HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC-CASABLANCA-RABAT-MAZAGAN-MOGADOR-AGADIR-FES-MEKNES-MARRAKECH-LARACHE-ALCAZARQUIVIR-KENITRA-TETOUAN-TANGER-ARCILA-IFRANE-OUARZAZAT-BENI MELLAL-OUEZANE
 
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 LES GOUMIERS MAROCAINS

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le marocain
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MessageSujet: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 16:55

LES GOUMIERS

LES GOUMIERS MAROCAINS



Les
goums sont des groupes de supplétifs. Les six premiers goums marocains
furent créés en 1908. En juin 43, plus de 100 goums étaient prêts à
entrer en campagne, préparés par le général Guillaume. Cinq goums
formaient un tabor. Trois tabors formaient un GTM (Groupement de Tabors
Marocains).

En 1943, un goum d’infanterie comprend :
- 1 Commandant de Goum, 1 officier adjoint.
- 3 Sections de combat avec chacune 2 sous-officiers français, 2 groupes F.M., 1 groupe d'assaut.
Effectif total : 2 officiers - 12 sous-officiers français, 209 Marocains.
Equipement
: 9 fusils mitrailleurs - 1 mortier de 60 - 4 rocketgun - 2
mitrailleuses lance-grenades - 14 chevaux - 28 mulets - 1 jeep - 1
camion 2,5 t - 1 poste radio S.C.R. 284 - 4 postes radio S.C.Rlégères -
21 pistolets mitrailleurs - 9 . 536.

L’effectif total d'un G.T.M. est de :
- 50 officiers dont un colonel
- 165 sous-officiers et gradés français
- 2727 Marocains
- 375 chevaux
- 410 mulets.


ORIGINALITÉ :

Le
goumier reste un homme libre. Il signe pour un an et choisit son goum,
et son officier, auquel il se lie d’homme à homme. Par exemple, quand le
capitaine de Bournazel a été muté dans le sud marocain, tous ses
goumiers Branès (tribu du Rif) l’ont suivi ! Dans la kechla, campement
des goumiers, il y a aussi les femmes et les enfants. Les officiers A.I.
qui les commandent ont avec chaque homme un rapport personnel.

Le
goum fait merveille en montagne. Avec leur équipement léger et leurs
mules (on les surnommait en Italie la Royal Brel Force, brel signifiant
mule en arabe…), ils se sont montrés irremplaçables dans les Abruzzes,
où les Allemands tenaient les crêtes et où les forces alliées étaient
bloquées dans la vallée du Liri.

Voici ce que dit d’eux le
colonel de Kérautem, interviewé pour le film « Le Capitaine Cassou » : «
Commander un goum était la chose la plus facile au monde. On marchait
en colonne sur des chemins de montagnes, et en tant qu’officier,
j’étais en tête de colonne. Au premier coup de feu, il y en avait déjà
dix devant moi, et moi qui aurais dû être en tête, je devais alors
courir pour les rattraper… » Il ne peut retenir une larme en ajoutant «
Ils avaient confiance en nous et nous en eux. C’étaient… des amis, quoi
».

Les goumiers se regroupent derrière le fanion à queue de
cheval. Ils eurent droit à leur premier drapeau français en… 1945 -
remis par le Général De Gaulle avant le défilé du 14 juillet sur les
Champs Elysées. Depuis leur dissolution en 1956, le drapeau est aux
Invalides.


EQUIPEMENT DU GOUMIER

Les goumiers marocains se différencient des autres soldats par leur tenue originale.

Dans
les rangs de la 1ère armée française débarquée en France en août 1944,
uniformément équipée de tenues américaines kaki, les goumiers marocains
ne passaient pas inaperçus. L'originalité de leurs tenues, fabriquées
localement au Maroc, tranchait sur le reste de l'armée.

Chaque
goum, étant une unité administrative, avait son propre modèle de
"djellaba", sorte de pèlerine à manches, grossièrement tissée en laine
épaisse, de teinte grisâtre, rendue imperméable par la présence de poils
de chèvre et de laines de couleurs différentes. En général, s'y
mêlaient de longues rayures blanches, noires, grises ou brunes.
Quelques-unes étaient chinées. Mais pendant la campagne 1944-1945, les
goumiers portaient tous une djellaba couleur muraille à raies brunes et
noires, moins voyante. Un capuchon ("koub") servait à couvrir la tête
par temps de pluie ou de neige, mais il était plus souvent utilisé comme
sac à provisions. Le goumier percevait aussi une "gandoura" (blouse
longue à manches courtes ou sans manches), une ample veste, un "séroual"
(pantalon venant à mi-jambes). Ses jambes étaient protégées par des
"tariouines" (bas de laine sans pied).
Les chaussures ("naâïl",
pluriel de "naâla") étaient constituées par des plaques rectangulaires
de peau de boeuf non tannée entourant la plante du pied, les poils
restant à l'extérieur. Elles étaient fixées à la cheville par des
cordelettes en palmier. Par la suite, lorsque le frimas les saisit en
montagne, les goumiers eurent droit aux brodequins ou aux snow-boots.

Une
sacoche en cuir ("choukara") leur servait de musette, elle était portée
en bandoulière, alors qu'un poignard américain était le plus souvent
glissé dans la ceinture retenant les cartouchières.

Comme
coiffure, les goumiers portaient le "khiout" (constitué par un écheveau
de laine brune) ou la "rezza" (coiffure marocaine particulière), parfois
le chèche kaki clair. Pendant les opérations en Europe, les goumiers
portèrent le casque américain "Mle 17 A 1" (type "plat à barbe"),
parfois placé au-dessus de la "rezza" et souvent recouvert d'un filet de
camouflage. Les cadres français portaient le képi bleu-clair des
Affaires indigènes ou le béret basque.

Si lors de la campagne de
Tunisie, les goumiers marocains devaient se servir de mousquetons 1892,
de fusils 1907-1915, de FM 1924-1929 avec un équipement constitué de
cartouchières modèle 1916 (bien que l'on rencontrât, à cette époque,
dans certains goums, des équipements sahariens), l'armement des soldats
marocains fut à partir de la seconde moitié de 1943 le même que celui
qui équipait les divisions américaines et le reste de l'Armée d'Afrique
(PM Thompson, carabine US M1, fusil 1903 ou US 17, mitrailleuses US
calibre 30 et 50, mortiers de 60 et 81 mm). Les goumiers avaient,
pourtant, conservé le fusil-mitrailleur français 24/29.

Avant le débarquement en France, ils perçurent en Corse, en 1944, des canons antichars américains.

Mais
ce qui différencie surtout le goumier des autres soldats, sur les
routes d’Europe, ce sont les moutons, leurs éternels moutons qu’ils
tiennent en laisse le long de la colonne, ou dans leurs bras quand ils
sont à dos de mulet !


PAGES DE GLOIRE

- Les goums ont
d’abord participé efficacement à toute la guerre dite « de pacification »
du Maroc, présents sur tous les lieux de combat, Rif Atlas et Sud,
jusqu’en 1934.

