HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

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 L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC

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Soly Anidjar
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MessageSujet: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 30 Jan 2007 - 16:54

L’histoire des Juifs au Maroc

L’histoire des Juifs au Maroc évolue au rythme de celle de ce pays, lequel a connu de nombreux flux et reflux de population au cours des siècles : les Berbères et les Romains, les Vandales et les Byzantins, puis les Arabes. Une longue saga, parfois douloureuse. Mais concernant la communauté juive, d’autres éléments spécifiques ont également eu leur importance : la destruction du Second Temple qui a entrainé un éparpillement des Juifs de par le monde « civilisé » de l’époque, et bien plus tard, l’expulsion des Juifs d’Espagne, qui a profondément changé la structure du judaïsme européen et nord-africain.

Dans ce premier volet de notre dossier spécial, c'est l’histoire globale de la communauté juive du Maroc que nous voudrions retracer.

Nous allons nous pencher sur une première période d'une présence juive au Maroc, pour lesquelles les légendes sont plus nombreuses que les faits établis. Avec l'installation des Romains, les informations se précisent, et en un troisième temps, c'est l'histoire des Juifs sous les diverses dynasties musulmanes qui sera abordée

I. La première période de l’exil des Juifs au Maroc
On parle d'une présence juive au Maroc dès l’époque du Premier Temple. Nous tenterons d’éclaircir dans ce chapitre si cela est plausible.

A cette époque, ils auraient rencontré sur place une peuplade elle aussi venue d’ailleurs, les Berbères. L’origine précise des Berbères reste encore floue de nos jours, malgré de nombreuses recherches ; aucune réponse définitive n’a été apportée. Cette question intrigue beaucoup les Berbères d’aujourd’hui, à la recherche de leur identité. Il se peut que nos sources, en retraçant le parcours des Juifs du Maroc, puissent aussi contribuer à éclaircir cette « énigme ».

Quant aux relations entre les deux peuples, les historiens restent partagés sur le sujet ; il semble de même qu’une analyse toranique permette d’y voir plus clair.

Des Juifs en Afrique du Nord à l’époque du Premier Temple –Mythe ou réalité ?

S’il est incontestable que les Juifs soient arrivés en Afrique du Nord après la destruction du Second Temple (3828/68), quand Rome a dispersé les vaincus dans l’ensemble du pourtour méditerranéen, certains historiens prétendent que l’on trouve déjà trace de Juifs installés dans ces contrées avant même l’exil, dès la période du Premier Temple (entre 2928/-832 et 3338/-4221). Cela parait assez surprenant, lorsqu’on sait que les Juifs sont entrés en Terre sainte avec Yéhochoua‘ (2488/-1272), et qu’ils y ont a priori vécu jusqu’à la destruction du Premier Temple, en 3338/-422, date de l’exil. A la suite de cette catastrophe, les prophéties indiquent que c’est en Assyrie que les Juifs ont été exilés, et non point dans le
pourtour du bassin méditerranéen.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 30 Jan 2007 - 16:56

Pourtant il est vrai qu’on trouve également d’autres traditions, selon lesquelles certains Juifs vivaient déjà en dehors d’Erets Israël à la période du Premier Temple tant au Yémen, qu’en Allemagne, en Tunisie et en Espagne2.

En vérité, le prophète ‘Ovadya (3183/-577 – 3199/-561), qui vécut du temps du roi d’Israël A’hav et sauva une partie des autres prophètes de la furie de ce roi et de son épouse Isabelle, fille du roi de Tsidon, parle déjà de l’exil des enfants d’Israël. Il écrit (verset 20) : « Et cet exil qui commence de cette légion d’enfants d’Israël, qui sont chez les Cananéens jusqu’à Tsarfath,(FRANCE) et l’exil de Jérusalem qui se trouve en Sefarad (ESPAGNE)». L’expression « qui commence » signifie-t-elle que le prophète parle de sa réalité contemporaine ? Certains commentaires abondent dans ce sens, ainsi que nous allons le constater.

La plupart des auteurs localisent « Tsarfath » en France, et « Sefarad » en "Ispania", en Espagne (Yonathan ben 'Ouziel).


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 30 Jan 2007 - 16:59

Pour le Ibn ‘Ezra et le Radaq, le point de départ de cet exil se situe à la destruction du Second Temple, et la prophétie en question concernera une période bien plus tardive que celle de ‘Ovadya.

Rachi, en revanche, explique que la « légion des enfants d’Israël » sont « celle des dix tribus qui furent exilées au pays des Cananéens jusqu’à Tsarfath ». Il s’agirait donc là de l’exode des tribus perdues, qui se déroula avant même la destruction du premier Temple : cet exil a commencé 155 ans avant la fin de cette période, en 3205/-555. Il a débuté par une première phase, à savoir l’exil de la tribu de Naftali sous Sanhériv, en 3187/-573 ; il a continué en 3195/-565, avec le départ des tribus habitant du côté oriental du Jourdain, puis a été achevé en 3205/555 avec l’exil du reste des dix tribus par le roi d’Assyrie. En 3213/-547, Sanhériv, roi d’Assyrie, a également tenté d’exiler la tribu de Yéhouda, mais la prière du roi 'Hizqiyahou a été agréée et un grand miracle a permis la destruction de l’armée assyrienne.

Notons que la Guémara (Sanhédrin 94a) offre un argument favorable à propos de l’exil des dix tribus : « Mar Zoutra a dit [que ces tribus ont été exilées] en Afrique ».


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 30 Jan 2007 - 17:00

Le commentaire de Rachi du verset du prophète ‘Ovadya est moins clair au sujet de "l’exil de Jérusalem" : « Il s’agit de ceux des Judéens qui furent exilés en Espagne ». Cette seconde partie du commentaire du Maître de Troyes laisse place au doute : s’agit-il des Judéens exilés après la destruction du Premier Temple, donc postérieurement aux dix tribus ? Rappelons toutefois que les sources ne parlent que de l’exode des Judéens vers Babylone... Il pourrait aussi s’agir, comme c’est plus vraisemblable, des Judéens exilés suite à la victoire des Romains.

Pourtant le rav Yits'haq Abrabanel affirme que l’exil des « Judéens » est celui qui suivit la destruction du premier Temple : « L’expression "exil de Jérusalem qui se trouve en Sefarad" est très précise, car après la destruction du premier Temple, certains des Bné Yéhouda [NDLR : Et non point des exilés des dix tribus perdues] se sont en effet installés en Espagne emmenés par Pyrrhos3, roi d’Espagne. Il les a installés dans deux contrées : à Lucena, qui était une grande ville d’Andalousie dépendante du royaume de Castille, et dans la région de Tolède, comme j’en ai déjà fait mention à la fin du livre des Rois4 ».

Le prophète reproche à certains peuples, notamment ceux des villes de Tsour et de Sidon au Liban, d’avoir disséminé les enfants d’Israël parmi les Nations (Yoël 2,2 et 4 et 'Amos 1,9-10). Une partie des enfants d’Israël, au moment de l’exil des tribus, a donc été déportée par les Phéniciens. Le circuit de leurs pérégrinations serait bien connu...

En conséquence, la présence de Juifs au Maroc à une date tellement ancienne pourrait s’expliquer comme cette des Juifs d’Espagne, à savoir l’arrivée de Juifs ayant fui de la tribu de Judée suite à la destruction du Premier Temple, et qui n’auraient pas été exilés en Assyrie. Autre possibilité : ce serait des Juifs issus des dix tribus perdues, qui se seraient installés en Afrique du Nord encore plus antérieurement. Cette seconde éventualité faciliterait le travail de ceux qui recherchent encore à ce jour les traces des tribus perdues, même si elle parait sujette à caution aux yeux de beaucoup… Si on la suit sans réserve, cette version signifierait que l’ensemble de ces dix tribus perdues se retrouveraient purement et simplement parmi les Juifs du Maroc ou d’Espagne...


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 30 Jan 2007 - 17:02

Les preuves réellement tangibles de la présence juive dans ces pays datent plutôt de la période suivant la destruction du Second Temple5 ! On trouve notamment trace d’une personnalité de la stature de rabbi‘Aqiva, visitant les grandes communautés d’Afrique (Roch haChana 26a6).

Plusieurs de nos Sages sont nés à Carthage, donc en Tunisie : rav Yits'haq, rav 'Hanan et rav A’ha7. Notons que ces Sages ont vécu après la destruction du Second Temple.

Le reste repose sur des traditions moins précises. Le rav Y. M. Tolédano en rapporte une voulant que les Juifs vivant du Sahara marocain s’y déjà soient installés du temps du roi Chélomo8, quand leurs ancêtres cherchaient de l’or dans ces parages fréquentés par les marchands phéniciens.

Une autre tradition veut que l’on ait trouvé dans un village du Maroc une stèle où était gravé : « Yoav, le dirigeant de l’armée, a poursuivi jusqu’à ici les Philistins »9. Cet endroit est nommé « 'Hadjr Souliman » (pierre de Chélomo).

Quand Mar Zoutra, dans la Guémara citée plus haut, admet que les dix tribus se sont, au moins partiellement, retrouvées en Afrique – ce qui confirmerait l’avis du rav Abrabanel précité plus haut –, il ajoute que les Juifs ont médit d‘Erets Israël. Arrivés au Sous, ils ont déclaré que cet endroit était aussi valable que leur pays ; ils ont comparé Almin à Jérusalem (cf. Rachi), et ils ont dit qu’un lieu dénommé « Sous double » était deux fois mieux que leur pays d’origine10. Le rav Y. M. Tolédano affirme que cet endroit est situé à l’extrémité sud-ouest du Maroc, et est connu comme étant un site habité dans les temps anciens.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 30 Jan 2007 - 17:04

Les Juifs d’Ifrane (ou Oufrane), une ville du Sud du Maroc11, ont une tradition selon laquelle ils descendent de la tribu d’Efraïm, l’une des dix tribus exilées12. Ils seraient même parvenus à établir un royaume, dont le premier souverain s’appelait Avraham haEfrati. Ils auraient refusé d’obéir au prophète ‘Ezra leur demandant de revenir en Terre sainte pour construire le Second Temple et leur souveraineté se serait dissipée avec le temps. Le nom de famille Afriath proviendrait de ce nom de Efrati.

Si nous admettons que des Juifs soient déjà installés au Maroc en des temps si anciens, évoquons à présent le peuple qu’ils y ont trouvé, à savoir les Berbères, qui formaient alors l’un des principaux groupes de population de l’Afrique du Nord.

Rencontre avec les autochtones : les Berbères
En ces siècles-là13, les Berbères prennent pied en Afrique du Nord, de l’Egypte jusqu’aux îles Canaries, à l’ouest du Maroc, côté Atlantique, arrivant en Espagne, où ils seront désignés comme les Ibères. En Algérie, on les appellera les Kabyles. A leur âge d’or, ils occupent la quasi-totalité de l’Afrique du Nord, des îles de la Méditerranée occidentale et des côtes de l’Espagne, et leur capitale est Carthage.

De nos jours, les Berbères forment encore une partie importante de la population marocaine, et comptent plusieurs dizaines de millions de personnes à travers toute l’Afrique du Nord. Ils ont encore leur culture propre, leur musique spécifique, et combattent pour conserver leur identité. La tendance actuelle de leurs descendants à retrouver leurs racines berbères laisse entendre qu’elles ont fortement été perdues avec le temps et avec les pressions assimilatrices des gouvernements nationalistes arabes de la région.

