HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

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 LES ANCIENS DE TETOUAN

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Soly Anidjar
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MessageSujet: LES ANCIENS DE TETOUAN   Mer 19 Juil 2006 - 15:28

Rappel du premier message :

C’est en 1912 que commence le protectorat établis par les Espagnols. Il s’étalera sur une période de quarante ans jusqu’à l’indépendance du Maroc en 1956. Tétouan se caractérise par son influence andalouse. L’un des attraits principaux est la médina avec ses maisons blanches et ses toits en céramique verts. Beaucoup de boutiques et d’édifices religieux composent cette ville située au pied des montagnes du rif.
Histoire

Tétouan fut fondée au III siècle av.J.C. par les mauritaniens qui lui donnèrent le nom de Tamuda. Au Ier siècle, la ville passe aux mains des romains qui en font une ville fortifiée. Au XIV siècle, la dynastie des mérinides s’empare du contrôle de Tamuda et bâtit la nouvelle ville Tétouan. Mais son instabilité due à une influence grandissante des pirates et des rebelles entraîne la destruction de Tétouan par Henri III de Castille en 1399.
La population de Tétouan s’agrandit et devient au XVIème siècle majoritairement musulmane et juive. La piraterie disparaît mais la prospérité de Tétouan liée à l’activité pirate décline. Au XVII siècle, la ville occupée par les Espagnols pendant trois ans accroît son activité grâce aux échanges commerciaux avec l’Espagne. Elle devient en 1913 une ville de protectorat espagnol jusqu’à l’indépendance du Maroc en 1956.
Tetouan, capitale des arts classiques et des traditions cuturelles arabo-andalouses. Son histoire est jalonnée d’événements qui confirme ce statut internationalement reconnu pour la colombe du nord. Des raisons socio-historiques sont souvent avancées pour expliquer le penchant avéré des Tétouanais pour l’art arabo-islamique.
Les origines de la ville se perdent dans la nuit des temps, les objets extraits des fouilles datent du IIIème siècle avant notre ère et proviennnent de la ville antique de Tamuda. Les Phéniciens quant à eux établirent en leur temps un comptoir à l’embouchure de l’Oued Martil.
C’est en 1307 que le sultan mérinide Abou Thabet fit construire la ville fortifiée de Tétouan. Le but avoué de ce sultan était d’y construire une base avancée susceptible de récupérer Sebta.
Peuplée de soldats, la ville devint rapidement un nid de redoutables corsaires. Face à leurs incessantes attaques, les Espagnoles débarquèrent à Tétouan et la détruisirent en représailles.
En 1492, la chute de Grenade chasse du Sud de l’Espagne des milliers d’émigrés musulmans qui s’installèrent sur les ruines de la ville : elle renaît alors de ses cendres et connaît un essort fastueux.
Sous le règne de Moulay Ismaïl au XVIIIème siècle, Tétouan connaît un nouveau développement économique dû à ses nombreux échanges avec l’occident.


La médina de Tétouan

Elle occupe aux yeux des spécialistes la première place de toutes les médinas du Maroc. C’est dire son importance, sa qualité et le soin apportés à ne jamais pervertir son authenticité.
Elle a conservé une âme andalouse qui fait d’elle la plus hispano-mauresque des villes marocaines.
Pour y accéder, il suffit de vous rendre sur la place Hassan II (Feddane) ; à l’Est de cette place, sous une porte, débute la rue Hadj Ahmed Torres qui débouche dans la médina.
Le style hispano-mauresque prend ici toute sa dimension, notamment dans les quartiers d’habitation où les grilles en fer forgé des fenêtres donnent toute leur expression à ces épaisses façades immaculées.

Le souk El Hots

Charmante petite place plantée de quelques arbres où vous pourrez goûter des yeux la beauté des poteries exposées sur les étalages.
A quelques mètres de là, la rue des bijoutiers dévoile ses multiples charmes, sous forme de pièces d’artisanat susceptibles de faire succomber les plus exigeants.