- En 40-42, la France occupée fut mise dans
l’obligation de les dissoudre. Noguès et Guillaume changèrent leur
appellation (Mellahas Chérifiennes, Travailleurs Auxiliaires…) et
réussit à les maintenir, sous les ordres de Decôme, puis de de Butler,
malgré les commissions d’armistice allemandes et italiennes. Des
dizaines de milliers d’armes légères étaient cachées, déplacées de nuit,
et des manœuvres secrètes étaient organisées. Pendant ces deux ans,
jamais un seul goumier n’a trahi la France auprès des forces
d’occupation.

- En 42-43, campagne de Tunisie. Avec leur
équipement hétéroclite et vieillot, ils ont fait l'admiration des
anglais et des américains par leur endurance, leur mobilité, leur
rusticité et leur audace. Les moutons tunisiens ont bien amélioré leur
ordinaire, et dit-on, les prisonniers, vendus aux Américains, leur
solde…

- En 43, débarquement en Sicile. Patton a tenu à avoir un tabor marocain au côté de ses troupes.

- En 43 toujours, libération de la Corse et en 44, participation à la libération de l’île d’Elbe.

-
Fin 43 et 44 : Campagne d’Italie, de Naples à Sienne. Les GTM font
merveille dans les Abruzzes (Cassino, La Mainarde, Mona Casale, etc)

-
En 44-45, campagne de France. Libération de Marseille, du Briançonnais,
prise des cols des Vosges un par un pendant un hiver très froid (-25°).
Participation aux batailles de Stasbourg, de Colmar, des forêts minées
de Haguenau…

- En 45, campagnes d’Allemagne et d’Autriche.
Participent au percement de la Ligne Siegfried vers Lauterburg, prennent
Pforzeim, avancent jusqu’à Stuttgart.

De novembre 1942 à mai 1945, les Goumiers ont subi de lourdes pertes pour libérer la France :
- 67 officiers, 104 sous-officiers, 1454 goumiers tués ou disparus ;
- 115 officiers, 285 sous-officiers, 5993 goumiers blessés ;
soit, au total, 8018 hommes mis hors de combat, soit presque la moitié de l'effectif...

-
En Indochine, de 48 à 54, les goumiers sont confrontés à un climat, une
végétation et une forme de combat qu’ils n’aiment guère… Engagés au
Tonkin, sur la RC4, au Centre-Annam, au Laos. En 55-56, en Algérie,
l’approche de l’indépendance du Maroc provoqua chez les eux un malaise
et ils furent peu utilisés.





Akka ou Rho à 30 ans


Akka Ou Rho à 100 ans...


La Royal Brel Force


Goumier et futur méchoui


Goumiers en instruction


De Gaulle décore un goumier
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 16:56

LES GOUMIERS.


Nécropole de Rougemont


Un jeune goumier part pour la guerre...


Goumier


Goumiers derrière le fanion


Goumiers au Carigliano


Goumiers attaquant dans les Vosges
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 16:57

LE COMBAT DU TAZIGZAOUT / TAZI


La
guerre dite « de pacification » a opposé les troupes françaises (troupes
régulières, légion étrangère, tirailleurs algériens et sénégalais,
goumiers…) aux résistants marocains, en majorité berbères, de 1907 à
1934. En 1925, pour venir à bout de la résistance rifaine, Pétain a
aligné plus de 200.000 hommes. Malgré l’énorme différence de matériel
guerrier (aviation, canons, mitrailleuses contre vieux fusils, ou même
armes blanches), il faudra encore 10 ans de combats pour soumettre les
imazighen, les hommes libres, ce que n’avaient réussi à faire ni les
Romains, ni les Arabes, ni les Turcs… Ce témoignage inédit du Docteur
Serre (arrivé au Maroc pour effectuer son service militaire en 1931, il y
restera jusqu’à l’indépendance, fondant entre autres l’hôpital de
Khenifra) raconte le grand combat du Tazigzaout, Haut Atlas Oriental, en
1932.

Si vous n'aimez pas les récits guerriers, sautez directement à la conclusion, intéressante.

Je remercie Mme Jacqueline Serre, veuve du médecin, qui m'a confié ce document.


LA FIN DE LA DISSIDENCE DANS LE HAUT ATLAS
Par le docteur Serre
(inédit)

COMBAT DU TAZIGZAOUT (20 août – 10 septembre 1932)

Nommé médecin d’un bataillon de Tirailleurs Algériens pour la phase
finale des opérations, je rejoins cette unité au Tizi n’Ighil,
prolongement ouest de l’Ighil ou Abari, à près de 3.000m d’altitude, le
20 août 1932.

Jusque là, nous ne nous sommes heurtés qu’à des
éléments locaux ; il ne va plus en être de même car nous aurons
affaire, non seulement aux tribus voisines, mais aussi à la masse des
irréductibles, qui depuis seize ans recule devant nous, refusant de se
soumettre. Ils appartiennent à toutes les tribus du Moyen Atlas. On dit
qu’ils sont vingt mille, puissamment armés, pourvus de beaucoup de
munitions, et résolus.

Ils se sont réfugiés dans le massif
boisé du Tazigzaout, en face de nous, de l’autre côté de la vallée de
l’oued Agheddou, dont nous occupons le sommet du versant nord, et dans
les vallées qui convergent à son extrémité ouest. Au-delà, vers le sud,
c’est le plateau des lacs, à 3.000m d’altitude : de la pierraille, pas
un arbre, une herbe rare. Au-delà encore, en dehors des rives des oueds,
ce ne sont que pentes arides, sans pâturages ni cultures, puis vient le
désert. La forêt et les bons pâturages se terminent sous nos yeux, sur
les pentes du Tazigzaout. Les dissidents ne peuvent aller plus loin.
Nous
dominons un paysage alpestre, tourmenté, fait de gorges, de croupes, de
ravines, de sommets aigus et boisé de cèdres et de chênes verts.
Les
troupes de notre groupement se rassemblent sur le plateau de
Tamedarkane, protubérance ouest du Tizi n’Ighil. Cette fois, il s’agit
d’une opération importante qui mettra en ligne deux groupements de la
Région de Meknès et ceux du Territoire du Tadla. Les partisans qui
coopèrent avec les forces régulières du Tadla sont les Zaïan, guerriers
redoutables. Le caïd Amaroq les commande. Nous devons achever
d’encercler les dissidents et les forcer à se soumettre.

Le
premier groupement de la Région de Meknès, sous les ordres du colonel
Richert, fort de trois bataillons, vient de prendre pied, sans coup
férir, sur la falaise qui couronne le Tazigzaout. Les trois goums de
Tounfite, commandés par le capitaine Parlange, les tirailleurs algériens
et une batterie d’artillerie constitueront l’avant-garde du nôtre. Deux
autres bataillons nous suivront.