D’où viennent les Berbères ? La question a fait l’objet de nombreuses recherches, sans qu’une réponse tranchée n'ait pu être apportée.

Le nom de « Berbères » qui leur est attribué ne permet pas d’identifier leur origine : il provient du grec « barbaroï », qui donne Barbares en latin, et Berbère en français, et signifie « gens dont on ne comprend pas la langue14 »…


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 30 Jan 2007 - 17:18

On admet souvent que Les berberes n’étaient autres que des marins valeureux qui s’étaient déployés dans toute la Méditerranée pour y installer des comptoirs commerciaux. Leur capitale de l’époque, Carthage, fut détruite par les Romains en -149, avant d’être reconstruite par César et détruite à nouveau par les Vandales en 440. Elle retrouvera sa gloire grâce à Justinien, mais finira par tomber en désuétude. Son site archéologique se trouve à proximité de Tunis.

On raconte que des milliers de berberes se sont convertis au judaime au Maroc apres la période du Premier Temple.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 30 Jan 2007 - 17:28

Avant l'émigration massive vers Israël, l'Europe et l'Amérique du Nord, il existait de nombreux groupes juifs au Maroc. Si, dans les villes, ces communautés habitaient dans des quartiers "réservés" appelés mellahs, il existait également de nombreuses communautés qui vivaient au sein de tribus amazighes. Ces communautés parlaient amazigh et empruntaient aux groupes voisins (Berbères musulmans) des formes d'organisation sociale ainsi que certains rites.
Le dossier que nous mettons en ligne traite des différents problèmes inhérents à ces communautés qui constituent encore des études sur le judaïsme marocain.
La polémique sur leur origine (la Palestine, l'Espagne ou tout simplement des Amazighs judaïsés ?) est abordée, ainsi que les fonctions que le berbère remplit dans leur pratique langagière et les traits qui les distinguent des groupes juifs arabophones.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 30 Jan 2007 - 17:31

Les Juifs berbérophones des pays chleuh et tamazight avaient, avec leurs dialectes vivants et un folklore qui n'a rien à envier à celui de leurs voisins, une littérature orale traditionnelle et religieuse . Dans la vallée de l'Atlas, dans le Sous et aux confins sahariens (comme aussi, semble-t-il, dans certaines contrées algériennes et tunisiennes), ils constituaient naguère de petites communautés groupées dans des mellahs et établies là depuis des siècles sinon un ou deux millénaires. Aujourd'hui, on n'en trouve guère de trace, ou presque pas ; depuis l'indépendance du Maroc, ils ont immigré en bloc en Israël, dans la ville d'Ashquelon, et dans une ville au nord du pays.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 30 Jan 2007 - 17:33

Laissons de côté le problème de l'origine de ces communautés et l'hypothèse très controversée de la « judaïsation des Berbères » il nous importe de savoir que le berbère a été, jusqu’à ces dernières années, l’une des langues vernaculaires des communautés juives vivant dans la montagne marocaine et le Sud du pays. La plupart d’entre elles étaient bilingues (berbéro-arabophones) ; d’autres semblent avoir été exclusivement berbérophones, comme à Tifnut ; de cette dernière catégorie, nous connaissons quelques individus isolés, immigrés en Israël et repérés à Ashquelon


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 30 Jan 2007 - 17:37

Sur la distribution géographique des communautés juives du Maroc, notamment dans l’Atlas et le Sud marocain, et sur les migrations internes de leurs populations,
sur les Juifs du Dadès et les autres communautés berbérophones, voir ibid.
Dans la vallée du Todgha (Tinghir), dans la région de Tiznit (Wijjan, Asaka), de Ouarzazate (Imini), à Ufran de l’Anti-Atlas, à Illigh et ailleurs
seulement le berbère était un parler juif de communication dans le milieu familial, social et économique et dans les contacts avec les autres groupes ethniques et confessionnels, mais il constituait aussi, à côté de l’hébreu, la langue de culture et de l’enseignement traditionnel qui l’utilisait pour l’explication et la traduction des textes sacrés comme le judéo-arabe ou le vieux castillan dans les communautés de langue arabe ou d’origine hispanique ; certaines prières, les bénédictions de la Torah entre autres, étaient dites uniquement en berbère, dont le rôle est attesté dans la liturgie pascale, ainsi que nous allons le voir.

Une documentation écrite et sonore sur le folklore et la vie intellectuelle de ces communautés berbérophones a été réunie : quelques textes bibliques dans leur version hébraïque et berbère, cantiques liturgiques et chants de fêtes qui marquent les grands moments de l’existence juive (circoncision, bar-mitsva, mariage, etc.) et notamment la Haggada de Pesah, la pièce la plus importante et la plus précieuse de notre collection et qui présente à nos yeux un intérêt capital pour la connaissance des traditions linguistiques et culturelles d’un monde trop peu exploré quand il en était encore temps, appartenant à une diaspora longtemps ignorée et désormais irrévocablement disparue.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 5 Mar 2007 - 17:30

Pendant plus de 1200 ans, Juifs et Musulmans ont cohabité au Maroc et ont coopéré à l'épanouissement de ses richesses physiques et culturelles et à l'élaboration de ses splendeurs artistiques. Ce site qui est consacré à l'illustration et à la diffusion de la culture juive au Maroc entend témoigner de cette coopération et de cette imbrication des hommes et des sensibilités et en montrer les différentes facettes et les différentes phases de son épanouissement pendant plus de mille ans sur la terre marocaine. Bien sûr, il ne saurait être question de retracer ici exhaustivement les aléas et les aventures de cette créativité et de cette expérience de vie communes, mais seulement d'en rappeler les conditions majeures et les grands courants qui ont permis le déploiement de ces richesses aussi bien matérielles que spirituelles. A travers cette rétrospective, ce sont aussi quelques aspects significatifs de la culture juive et de l'expérience juive au Maroc qui seront abordés, à partir notamment de l'expérience juive à Fès, qui était à maints égards exemplaire pour le devenir des autres communautés judéo-marocaines.
L'exemple de Fès
Dès sa fondation au début du IXème siècle par les Idrissides, c'est la communauté juive de Fès qui a représenté cette étroite imbrication sociale et culturelle entre Juifs et Musulmans et qui a été le théâtre premier des heurs et malheurs successifs qui ont marqué l'évolution de ces rapports jusqu'à nos jours. Au Xème et au XIème siècles, elle a servi de berceau à une grande école de grammaire et de poétique hébraïques ainsi qu'à une école talmudique notoire, celle de Rabbi Yishaq Alfassi (1013-1103), dont l'influence directe sur le développement de l'Âge d'Or judéo-espagnol n'est plus à démontrer. A cause de sa proximité aux sources du pouvoir, elle a dû être aussi le creuset premier où se sont développés les arts et les techniques de la bijouterie juive au Maroc, métier où ont brillé presque exclusivement les Juifs du monde arabo-musulman, pour des raisons concernant la revalorisation des métaux précieux après leur transformation en objets rares, ce qui posait un problème d'usure pour la loi islamique. Au XIIème siècle, elle a été la première aussi à avoir subi les effroyables dilemmes posés par le fondamentalisme des Almohades aux différentes communautés d'Afrique du Nord et d'Espagne, forcées de choisir entre la conversion à l'Islam ou la mort. La plus grande partie de la communauté avait choisi alors d'épouser l'Islam pour assurer sa survie tout en maintenant en cachette une pratique tenace du judaïsme, ce qui lui a permis de recouvrer sa foi ancestrale une fois abolie la dynastie almohade dans le troisième quart du XIIIème siècle et une fois assuré l'avènement des Mérinides. Ces derniers souverains, plus modérés et plus pragmatiques, se remirent à employer à leurs services des médecins et des courtisans juifs et prirent la protection des communautés juives, qui purent ainsi reprendre progressivement leur vie juive normale. Sous les Almohades, la communauté à moitié islamisée fut aussi la première à devoir porter dès le début du XIIIème siècle des vêtements et des signes distinctifs pour l'isoler des Musulmans de souche, ce qui engendra les traditions du costume juif marocain, où le noir devait figurer obligatoirement dans tous les vêtements supérieurs masculins.
En 1438, la communauté fut aussi la première à devoir se regrouper dans un quartier spécial situé près du palais royal, le Mellah, devenu peu après le nom emblématique de tous les autres quartiers qui ont été réservés depuis lors jusqu'au XIXème siècle à la population juive des grandes cités marocaines, en dehors de Tanger et de Mazagan. L'architecture spéciale et les problèmes d'assainissement et d'élargissement de ces quartiers tiennent beaucoup de ces origines coercitives, encore que la protection plus aisée des vies juives et des biens juifs fût souvent invoquée pour expliquer leur installation. Les noms de famille juifs que portent encore de nos jours de nombreuses familles musulmanes de Fès, appelées les Beldiyin [=les citadins de souche], témoignent aujourd'hui encore des fréquentes vagues de conversion qui ont endeuillé la communauté, notamment en 1468, lorsque des émeutes ensanglantèrent la communauté après l'assassinat du premier vizir juif, Haroun Bettach, du souverain Watasside et de ce dernier aussi. La communauté de Fès fut aussi celle qui, proportionnellement, intégra à la fin du XVIème siècle le plus de megorashim, venus trouver refuge au Maroc après leur expulsion d'Espagne (en 1492) et du Portugal (en 1497), ce qui lui permit de reprendre son rôle de guide et de leader pour l'ensemble des autres communautés juives marocaines jusqu'à la fin du XIXème siècle au moins. La communauté fut aussi à la pointe de la réceptivité aux nouveaux courants modernes de la vie juive après l'ouverture de l'école locale de l'Alliance Israélite Universelle à la fin du XIXème et après l'établissement du Protectorat français en 1912. A l'occasion de cet événement, le Mellah de Fès fut de nouveau saccagé et meurtri par des émeutiers en lutte contre les Français. Ils y laissèrent près de 50 morts et quelque 250 blessés ainsi qu'un grand nombre de maisons détruites. La communauté de Fès se remit assez vite de ce pogrome, nommé at-trittel, et la jeune génération épousa avec enthousiasme les voies ouvertes par l'éducation moderne, y compris les études supérieures en France. C'est ainsi qu'elle fut la première communauté, avec Tanger peut-être, à avoir envoyé des jeunes provenant des grandes familles de rabbins et de commerçants faire des études supérieures en France et à former les premiers avocats et les premiers médecins juifs du Maroc. La réussite à Fès de cette émancipation par la formation universitaire fut telle que l'on peut compter aujourd'hui sur le bout des doigts des figures rabbiniques de marque parmi les descendants des grands rabbins d'origine castillane, qui avaient présidé aux destinées religieuses et spirituelles du judaïsme marocain pendant plus de quatre siècles. La joie de vivre proverbiale des Juifs fassis et l'enrôlement précoce des enfants de l'élite communautaire dans les rouages de la modernité contribuèrent à sa transformation radicale au XXème siècle, encore que la grande masse de la population juive conservât ses traditions ancestrales et préférât immigrer en Israël. Là aussi, en ce qui concerne aussi bien l'élite communautaire que les grandes masses masculines et féminines, elle représente, significativement mais précocement, le cheminement qu'ont connu les autres communautés urbaines du Maroc.
Les 4 cultures communautaires
L'arrivée des Juifs d'Espagne et leur installation dans un grand nombre de communautés urbaines ou portuaires, y compris au nord du Maroc, où ils formèrent des communautés judéo-hispanophones presque homogènes, ont généré une diversification et un enrichissement de l'expérience juive dans ce pays. Depuis le XVIème siècle, quatre types de cultures communautaires ont émergé qui ont perduré jusqu'à la dispersion des communautés dans le troisième quart du XXème siècle. La première catégorie est formée de communautés mixtes qui, à l'image de Fès, ont intégré en leur sein des groupes de megorashim, même si au début des frictions entre les anciens (les toshabim, les autochtones) et les nouveaux (les megorashim), comme à Fès ou à Marrakech, ont perturbé pour un certain temps l'équilibre communautaire. Au début, ces communautés étaient bilingues, les uns pratiquant leur judéo-arabe originel et les autres leur judéo-castillan, mais au bout d'un siècle les judéo-hispanophones épousèrent eux aussi le judéo-arabe, qu'ils avaient d'ailleurs contribué à transformer en y introduisant un grand nombre de termes judéo-espagnols. On peut compter au nombre de ces communautés mixtes Meknès, Sefrou, Rabat, Salé, Taza, Ouezzane.
Formant une deuxième catégorie, d'autres communautés, proches des rives espagnoles comme Tétouan, Tanger, Arsila, Chauen, Larache, El-Qasar-Kebir, ont conservé jusqu'au début du XXème siècle leur judéo-espagnol hybride, dénommé la Hakitia, comme langue familiale et communautaire ainsi que certaines coutumes et pratiques judéo-espagnoles dans les domaines de la poésie orale, de la cuisine et du costume de la femme particulièrement. Elles étaient formées en très grande partie de descendants de megorashim, que des petits groupes de Juifs de l'intérieur sont venus rejoindre par la suite, désignés d'ailleurs par le terme peu amène de forasteros [=étrangers].
Une troisième catégorie de communautés comprend des communautés unilingues, pratiquant le judéo-arabe exclusivement, formées surtout de groupes autochtones, parmi lesquels l'influence des megorashim ne s'est guère fait sentir. A la tête de celles-ci, on trouve Marrakech, malgré l'installation d'un petit groupe d'expulsés dans la communauté, qui a joué un rôle de leader pour les autres communautés urbaines et semi-urbaines du sud-ouest marocain, comme Azemmour, Mazagan, Safi, Agadir et Taroudannt, ou de sa région même, comme Demnat et Beni Mellal; les autres communautés semi-rurales et rurales du sud-est marocain, de la région du Tafilalet, de Tinghir et du Draa, sont elles aussi judéo-arabophones principalement et sont parmi les plus anciennes du Maroc.
Une quatrième catégorie de communautés, de nombreuses dizaines, ont pratiqué le judéo-berbère soit exclusivement soit en concurrence avec le judéo-arabe. Elles étaient toutes rurales et vivaient dans un environnement berbérophone des grandes chaînes de l'Atlas, le Haut-Atlas et l'Anti-Atlas surtout et des vallées qui les découpent. Des communautés judéo-berbérophones unilingues ont notamment parsemé les massifs d'Ait Bu Ulli et d'Ait Bu-Gammaz dans la région de Demnat et d'Ait Wawzgit dans l'Anti-Atlas (la région de Tifnout) et sont restées isolées jusqu'au début du XXème siècle.
Deux grandes communautés sont à considérer à part parce qu'elles sont de formation assez récente. Il s'agit de Mogador et de Casablanca, qui ont toutes les deux grossi leur population à partir de l'émigration interne d'autres communautés. Toutes les deux ont contribué à des époques différentes à la promotion du commerce international du Maroc et au développement économique du pays. L'une, Mogador, fut fondée par le Sultan Mohammed ben Abdallah en 1760 après y avoir construit un port. Il y a installé par la suite les représentants des grandes familles bourgeoises juives du pays pour y mener le commerce avec l'Europe. Les nouvelles possibilités économiques dirigèrent vers Mogador des milliers de Juifs en provenance des communautés du sud et du nord. Casablanca doit de même son essor à la volonté du Protectorat français de promouvoir une grande métropole économique au Maroc avec l'installation d'un port des plus importants de la Méditerranée. Les opportunités économiques y firent s'installer après la Première Guerre Mondiale des dizaines de milliers de Juifs en provenance de toutes les autres communautés, ce qui porta la population juive à près de 75 000 quelque trente après. Dans ces deux communautés hybrides, les disparités sociales se creusèrent profondément, mais le brassage des différents éléments d'origine communautaire différente y a promu aussi de nouvelles formes d'activités culturelles juives, comme la musique juive sous la forme de chorales et de séances régulières de baqqashot ainsi que des activités théâtrales en judéo-arabe et en français notamment.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 5 Mar 2007 - 21:51