Le souk des tanneurs

C'est le marché des tissus. Dans la Médina de Tétouan, la Guersa el Kébira est le domaine des marchand de tissus et de vêtements. Les étoffes chamarrées, unies, précieuses et bordées sont un véritable émerveillement.
Les couleurs et les matières semblent variées à l’infini et composent sous vos yeux un tableau vivant.
Au centre de la place, des femmes du Rif, vêtues de leur costume sont assises derrière des étalages bondés de pièces de tissus rayés rouge, blanc et bleu.
La place de l’Usâa

Sa fontaine de mosaïque, ses maisons blanches et son magnifique rosier vous renderont l’énergie nécessaire à la poursuite de la visite.
En revenant vers la place Hassan II (Feddane), vous remarquerez le Palais Royal bâti au XVIIème siècle. Les importants travaux de restauration qu’il a dû subir au début du XXème siècle n’altérèrent en rien son caractère hispano-mauresque.
De nombreux ateliers ouverts à votre visite perpétuent la tradition du geste et de l’ouvrage soigné à de nombreux enfants très motivés. Ils apprennent ici le tissage, la dinanderie, la gravure sur métaux, le travail et la peinture du bois, la mosaïque ou la céramique pour que vive la tradition.
Les souks de Tétouan rivalisent avec ceux des autres villes. Le souk El Foki est connu sous le nom de "place au pain".
Au milieu, de nombreux étals vous proposent les traditionnelles miches rondes et plates qui dégagent une délicieuse odeur dans tout le quartier. Sur la place Al Jala se dresse le musée archéologique où repose l’histoire antique de la cité : mosaïques de luxe, figurines romaines en bronze, statuettes de déesses, collections numismatiques de la période punique....
En empruntant la route en direction de Sebta, de nombreuses plages de sable doré sont aménagées ainsi que de nombreux hôtels qui ont été conçus avec un souci constant d’intégration dans le paysage.
Les restaurants et les clubs de vacances sont nombreux. Offrez-vous le plaisir de déguster à deux pas de la plage superbe, un magnifique poisson, fraîchement sorti de la mer par ces pêcheurs qui affrontent la mer sur des frêles esquis ou taganabout.
Vous pourrez sans aucun doute passer quelques agréables jours de détente en bord de mer, à Cabo Negro, à Kabila, ou à Marina-Smir, par exemple.


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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: LES ANCIENS DE TETOUAN   Mer 23 Juil 2008 - 22:43

Ces maisons, ainsi que les bâtiments publics, ont longtemps été desservis en eau potable à travers un réseau de canalisations depuis les sources de la ville. Ce réseau, appelé Skundu (déformation de l'espagnol segundo), a été développé par Ali Al Mandari en personne, qui a construit la ville le long d'une ligne de sources prenant naissance au pied du Jbel Dersa. Ce dispositif ingénieux, dont seuls avaient le secret pour des raisons sécuritaires le Gouverneur et l'ingénieur principal de la ville, alimentait toutes les maisons ainsi que les fontaines publiques, les mosquées, les hammams etc. grâce à la topographie en pente de la ville. Bien que très détérioré par les canalisations modernes, certaines maisons gardent encore des fontaines de cette eau limpide.

Outre les maisons tétouanaises, plusieurs mosquées, zaouias et places publiques et commerciales peuvent être visitées: Places: El Feddane (coeur de la ville sur lequel donne le Méchouar), Ghersa El Kébira (place de commerce varié), El Usâa (petite place pittoresque) Rues: Tarrafine (boutiques de bijoux) Mosquées: Al Jamaa Al Kabir (Grande Mosquée) Écoles traditionnelles: Madrasat Lukach, Zaouias: Sidi Ali ben Raissoun, Harraq, Abdellah El Hajj Bakkal,... Souks: Mesdaa (épices, fromages), Saquia El Fouqia (vêtements),...