Le Tamederkane est une
série de plateaux étagés, coupés de gorges, qui se termine au sud-ouest,
à Tazra, par un rocher vertical, au-dessus du confluent de l’oued
Agheddou et d’autres petits torrents, devant l’extrémité du Tazigzaout.
Ce sera notre objectif. Pour y parvenir, il faudra décrire un grand arc
de cercle, dans un terrain accidenté et boisé.

De notre
campement, nous voyons à la jumelle ce qui se passe sur l’autre versant,
chez les dissidents. Leurs troupeaux sont nombreux. Nous en comptons au
moins quarante qui paissent sur un plateau dénudé. Il y a des chameaux,
des chevaux, des vaches et beaucoup de moutons. Sur une croupe se tient
un aréopage d’une centaine d’hommes assis en rond. Conseil de guerre,
prière collective, ou réunion de sages pour discuter des intérêts des
tribus ? Qui le saura ? Nous allons troubler cette paix.

21
août – Il fait froid, il a un peu plu, j’ai quand même bien dormi sur
mon tapis. A midi, nous apprenons que le départ pour Tazra aura lieu ce
soir, à neuf heures. Pourquoi ce départ en pleine nuit, dans une
montagne dangereuse, que personne ne connaît et dépourvue de chemins ?
Qu’adviendra-t-il si les dissidents l’occupent ? A trois heures du
matin donc, nous partons pour Tazra. Sentier difficile. Mes muletiers
sont moins consciencieux que ceux que j’avais à Anefgou et je dois me
tenir au-dessus des passages dangereux pour stimuler leur attention.
Nous avançons par bonds, accompagnés d’une fusillade sporadique qui ne
fait que du bruit. Fusillade et canonnade aussi depuis les autres
postes. Du bruit, rien que du bruit. En traversant une mechta
abandonnée, je trouve un poulet abandonné par ses maîtres . Qu’il est
maigre ! Il sera quand même le bienvenu ce soir, car l’ordinaire laisse
terriblement à désirer.

Les deux bataillons qui nous suivent
nous quittent en cours de route pour occuper les positions
intermédiaires. Le commandant choisit l’emplacement de notre bivouac sur
une croupe à côté de Tazra ; mais sa face ouest est un peu vulnérable,
quoique dominée d’assez loin. C’est ce que l’endroit nous offre de
mieux. Aussitôt, malgré la fatigue, tous travaillent. Les uns déboisent,
les autres font des murettes ou creusent des abris. Lorsque, épuisés,
nous nous couchons, il y a beaucoup plus qu’un embryon de défense ; déjà
nous sommes en mesure de parer à une surprise. Je passe la nuit dans un
abri, avec des officiers du goum, couché contre le capitaine Parlange.
Il pleut à nouveau. Notre unique toile de tente est trop petite et nous
protège mal . Au matin, je me trouve allongé dans une flaque d’eau.

Le lendemain, à l’exception du 5° commandé par le lieutenant Barrou, les goumiers nous quitteront.

23 août – Journée d’aménagement et d’installation, sans incident
notable. Nos artilleurs bombardent avec succès le campement d’un chef
dissident qu’on leur a signalé. Quand donc aura lieu la fameuse
opération concertée qui doit liquider cette tâche dissidente, et pour
laquelle nous sommes ici ?

17 heures. Les ordres viennent d’arriver. Demain, selon le plan prévu, attaque sur tout le front. Enfin ça y est !

A l’aube, notre bataillon se portera à l’extrémité du promontoire de
Tazra, prolongement sud de la crête où nous campons. Point clef s’il en
fut, car celui qui tient Tazra dispose sur la dissidence d’un
observatoire hors pair. Il est là au cœur de cette dernière. Il
surplombe le confluent de l’oued Agheddou et toutes les vallées qui y
aboutissent.Surtout, il voit la grande vallée du Tazigzaout, boulevard
et forum de la dissidence, comme dans un livre ouvert devant ses yeux.
Les dissidents ne pourront pas ne pas tenter l’impossible pour nous
chasser de cet observatoire.

Ce sera une opération un peu
risquée car nous serons en flèche. Seul un sentier nous relie à travers
bois et ravins au poste le plus proche, à trois kilomètres à l’est. Les
dissidents peuvent nous l’interdire. Derrière nous, au nord, des bois
non occupés. Au sud-ouest et au sud-est, les dissidents.
Pour que l’opération réussisse, il faudra que tous les groupements s’engagent à fond. Souhaitons qu’il en soit ainsi.

Je donne mes instructions pour le lendemain. Le bivouac étant près
de Tazra et restant occupé par une compagnie qui protègera nos arrières,
inutile de s’encombrer. Quatre muletiers et deux mulets porteurs de
cacolets, de litières et de quelques outils nous suivront. Les deux
muletiers libres porteront les brancards, les infirmiers leur musette à
pansements. Tout blessé sérieux sera immédiatement évacué sur le
bivouac.

Le dîner est paisible. Le commandant nous parle de
l’opération du lendemain. Après le dîner, je vais à la murette sud qu’on
appelle le belvédère. Sur l’énorme carène renversée que figure le
Tazigzaout, des feux scintillent comme des étoiles et font pendant à nos
feux de bivouac. Ce sont, à moins de deux kilomètres, les feux des
dissidents.

La nuit est calme. Du Tazigzaout des chants nous
parviennent. Chants de guerre ou prières collectives ? C’est la veillée
d’armes chez eux comme chez nous. Enfin, les chants cessent. On entend
alors les chiens aboyer, les moutons bêler, les ânes braire ; il ne
reste que l’impression d’un soir d’été dans la montagne.

24
août – Réveil discret. Surtout silence et pas de feu ! En hâte je
m’habille et vais à mon poste de secours. Quelques coups de pied dans
les piquets des petites tentes et dans les murettes réveillent tout le
monde. En dix minutes nous sommes prêts.

Le 5° Goum sort le
premier du camp. Le lieutenant Burron et ses sous-officiers en tête, ils
descendent au sud et disparaissent dans les arbres.
Soudain, en bas à
gauche, une fusillade. Le commandant sort, suivi de son bataillon. Des
balles l’encadrent, d’autres tapent à ses pieds.
J’attends à la porte
que les compagnies aient débouché pour sortir à mon tour. Rapidement,
la fusillade s’éloigne. Nos éléments progressent en échelon dans ce
terrain en escaliers. Nos mitrailleuses tirent, l’ennemi lâche pied.

5h1/2. Nous occupons entièrement la position de Tazra. En hâte on
s’organise : les armes automatiques sont mises en batterie, les hommes
font de petites murettes derrière lesquelles ils se couchent. Tous
veillent attentivement et sont de bonne humeur. Nous bombardons au
mortier et criblons de mitraille les crêtes les plus proches du
Tazigzaout. Les dissidents ripostent. Ce combat à distance durera toute
la matinée, sans dommage pour nous - et sans doute non plus pour
l’adversaire…

Nous installons le poste de secours sous un
gros arbre, dans un vallonnement. Seule une murette face à l’est est
nécessaire. Par derrière, la pente nous protège. J’arrache de grosses
pierres avec une pioche, les muletiers les portent, les infirmiers
bâtissent. Nous transpirons abondamment. A huit heures, tout est fini.
Notre abri pourrait contenir au moins dix blessés. Un soldat m’offre un
quart de vin rouge que je bois d’un trait, puis je me couche en
attendant les événements. Mais impossible de dormir : deux mortiers
Brandt sont en batterie à côté de moi.