Diversité culturelle et unité identitaire
C'est cette diversité des expériences juives au Maroc et la variété de leurs différentes trajectoires historico-géographiques qui font toute la richesse et la multi-culturalité reconnue du judaïsme marocain. La culture matérielle des communautés comme leurs pratiques culturelles liturgiques et cérémonielles quotidiennes, ou particulières aux grandes fêtes et au shabbat, proviennent aussi bien des traditions fastueuses arabo-andalouses que de pratiques et de symboles berbères avec lesquels les premiers juifs qui se sont installés au Maroc, bien avant l'Islam, se sont familiarisés en premier. Cette riche mixité est bien sûr manifeste dans la bijouterie juive, mais elle sous-tend aussi certaines cérémonies du mariage juif, où un assez grand nombre de termes berbères ont été conservés alors qu'ils sont tombés en désuétude dans la société berbère environnante. Quand on parle de fastes pour certaines célébrations et certaines créations judéo-marocaines, quoi de plus fastueux en effet que ces riches mariages qui, jusqu'au XXème siècle, duraient deux et même trois semaines et comprenaient des festivités et des apparats de bijoux, de soieries et de velours, qui ont laissé coi bien des voyageurs et bien des diplomates européens qui y ont été invités? Ces fastes ont continué d'ailleurs à se déployer malgré les efforts répétés du leadership rabbinique et civil des grandes communautés pour réduire cet exhibitionnisme, jugé parfois dangereux, parce que susceptible de susciter l'envie des souverains ou des potentats locaux et de certains voisins musulmans. Quoi de plus fastueux encore que ces repas interminables de shabbat et des jours de fêtes, et non seulement à Pessah, comprenant force mets et force entremets arrosés de la sacro-sainte mahya (=l'eau-de-vie) jusqu'à l'intrusion des brandies et des whiskies au XIXème siècle dans les communautés portuaires? Quoi de plus fastueux aussi que ces offices de certains shabbats et de certaines fêtes, où les airs andalous des piyyutim spéciaux et les mélodies porteuses de certains textes liturgiques forçaient les fidèles à la patience et à la résignation parfois ludique?
Mais les fastes déployés dans une civilisation ne sont pas exclusivement d'ordre matériel et d'ordre visuel. Ils peuvent être aussi d'ordre spirituel et culturel. Dans les civilisations dominantes, ces fastes concernent avant tout l'espace public comme l'espace privé des nantis avec leurs bâtiments grandioses, leur architecture recherchée et leurs décors artistiques, et déterminent une part certaine de l'identité culturelle de leurs groupes sociaux. Dans les communautés judéo-marocaines, l'espace exigu des mellahs n'a guère permis de bâtir, à quelques exceptions près comme dans la Kasbah de Mogador, des maisons cossues ou des synagogues dignes de musées. Cet espace de promiscuité et de manque d'air n'a guère marqué l'identité judéo-marocaine, ceux qui pouvaient y échapper n'ayant pas raté cette occasion, comme cela s'est passé sous le Protectorat, qui a permis à ceux qui en avaient les moyens d'améliorer leur qualité de vie. Ce sont plutôt des sentiments d'aliénation par rapport à l'espace communautaire coercitif qui sont exprimés dans la littérature rabbinique.
C'est le temps avec son cycle idéologique global et son cycle annuel cérémoniel qui a plutôt façonné l'identité judéo-marocaine traditionnelle et ses rythmes de vie. Ici, c'est la double dichotomie établie et répétée dans des milliers de poèmes hébraïques entre le passé idyllique et le présent de l'exil et entre ce présent étouffant et le futur radieux de la Rédemption messianique qui permet de soutenir l'espoir et l'attente en exil. C'est là la substance significative des milliers de poèmes hébraïques dont les paroles ont habillé et maintenu dans la mémoire les nombreuses centaines de mélodies arabo-andalouses et autres qui ont formé la longue tradition des séquences poético-musicales des différentes communautés. Une autre dichotomie, plus physique encore et non seulement psychologique, séparait le temps faste et sacré du shabbat et des jours de fêtes ou des jours solennels du temps ordinaire des vacations commerciales et occupationnelles qui meublent le reste de la semaine. Bref, c'est cette nette séparation entre les affaires exclusives de l'âme des affaires concernant la vie physique et la survie qui a marqué plus que tout autre chose le conditionnement identitaire des Juifs du Maroc jusqu'à l'émancipation relative, dont certains cercles et certains groupes seulement ont su tirer profit sous le Protectorat. Les autorités françaises avaient pris en effet l'initiative d'abroger de facto le statut de dhimmi [=sujet toléré et protégé à certaines conditions par l'état musulman], qui était imparti aux Juifs (et aux Chrétiens) dans tout le monde arabo-musulman depuis les débuts de l'Islam. D'un autre côté, le Protectorat a réduit l'autonomie judiciaire dont bénéficiaent traditionnellement les communautés juives en rendant leurs membres justiciables des cours du Makhzen [=l'administration royale] pour les affaires autres que celles relevant du droit personnel, lesquelles sont restées du ressort des tribunaux rabbiniques. Auparavant, les Juifs qui préféraient faire appel à la justice musulmane étaient passibles d'excommunication dans leurs communautés.
En dehors de la gestion des affaires judiciaires de la communauté, le corps rabbinique constituait en fait l'élite constante et prépondérante dans la gestion de l'ensemble des affaires communautaires, y compris celles qui concernaient les rapports de la communauté avec le pouvoir central et local. Contrairement aux dynasties rabbiniques qui se sont établies dans les grandes communautés comme Fès, Meknes et Sefrou par exemple, souvent pour de longues durées, nous n'avons pas connaissance de pareilles dynasties dans le secteur des commerçants et des hommes d'affaires avant le début du XIXème siècle. C'est que la fortune au Maroc était bien aléatoire avant le début du XIXème siècle, à cause de la culture du pouvoir royal et du Makhzen, qui ne s'embarrassaient pas trop de mettre la main sur des fortunes familiales trop voyantes pour des raisons bien souvent arbitraires. Ces pratiques n'ont pas permis de générer un capital juif fixe dans les différentes communautés, qui eût pu donner naissance à une élite bourgeoise juive de longue durée et former une élite civile constante. La précarité de la fortune et du capital juifs ne s'est estompée qu'au XIXème siècle avec l'augmentation du nombre de marchands du Sultan, dont une grande partie étaient des marchands juifs, qui menaient leurs affaires grâce au capital qui leur était avancé par les finances royales. Le capital juif, qui a fait tourner une grande partie du commerce international du Maroc au XIXème siècle, était ainsi un capital externe, dépendant du bon vouloir du Souverain. L'élite rabbinique était aussi l'élite intellectuelle de la communauté, car c'est parmi ses membres que se retrouvaient les poètes, les exégètes, les scribes, les ministres officiants, les maîtres ès matières juives traditionnelles, etc..
Ce ne sont pas ces images internes et ces représentations propres que se sont renvoyées consciemment et inconsciemment les Juifs du Maroc qui ont intéressé les voyageurs, les diplomates, les peintres et les photographes qui se sont intéressés à eux au XIXème et au début du XXème siècle, avant que le Protectorat n'estompât le parfum d'exotisme qu'ils leur attribuaient à cause entre autre des entraves à la libre circulation qui frappait les Européens avant la présence politico-militaire des Français. Les peintres tout d'abord ont cherché à retrouver au Maroc un Orient magnifié et célébré par le romantisme occidental et devenu obsédant à la suite des expéditions napoléoniennes en Egypte et en Palestine et des voyages en Turquie. Les regards lascifs qu'un bon nombre de voyageurs européens ont lancés sur les femmes juives, malgré leur embonpoint parfois décrié, n'ont pas manqué de nourrir les yeux et les chevalets de la plupart des peintres qui ont pu pénétrer dans les maisons juives alors que les maisons musulmanes leur étaient interdites. Loin que leur regard fût porté sur des instantanés et des silhouettes fuyantes, comme il convient à des passagers d'un moment, c'est au contraire un regard de metteur en scène et de compositeur qui fixe des cérémonies et des physionomies juives marocaines qui les a fait connaître en Europe avec leur soi-disant l'exotisme de leurs cadres de vie.
Contrairement aux apparences et à notre compréhension actuelle du rôle de la photographie, le regard qu'ont jeté les premiers photographes sur le Maroc et sur les Juifs du Maroc n'a pas été plus spontané ni moins étudié que celui des peintres. Comme les peintres et beaucoup de voyageurs européens, ce sont en fait des visions intérieures de l'autre et intériorisées de par leur éducation "orientaliste" qu'ils sont venus retrouver au Maroc. Comme les peintres, eux aussi mettent en scène leurs tableaux et leurs personnages pour accorder leur vision externe à leur vision interne. C'est un Maroc inventé et une vie juive biaisée que nous montrent en fait les premiers photographes qui ont promené leurs appareils dans certaines régions du Maroc.
Un témoignage d'espérance
Ce sont ces regards lancés de l'intérieur et de l'extérieur, multiséculaires, multiculturels et multidimensionnels sur l'expérience juive au Maroc que ce site aimerait offrir à la méditation et à l'imagination des visiteurs et des lecteurs. Regards émerveillés mais souvent condescendants des Européens, regards introspectifs malgré tout optimistes des Juifs sur leur destinée, regards interrogateurs sur l'expérience judéo-musulmane de co-présence et de coopération malgré l'ambivalence fondatrice de ces rapports, regards créatifs des artistes et des artisans sur les matières qu'ils manipulent et leurs objets, regards furtifs ou attentifs des intéressés, tous ces regards s'entrecroisent ici en des moments où les rapports entre Juifs et Musulmans ne sont considérés hélas ! qu'à travers la violence aveugle et les tragédies humaines. L'art et la mémoire sont là pour témoigner d'autres temps et d'autres connivences créatrices portées sur la vie et sur ses attributs sacrés.
Les objets exposés ainsi que les textes et les documents proposés dans ce site reflètent d'abord les thèmes et les motifs communs dans la culture des deux populations: la bijouterie et ses finesses rares, le costume et ses aspects contraignants, la cuisine et ses saveurs permanentes, la vie quotidienne avec ses opportunités et ses embarras ordinaires. D'autres instruments et objets illustrent l'imbrication entre la création et l'inspiration dans les traditions juives et musulmanes. La musique, le chant et la poésie, qui ont été perpétués grâce notamment à leur transcription en caractères hébraïques dans des milliers de manuscrits, ont fait vivre et goûter bien des heures fastes à des connaisseurs et à des amateurs juifs et musulmans, unis par le plaisir et le divertissement. La grande diversité des types humains et des comportements culturels n'a d'égale que les contrastes frappants entre les villes portuaires et les grandes cités ouvertes sur le monde occidental et les villages antiques de l'Atlas, où la culture berbère servait de support aux valeurs et aux pratiques juives et musulmanes.
C'est cette aventure de la vie juive et de la culture juive qui a façonné une certaine partie de l'histoire du Maroc et du judaïsme que ce site s'emploiera à illustrer avec l'aide de chercheurs, de collectionneurs, d'artistes et d'écrivains, lesquels sont tous mus par le même engagement de témoignage et de partage des connaissances et des sensibilités.
Joseph
(Yossi) Chetrit, Université de Haifa