El Ensanche:

Situé à l'ouest de la Medina, le quartier d'El Ensanche (prononcé Chanti par la population locale) représente le style architectural typique pendant le Protectorat espagnol. Il comporte essentiellement des immeubles de 5 étages avec des commerces au rez-de-chaussée. Certains bâtiments ont été réhabilités dans le cadre du programme de réhabilitation des bâtiments de Tétouan. L'intérieur est de type méditerranéenn, avec un couloir sur lequel s'ouvrent les chambres, les salons et les services. Les bâtiments peuvent être construits en complexe avec un espace vert central (cas de Pabellones de Varela).
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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: LES ANCIENS DE TETOUAN   Mer 23 Juil 2008 - 22:46

Elle dispose de nombreux espaces à caractère culturel:

L'Institut des Beaux-Arts
La Bibliothèque Générale
La Maison de Culture
Le Musée archéologique
Le Conservatoire International de Musique
Les Centres Internationaux de langues (Français, Espagnol, Anglais, Allemand, Hollandais...)
Les grandes Bibliothèques
Des bibliothèques et archives privés (Daoudiya, Bennouna, Torrès)
Sur le plan musical, Tétouan est également un centre de rencontre de plusieurs styles:

- la musique andalouse (Al Aala), principal genre de la ville, anime toutes les occasions festives. Le style classique hérité de l'école de Rabat, a été modernisé par Mohammed El Arbi Temsamani. Les principaux instruments sont le violon, le luth et les percussions (Tar et Derbouka). Le piano et les cuivres (saxophone et clarinette) ont été introduits par Temsamani.

- la musique d'origine algérienne est également présente par ses Qsaid de type Zendani, chantées par Mennana El Kharraz et Zohra Bettioua, surtout lors des réunions féminines.

- la musique rurale montagnarde est représentée par la Taqtouqa, la Aayta et Alala-Yillali. Les instruments principaux sont ici le violon, le luth, le Guembri et les percussions. Un danseur déguisé portant un plateau à thé accompagne presque toujours l'orchestre. Ce style a été modernisé et largement popularisé par Abdessadaq Chqara.

Sur le plan de l'art culinaire, la cuisine tétouanaise est réputée par sa qualité et sa variété. Ses plats, issus de la combinaison de nombreuses recettes (fassies, andalouses, rifaines, algériennes, juives,...), sont réputés à travers le Maroc, notamment avec ses salés-sucrés (poulet aux tomates caramélisées par exemple). La Pastilla tétouanaise, contrairement aux autres régions, ne comporte pas d'amandes. Les pâtisseries comportent des variétés spécifiques comme la Faqqassa, le Bechkettou (Bizcocho) khobza (cake), le Bechkettou pwiwa (cake non levé), les Qfafel, et les Qrachel préparés durant les fêtes de l'Aid, ou des variétés marocaines avec des retouches locales, comme le Kaab el ghazal décoré.

Les quartiers périphériques:

Au cours de la période post-coloniale, la ville a connu un important exode rural, et une expansion des constructions à la périphérie de la ville. Si les maisons des anciens habitants obéissent aux règles de construction tétouanaises modernisées (Bab El Oqla, Ziyyana), les autres maisons n'ont aucun style particulier. Il s'agit en général d'un R + 2 carré, avec commerce au rez-de-chaussé sans décoration. C'est le cas des quartiers de Touilaa (émigrants), Saniat Errmel, Sidi Talha (Barrio Malaga) etc.. D'autres quartiers périphériques, cas de Korat Essbaa, Touilaa haut, Dersa et Samsa sont du type clandestin (constructions sans autorisation). Récemment, la ville a connu une meilleure planification, matérialisée par le développement de bâtiments modernes de 10 étages, situés surtout le long de l'avenue des FAR, et des zones de villas au sud de l'aéroport.

Économie:

Longtemps liée au commerce international à travers le port de Martil, l'économie actuelle de Tétouan repose essentiellement sur le petit commerce et le tourisme balnéaire à clientèle surtout marocaine.

Les unités industrielles, cantonnées au Quartier industriel de Martil, sont peu nombreuses et modestes. Cependant, plusieurs briquetteries sont installées dans la plaine de Martil sur la route de Oued Laou. De même, la région abrite une importante unité de production de ciment ainsi que de nombreuses carrières et d'unités de concassage, qui alimentant la région en matériaux de construction.

L'infrastructure hôtelière a connu ces dernières années une croissance rapide. Une partie de la population vit encore du commerce de produits de contrebande ramenés de Ceuta, mais cette activité connaît un déclin notable en raison de l'amélioration de la qualité des produits marocains. Faute de travail, une grande partie des jeunes ont émigré vers l'Europe, en particulier vers l'Espagne, les Pays-Bas et l'Allemagne.