8h30 – Je vais aux
nouvelles. Le groupement du colonel Richert qui devait avancer sur le
sommet du Tazigzaout ne bouge pas. Par contre, nous voyons les
dissidents monter en grand nombre sur une arête shisteuse face aux
positions du Tadla, creuser des tranchées et faire des abris. Trop loin
pour nos mitrailleuses. Par intermittence, les artilleurs du Tadla les
arrosent de quelques fusants, sans succès.

Nos officiers
veillent à ce que leurs hommes restent couchés. Ce n’est pas une
précaution inutile. Le capitaine Michaux et moi étant allés nous appuyer
contre un arbre pour regarder l’ennemi à la jumelle, sommes presque
aussitôt encadrés. Nous nous abritons sans attendre la suite.


9h30 - Une longue colonne descend des bivouacs du Tadla. Deux
escadrilles bombardent avec des bombes de dix. Toutes les batteries du
Tadla tirent. La montagne disparaît dans la fumée. Entre les
retranchements ennemis et les postes du Tadla, ainsi que dans les gorges
au sud du Tazigzaout, c’est un crépitement continu. De ce côté,
l’attaque paraît déclenchée.

11h – Situation inchangée. Nous mangeons accroupis derrière nos murettes. Tout se calme du côté des groupes du Tadla.

12h – Nous essuyons une fusillade assez vive. Nos mortiers
bombardent les coins d’où paraissent venir les coups. Le commandant
demande par signaux s’il doit encore tenir cette position. « Opération
reportée, retirez-vous prudemment » lui répond-on.

Quelques
ennemis réussissent à s’infiltrer entre l’oued et notre rocher et à se
glisser sur notre droite. La canonnade a cessé, seul le bivouac le plus
proche tire par intermittence. En face de nous, au sommet du grand ravin
du Tazigzaout, nous voyons des guerriers descendre par groupes de trois
ou quatre, le fusil à la main. Ils se faufilent entre les chênes verts
et les rochers. Nos rafales ne les arrêtent pas. Viennent-ils vers nous ?

Après avoir épuisé leurs derniers obus de mortiers, l’une après
l’autre, les compagnies se retirent, se protégeant mutuellement de leurs
feux. Le goum rentrera le dernier. D’instinct, nos regards se portent
sur les crêtes boisées qui nous dominent à une certaine distance. Nous
pressentons un danger de ce côté. Où sont passés les dissidents qui se
glissaient sur notre droite ?

16h – Nous sommes presque tous
rentrés. Encore quelques coups de fusil dans les petits ravins à l’est.
Ce sont nos derniers éléments qui se replient.
Arrive un grand diable
de tirailleur qui a reçu une balle dans le mollet, un cabochard, très
aimé dans sa compagnie, mais qui fait toujours une sottise quand on veut
le nommer caporal. J’ai du mal à le garder au poste de secours.

Le calme semble revenu. On envoie chevaux et mulets à l’abreuvoir et
à la corvée d’eau. Le 5° Goum et une section qui travaille sur la piste
protègeront leur retour. Un convoi de munitions escorté par un escadron
de spahis est en route pour notre bivouac. En principe il sera là dans
trois quarts d’heure. Le commandant l’attend avec impatience : on a tant
tiré depuis trois jours que les munitions s’épuisent.

17h –
Tout est calme, cette journée a l’air de bien finir, et je vais admirer
le paysage sous un arbuste à trente mètres du parapet. Soudain une balle
tape à mes pieds et fait sauter de la terre sur mes chaussures. Je me
retire en plastronnant, car on me regarde. Un autre balle ricoche sur un
rocher tout près de moi et va s’écraser sur au milieu des cuisiniers de
la 11° compagnie. Il me semble avoir vu le tireur. Je saute sur un
créneau, vite une jumelle et un fusil de 86 ! Gare à lui si je le vois
encore. Des camarades s’approchent, prodigieusement intéressés.
Heureusement pour l’honneur du corps médical, ce duel n’aura pas lieu,
car au même instant, des balles arrivent de toutes parts.

- Aux armes ! Aux armes !

Les tirailleurs se précipitent aux murettes. En un clin d’œil elles
sont garnies de fusils, baïonnettes au canon. J’ai le temps de jeter un
coup d’œil au télémètre et de voir une foule de dissidents qui, sans se
cacher cette fois, descendent aussi vite qu’ils le peuvent, un fusil à
la main. Ils crient, gesticulent, et les femmes crient comme des bêtes,
sans discontinuer. La clameur emplit la montagne et impressionne nombre
d’entre nous. C’est sauvage, primitif, nous ne l’entendrons sans doute
plus jamais. Ces guerriers viennent vers nous en courant, allant au
combat comme on va à la fête. Fanatisés comme ils le sont, mourir pour
leur foi et leur liberté est une apothéose, ils se jettent dans l’assaut
à corps perdu.

Les mitrailleuse du groupe sud tirent aussi
vite qu’elles le peuvent sur le bas du grand ravin. Nous voyons des
dissidents tourbillonner et tomber. D’autres les emportent. Mais cela ne
ralentit pas d’une seconde la ruée de cette masse.

Le
commandant, anxieux, se tient à la porte du bivouac et fouille à la
jumelle la piste qui conduit au bivouac le plus proche. Là se trouve le
convoi attendu, avec les munitions qui manquent, la corvée d’eau et tous
les animaux du bivouac, le goum, et deux sections de son bataillon.
Pourvu qu’ils rentrent tous avant l’arrivée des dissidents au-dessus de
la piste !

Profitant des moindres replis du terrain, des
bouquets de chênes verts qui par endroits nous empêchent de voir à plus
de dix mètres de la murette, les dissidents se rapprochent à une
rapidité prodigieuse, tout en nous soumettant à une fusillade de plus en
plus nourrie.Ils parlent très fort, s’interpellent de loin comme des
gens sûrs de la victoire, pour lesquels toute précaution est désormais
inutile.

A faible distance derrière eux viennent les femmes.
Elles ont apporté les bols de henné dont leurs mains sont teintes, et
des couteaux. Echevelées, les vêtements en lambeaux, furies déchaînées,
réfractaires à la peur, le visage barbouillé de boue, elles hurlent des
imprécations et se griffent les joues afin que la vue du sang excite
encore plus les combattants. On les aperçoit parfois à l’œil nu entre
deux rochers, car elles ne se cachent pas. Si un homme recule, elles le
saisiront et leurs mains le marqueront aussi sûrement qu’un fer rouge.
Après le combat, toute la tribu saura qu’il a reculé devant l’ennemi.
Quant aux couteaux, nous n’ignorons pas les mutilations que ces
sauvagesses nous feront subir si nous tombons entre leurs mains.
Sans
arrêt des balles sifflent et claquent autour de nous. Parfois un gros «
ronron » marque le passage d’une de ces énormes balles de plomb tirées
par les fusils à pierre, qui font dans les chairs des tous gros comme le
poing.