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 22 Sep 2009 - 15:38

La présence juive au Maroc est très ancienne et fut nourrie par diverses vagues de réfugiés suite aux vicissitudes et persécutions dont ont été victimes les Juifs au cours de l'Histoire, mais aussi des conversions parmi les populations berbères autochtones. Cette communauté compte deux sous-ensembles ethnico-culturels : les toshavim "autochtones" et les megorashim "expulsés (d'Andalousie)" dont certains sont à l'origine des toshavim.

Si la communauté juive s'est trouvée forte de plusieurs centaines de milliers d'individus jusqu'au XXe siècle, elle s'y est réduite pour compter actuellement entre 3000 et 7000 membres, selon les sources. Les différentes communautés juives d'origine marocaine comptent désormais plus d'un million de membres à travers le monde.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 22 Sep 2009 - 15:41

Le plus ancien témoignage épigraphique remonte au IIe siècle av. J.-C., s'agissant essentiellement d'inscriptions funéraires en hébreu et en grec trouvées dans les ruines de la Volubilis romaine.Des villes, comme Salé (Chella) près de la Rabat actuelle et Larache (ancienne Lixus), deviennent des centres importants de négoce pour les Juifs du Maroc pratiquant le commerce de l'or et du sel. ((réfnec))

Au début de l'ère chrétienne, les Romains envahissent la région, sans que les tribus berbères, pour la plupart de confession juive, n'opposent une très grande résistance, et donnent au Maroc (et à une partie de l'Algérie occidentale actuelle) le nom de Maurétanie Tingitane (de Tingis, ancien nom de Tanger qui en était la capitale). Des traces archéologiques attestent d'une présence juive importante dans ces nouvelles provinces romaines.À partir de l'an 429, les Vandales du roi Geiséric commencent à envahir la Maurétanie, et vers 430, chassent les Romains de l'Africa romana. Les Vandales trouvent en les Juifs des alliés solides et ceux-ci connaissent une liberté de culte pendant un siècle.

En 533, le général Bélisaire, envoyé en Afrique par l'empereur byzantin Justinien pour chasser les Vandales, envahit la région et y impose les lois de l'Empire byzantin. Les Juifs vont alors connaître une période très sombre, entre brimades et conversions forcées, culte restreint et persécutions. Néanmoins, cela n'empêchera pas la migration vers cette région des Juifs de la péninsule ibérique fuyant la répression exercée par les rois wisigoths d'Espagne (devenus catholiques) dès le début du VIIe siècle (avec le roi Sisebut).
Au VIIe siècle, les Arabes avaient tenté au Maghreb extrême plusieurs expéditions sans lendemain. Mais c'est au début du VIIIe siècle que le gouverneur d'Ifrikya (correspondant à la Tunisie et à l'est algérien actuels), Moussa Ibn Noçaïr occupa définitivement Tanger, poussa jusqu'à Sijilmasa (l'actuelle Rissani) et imposa l'Islam aux tribus berbères. Mais le mouvement kharidjite, fortement égalitariste et rejetant l'orthodoxie sunnite, va se répandre dans ces tribus et nourrir de nombreuses insurrections contre les émirs arabes de Kairouan, représentants du califat. Dans cette période agitée, des juifs habitent dans les capitales des royaumes kharidjites, notamment Tlemcen et Sijilmasa



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 22 Sep 2009 - 15:45

la fin du VIIIe siècle, un autre opposant au califat, Idris Ibn Abdallah, descendant de l'Imam Ali, est accueilli par la tribu des Awarba et fonde la ville de Fès, qui devient, par la suite, la capitale du royaume de ses successeurs, les Idrissides.
Dès le début du IXe siècle, des Juifs venus d'Andalousie s'installent à Fès où ils cohabitent avec des juifs autochtones, et paient l'impôt de capitation, la jizyah.
Avec l'avènement des Fatimides à Kairouan et leur domination de la Syrie jusqu'à Fès et Sijilmasa, au Maroc central, le Maghreb connait une période de prospérité favorable au commerce, qui rejaillit sur les communautés juives urbaines et favorisent leur développement. Mais, à ces périodes favorables succèdent des périodes de crises, de révoltes, de luttes entre tribus berbères et pouvoir central, ou de simples rivalités politiques qui émaillent l'histoire du Maghreb du IXe au XIe siècle. Les Juifs s'efforçaient de rester à l'écart de ces événements mais étaient souvent pris pour cible ou entrainés dans ces crises, notamment pour la communauté de Fès : déportation en 979, massacre de milliers de Juifs par un cheikh berbère qui saccage la ville en 1032.
Au milieu du XIe siècle, des berbères nomades sahariens, les Almoravides, lançent une croisade religieuse et militaire pour imposer une orthodoxie malékite rigoureuse. Sous la direction de leur chef Youssef Ibn Tachfin, ils conquièrent Sijilmasa, fondent la ville de Marrakech (vers 1060), prennent Fès, Tlemcen, Oran, Alger. En 1086, appelés à l'aide par les musulmans d'Espagne, ils écrasent l'armée d'Alphonse VI de Castille. Puis ils consolident leur empire qui s'étend de Valence au Sahara et de l'Atlantique à Alger.Les Juifs sont tolérés dans leur statut de dhimmi et paient l'impôt de capitation. Mais la rigueur religieuse des Almoravides n'a pas, semble-t-il, entraîné de persécutions religieuses et la diffusion de la civilisation arabo-andalouse dans le Maghreb occidental a contribué à la tolérance et à la symbiose entre les religions. Des courants d'échanges vers l'Espagne et notamment Cordoue se développent et contribuent à l'essor intellectuel des communautés. C'est l'époque du Rabbi Isaac-el-Fassi, qui quitte Fès pour Cordoue en 1088, des correspondances avec Rachi de Troyes. C'est bien un Age d'Or qui s'épanouit.

En 1140, la prise de Sijilmasa par les Almohades et les conquêtes qui suivirent, s'inscrivent comme une rupture tragique.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 22 Sep 2009 - 15:47

Au début du XIIe siècle. apparaît dans des tribus berbères, montagnardes et sédentaires installées dans l'Anti-Atlas marocain, un personnage charismatique qui va imposer une morale rigoureuse et puritaine ainsi qu'une théologie farouchement monothéiste privilégiant le retour aux sources primordiales de l'Islam. Utilisant la langue berbère pour diffuser ses idées et s'appuyant sur un cercle restreint de fidèles, celui qui devient le "Mahdi" Ibn Toumert va révolutionner durablement le rapport à la religion des Berbères. Après sa mort vers 1128, son plus proche fidèle, Abd al-Mumin prend le titre de Calife en référence au premier compagnon du Prophète Abou Bakr, cinq siècles auparavant.