Le développement de Tétouan s'articule aussi autour de:

L'autoroute Tétouan - Fnideq
L'autoroute Tétouan - Tanger
Le port Tanger Med et sa zone franche Oued Negro à Fnideq
Les investissements étrangers directs des groupes mondiaux dans les secteurs touristiques, notamment le géant espagnol FADESA
Les transferts des marocains résidents à l'étranger
La proximité géographique de L'Europe

Culture et art:

Tétouan est d'abord un centre universitaire puisqu'elle abrite la Présidence de l'Université Abdelmalek Saadi (à Martil), la Faculté des Sciences (Tétouan), la Faculté de Lettres et Sciences humaines et la Faculté de Droit (à Martil), qui accueillent les étudiants des régions de Tanger, Tétouan, Larache, Chefchaouen, ainsi que l'École Normale Supérieure (Martil).
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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: LES ANCIENS DE TETOUAN   Mer 23 Juil 2008 - 22:50

Festivals:

Festival International du Cinéma Méditerranéen de Tétouan.
Festival International de Luth de Tétouan.
Festival International de la Bande Dessinée.

Sites naturels et loisirs:

Tétouan était réputée par ses sites naturels autour de la ville et dans la région. Les anciens se rappellent bien les nzaha à Kitane, Dardara, Bousemlal, Martil, Groura (actuel Cabo Negro), Sidi Abdesslam d'El Bhar... L'urbanisation de la ville et des localités à proximité (Martil, Mdiq, et généralement la zone côtière) a conduit à la disparition de la plupart des sites, et les amateurs de la Nature se tournent actuellement vers la région de Chefchaouen (Akchour, Talasemtane).

Cependant, quelques sites sont provisoirement à l'abri de l'urbanisation galopante, comme la lagune de Smir, qui est une zone humide protégée par la Convention de Ramsar. Ce site accueille de nombreuses espèces d'oiseaux migrateurs pendant leur traversée du Détroit. D'autres sites naturels sont localisés au Sud de la ville, sur les routes d'Oued Laou et de Chaouen. On y pratique des randonnées pédestres ainsi que la chasse (lièvre, perdrix, sanglier).

http://marocguide.blog.ca/?tag=ace34
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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: LES ANCIENS DE TETOUAN   Mer 23 Juil 2008 - 22:53

Tétouan a eu une importance particulière durant la période islamique, à partir du VIIIe siècle, comme principal point de jonction entre le Maroc et l'Andalousie. Après la Reconquête, la ville a été reconstruite par des réfugiés revenus dans cette région après avoir été chassés par les Espagnols. Cela est visible dans l'architecture et l'art qui témoignent de fortes influences andalouses. C'est l'une des plus petites médinas marocaines, mais sans aucun doute la plus complète, dont, ultérieurement, la majorité des bâtiments sont restés à l'écart des influences extérieures.

Justification d'inscription
Le Comité a décidé d'inscrire la Médina de Tétouan (ancienne Titawin) sur la base des critères (ii), (iv) et (v), considérant qu'elle est un exemple complet et exceptionnellement bien préservé de ce type de cité historique, présentant toutes les caractéristiques de la haute culture andalouse.

http://whc.unesco.org/fr/list/837/
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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: LES ANCIENS DE TETOUAN   Lun 11 Aoû 2008 - 7:17

Bonjour Tetouan la ville qui m'a vu naitre, merci Rigallor pour m'avoir amener un souffle de mon enfance.
Elias el nino de Tetouan.
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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: LES ANCIENS DE TETOUAN   Dim 14 Sep 2008 - 14:17

http://www.maroc-panoramique.com/tetouan-dans-le-mellah/#


Chers Tetouanis voici un site que je viens de decouvrir
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Soly Anidjar
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MessageSujet: Re: LES ANCIENS DE TETOUAN   Lun 22 Déc 2008 - 20:54