Le vacarme est infernal. Les dissidents sont bien
armés et, malgré nos énormes moyens, ils se rapprochent encore et font
feu aussi vite qu’ils le peuvent.

Tous les gens valides du
camp sont aux murettes, même les muletiers. On se bat pour sa peau. Il
n’y a qu’une alternative : repousser les dissidents ou être tués. Les
prisonniers sont suppliciés, tout le monde le sait ; les femmes ont été
emmenées pour cet office.

- Tiens, fils de chienne, attrape, lancent les tirailleurs, et les grenades volent.

- Que Dieu te fasse brûler vif et rende aveugles ton père et ta mère, leur répond-on.

Des blessés arrivent ; blessures légères : certains repartent une
fois pansés. Le premier tirailleur blessé veut retourner au combat : «
Ah les maquereaux, les fils de pute, si au moins je pouvais en pendre un
à un arbre et l’étriper… Toubib, laisse-moi partir ! » Je le laisse
partir.

18h – La fusillade s’étend au nord, loin du
bivouac. Un sergent a placé de ce côté deux mitrailleuses en batterie
sur une crête, à l’abri de petits rochers, afin de protéger ceux qui
doivent rentrer. Enfin les voilà ! Convoi de munitions, corvée d’eau,
section d’escorte, goumiers… intacts. Le moral devient meilleur.

Deux tirailleurs en portent un autre dont les vêtements sont rouges
de sang. Une balle a pénétré dans son côté droit, puis passant sur la
face antérieure de sa colonne vertébrale, est ressortie par l’épaule
gauche. Comment n’est-il pas mort sur le coup ? Cependant, il parle. On
l’étend sur un brancard et on le couvre. Une sueur froide glace son
visage, son pouls n’est déjà plus perceptible.

Le poste de
secours se remplit : neuf blessés maintenant. Certains repartent une
fois pansés. La murette nous protège admirablement : il s’agit pour la
plupart de blessures légères, par ricochet. Nous travaillons accroupis.
Une grosse balle de plomb vient s’écraser sur l’une des caisses
médicales qui bordent notre abri.

La nuit tombe et soudain le
combat redouble de violence. Les dissidents se rapprochent encore. Ils
sont même si près que nous nous attendons à tout moment à les voir
bondir à la murette pour attaquer au couteau, en masse. Mortiers,
grenades, sans parler de la mousquetterie et des mitrailleuses, tout
part en même temps. Les obus s’envolent dans un bruit de sirène et
décrivent de grandes traînées rouges. Quelle débauche de munitions !
Pourrons-nous tenir longtemps ainsi ? Maintenant, tirailleurs et
dissidents s’injurient et se fusillent presque à bout portant. En bas,
sur le front de la 2° compagnie, on voit des hommes se dresser, tirer,
lancer des grenades et recommencer. Personne ne mollit.

19h30
- La fusillade se ralentit de part et d’autre. Nous sommes convaincus
que les dissidents attendent que la nuit soit déjà avancée pour tenter
un nouvel assaut. Les nôtres veillent. Parfois ils croient voir des
fantômes approcher et le feu reprend.

- Economisez vos munitions, ne tirez qu’à coup sûr, répètent les officiers.

Des dissidents chantent tout près de nous. On dirait une prière, une
sorte de litanie que l’écho renvoie.Leurs femmes poussent de temps à
autre des youyous suraigus, et la nuit amplifie les bruits.

- On vous aura, chien de Roumis, aujourd’hui ou demain. On vous aura, crient-ils.

Et à l’adresse des tirailleurs :

- Vendus aux Roumis, vous n’êtes plus des musulmans, vous êtes
des traîtres, pire que des Juifs. Venez un peu vers nous, lâches !

Les blessés sont soigneusement couverts. On a administré des
calmants au pauvre malheureux mortellement atteint. C’est hélas tout ce
que nous pouvions faire pour lui.

Les canons du Tadla ouvrent
un feu nourri sur le Tazigzaout et dans les ravins autour de notre
bivouac. Cela sert-il à quelque chose ?

Dans le bivouac et
aux alentours, les bruits cessent. Mais le Tazigzaout s’emplit alors
d’une rumeur immense, qui nous parvient, tantôt forte, souveraine,
tantôt faible, selon le vent. Les chiens hurlent à la mort. Que signifie
cette rumeur ? Est-ce le ralliement de tous ceux qui vivent là-haut
pour l’assaut suprême qu’ils vont nous livrer ? Ou bien sont-ce des cris
de désespoir, des pleurs, des lamentations qui grandissent au fur et à
mesure que sont connues les pertes subies ? De rares coups de feu
trouent la nuit noire. Les nôtres ne tirent pas.

Nous
avons l’impression que les dissidents se sont rassemblés face à notre
front sud, très nombreux, de plus en plus nombreux, et qu’aucun n’a fui.
Nous ne les voyons pas mais sentons leur présence. Nos soldats
retiennent leur souffle pour mieux écouter. C’est angoissant et
tragique, ce face-à-face dans la nuit de ceux qui vont se prendre à la
gorge et se poignarder .

Nous attendons. Je trouve le
commandant dans la guitoune du capitaine de la 10° compagnie. On pense
que l’assaut sera donné après neuf heures. On me propose de manger. Je
n’ai pas faim.

21h30 – Je me rends au sud de l’extrême pointe
du bivouac, là où sont les groupes de mitrailleuses, les mortiers et
où, pendant le jour, on voit le moindre repli de la montagne.Toujours la
même rumeur en face de nous dominée par la voix aiguë des femmes.
Devant le parapet, en dehors du camp, un petit chien, celui d’un
sous-officier aboie par intermittence.

Couchés, baïonnette au
canon, et une seule cartouche dans le fusil, sur trois rangs en
profondeur, la section hors-rang et tous les muletiers du bataillon sont
là. C’est la suprême réserve, ils embrocheront ceux qui arriveront
jusqu’ici.

Un officier me montre sur la droite un rocher dont l’ombre se découpe.

- Ils sont derrière ce petit promontoire. C’est à partir de là qu’ils vont essayer de sauter le mur.

Dans le camp le silence est absolu mais l’énervement est sensible. Qu’on en finisse !

Soudain, à vingt mètres de nous, de l’autre côté du mur, des cris,
des appels, un véritable bruit de foule. L’assaut en masse que nous
craignions, se produira au point où nous l’attendions. Nos percevons
chaque syllabe prononcée par les dissidents. Des grenades volent. Vite
ils se taisent. Lorsqu’ils approchent, le petit chien noir recule et
aboie de plus belle. Brave petit chien, aussi utile pour nous que le
furent pour Rome les oies du Capitole !
Les dissidents qu’il gêne beaucoup voudraient le faire taire et tirent plusieurs coups de feu pour l’abattre, en vain.