Sous la direction d'Abd al-Mumin, les tribus Almohades vont, en une vingtaine d'années, renverser l'Empire Almoravide, étendre leur puissance sur le Maghreb entier et sur l'Espagne méridionale et imposer un Islam rigoureux, intolérant et extrémiste qui perdurera longtemps après leur chute au début du XIIIème siecle.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 22 Sep 2009 - 15:50

La doctrine du Mahdi ne pouvait que renforcer l'intolérance à l'égard des autres religions du Livre. Comme le note André Chouraqui, les Almohades soulignaient le fait que cinq cent ans après l'apparition de Mahomet, de toute évidence, le Messie d'Israël n'était pas encore venu et que, d'une manière non moins certaine, le Christ n'était pas revenu. Juifs et Chrétiens ne pouvaient plus longtemps persévérer dans leur erreur et n'avaient plus que le choix entre l'Islam et la mort. L'application de cette politique au fur et à mesure des conquêtes marocaines installa une terreur profonde et provoqua de nombreuses conversions forcées mais aussi des exécutions : un document mentionne l'exécution de 150 juifs à Sijilmasa, le chef de la communauté juive de Fès, rabbi Juda Hacohen ibn Shoushan est exécuté en 1165. Certaines familles juives parviennent pourtant à s'enfuir, notamment celle de Maïmonide.
Dans d'autres régions du Maghreb, les Juifs sont autorisés à s'exiler.
Après les grandes vagues de conquête, l'attitude des Almohades devient moins intransigeante. Des synagogues sont rouvertes, des familles converties reviennent à la pratique du judaïsme après deux ou trois générations. Au XIIIe siècle, un document de la Gueniza du Caire indique la présence de dix-sept communautés juives au Maroc. En 1232, on constate l'existence d'une communauté juive à Marrakech. Mais cette tolérance reste fragile : ainsi, le port d'un vêtement distinctif est imposé aux Juifs par le calife El Mansour, et lorsque des émeutes éclatent, les émeutiers s'en prennent souvent aux Juifs, comme à Fès en 1276, où quatorze Juifs sont massacrés.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 22 Sep 2009 - 15:54

La population marocaine juive était numériquement importante au milieu du XXe siècle. Elle ne souffrira pas de la Shoah car le Sultan Mohammed Ben Youssef, plus tard le Roi Mohammed V refuse (alors que le Maroc est sous protectorat français) que les lois antijuives du régime de Vichy soient appliquées à ses sujets juifs, mais il y a déjà des vagues d'émigration vers la Palestine dès la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Les Marocains juifs, même pendant la colonisation, sont restés des sujets de nationalité marocaine, comme les Tunisiens juifs, le décret Crémieux n'étant d'application qu'en Algérie alors française.

Il y avait également des Juifs tunisiens et algériens qui vivaient au Maroc sous le protectorat. Dans un ouvrage paru en 1980 une enseignante française issue d'une famille tunisienne juive qui a passé sa jeunesse à Casablanca relate que "mes parents avaient beaucoup de mépris pour les Juifs marocains. Ils représentaient pour eux l'obscurantisme, l'attachement à la religion.", les Juifs tunisiens se considéraient comme une sorte d'aristocratie, "ils avaient été colonisés par les Français avant les autres et ils étaient plus francisés que les Marocains". Certains d'entre eux, comme le banquier Félix Nataf, ont joué un rôle important au sein des « Amitiés marocaines » comme intermédiaires entre les nationalistes marocains musulmans et les autorités politiques françaises, au Maroc et à Paris, pendant le processus qui a abouti à l'indépendance du Maroc
Entre la création de l'État d'Israël en 1948 et l'indépendance du Maroc en 1956, 90% des Marocains juifs émigrent. Les plus pauvres partent en Israël, où ils constituent une part importante du prolétariat et de la population des "villes de développement", tandis que l'élite et la classe moyenne émigrent au Canada et en France.

Les Marocains juifs sont des citoyens à part entière, électeurs et éligibles. L'État marocain leur a établi un espace juridique conforme aux préceptes du judaïsme. Sur le plan du statut personnel, ils sont régis par la loi mosaïque, ce qui signifie qu'ils sont justiciables des chambres rabbiniques près des tribunaux réguliers pour tout ce qui touche au mariage, à l'héritage et au droit des mineurs.

L'essentiel de la communauté juive marocaine se concentre à Casablanca et à Rabat. Essaouira (Mogador), une des villes du Maroc dont le nombre d'habitants de confession juive dépassait les 60%, n'en compte plus que très peu. Plusieurs villages du Haut et Moyen Atlas, qui comptaient une majorité de Juifs, ont vu leur population juive disparaitre après l'avènement de l'État d'Israël.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 22 Sep 2009 - 15:58

Depuis la fin des années 1970 deux types d'études génétiques ont été réalisées sur les juifs d'Afrique du Nord. Les plus anciennes concernent le chromosome Y (transmis des pères aux fils) et les plus récentes concernent l'ADN mitochondrial, c'est-à-dire l'ADN transmis des mères aux enfants.

En ce qui concerne les études sur le chromosome Y on peut citer l'article de M. F. Hammer et ses collègues
Ils ont comparé le patrimoine génétique de plusieurs types de population juives. La conclusion est que les gènes paternels des communautés juives d'Europe, d'Afrique du Nord et du Moyen Orient descendent d'une origine commune du Moyen Orient et indique que la plupart des communautés sont restées relativement isolées de leur voisins non juifs pendant et après la diaspora.
Une autre étude est intéressante à citer bien qu'elle ne concerne que l'ile de Djerba en Tunisie. Elle conclue également que la patrimoine génétique paternel des juifs de Djerba est différents de celui des arabes et des berbères de cette Ile.

L'analyse de l'ADN mitochondrial des populations juives d'Afrique du Nord a fait l'objet d'une étude détaillée par Doron Behar et ses collègues
Elle montre que les Juifs d'afriques du Nord ne partagent pas les haplogroupes de l'ADNmt typiquement nord-africains (M1 et U6) des populations berbères et arabes.

Cependant, cette même étude précise que les communautés juives d'Afrique du Nord ne partagent pas non plus leurs haplogroupes principaux avec les communautés juives du Moyen-Orient contredisant de ce fait la thèse d'un peuplement venu du Moyen-Orient
Il est à noter que pour ce qui est des juifs de Tunisie/Libye cette même étude indique qu'ils proviendraient d'une région allant du moyen orient jusqu'au Caucase. L'ADNmt et le chromosome Y donnant à eux-deux l'ensemble des ascendances possibles il est clair que le débat est tranché, les juifs d'Afrique du nord ne sont pas descendant dans leur majorité de tribus berbères mais leur origine reste encore inconnue.

Depuis 1997, Casablanca abrite « le musée du judaïsme marocain ». Méconnu du grand public le musée est consacré à la composante juive de la culture marocaine. On peut y visiter des expositions itinéraires et autres permanentes. Sur plus de 600 m2 le visiteur peut admirer des caftans marocains ornés de l’Etoile de David, des costumes, des lampes de Hanoukka et divers objets du patrimoine culturel marocain. On peut aussi y découvrir des synagogues de style marocain. Par ailleurs le musée contient une bibliothèque, une vidéothèque et une photothèque.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Mar 22 Sep 2009 - 16:01

Chaque année, les expatriés venus du monde entier se retrouvent autour de tombeaux de saints situés à Ouezzane, Safi, Essaouira ou Taroudant pour fêter la hiloula, version juive du moussem, qui rappelle les fastes du passé et commémore l'attachement à la terre des ancêtres.

À Montréal, leur arrivée a modifié les relations entre nationalistes québécois et Juifs, dans leur quasi-totalité anglophones (ou yiddishophones) et pro-fédéralistes, en créant une nouvelle (communauté culturelle) juive francophone rapidement dotée de structures communautaires spécifiques.

En Israël, dès les années 1950, il y a eu des émeutes parmi les Juifs marocains parqués dans les villes de développement. Dans les années 1970 furent même créées des Panthères noires (HaPanterim HaSHkhorim) sur le modèle afro-américain du Black Panther Party mais, dans le dernier quart du XXe siècle, leur poids politique s'est considérablement accru, devenant plus conforme à leur importance démographique, principalement via des partis ethniques comme Tami, Gesher et surtout Shass. Ils font partie de ceux qu'on qualifie en Israël d'Orientaux (Mizrahim) ou, erronément (puisqu'une partie seulement est originaire de la péninsule ibérique), de Séfarades.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 13:52



ecole juive berbere a Arghen Goundafi, Moroc, en 1955.
Photo: Beth Hatefutsoth, Tel Aviv
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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 13:53

On
s’accorde aujourd’hui à penser que les Juifs se sont installés au Maroc
depuis l’Antiquité . Certains historiens pensent même que des départs
eurent lieu avant la destruction du premier Temple. Une des légendes qui
accrédite cette thèse soutient que Phéniciens et Hébreux se rendaient
près de Sala (Chella) non loin de Salé, l’actuelle Rabat pour acheter de
l’or. Mais le plus ancien témoignage épigraphique ne remonte qu’au IIe
siècle de notre ère, s’agissant essentiellement d’inscriptions
funéraires en hébreu et en grec trouvées dans les ruines de la Volubilis
romaine, entre Fès et Meknès.

La conquête arabe du Maroc qui
débute au VIIe s. et la conversion à l’Islamdisperse la présence juive
parmi les tribus Berbères plutôt qu’elle ne l’éradique. Ainsi les oasis
du désert et les montagnes du pays sont-elles habitées par de nombreuses
tribus de Berbères juifs.

Le XVIIIe sièclecorrespond au début
des interventions européennes. C’est l’époque où les Juifs de l’Atlas
gagnent les grands centres urbains, venant grossir les mellah de Fès et
de Meknès qui deviennent rapidement insalubres étant donné la
surpopulation

La
présence juive au Maroc est très ancienne et fut nourrie par diverses
vagues de réfugiés suite aux vicissitudes et persécutions dont ont été
victimes les Juifs au cours de l'Histoire, mais aussi des conversions
parmi les populations berbères autochtones. Cette communauté compte deux
sous-ensembles ethnico-culturels : les toshavim "autochtones" et les
megorashim "expulsés (d'Andalousie)".;



Si
la communauté juive s'est trouvée forte de plusieurs centaines de
milliers d'individus jusqu'au XXe siècle, elle s'y est réduite pour ne
plus compter actuellement qu'entre 3000 et 7000 membres, selon les
sources. Les différentes communautés juives d'origine marocaine comptent
désormais plusieurs centaines de milliers de membres à travers le monde




Un lien très fort unit les Juifs du Maroc à cette terre et à ses
habitants. Lien qu’on ne retrouve pas dans la société traditionnelle
du monde ashkénaze. Aucune société juive traditionnelle en Europe
ne s’est identifiée à ce point à la culture du pays dans laquelle elle
était établie.
Cette exposition s’inscrit dans les objectifs du musée d’inciter
les visiteurs, Juifs et non-Juifs, à s’interroger sur les spécificités,
les correspondances et les emprunts réciproques de leurs
héritages culturels respectifs.


L’histoire
des Juifs du Maroc commence dès le IVe siècle avant J.-C. Les villes de
Sala et d’Ifrane sont des centres importants de négoce, où l’on
pratique le commerce de l’or et du sel. Au début de l’ère chrétienne,
les Romains envahissent la région. De nombreuses mesures restrictives
envers les Juifs sont mises en place et le christianisme devient
religion d’État. La communauté juive marocaine connaît, au Ve et au VIe
siècle sous les Vandales et les Byzantins, des périodes de répit et
d’oppression. L’islamisation du Maroc se fera progressivement à partir
du VIIe siècle.

Les Juifs seront soumis à la dhimma dès la première dynastie musulmane en 788.