Histoire des Juifs de Tétouan

Tétouan (anciennement Tamuda), détruite par les Espagnols en 1399, est reconstruite à la fin du 15è siècle grâce à l'arrivée de juifs et de musulmans fuyant l'Inquisition. La communauté juive de la ville a donc la particularité d'être entièrement séfarade et hispanophone - comme en témoignent la majorité des grandes familles de Tétouan: Abudaraham, Almosnino, Bendelac, Bibas, Cazès, Coriat, Crudo, Falcon, Hadida, Nahon, Taurel... Développement économique et rayonnement spirituel
Cette communauté se développe et s'épanouit au cours du 16è siècle, participant très activement à la prospérité de Tétouan qui devient alors un important port d'échanges, un des principaux centres de commerce avec l'Occident et le siège des ambassades étrangères. De nombreux juifs jouent un rôle majeur dans la vie commerciale de la cité et multiplient les contacts avec l'Empire ottoman (la Palestine en particulier), le Maghreb, Livourne, Londres, Amsterdam, Gibraltar et, bien sûr, avec l'Espagne. Vers la fin du siècle, elle accueille des marranes portugais ainsi que des juifs venus d'autres villes du Maroc et elle poursuit son développement. La communauté de Tétouan est également rayonnante sur le plan spirituel. En 1530, R Hayyim Bibas, arrivé à Fez alors qu'il était encore enfant, avec sa famille fuyant l'Inquisition espagnole, est invité à venir la diriger. Quelques années plus tard, il fonde avec son fils une yeshivah qui deviendra célèbre dans toute l'Afrique du Nord et même au- delà. Même si la splendide synagogue Bibas est détruite lors de la rébellion de 1610, on compte sept synagogues à Tétouan en 1727. Au 19è siècle, la communauté de la ville vénère le dayyan R.Isaac ben Walid, auteur de Va Yomer Yitzhak qui constitue une source de renseignements extrêmement précieuse sur l'histoire sociale, économique et religieusede juifs de Tétouan. Cet érudit sera l'un des plus grands soutiens de l'entreprise scolaire de l'Alliance.



L'ambiguïté des autorités
Les 17è et 18è siècles sont marqués par une politique ambiguë des autorités vis- à - vis des juifs. Le sultan leur impose de très lourdes taxes et nombre d'entre eux sont victimes des violences antijuives qui se déchaînent en 1655. Mais d'autre part, lorsque tous les représentants d 'étrangers sont expulsés de la ville, en 1772, des juifs deviennent représentants consulaires de divers pays européens et sont donc, même indirectement, des interlocuteurs du pouvoir. En 1790 portant, de nouvelles exactions ont lieu contre des habitations juives.
L'année 1808 marque une date- clé, puisqu'un décret d'expulsion de tous les juifs de la ville est promulgué, afin de faire de Tétouan une cité exclusivement musulmane. Une délégation de la communauté se rend à Fez pour tenter de plaider sa cause, mais elle obtient seulement l'autorisation pour les juifs de construire leurs propres quartiers en dehors des limites de la ville: c'est le début du développement de la Juderia, le quartier juif de Tétouan. La ségrégation spatiale s'accompagne de mesures de marginalisation sociale et professionnelle puisque certains métiers sont désormais interdits aux juifs, contraints par ailleurs de porter un vêtement distinctif noir et fréquemment victimes de bastonnades. Ainsi privés de ressources, les juifs de Tétouan s'appauvrissent considérablement. La plupart des 9000 âmes qui composent la communauté au milieu du 19è siècle sont réduites à la misère. Aussi l'émigration s'amplifie-t-elle de manière spectaculaire - vers Mellila, Gibraltar, Oran, mais aussi en direction de contrées plus lointaines: nombreux sont les juifs de Tétouan à aller s'établir à Buenos-Aires, Rio de Janeiro, Lima ou Caracas...



Retrouvailles historiques avec l'Espagne
Le 6 février 1860, les Espagnols conquièrent Tétouan. Les juifs, qui ont subi deux jours plus tôt de nouvelles violences, les accueillent avec enthousiasme. "Ce jour-là, historique à plus d'un titre, Espagnols et Séfarades se retrouvaient face à face", écrit Sarah Leibovici, spécialiste de l'histoire des juifs de Tétouan. L'occupation espagnole de la ville ne dure que deux ans, puisqu'elle prend fin le 2 mai 1862, mais elle redonne aux juifs un sentiment de sécurité et d'espoir d'un avenir meilleur. Ils jouissent désormais de la liberté religieuse et culturelle et participent au conseil mixte récemment mis en place, où juifs et musulmans se réunissent à parité. Attirés par la possibilité d'un meilleur niveau de vie, des juifs des villes de l'intérieur s'installent à Tétouan.
L'embellie est malheureusement de courte durée. En1867 et 1868, les attaquent de tribus montagnardes, de pirates du Rif, remettent en cause la sécurité des habitants de Tétouan, dont une partie est décimée par des épidémies. La sécheresse frappe la région. Le mouvement migratoire des juifs de Tétouan s'amplifie encore.

