HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

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 LE GRAND RABBIN D'ISRAEL ET LE ROI JUAN CARLOS D'ESPAGNE

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Soly Anidjar
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MessageSujet: LE GRAND RABBIN D'ISRAEL ET LE ROI JUAN CARLOS D'ESPAGNE   Mar 18 Fév 2014 - 16:39




Il y a 6 ans, le Roi d'Espagne Juan Carlos invita le Grand Rabbin d'Israël Rav Yonah Metzger à la commémoration du 800ème anniversaire du décès de Maïmonide, l'illustre Rabbi Moshé  Ben Maimone (le Rambam), médecin, philosophe, Talmudiste et surtout décisionnaire hors  du commun, le Rambam était né à Cordoue, donc en Espagne.


Durant la cérémonie, Rav Metzger offrit au roi un magnifique Shofar, très long et recourbé. Le Shofar avait, de plus, été serti d'argent et la couronne royale était gravée sur la garniture argentée.

Le Roi Juan Carlos l’examina longuement et demanda quelle en était l’origine. Rav Metzger parlait en hébreu tandis que l'ambassadeur d'Israel en Espagne, M. Victor Harel, assurait la traduction en espagnol :
- Cet objet vient-il d'Afrique? demanda le Roi.
- Non, Majesté, il vient de la Terre d'Israel.

De plus en plus perplexe, le Roi demanda si cet objet devait être utilisé dans les corridas mais Rav Metzger expliqua poliment que le judaïsme interdisait de faire souffrir les animaux inutilement :
- Alors quel est l'usage de cette corne d'animal ? Continua le Roi.                            

Rav Metzger profita de cette conversation pour rappeler au roi un chapitre douloureux de l'histoire des Juifs d'Espagne. Le Roi l'écouta attentivement :
- Majesté, ce cadeau unique en son genre, nous permet de clore définitivement la boucle de l'histoire. Il y a plus de cinq cents ans, l'âge d'or du judaïsme espagnol prit fin brutalement quand votre ancêtre, le Roi Ferdinand et son épouse Isabelle expulsèrent mes ancêtres, suite à  l'incitation de l'Inquisiteur Torquemada.

Les Juifs qui avaient tant contribué au développement de leurs pays durent s'enfuir, en abandonnant tous leurs biens pour s'installer dans des pays plus hospitaliers, mais certains juifs préférèrent rester en Espagne, se convertirent tout en gardant secrètement leurs lois et coutumes. Ils se conduisaient comme de dévots catholiques mais respectaient les lois de la Torah clandestinement allumant par exemple leurs bougies de Shabbat dans des placards afin que personne ne le remarque. Les jours de fête, ces Marranes se rassemblaient secrètement dans des caves pour prier.

D'ailleurs notre prière de Kol Nidré, au début de l'office de Yom Kippour, est attribuée à ces Marranes qui ainsi annulaient leurs déclarations d'appartenance au catholicisme.
Ils priaient avec ferveur rare mais à voix très, très basse de façon à n'être pas découverts  par l'inquisition qui savait torturer et finalement, brûler les hérétiques en public sur des bûchers.

Pour Roch Hachana, ils étaient confrontés à un dilemme oui, la prière pouvait être chuchotée, sans attirer l'attention des voisins, mais le Shofar ?

Un chef d'orchestre, juif d'origine, trouva une solution originale. Il proposa au roi d'organiser un concert gratuit pour présenter divers instruments à vent, venus de tous les pays, de toutes les époques. Le roi qui adorait la musique en fut enchanté. Le chef d'orchestre proposa une certaine date, qui de fait, s'avérait être Roch Hachana. Le Roi, la Reine, les ministres et les courtisans s'assirent au premier rang; le reste des auditeurs prirent place à l'arrière, parmi eux, se trouvaient de nombreux marranes.

Les musiciens présentèrent différents instruments, de la flûte du berger à la trompette du soldat, mais, à un moment donné, le  chef d'orchestre lui-même proposa de sonner dans une corne de bélier, qu'il présenta comme le plus ancien instrument à vent connu.

