plage de sidi Béliout qui se prolongeait jusqu'aux roches noires.


Mais revenons au Maarif, au début du siècle, nous pouvons dire qu´il se trouvait en zone d´insécurité (Le 30 juillet 1907, massacre d´Européens à Casablanca) et que les quelques européens qui y habitaient ne possédaient qu´un lopin de terre pour planter les légumes et une baraque en bois, et étaient à la merci des pilleurs. Dans "le Maroc pour tous" auteur Luis Cros (Librerie Universelle Paris. 1914) nous trouvons un véritable trésor de statistiques économiques et autres du début du siècle, jusque fin 1913, pour inciter les Français à se rendre au Maroc...extrait: la population musulmane autochtone non assimilable (le vrai musulman ne s´embarrasse pas de nationalité, il est musulman avant tout) et son sol, sujet à l´indivision.... "Je n´impose rien, je ne propose rien, j´expose". Dunoyer. Le Maréchal Lyautey avec le concours de grands urbasnistes, PROST etc... traçât le plan de la ville,le dahir du 16 Avril 1914 (12 joumada 11/1332) relatif aux alignements, plan d´aménagement et d´extension des villes, mît ordre aux implantations incontrolées. Après plusieurs arrêtés municipaux et Viziriels 25 Juillet 1922 fixant le périmètre de la ville, le ler Octobre 1925 Plan général de voirie, et enfin l´arrêté municipal permanent de voirie et construction du 2 Janvier 1952 signé par le Pacha SI HADJ HAMMAD EL MOKRI et A. GRILLET, sous Directeur Chef des Services Municipaux de Casablanca. Voici en quelques mots l´histoire de l´ Urbanisme.

LA POPULATION :


Le Maarif existait déjà en 1912, le Plan Tardif, le géomètre Albert Tardif indique une route qu´il nomme route du Maarif, qui part de la Gare de Ber-Rechid face au camp militaire 1, et près du parc de fourrage, sur cette route se trouve aussi le camp des Zouaves, ce plan est la première esquisse du boulevard circulaire avant la construction du parc Lyautey. En 1922 cette route serà appelée avenue Guinemer jusqu´au croisement avec la rue du capitaine Herve (cette derniére s´appelera rue d´Alger par la suite) à l´emplacement du Consulat d´Espagne aujourd´hui, à cette date le Maarif est bien trâcé et le plan de voirie en cours. Après la toute première migration provisoire et à la suite du plan d´ assenissement (le Maarif étant un marais insalubre au moment des pluies, la venise de Casablanca)le peuplement se fit de déménagements d´Espagnols et Italiens venus du Quartier "Ferme Blanche"(Camp Espagnol, avant 1912); famille CERDAN etc...; les premiers étaient d´origine Oranaise, d´une génération ou deux, ils avaient émigré d´Espagne (Alicante) et avait obtenu la nationalité Française en Algérie vers1890, la seconde migration en importance des Italiens de Tunisie et du Constantinois originaire de Sicile. Nous pouvons dire que plus de 50 % de la population jusqu´à l´indépendance vient de ce substrat social de travailleurs et petits fonctionnaires. Avec l´installation de la C.T.M. et des T.A.C. fin des années vingts, quelques Français de Métropole, des commerçants et fonctionnaires un 15% pas plus, cela fait 65% (2/3). En 1939 (c´est mon cas) des réfugiés politiques de la guerre d´Espagne un autre 15% soit 80%. Le 20% restant des Grecs, des Portugais, des Arméniens, et d´autres ressortissants des Pays de l'Est. Cette tour de Babel, s´entendait en Français (très peux parlaient l´Arabe), les Marocains Musulmans se regroupent dans un quartier mitoyen (le Derb Ghalef).


LE SOCIAL:


Les lois françaises du Protectorat tendaient à favoriser et intégrer les ressortissants de Pays Européens du fait que les Français de souche étaient peu nombreux, ainsi les petits-fils d´émigrés, nés au Maroc, avaient le droit automatiquement à la nationalité Française et sans aucune démarche ni formalité. Par contre, il n´y avait pas de lois sociales ni retraite obligatoire, seuls les fonctionnaires et employés Français de grandes sociétés y avaient droit. La Sécurité Sociale Marocaine fût instaurée en 1961, après l´indépendance de 1956 ; la Caisse d´Aide Social était embryonnaire, les patrons pouvaient faire la loi, avec les travailleurs Marocains (Musulmans) et étrangers.


LE RELIGIEUX: (La petite Sicile, Chicago)

La Population du Maarif était à 90% Catholique, et plus des 2/3 pratiquante, les fêtes religieuses, Nöel, Pâques etc... étaient trés pompeusement célébrées, mais surtout la Saint Jean (Population d´origine Alicantine), et Notre Dame de Trapani 15 Août (Population Siciliène) les feux de Saint Jean et les Processions du 15 Août au Maarif méritent à elles seule un chapitre complet pour les décrires.Les Maarifiens se souvienent certainement des marmites de fèves au camun, et des feux de Saint Jean où la joie et les débordements battaient tous les records. Mais aussi les chants des grandes processions où l´on sortait la Vierge avec clairons et fonfares, enfants de coeur et pénitents qui suivent, des trottoirs bondés de monde pas une seule discordance. Les fagots de chardons étaient cueillis dès le debut du mois de Mai et bien gardés, il y avait rivalité entre une rue et une autre. Les Prêtres étaient des Autorités notables, avec leurs soutanes noires, bien reçus et respectés, bien que dans l´après guerre les troubles sociaux firent progresser quelques groupes d´athés, et certains plaisantins les taquinaient en sifflant le fer à leurs passage, "pitaferro" expression italienne. Néanmoins la J.O.C. et la C.F.T.C. avaient une forte et enviable représentation.

LA PLENITUDE OU APOGÉE :

Le Père LE CAER fit construire une nouvelle Eglise dans les années cinquantes, que nous étions fier de notre clôcher rien ne nous faisaient presager qu´en si peu de temps il resterait muet à jamais.


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MessageSujet: Re: QUARTIER DU MAARIF, RACONTE PAR JOSE MARIA MORIDO   Jeu 8 Jan 2009 - 17:35

Me voici en 1937, dans les bras de mon Père, commandant de la Gendarmerie de Tanger International 1937-1939(Avril) et avec son ordonnance Mohammed "Mokhazni de la Méhalla du Sultan", ce Marocain était un véritable compagnon et Amis de la Famille, tant et si bien que lorsque ma Famille, à la fin de la guerre civile d’Espagne (pour défendre la République 1936/39),la victoire et reconnaissance de Franco, nous nous sommes vus dans l’obligation de partir en exil à Casablanca, par une ordonnance du "Mendoub" TAZI, un Germanophile qui représentait le Sultan dans la ville de Tanger.
Quelques années après, alors que nous étions presque dans l’indigence et mon Père dans la déchéance totale, à la suite de son internement par les Français de Vichy (Noguès), ce Marocain prit le train pour son compte à Tanger, plusieurs fois, pour nous apporter son réconfort moral et son soutien, plus des friandises pour moi et ma petite Soeur.
Une telle action d’amitié et fraternité de s’oublis jamais, et j’en ai la larme aux yeux lorsque ce souvenir me revient à la mémoire.



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