Une voix dit en français :

- Loulou, viens ici !

Une autre, en français toujours, mais avec l’accent des faubourgs :

- Mon adjudant, mon lieutenant, c’est pour votre gamelle qu’on vient ! On l’aura, votre gamelle !

Le lieutenant Pechery, perché sur un parapet, réplique :

- Allons viens, mignon ! » et il lance des grenades.

Tout à coup, les femmes poussent des cris effrayants, des youyous
dont le rythme se précipite. On entend « A mort, chiens ! on vous tient !
» et ils s’élancent. Notre réplique est brutale, intense, immédiate.
Grenades, mortiers, mitrailleuses, tout part à la fois. Nous sommes au
milieu d’un feu d’artifice. Cela dure une minute, puis plus rien. Seul
le petit chien aboie toujours, et il s‘éloigne, poursuivant les
dissidents, qui reculent. Quelques balles sifflent encore, puis le
silence dans le camp devient total.Seuls persistent la rumeur lointaine
dans la montagne et, autour de nous, des chuchotements, parfois la voix
aiguë d’une femme. Il faut veiller, rester prêt. Je m’installe pour
dormir au poste de secours, à côté de mes blessés, et m’enroule dans une
couverture contre mes infirmiers.

Minuit – Les blessés
reposent. Le malheureux à la poitrine transpercée râle. Il exhale un
souffle profond, bruyant, monotone. Je suis couché à deux mètres de lui.
Je pensais qu’il ne passerait pas la nuit, cependant, son râle
d’agonisant me tient en éveil jusqu’au matin. Je n’ose écrire sa fin
lamentable. Transporté le lendemain sur une litière, à dos de mulet,
pour gagner l’ambulance, il glissera et tombera sur un rocher, son dos
percutant l’arête dure. Qui accuser ? Mulet ? Piste ? Litière ?
Convoyeur ? Je le savais perdu, mais il faut croire au miracle…


25 août – 6h du matin – Lendemain de victoire ? Qui sait ? Nous avons
repoussé deux assauts, mais peut-être sommes-nous encerclés ? S’il en
est ainsi, sans ravitaillement, sans corvée d’eau possible, nous serons
obligés de battre en retraite dans cette montagne où il n’y a que
rochers, ravins et forêts, en combattant dans les pires conditions.
Certains sont pessimistes.

Aux créneaux, aux bastions, les
officiers fouillent le terrain à la jumelle. Personne, pas un bruit. Des
goumiers font des reconnaissances et reviennent sans accroc. Pas
davantage de dissidents sur la face est : nous pourrons donc aller à la
corvée d’eau. Par contre, au sud, sur les positions que nous occupions
la veille, nous voyons distinctement des fusils dépasser des murettes
que nous avions faites. Si on nous donne l’ordre de retourner là-bas, il
faudra se frayer un chemin à la grenade et à la baïonnette.


Nos défenses étaient inachevées faute de temps. Cette fois, c’est
sérieux, nous nous retranchons, et fiévreusement, chaque homme
travaille. Les uns arrachent des pierres, les autres les portent,
d’autres bâtissent. On entasse de la terre sur les parapets et on
aménage des créneaux couverts, tandis que des murettes transversales
pour protéger des coups d’enfilade sont commencées un peu partout.
Quelques balles tirées de loin claquent encore sur le bivouac. On se
prépare à assurer la corvée d’eau.

Le lieutenant Barrou revient de reconnaissance. Il parle avec de grands gestes. Un cercle se forme autour de lui.

- Qu’est-ce qu’ils ont pris ! Ca c’est du beau travail ! Mon commandant, il y a du sang partout !

Des blessés ont peut-être été oubliés sur les pentes. Je sors avec Barrou et le commandant.

A chaque pas des flaques de sang ; sur les pierres, sur les
feuilles, sur la terre où elles font des tâches noires.En face du groupe
de mitrailleuses nord-est, sur un rocher, les dissidents avaient fait
de petits abris avec de grosses pierres et des troncs d’arbre. On dirait
qu’on a saigné des bœufs. Un chapelet nage au milieu du sang. Un
véritable ruisselet noir part de là et coule dans les rochers. Plus
loin, un morceau de crâne est plaqué contre un arbre. Et encore des
flaques de sang : elles se touchent presque sur cette crête. Les
murettes sont démolies par les obus de mortier et les grenades dont on
retrouve les éclats. Dans le bois, un peu en arrière, les branches, les
feuilles sont hachées par la mitraille. Par endroits, on voit des
traînées rouges de plus d’un mètre. Mais pas un cadavre, pas un blessé. A
la faveur de la nuit, les dissidents les ont tous enlevés. On suit à la
trace, sur le sentier qui descend, le passage des blessés et des morts.

Dans le Tazigzaout, de petits attroupements de femmes se forment à
mesure que le temps passe. Les blessés légers et les femmes ramènent,
chargés de cadavres et de blessés graves, les mulets et les ânes qui
devaient ramener les dépouilles des vaincus. Toujours il en arrive. On
sait maintenant l’acharnement de la lutte, l’issue indécise et les
pertes subies. Des youyous éclatent. Comment reconnaître parmi ces
loques humaines, ces yeux révulsés, cette tête sans visage, celui qu’ils
chérissaient et qui était parti quelques heures plus tôt, fier de son
beau mousqueton qu’il avait payé de tout son troupeau, jurant qu’il
allait rapporter les dépouilles de ces lâches qui n’osent pas regarder
les hommes libres de près. Pauvres gens qui avaient cru leurs apprentis
sorciers !

- Ah ! Chiens de Roumis !


C’est un concert de malédictions, de cris, aussi d’imprécations contre
les mauvais bergers qui ont poussé à cette résistance sans issue, et
aujourd’hui à cette attaque insensée.

- Qu’on en finisse !
Allons trouver les Français. Les autres Berbères vivent bien avec eux ;
ils osent même nous combattre et ce sont les plus acharnés ! Voyez
comme ils sont gras ! Ils ont de beaux troupeaux, leurs garçons et leurs
filles chantent et dansent le haïdous, tandis que, depuis des années,
nous nous cachons comme des chacals dans les rochers et les fourrés,
avec souvent, pour toute nourriture, des baies de genièvre et des grains
d’orge ! Nous grelottons la nuit, les membres de nos enfants bleuissent
en hiver ? C’est assez !

Les sanglots, les lamentations dureront jusqu’à l’aube. Alors, les exhortations à la résistance reprendront.

- Il faut se soumettre à la volonté de Dieu, il n’abandonnera pas
les siens.Les Roumis ont subi plus de pertes que nous et ne se
lamentent pas. Faisons comme eux. Ils finiront par partir. Courage mes
frères, aujourd’hui nous sommes tous rassemblés : qui pourra nous
vaincre ? Des présages qui ne trompent pas montrent que c’est ici que
nous serons vainqueurs.