En 1912, Tétouan passe de nouveau sous domination espagnole et le sort des juifs connaît une nette amélioration. La Couronne protège officiellement les institutions juives, l'obligation faite aux juifs de résider dans la Juderia est assouplie et il leur est désormais possible d'acquérir des maisons dans les divers quartiers de la ville. Par ailleurs, les taxes spéciales que les juifs devaient acquitter sont abolies. L'accession du franquisme entraîne toutefois une certaine dégradation de la vie des juifs de Tétouan, sur le plan économique en tout cas.



La fin d'une histoire...
Avec l'indépendance du Maroc, Tétouan devient marocaine. De nombreux juifs optent pour le départ, notamment en direction de Ceuta et de Mellila restées sous contrôle espagnol. Le recensement de 1960 fait apparaître la présence de 3103 juifs à Tétouan. Une nouvelle vague d'émigration se développe après la Guerre des Six Jours, cette fois vers Israël. Il reste environ mille juifs à Tétouan en 1968. Au début des années 1990, on ne comptait guère plus de deux cents juifs à Tétouan..
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dfuf
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MessageSujet: foto de tetouan   Mar 10 Mar 2009 - 1:07

[b]muy contento de encontrar gente que formo parte de nuestra sociedad tetuani y muy contento por vuestro carino y amor a nuestra ciudad y sobre todo a ti soly anidjar.quiero enviarte mas fotos de tetuan tomadas por mi y te los enviare para meterlas en tu blog si quieres contactame a esta direccion
dfoufjawad@hotmail.com
gracias por tu carino a tu ciudad natal que se llama tambien la pequena jerusalem.
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anonyme7
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MessageSujet: Manger du poisson à Tetouan   Mar 7 Avr 2009 - 10:59

Bonjour

J'ai lu votre message, j'aimerai SVP me renseigner sur un bon restaurant qui propose du bon poisson à Tetouan

Merci
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sara ser
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MessageSujet: Re: LES ANCIENS DE TETOUAN   Dim 12 Avr 2009 - 6:45

MERCI
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samira el yousfi



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MessageSujet: Re: LES ANCIENS DE TETOUAN   Dim 24 Mai 2009 - 19:11

bonsoir,les photos de rigallor sur tétouan sont bien mais il aurait pu mettre le nom de chaque quartier ou légendes sous les photos de l'ancienne médina ;les "d'rouba" se ressemblent et on n'arrive pas à les distinguer;j'aurais bien aimé voir le quartier de mes grand-parents "Trankat" juste en montant les escaliers,la ruelle sans sortie en face.
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Mercedes Barcessat
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MessageSujet: LES ANCIENS DE TETOUAN   Lun 25 Mai 2009 - 6:57

MERCI ELIAS BENZAQUEN POUR CE REPORTAGE DETAILLE ET PITORESQUE DE TETOUAN.
PERSONELEMENT JE N'AI FAIT QUE DE BREFS VOYAGES A TETOUAN, MAIS EN LISANT TOUT CA CELA M'A RAMENE BEAUCOUP DE MEMOIRES. EN PLUS QUE MON ARRIERE GRAND MERE MATERNELLE ETAIT TETAOUNI ET BENZAQUEN.

SALUDOS

MERCEDES
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Soly Anidjar
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MessageSujet: Re: LES ANCIENS DE TETOUAN   Dim 7 Mar 2010 - 18:08



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Soly Anidjar
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MessageSujet: Re: LES ANCIENS DE TETOUAN   Lun 19 Nov 2012 - 12:02



Arenes de Tetouan.
Plaza de toros de Tetuan


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MessageSujet: Re: LES ANCIENS DE TETOUAN   Aujourd'hui à 17:17

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LES ANCIENS DE TETOUAN
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