Du
IXe au XIIe siècle, la communauté juive du Maroc connaît son premier
âge d’or, lors de la fondation de Fès qui devient la capitale culturelle
et spirituelle du judaïsme marocain, où brillent la poésie de Juda
Halévy, la science hébraïque d’El-Fassi et la pensée de Maïmonide.

Du
XIIIe au XVe siècle, sous la dynastie berbère, la situation des Juifs
s’améliore. Mais la création du mellah, quartier réservé aux Juifs,
entrave le dialogue judéo-musulman.

En 1465, le sultan est
assassiné, les Juifs de Fès, sont massacrés. En 1492, les Juifs, fuyant
l’Espagne, font renaître le judaïsme marocain et contribuent à l’essor
économique. Un second mellah est créé à Marrakech, capitale du Maroc. Au
XVIIe siècle, la communauté juive participe à la construction de
Meknès, qui devient la nouvelle capitale. En 1765, le Sultan Abdallah
fonde le port de Mogador et accorde à plusieurs familles juives des
privilèges commerciaux, comme le monopole d’exportation du tabac et des
parfums. De 1790 à 1859, trois sultans se succèdent. Le sultan Lyazid
pille les communautés de Tétouan, Meknès, Rabat, et coupe une oreille
aux Juifs afin de les distinguer. L’avènement de Moulay Slimane permet
aux Juifs de retrouver leurs privilèges. Son successeur mènera une
politique ambiguë envers les juifs. Après la guerre de Tétouan, le Maroc
s’ouvre à la civilisation occidentale. La première école de l’Alliance
israélite est créée en 1862.

L’aide financière apportée par les
Rothschild et le baron de Hirsch assure la survie de la communauté juive
marocaine. Le règne de Moulay Hassan permet aux Juifs de connaître une
brève accalmie avant une fin de siècle tragique. Les émeutes de Sefrou
font plus de quarante victimes juives, le mellah de Mogador est pillé,
les juifs de Fès, Meknès et Marrakech sont persécutés. Lors du
protectorat français, en 1912, l’insurrection éclate, les musulmans s’en
prennent aux Juifs et les massacrent.

L’Alliance israélite
continue le processus de francisation des Juifs. Des mouvements
sionistes se développent et organisent une conférence à Casablanca en
1930. En 1939, des centaines de Juifs s’engagent dans l’armée française.
Sous Vichy, le Statut des juifs est voté en 1940 mais son application
reste modérée.

Le sultan Mohammed V protège la communauté et
déclare : « Il faudra prévoir vingt Étoiles jaunes supplémentaires pour
moi et ma famille.»

Après le débarquement américain en 1942, la
communauté du Maroc se reconstruit. Dès la proclamation de l’État
d’Israël en 1948, un climat de tension s’installe. Au Maroc, Oujda
devient la plaque tournante d’un mouvement d’alyah clandestine. Des
incidents sanglants ont lieu. En 1949, plus de huit mille personnes
partent en Israël. Lors de l’indépendance du Maroc en 1956, les Juifs
occupent des postes importants dans le gouvernement et l’administration
marocains. Mais les difficultés intérieures, la méfiance vis-à-vis des
Juifs qui soutiennent Israël et l’instabilité politique poussent les
Juifs à quitter le Maroc pour la France, Israël, le Canada et les États-
Unis. En 1977, il ne reste plus que vingt-cinq mille Juifs.

En
1982, au sommet arabe de Fès, Hassan II présente un plan de paix. La
reconnaissance d’Israël y est implicite. Il est le premier dirigeant
arabe à recevoir des hommes d’État israéliens, comme Yitzhak Rabin et
Shimon Peres. En 1999, Mohamed VI remplace son père. Il continue sa
politique. Avec la deuxième Intifada, le processus de normalisation
diplomatique entre Rabat et Jérusalem est gelé, ce qui provoque des
tensions dans le pays. Robert Assaraf, de Radio Shalom, commente : «La
série d’attentats en 2003 a secoué la communauté juive marocaine.
Attribués à Al-Qaïda, ils ont visé des symboles, comme le cimetière de
Bab Jdid et l’Alliance juive de Casablanca. Cela ne m’a pas empêché d’y
retourner. Le Maroc, c’est le pays de mes racines et de mes aïeux. J’ai
toujours été en contact avec les hauts dignitaires du Maroc, comme
Hassan II. Lui seul a compris que la paix entre Juifs et musulmans
devait passer par la paix avec Israël. »

Une communauté toujours
vivante Aujourd’hui, les Juifs marocains sont des citoyens à part
entière. Une petite communauté réside à Rabat, Marrakech, Agadir,
Meknès. Mais c’est à Casablanca, métropole économique, que vivent quatre
mille Juifs.

La communauté est structurée, avec ses différentes
institutions, comme l’explique Georges Asseraf, de l’association
Néomaroc : «Le Conseil des communautés israélites a créé la Fondation du
patrimoine culturel judéo-marocain afin d’entretenir les synagogues et
les cimetières. Il y a un réseau d’écoles et des commerces. La
communauté vit en harmonie avec ses voisins musulmans mais ils ne se
connaissent plus. Les jeunes voient le Juif comme un exotisme, ils
ignorent l’empreinte de l’histoire juive dans la nation.

Avec la
montée de l’islamisme dans les universités, des aides ont été accordées
pour favoriser l’alyah. » Chaque année, les expatriés venus du monde
entier se retrouvent autour de tombeaux de saints situés à Ouezzane,
Essaouira ou Taroudant pour fêter la hiloula, version juive du moussem,
qui rappelle les fastes du passé et commémore l’attachement à la terre
des ancêtres.

Pour David Tolédano, directeur d’entreprise à
Rabat, «il ne faut pas dire que c’est terminé et continuer à faire des
choses ». Plusieurs associations comme, celle des Juifs de Safi et de
Casablanca, ont été créées afin de faciliter les «retrouvailles» avec le
Maroc.






Source : http://www.tribunejuive.fr


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 13:56

dimanche 18 mai 2008 par Nicole Serfaty

Comment
expliquer que de communautés juives qui existaient en Afrique du Nord
depuis plus de deux mille ans, il ne subsiste plus rien ?
Ces
communautés, contraintes de s’exiler après deux mille ans de présence en
Afrique du Nord, ont été mises en demeure de suspendre un temps leurs
racines dans le ciel. On les retrouve à nouveau, ailleurs, implantées
sur le continent américain, asiatique, en Europe et en Israël, avec la
volonté de maintenir et de transmettre leur patrimoine culturel. De ce
fait, on ne peut vraiment pas dire : « Il ne subsiste plus rien ! ».
En
Israël, la persistance de la langue judéo arabe est avérée comme l’est
la musique andalouse ou la célébration des fêtes traditionnelles sur un
mode « nord-africain ». Tout le pays fête collectivement la Mimouna qui
vient clôturer la Pâque juive et qui est propre aux juifs originaires du
Maroc. C’est une cérémonie importée et insérée aux traditions locales
avec ses réjouissances et sa valeur symbolique.
Même au Maroc, il
n’y a pas lieu de penser « qu’il ne subsiste plus rien ». Les juifs y
constituent à présent une société fantomatique – quand on songe à ce
qu’elle représentait encore dans les années 70 – mais il existe encore
de sérieux points d’ancrage et de regroupements pour eux et ceux qui y
reviennent régulièrement.
Ainsi en est-il des nombreux pèlerinages,
des Hilouloth, sur les tombes des Saints situées pour la plupart dans
des lieux isolés et parfois même tout à fait désertiques.
Il existe
au Maroc une véritable révérence pour ces Saints, dont certains sont
vénérés à la fois par les musulmans et les juifs ; il s’agit de
personnages charismatiques, considérés comme des thaumaturges en raison
des prodiges qu’ils ont pu effectué sans discrimination d’aucune sorte.
Certains étaient des rabbins ashkénazes, venus de leurs lointains shtetl
européens pour diffuser des livres, la parole d’un grand maître ou,
simplement, pour ramasser des fonds destinés à fonder des centres
d’études talmudiques, des yeshivoth, en Pologne, en Russie ou en
Lituanie. Ces rabbins émissaires, quêteurs, restaient parfois sur place,
fondaient une famille et dirigeaient une communauté avec l’aura que
leur conféraient leur érudition mais aussi une origine considérée comme
mythique.
Cette connivence inter religieuse, perceptible surtout en
milieu berbère, a été dissipée avec l’arrivée des Français qui ont
déstructuré ce tissu social, de manière irréversible.
Le maintien, encore de nos jours, du culte des Saints au Maroc permet de prolonger le continuum de cette tradition.
J’ai
eu l’occasion, cet été, de me rendre depuis Tétouan sur la tombe du
Saint, Rabbi ‘Amram ben Diwane, dans le minuscule village d’Asjen, à 7
km de Ouezzane. On y accède par une route en lacets, sublime, accrochée
sur le flanc des contreforts du Rif et tout le voyage m’a semblé n’être
qu’un parcours quasi initiatique sur les chemins de la félicité. Le
mausolée, une bâtisse toute blanche, est situé dans un bourg et, à
l’intérieur, tout un corps de l’armée marocaine y monte la garde avec
beaucoup d’application. Derrière ses hauts murs, toute une foule de
pèlerins juifs – environ 200 personnes - venus des quatre coins du
monde, parlant différents idiomes, circulent ou prient avec exaltation
en cercle autour de la tombe ou à l’intérieur de la jolie synagogue
parfaitement maintenue. Ils ne semblent pas attendre un miracle mais
plutôt m’ont-ils semblé savourer celui que constitue le retour à la
terre d’origine, les retrouvailles avec leur paradis perdu. Il y a eu
une histoire bien trop longue et tant de souvenirs ancrés dans ce
terroir pour que tout soit fini, effacé, en une seule génération.
A
plusieurs reprises, il m’a été donné de constater à l’aéroport de Tanger
que des Marocains accueillaient à l’aide de pancartes bien visibles des
passagers en provenance de Tel Aviv, pour des séjours touristiques ou
pour des pèlerinages. Par ailleurs, sur la nouvelle chaîne de TV,
Guysen, qui diffuse ses programmes en français depuis Jérusalem, il y a
un nombre impressionnant de spots publicitaires incitant à l’achat
d’appartements situés au Maroc.
J’ajoute qu’à Casablanca, il existe
un important musée d’art juif et que, dans une bonne dizaine
d’universités marocaines, l’hébreu et le judéo arabe y sont enseignés au
même titre que le grec, le latin ou le persan. Les traces indélébiles
laissées par le judaïsme intéressent les Marocains, ils les revendiquent
comme des éléments importants constitutifs de leur passé
socio-historique. On ne peut pas en dire autant de leurs voisins
algériens ou tunisiens qui marquent moins d’empressement à inscrire tout
ce patrimoine culturel commun sur les tablettes de leur Histoire.