Le siège du Tazigzaout durera encore
quatorze jours de bombardements, de mitraillades, de combats. Comme une
peau de chagrin, la dissidence se rétrécira sous nos yeux. Un jour les
légionnaires s’emparent de l’extrémité ouest de la grande crête du
Tazigzaout et y plantent leur drapeau. Des contre-attaques se
succèderont pour reprendre cet éperon rocheux qui domine le pays. Mais
les légionnaires les repousseront à la baïonnette et en resteront
maîtres . C’est au cours de ce combat que mon ami le lieutenant Anthoine
sera tué d’une balle en plein front.

Un jour les dissidents
marquent un point. Nos troupes s’étaient emparés d’un piton très boisé
adossé au flanc nord du Tazigzaout et que nous appelions le Piton des
Cèdres. Les dissidents contre-attaquent, reprennent cette position et la
conservent un temps. Succès sans lendemain.

Au sud-ouest
de Tazra, deux longues crêtes parallèles aboutissant au confluent de
l’Agheddou avaient été garnies de petits blockhaus par les dissidents.
Après une intense préparation d’artillerie, les guerriers zaïan d’Amaroq
nettoieront chaque trou à la grenade.

Tous les matins, nous
prenons, sans être inquiétés, notre position à l’extrême pointe de
Tazra, au-dessus du rocher. Nous allons là comme au spectacle.


9 septembre - La dissidence n’occupe plus que le grand ravin du
Tazigzaout. A peine déborde-t-elle de quelques centaines de mètres sur
les rochers. Comment ces pauvres gens peuvent-ils encore tenir, entassés
dans des trous creusés entre les racines des cèdres ou sous des rochers
? Hommes femmes, enfants, serrés là tout le jour, les uns contre les
autres à étouffer, attendant fiévreusement la nuit pour courir à l’oued
remplir une guerba et faire pacager les quelques moutons qui leur
restent ? La pestilence est telle au milieu de tous ces cadavres
d’hommes et d’animaux à demi-enterrés que l’odeur de charogne monte
jusqu’en haut du Tazra.

Dès l’aube, nous devenons
spectateurs d’un combat qui se déroulera sous nos yeux, à quelques
centaines de mètres, et dont nous allons suivre intensément les
péripéties. Tôt, le bombardement du grand ravin commence. Il se
poursuivra sans répit. Le canon tonne comme jamais encore il n’a tonné,
plusieurs batteries tirent en même temps, arrosant tous les replis de la
montagne qui disparaît dans un nuage de poussière. Tirs de harcèlement,
puis tirs de barrage avec des obus fusants, devant les vagues d’assaut.
Il est précis, rapide et semble très efficace. Derrière lui, la
cavalerie des Zaïan d’Amaroq charge avec des musettes de grenades en
guise de sabre. En un clin d’œil elle a nettoyé les abords de l’oued et
les petits ravins qui aboutissent au confluent, puis, fait inouï, elle
s’élance au galop dans le grand ravin, le sanctuaire inviolé, sous le
feu des dissidents, et le remonte ! Des fantassins suivent en courant,
par petits groupes, et s’égaillent à droite et à gauche pour nettoyer
les abords. On se croirait revenu aux charges héroïques d’antan. Le
spectacle nous coupe le souffle.

C’est l'hallali. Les Zaïan
occupent le tiers inférieur du ravin et progressent toujours. Le feu
redouble, d’autres cavaliers arrivent, suivis de colonnes de fantassins.
Rien ne les arrêtera.

Tout à coup, vers dix heures, les
canons se taisent, la fusillade cesse, la fumée se dissipe et on voit
les cavaliers redescendre paisiblement le ravin, regagner l’oued et s’en
aller – sans oublier d’emporter les troupeaux razziés. Est-ce la fin ?

A onze heures trente nous déjeunons. Un message transmis par signaux
optiques arrive : « Pourparlers de soumission engagés. Cessez-le-feu
jusqu’à quatorze heures » .

Un peu plus tard nous voyons,
au sommet du grand ravin, un vieillard d’aspect majestueux, vêtu d’un
ample burnous blanc et d’un volumineux turban, s’avancer au milieu d’un
petit groupe d’hommes et descendre lentement vers le bas de la vallée.
On lui amène un cheval ou une mule. Au fur et à mesure qu’il avance, des
groupes nombreux sortent de caches dont nous ne soupçonnions même pas
l’existence et se précipitent pour baiser sa main ou le pan de son
burnous. C’est Si El Mekki, le chef incontesté des dissidents qui, au
nom de tous, va se soumettre à Amaroq et au général de Loustal.

Tout est fini. Il ne restera plus à pacifier, l’année suivante, que les contreforts sud du Haut Atlas, et l’Anti Atlas.


***

Avant les combats du Tazigzaout, j’étais convaincu qu’en soumettant
les dissidents au gouvernement central, nous accomplissions une oeuvre
humanitaire. N’allions-nous pas ramener les brebis égarées dans le droit
chemin, les initier à notre civilisation, leur faire profiter de ses
bienfaits ? Après la pénurie immémoriale qu’ils connaissaient,
l’abondance et la sécurité que nous leur offririons leur paraîtrait le
paradis !

Ce que je venais de voir modifia mon point de vue.

Si, malgré les bienfaits matériels palpables que nous apportions aux
nouveaux soumis, la justice égale pour tous, le respect de leurs
croyances, de leurs mœurs, de leurs coutumes - faits que les dissidents
ne pouvaient ignorer – non seulement ils ne se soumettaient pas mais
nous opposaient une résistance farouche, c’est que notre conception du
bonheur, liée au bien-être matériel et à la sécurité, n’était pas
valable pour eux.

Quel idéal valait toutes les souffrances,
les privations, les pertes matérielles et humaines endurées depuis seize
ans de luttes incessantes et comment cela pouvait-il encore être assez
fort pour leur insuffler l’indomptable courage dont nous avions été
témoins ?

Ce que les Berbères défendaient, ce n’était pas,
malgré les apparences et les imprécations des fquihs, un idéal
religieux, auquel nous ne portions d’ailleurs pas atteinte, non, c’était
leur liberté, leur vie de pasteurs nomades dans leurs montagnes, sans
autre servitude que celle du soleil, de la pluie ou de la neige. Peu
leur importaient les chemins, les écoles, le médecin, le confort.
N’avaient-ils pas toute la nature à leur disposition, le lait de leurs
brebis, le miel de leurs abeilles, l’orge de leur petit champ et la
laine de leurs toisons pour confectionner leurs vêtements et leurs tapis
? Que leur fallait-il de plus ? Ne se déplaçaient-ils pas à leur guise,
au gré des saisons, de leur montagne à la plaine, sur les chemins de
transhumance de leur tribu ? Qui venait les importuner, leur demander
des comptes ? Personne. Les anciens réglaient les litiges et les
difficultés quotidiennes. Les riches, suivant les préceptes du Coran,
aidaient les plus pauvres, à la mesure de leurs moyens. Tout était bien
ainsi. D’ailleurs, Dieu est le maître, c’est Lui qui octroie le bonheur
et le malheur ; prions-le et soumettons-nous à sa loi car nous ne
pouvons la changer.