Le Roi et la Reine  s'intéressèrent à cette curiosité, contemplèrent l'instrument puis le maître la porta à sa bouche tandis qu'au fond de la salle, les marranes prononçaient à voix basse les deux bénédictions :
« Béni sois-Tu Eternel, notre D-ieu, Roi de l'Univers, qui nous à sanctifiés par Ses
Commandements et nous a ordonné d'écouter le son du Shofar » ainsi que « Béni sois-Tu Eternel, notre D-ieu, Roi de l'Univers, Qui nous a fait vivre, nous a maintenus et Qui nous a fait parvenir à cette période ».
Le chef d'orchestre sonna du Shofar, comme l'exige la Hala'ha et tous les spectateurs se turent. A la fin de la prestation, on l'applaudit.

Aujourd'hui, Majesté, continua Rav Metzger, nous nous rencontrons cinq cents ans plus tard, dans des circonstances bien plus amicales. En tant que Grand Rabbin d'Israel, je suis heureux de revenir en Espagne.
Je vous remercie au nom de notre peuple car maintenant les Juifs peuvent vivre librement dans votre pays, ils jouissent d'une totale liberté de culte et à Roch Hachana, ils peuvent sonner du Shofar dans les synagogues restaurées.
Aujourd'hui je peux, D-ieu en soit loué, vous offrir publiquement ce Shofar sans me cacher car vous êtes un souverain soucieux de démocratie. Maintenant en Espagne, tous peuvent prier  à leur guise, sans crainte!

En acceptant le Shofar, le Roi déclara :
Monsieur le Grand Rabbin, j'ai reçu de nombreux cadeaux et trophées de nombreux chefs d'états des quatre coins du globe. Mais ce cadeau-là est porteur d'une signification  historique et je vous suis extrêmement reconnaissant pour ce Shofar et pour ce récit !

Rav Metzger déclara alors au roi qu'il souhaitait le bénir, comme cela est recommandé par les Sages. Tous deux se levèrent, Rav Metzger ferma les yeux, leva ses mains vers la tête du Roi et prononça la bénédiction avec une grande ferveur.

Quand il termina; Rav Metzger ouvrit les yeux: il s'aperçut alors que le roi, saisi d'émotion, pleurait sans chercher à le cacher…


Ce récit est la preuve ABSOLUE que l'Eternel seul et unique veille sur le peuple d'Israel.
Qui aurait pu dire en 1492 qu'un jour un Roi d'Espagne annulerait les décrets iniques et barbares qu'un autre Roi d'Espagne prit et conduisit tant des notres aux buchers et autres supplices appliqués à ces pauvres gens uniquement dans le but immonde que de leur faire abjurer leur foi en un D.ieu unique et intemporel, bénit soit-il.

En fait et historiquement, la mère de Ferdinand Ier Roi qui signa en 1492 l’expulsion des Juifs d’Espagne et qui laissa l’Inquisition s’installer pendant des siècles, était  Juive. Elle s s’appelait Jeanne Enriquez, et sa maman Paloma bat Gedaliah (Paloma fille de Gedaliah)

Le grand-père paternel de Jeanne Enríquez est Alonso Enríquez, seigneur de Medina de Rioseco (1354-1429) dont le père est Fadrique de Castille et la mère, Paloma bat Gedaliah (née juive), petite-fille de Shlomo Ha-Zaken ben David, traditionnellement issu d'une branche des descendants du roi David par les exilarques de Babylone.
C'est ainsi que son arrière-petit- fils Charles Quint descendrait de ces Juifs de Babylone




 
Jeanne Enríquez (en espagnol Juana Enríquez y Fernández de Córdoba), née à Torrelobaton en 1425 et décédée à Tarragone en 1468, est reine de Navarre et d'Aragon.
Fille de Fadrique Enríquez et Paloma Bat Gedaliah, elle épouse Pierre de Coimbra, connétable de Portugal et éphémère comte de Barcelone puis, en secondes noces, le roi Jean II d'Aragon et de Navarre en 1444.
De cette union sont nés :

  • Ferdinand II d'Aragon, dit le roi catholique, né en 1452
  • L'infante Jeanne d'Aragon, seconde épouse de Ferdinand Ier de Naples, née en 1455

Le grand-père de Jeanne Enríquez est Alphonse Enríquez, seigneur de Medina de Rioseco (1354-1429) fils de Fadrique de Castille.
Donc Ferdinand II d'Aragon  juif par sa mere et par sa grand-mere, épouse secrètement la future Isabelle Ire de Castille (1451-1504).


Document : Publications des généalogistes H.R.Moser et Vajay, INRIA 2005


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