Les juifs maghrébins ont-ils importé en France du communautarisme ?
Naturellement,
dans un premier temps, ils se sont regroupés dans certains quartiers
comme Sarcelles, Belleville ou le 19e arrondissement, où des écoles, des
boucheries, des centres culturels ou des lieux de culte ont fini par
fleurir. Il existe même une synagogue, rue Galvani, qui arbore un
somptueux style hispano-mauresque, où le rituel est essentiellement
marocain, plus précisément, de Meknès. Moins d’une décennie plus tard,
la dispersion dans tous les quartiers huppés ou non ou dans les
banlieues, sensibles ou pas, est absolue.
J’ai beaucoup entendu dire que le communautarisme des juifs d’origine maghrébine avait mis en échec le modèle français.
Il
faut nuancer cette idée à défaut de pouvoir la développer plus
longuement ici. Non, le judaïsme n’incite pas au confinement, il prône
l’adaptabilité avec le maintien de son identité. Le communautarisme que
vous évoquez n’a pu être qu’une attitude du type « antalgique » : pour
être forts, moins vulnérables, restons groupés…
Ce qui est vrai,
c’est que les juifs maghrébins ont opposé un judaïsme beaucoup plus
intégré dans les gènes à un judaïsme français en bute à l’assimilation, à
l’application rigoureuse de la laïcité et aux doutes consécutifs au
génocide. Ainsi, le respect du shabbat par les séfarades nord-africains
relevait d’un rituel immuable pour la plupart d’entre eux ; ils ne
mettaient pas en doute le bien-fondé de cette observance obligatoire. Il
fallait le temps d’intégrer un nouveau concept en acceptant quelques
mutations : être libres, égaux et Français d’abord ou juifs avant tout.
Qu’en est-il des mariages mixtes ?
A
l’évidence, le mariage mixte selon le sens communément admis, est un
faux problème. Tout mariage est mixte dans la mesure où il unit un homme
et une femme, ou en principe, deux personnes de sexe opposé. Cette
union peut donner lieu à la multiplication des apports de chacun qu’il
s’agisse de culture, de mentalité, d’éthique, de religion etc. D’autres y
verront exclusivement les méfaits d’une religion ou d’une culture qui
se dissout dans l’autre et envisageront cette question sous l’angle de
rapports de forces. Pas moi.
Quelles sont les dates importantes que vous retenez ?
Mai
68 en tout premier lieu. La découverte de juifs révolutionnaires, sur
les barricades, en première ligne, à la tête du mouvement : Daniel
Cohn-Bendit, André Glucksman ou Benny Lévy, héroïsés par la télé, qui
osaient braver les CRS et tenir tête au gouvernement de la France
gaullienne avec des pavés et des micros.
Pour les juifs d’Afrique du
Nord, peu habitués à s’exprimer à l’échelle nationale, c’était une
véritable révélation comme d’aborder aussi ouvertement la vie sexuelle.
Toutes ces questions taboues qui avaient été tenues secrètes, dont on ne
parlait pas sinon par simples allusions ou légers un clin d’œil, nous
allions pouvoir les aborder en toute liberté.
Et voilà donc les
acquis soixante-huitards. Des lieux mythiques, comme l’Odéon occupés, de
Gaulle renvoyé, c’était inouï, invraisemblable : il nous était donné de
découvrir les bienfaits de la démocratie et de participer à l’écriture
d’une page de l’histoire de la République. Nous allions oser tenir tête à
nos parents et, dans les yeux, leur signifier qu’il fallait cesser de
se comporter comme c’était la coutume au Maroc, c’est-à-dire, comme des
tyrans domestiques. Notre mouvement de libération devenait un enfer pour
notre famille habituée à l’obéissance sans conditions de sa progéniture
!
Ensuite vous êtes revenus à la religion
Il n’y a pas eu de
retour puisqu’il n’y a jamais eu départ. Il y a eu une forme de
récupération par les ashkénazes de ces familles nombreuses qui
connaissaient des difficultés de toutes sortes et ce sont les enfants
scolarisés par leurs soins qui ont introduit une religion beaucoup plus
stricte et moins traditionnelle à la maison. Les mouvements
pro-Israëliens ont influencés également l’éducation des enfants en les
initiant au sionisme et à la ferveur juive.
Au Maroc, déjà, le sionisme cherchait à recruter…
Le
discours sioniste dans les synagogues et les centres communautaires au
Maroc c’était : « Rejoignez-nous, car vous avez été élus pour vivre et
mourir en Terre Sainte, vous réaliserez cette promesse répétée
annuellement le jour de Pâque : “L’année prochaine à Jérusalem” ». Si
seulement on leur avait parlé de la création d’un foyer national juif,
des luttes pour y parvenir, des dures réalités auxquelles ils seraient
confrontés. Pour bon nombre d’entre les immigrants venus du Maroc, le
choc fut rude et s’est alors constitué le fameux Second Israël qui a mis
un temps infini à se fondre dans le…Premier…
Autres dates importantes ?
1980,
l’attentat de la rue Copernic, et ce qu’a dit Barre sur les "Français
innocents" qui avaient été victimes de l’attentat. Là nous avons compris
que nous n’étions pas encore perçus comme des Français mais davantage
comme des juifs. Il y a eu de grands débats et toute une série de
remises en question dans le monde juif à ce propos. 1967, la guerre des
Six-Jours : nous avons pris conscience de notre extrême solidarité avec
Israël, de notre double loyauté qui n’échappait plus à personne.
Et
1956 ? J’étais trop jeune, mais j’ai entendu mes parents en parler et
mettre en doute les motivations réelles de l’Angleterre et de la France.
Je dois préciser que mes parents avaient de l’attirance pour la culture
française, son élégance, son effronterie, la littérature, le cinéma,
mais en même temps ils éprouvaient de la répulsion pour le colonisateur
qui avait réussi à déjudaïser et à ébranler l’équilibre de notre
communauté.
On était pourtant en pleine lune de miel de l’alliance
franco-israélienne. Je sais maintenant que cette affaire de Suez
augurait de situations inédites dont toute la région trésaille encore de
ses ondes de choc. En 1956, on est en pleine guerre d’indépendance, et
on a l’impression que la France utilise Israël pour servir ses intérêt
colonialistes, pour lutter contre Nasser.
C’est pourtant la France
qui donne l’arme nucléaire à Israël Comme cadeau de mariage ?! Cette
arme, aussi dérangeante et perturbante soit-elle, j’espère qu’elle
gardera une valeur purement symbolique qui consiste à effacer le
désastre nucléaire qui a été imposé aux juifs par l’Allemagne.
Autre date ?
1981,
l’arrivée de Mitterrand au pouvoir, ce fut pour la communauté juive
comme un autre mai 68. Au Maroc nous ne votions pas. Et là, nous
découvrons les privilèges de la citoyenneté. Badinter, Attali…sont
étroitement associés au pouvoir, nous avons l’impression d’avoir
contribué à infliger un revers à la France des privilèges.
Au sein
de la communauté juive, il y a harmonisation par le surnombre. Les
séfarades dépassent démographiquement les ashkénazes, ils ne sont plus
minoritaires et un séfarade, René Sirat, est nommé Grand Rabbin de
France.
Encore une date ?
Comment oublier la visite de Sadate à
la Knesset et les bouffées d’espoir que nous avons tous ressentis ?
Chaque jour n’est-il pas une date importante pour autant qu’elle soit
décisive dans le règlement du conflit israélo-palestinien, si seulement
les deux parties voulaient entendre raison pour parvenir à vivre en
paix, chacune dans les limites de son Etat ?


Propos recueillis par Philippe Simonnot et relus par Nicole Serfaty.




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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 13:57




Juifs du Maroc : Le passé a un avenir

La
parution prochaine d’un livre consacré aux Juifs originaires du Maroc
dans le monde* constitue une occasion de réfléchir au destin de cette
communauté demeurée fidèle à sa terre d’origine.


Chaque
année, à l’issue de la Pâque juive, des dizaines de milliers de
personnes se rassemblent dans des parcs pour célébrer la Mimouna, la
fête purement marocaine clôturant les 8 jours de Pessah. Au fil des ans,
cette joyeuse manifestation, à laquelle sont invités les originaires du
Maroc de toutes les villes, suscite une interrogation : «Comment
peut-on ne pas être marocain ? ».
La Mimouna est célébrée par les
Juifs originaires du Maroc aux quatre coins du monde, aussi bien à
Manaus, au cœur de l’Amazonie, qu’à Paris, Tel Aviv, Caracas, Montréal,
Los Angeles ou Madrid, voire même à Shangaï où un mariage juif marocain,
le premier mariage selon le rite hébraïque célébré en Chine populaire
depuis 1949, s’est déroulé récemment, en présence de l’ambassadeur du
Maroc en Chine et de différents officiels locaux.
Le fait a plus que
valeur de symbole. Alors qu’elle comptait près de 300 000 membres au
lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la communauté juive du Maroc
est certes réduite aujourd’hui à 3 000 membres. Cela ne signifie pas
pour autant la disparition du judaïsme marocain car un million de
personnes dans le monde, dont 80% en Israël, continuent à maintenir
intactes leurs traditions culturelles, une manière d’être inséparable
d’une longue coexistence pacifique avec l’Islam.
C’est à la
formidable saga de ces originaires du Maroc qu’est consacré notre
nouveau livre, en hébreu et en français. S’appuyant sur une solide
documentation, fruit d’une longue enquête, cet ouvrage retrace les
circonstances dans lesquelles se déroula, entre 1947 et 1973, le grand
exode des Juifs du Maroc et les conditions de leur installation en
Israël, en particulier, où ils jouent désormais un rôle déterminant dans
la vie politique du pays. L’ouvrage évoque également l’installation de
plusieurs milliers de Juifs marocains en France (100 000), Espagne,
Angleterre, au Canada (30 000), aux USA et en Amérique latine, notamment
au Venezuela ( 20 000) et au Brésil, où ils ont recréé des institutions
spécifiques tout en s’insérant avec succès dans la société
environnante.
Leur intégration réussie leur a permis de conserver des
liens étroits avec leur pays d’origine, des liens considérablement
réactivés après 1984 avec la tenue, à Rabat, à l’invitation de feu
Hassan II, et en présence de tous les représentants de la classe
politique marocaine, d’un Congrès du Rassemblement mondial du judaïsme
marocain dont les fondateurs se retrouvèrent en 1999 à Marrakech où ils
eurent le privilège d’être reçus par le Souverain et de transmettre à ce
dernier la bénédiction de l’ancien Grand Rabbin séfarade d’Israël, le
rav Ovadia Yossef.
Ce nouvel ouvrage, outre le tableau fort complet
qu’il brosse de la répartition des originaires du Maroc dans le monde,
constitue aussi et surtout une étude exhaustive sur la préservation chez
eux de l’identité marocaine, une identité inséparable de la fidélité à
la dynastie alaouite incarnée par les fidèles tutélaires de Mohammed V,
Hassan II et Mohammed VI, et de la défense des positions marocaines.
Car,
ainsi que le montre l’ouvrage, si le redéploiement géographique du
judaïsme marocain répondait à sa volonté de participer au rêve ancestral
de reconstruction d’un Etat , il n’impliqua en rien une rupture avec le
Maroc et ses habitants musulmans, encore moins avec la dynastie dont
tous s’accordent à rappeler qu’elle a constamment protégé les Juifs, y
compris et surtout aux heures les plus sombres de l’histoire, lorsque
Vichy édicta un scandaleux Statut des Juifs.
Cette conception est
fondée sur le souvenir de la multiséculaire coexistence mutuelle entre
Musulmans et Juifs, vaut aussi pour le présent et pour l’avenir.
Loin
d’être une quelconque nostalgie, l’identité juive marocaine est une
certaine conception du monde. C’est peut-être ce qui explique qu’elle
ait survécu aux bouleversements décrits dans ce livre car ils n’étaient
pas de nature à déraciner une manière d’être ou à entraver le «
renouveau» du judaïsme marocain.
Un renouveau dont ils souhaitent
qu’il soit connu de leurs concitoyens musulmans aux côtés desquels ils
vécurent pendant des siècles et dont la culture a profondément imprégné
leur propre héritage. A l’heure où les différents fondamentalismes au
sein des trois religions du Livre constituent une menace pour la
démocratie et la sécurité du monde, il est bon qu’un ouvrage de ce type
essaie de rappeler l’authentique symbiose judéo-musulmane, dont
l’Andalousie médiévale puis le Maroc moderne furent le théâtre. Ce n’est
pas un legs du passé mais une leçon pour l’avenir. Le passé a un
présent et un avenir, c’est là la thèse traversant ce livre, voyant dans
le départ des Juifs du Maroc non la fin d’une histoire commune
multiséculaire, mais, au contraire, une nouvelle page d’une histoire
toujours partagée dont la complexité et la richesse sont source de
réflexion pour chacun d’entre nous. Mais il est indispensable que nul
n’essaie, à titre personnel ou politique, de s’en servir.


*
Robert Assaraf, Juifs originaires du Maroc : Emigration et Identité
retrouvée , Editions du CRJM ( Centre de Recherches sur les Juifs du
Maroc), environ 250 pages, en français et en hébreu, à paraître en mai
2008.


Le 25-4-2008
Par : Robert ASSARAF










Juifs de Tikrit portant l’Akhnif - tribu des Aït-Ouaouzguit - 1935




Famille juive devant la porte de sa maison - Mellah d’Illigh,

Anti-Atlas, 1953




Enfant juif en costume de fête - Erfoud - 1935




Juives de Goulmima Maroc Sud - années 30




Famille juive - Kalaa Des M’gouna - Dades - 1930




Femmes berbères juives Vallée du Dades





Femme berbère juive - Anti-Atlas






Musicienne juive berbère





Commerçants juifs - ancienne médina - années 50





Costumes et vêtements traditionnels des Juifs au Maroc





Juives de ksar es-Souk en costume berbère - Ziz 1935


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 13:58


les juifs du Maroc à travers la carte postale
ancienne(1900-1920) soixante-dix cartes postales sur les juifs du Maroc,
issues de la colelction du Musée d'art et d'histoire du Judaïsme et
provenant de dons récents.
Editées alors que le Maroc connaît les
début du protectorat (1912), ces cartes offrent le reflet d'un regard
occidental en quête d'exotisme et de pittoresque. elles n'en sont pas
moins le témoin de la vitalite du monde juif marocian traditionnel,
métiers d'artisanat, fêtes et costumes qui s'épanouissent dans le mellah
(quartiers juifs)- avant que celui-ci ne soit bouleversé par le monde
moderne
(au musée d'art et d'histoire du Judaïsme , 71 rue du Temple 75003 Paris



juifs Maroc vers 1915


Jeunes juives Safi, Maroc vers 1910

habitation israèlite à Meknes Maroc vers 1905

Fabricants de lanternes et savetiers juifs à Meknés Maroc vers 1905





Femme berbère juive — Debdou — Haut Atlas — Début XXe siècle


Jeune femme juive





Commerçant juif de Demnate - Haut-Atlas 1956






Orfèvre - Tahala - Anti-Atlas
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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 13:59






































Au Maroc, le juif occupait une place bien définie
dans le système socio-économique du village berbère : il remplissait
généralement la fonction soit d’artisan (orfèvre, cordonnier,
ferblantier), soit de commerçant, l’une et l’autre occupation pouvant
être ambulantes.


Aujourd’hui encore, après trente ou quarante ans, les villageois de
l’Atlas et des vallées sahariennes se souviennent avec nostalgie du temps où les juifs faisaient partie de leurs vies.


Alors que la législation musulmane fixe le statut du juif (et du
chrétien), comme dhimmi (protégé), soumis à certaines
obligations et interdictions, la société berbère semble avoir été
l’une des rares à n’avoir pas connu l’antisémitisme.


Le Droit berbère, Azref, dit « coutumier », contrairement au
droit musulman et au droit juif, est tout à fait indépendant de la
sphère religieuse.


Il était, par essence, laïc et égalitaire, et n’imposait aucun statut
particulier au Juif.







Debdou - vue du Mellah


Dernière édition par trait d'union le Lun 18 Jan 2010 - 14:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 14:00

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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 14:01

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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 14:02

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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 14:04

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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 14:06

Les Juifs berbérophones des pays chleuh et tamazight avaient, avec leurs dialectes vivants et un folklore qui n'a rien à envier à celui de leurs voisins musulmans, une littérature orale traditionnelle et religieuse dont il ne subsiste malheureusement que les quelques vestiges que l'auteur du présent article a recueillis à une date récente. Dans la vallée de l'Atlas, dans le Sous et aux confins sahariens (comme aussi, semble-t-il, dans certaines contrées algériennes et tunisiennes), ils constituaient naguère de petites communautés groupées dans des mellahs et établies là depuis des siècles sinon un ou deux millénaires. Aujourd'hui, on n'en trouve guère de trace ; depuis l'indépendance du Maroc, ils ont immigré en bloc en Israël.
...Le berbère a été, jusqu’à ces dernières années, l’une des langues vernaculaires des communautés juives vivant dans la montagne marocaine et le Sud du pays. La plupart d’entre elles étaient bilingues (berbéro-arabophones) ; d’autres semblent avoir été exclusivement berbérophones, comme à Tifnut ; de cette dernière catégorie, nous connaissons quelques individus isolés, immigrés en Israël et repérés à Ashkelon.
Dans la vallée du Todgha (Tinghir), dans la région de Tiznit (Wijjan, Asaka), de Ouarzazate (Imini), à Ufran de l’Anti-Atlas, à Illigh et ailleurs, non seulement le berbère était un parler juif de communication dans le milieu familial, social et économique et dans les contacts avec les autres groupes ethniques et confessionnels, mais il constituait aussi, à côté de l’hébreu, la langue de culture et de l’enseignement traditionnel qui l’utilisait pour l’explication et la traduction des textes sacrés comme le judéo-arabe ou le vieux castillan dans les communautés de langue arabe ou d’origine hispanique ; certaines prières, les bénédictions de la Torah entre autres, étaient dites uniquement en berbère, dont le rôle est attesté dans la liturgie pascale, ainsi que nous allons le voir. Une documentation écrite et sonore sur le folklore et la vie intellectuelle de ces communautés berbérophones a été réunie : quelques textes bibliques dans leur version hébraïque et berbère, cantiques liturgiques et chants de fêtes qui marquent les grands moments de l’existence juive (circoncision, bar-mitsva, mariage, etc.)


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 14:07


Noms berberes juifs
Voici quelques noms berberes juifs. Ils se distinguent en general des noms d'origine arabe par l'utilisation de la racine 'Ou' au debut qui veut dire 'fils de' en berbere au lieu de 'Ben' dans les noms arabes:
- Ouhayoun: de la tribu des Beni-Hayoun dans l'Oued Draa. Veut aussi dire 'fils du vivant' en berbere de la racine 'Haim', vie en hebreu.
- Ouhanna: De Bou Henna, tribu des Ait Ou'Fella
- Ouaknine: fils de Jacob en berbere
- Assouline: des Ait tizgui N'ouasouline - tribu des Glaoua dans l'Atlas
- Afergan: d'Ifergan dans l'Oued Souss.
- Afflalou: d'Afella dans l'Oued Draa ou d'Ifli dans le Tafilalet
- Amozeg: le bon en berbere
- Amzalleg: bijoutier en berbere
- Azancot: d'Izenkad dans l'Oued Draa
[/size]
[/b]
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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 14:11










Lorsque nos juifs sacres ete appeles artisants indigenes par les francais qui ont envahi le maroc, au temps du protectorat.
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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 14:12

Ne sachant pas si le mot indigène est bon pour les juifs ou pas, j'ai consulte le dictionnaire"

Un indigène est une personne qui est anciennement originaire d'un pays
et qui en possède la langue, les coutumes et les usages, avec une
connotation qui n'est pas raciale mais culturelle.

Pendant la période coloniale, indigène est devenu une catégorie
officielle désignant les droits, les coutumes et les institutions
particulières qui continuaient à être en conservées en vigueur pour
certains peuples autochtones, renouant avec les institutions du droit
local de l'Ancien Régime.

Sachez que ses indigènes juifs ont des petits-enfants ministre professeurs d'Universités et maires de villes en Israel.

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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 14:13

Selon l'ouvrage de MARMOL - L’Afrique de Marmol - Tome II , décrivant
une tribu des Haha, parlant le Tachelhit, située à 70 km au sud de
Mogador ou Essaouira et qui s'appelle sur les cartes actuelles Aït
Daoud, qui signifie, les descendants de David ( Eidevet selon Marmol):


" Cette bourgade est bâtie par les Berbères Masmouda, est aussi ancienne
que les précédentes. Elle était située dans une belle plaine, en haut
d'une montagne aux versants abruptes que côtoyaient deux cours d'eau
descendant des rochers, couverts par une forêt de noyers et d'arbres
fruitiers. On prétend que la population locale qui avait entrepris la
construction de cette agglomération descendait de la tribu juive de
Juda. Le Judaïsme était pratiqué dans la région avant l’arrivée de
l’Islam."


Le nom de la bourgade " Aït Daoud " est très révélateur. Il signifie "
Les descendants de David " et peut expliquer la légende de l'origine
juive des habitants.
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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 14:16

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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 14:17

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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 18 Jan 2010 - 14:20

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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 4 Avr 2011 - 0:08

le tamazight est à la fois une des variantes de la langue berbère, celle "grosso modo" parlée dans le moyen atlas, et le nom générique donné à la langue berbère.

Amzight est lié à la racine "homme" qui est le mot avec lequel se désignent les Touarges, Imazighens, les hommes libres, comme d'autres berbère. Les Touareg parlent donc le tamazight, la langue des hommes, dans ses trois variantes, tamasheq, tamahaq et tamajaq.

Le "tamazight" en tant que dialecte berbère (qu'on appelle aussi zayania ou braber) est très éloigné du tamasheq.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 4 Avr 2011 - 0:10

Mais tous les berbères sont des Amazigh... et quand un berbère appelle un autre berbère, il lui dit "oh tamazight" ce qui veut dire "oh, toi, mon 'pays' (au sens toi qui est du même pays que moi)', en employant en fait le mot féminin qui désigne la langue... "oh toi qui parle la même langue que moi" ... et au Maroc, en tout cas, on utilise ça quelque que soi le dialecte du berbère en face de soi.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 4 Avr 2011 - 0:11

les français colonisateurs au Maroc ne comprenaient rien au berbère, ils disaient donc "c'est du chleuh" pour un langage incompréhensible. Les troupes coloniales, rappelées sur le front en 14-18 ont donné le même surnom aux allemands dont la langue leur rappelait un peu le chleuh du Maroc.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Lun 4 Avr 2011 - 0:13

le berbère, comme la darija (le dialectal arabe marocain) ne s'écrit pas.

Une des particularités de l'arabe, c'est qu'un mot qui n'est pas de 'arabe classique "ne s'écrit pas"... il se prononce, il se comprend, mais on ne "peut pas" l'écrire car il n'appartient pas au corpus (sacré) de la langue arabe...


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DES BERBERES ET DES JUIFS AU MAROC   Ven 20 Mai 2011 - 10:41

Quand on traverse l'Atlas marocain, impossible de
ne pas remarquer ces hameaux perchés au loin, intégrés au paysage. J'ai
photographié ces hameaux pour la nostalgie mais surtout pour montrer a
mes enfants ou habitaient les juifs il y a 50 ans, un siecle, plusieurs
siecles, Trace d’un mode de vie du passé.


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