Or, à la place de cette quiétude qui
remet tout souci aux mains de la Providence, de cette vie simple réduite
au nécessaire, de cette liberté véritable, nous allions apporter avec
notre superflu et nos soi-disant progrès - qui créeraient aussitôt chez
eux des besoins qu’ils n’avaient pas -, l’engrenage infernal de nos
contrôles et de nos contraintes, fleurons de la civilisation moderne. Et
ce sera irréversible, car on ne peut jamais s’en libérer.On a beau se
battre pour que cela change, on ne peut que changer d’étau.

Leur avons-nous ainsi rendu service ? Je ne le crois pas. Seront-ils plus heureux ? Certainement non. ZAOUT


Tazigzaout : Bombardement par l'artillerie


Tazigzaout : Bombardement par l'aviation


Massif du Tazigzaout


Camp des partisans Zaïan


Premier hôpital du Dr Serre (Agoudim 1931)


Un canon au Tazigzaout

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le marocain
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 16:59





L ' Histoire des Goumiers, de 1908 à 1956


Les
goumiers n'existent plus de nos jours, que dans la mémoire des anciens.
Ils ont pourtant eu une existance bien remplie. Au fil des ans, leur
nombre va augmenter, et ils vont entrer dans la seconde guerre mondiale
aux côtés des alliés. Voici les principaux moments forts de leurs
cinquante ans d'existence:




Nota: On ne confondra pas
goum et goumier: "Goum"n'est pas l'abréviation de "Goumier", mais
représente un groupement de goumiers. Pour plus de renseignements, voir
la rubrique La structure des troupes.

- Naissance et régularisation.

Comme
on a pu le voir dans la rubrique précédente, Origines géographique et
culturelle, la naissance de ces unités d'élite remonte à 1908, avec la
création de six premiers goums qui formaient une sorte de gendarmerie
irrégulière assurant des missions diverses sur le territoire marocain,
telles que des patrouilles ou des missions de reconnaissance. Ils
subiront dans ces missions leurs premières pertes en 1910, puis
entreront dans Marrakech en 1912. La création des goums est alors
considérée comme un succès et ils seront régularisés cinq ans après leur
naissance, en 1913, ce qui les plaça sous l'autorité militaire
française.


- De la première guerre mondiale aux portes de 39 -45.

Les
goumiers ne sont pas intervenus dans la première guerre mondiale.
Cependant, ils oeuvraient activement pour la France en maintenant
l'autorité française au Maroc alors que le pays se dépourvait de ses
troupes. Ils montraient que l'autorité française ne fléchissait pas. De
1918 à 1933, le contrôle des français s'étend aux régions montagneuses,
ce qui entraîne une augmentation du nombre des goumiers: on passait de
25 goums en 1920 à 48 en 1933. Pendant ce temps, en 1925 - 1926, les
goumiers sont engagés dans des missions contre la révolte du Rif. La
composition des goums évoluent alors: certains goums sont entièrement
montés à cheval, d'autres partiellement. Il faut cependant noter qu'il y
avait très peu de goums méharistes. Les officiers français sont réduits
à 2 par goum, parfois un seul. En 1933, le capitaine Boyer De Latour Du
Moulin est sauvé par un caporal goumier au prix de sa vie. C'est cet
évènement qui semble confirmer sa fonction de futur Résident Général.
(pour plus de détails, voir sa biographie). Cette même année, les
gouiers subiront des pertes importantes aux combats du djebel Sagho,
lors de l'ultime campagne de pacification: le 34eme goum perdra la
moitié de son effectif et presque la totalité de ses cadres français. On
recense dix goums engagés dans ces opérations de pacification et 25
autres dans le moyen Atlas.

A l'aube de la seconde guerre
mondiale, on envisage d'employer les goumiers hors du Maroc pour
participer à de diverses campagnes. (voir pour cela la rubrique "les
campagnes de la 2nde guerre mondiale"). Ce n'est qu'en 1937 que les
différents goums (plus de 57...) vont voir leur numérotation
réorganisée. On crée ainsi des goums auxilliaires pour que chaque goum
puisse établir un second, voire un troisième goum de réserve. Chaque
goum de réserve porte le même numéro que le goum dont il est issu,
précédé de 1 ou de 2 selon le nombre de goums de réserve.


- L'entrée en guerre interrompue des goumiers

A
la mobilisation de 1939, on dénombre 126 goums. Les trois Groupements
de Tabors Marocains (GTM) sont envoyés à la frontière Lybienne, au sud
de la Tunisie. Ils participeront avec succès à l'attaque d'un poste
italien du 24 au 26 juin 1940. Cependant, la France, en difficulté avec
les défaites de la "guerre éclair" va signer l'armistice le 22 juin
1940. Les goumiers se trouvent alors en difficulté: ils risquent d'être
désarmés. Les accords d'armistice réduisent la force militaire. Le
général Guillaume décide alors de camoufler les goumiers en une force de
police intérieure ("mehallas chérifiennes") pour échapper à la
surveillance des commissions d'armistice. On fait face aux réductions
d'effectifs en créant des "travailleurs auxilliaires" (d'autres goums
déguisés).

Cependant, en fin 1941, le général Guillaume organise 4
GTM de trois tabors chacun et dix autres tabors sont regroupés dans les
montagnes du Maroc où du matériel a été caché et dans lesquelles ils
sont formés. On les prépare aux offensives futures. En novembre 1942,
102 goums sont prets à entrer en campagne.


- La reprise des combats, 1943

A partir de la remilitarisation de l'armée d'Afrique du Nord en 1943, les Goumiers vont être de tous les combats.

La
Tunisie, tout d'abord, où, au sein de la Division de Marche du Maroc
ils vont combattre les Italo-Allemands sur la dorsale, puis jusqu'a la
reddition des forces de l'Axe au Cap Bon.
Les assauts seront lancés
avec de telles forces qu'ils enthousiasmeront les officiers alliés. Le
Général Alexander leur rendra hommage et le Général Patton, spécialiste
des actions rapides et en force, demanda à l'Etat Major Français de lui
adjoindre un Goum pour son attaque sur la Sicile. Le 4e Tabor lui fut
accordé. Il protégea son flanc droit lors de sa progression sur Palerme
et sur Messine.
Ces troupes étant montagnardes, elles excellaient
dans les progressions dans les régions accidentées, là ou les véhicules à
moteur ne pouvaient pas passer. Les 1e, 2e et 3e GTM sont restés au
Maroc où ils complètent leur équipement et leur entraînement.
La
Campagne de Sicile s'achève pour le 4e Tabor, et lui aussi est renvoyé
au Maroc où il va reprendre ses activités de maintien de l'ordre.

En
Tunisie et en Algérie se forme le CEF (Corps Expeditionnaire Frannçais)
Les Alliés ont débraqué en Italie et dans leur marche sur Rome, les
forces Italiennes vont cesser le combat les unes après les autres. Les
Allemands, quant-à eux, s'accrochent aux flancs des montagnes, et
bientôt les Alliés vont être arrêtés par la ligne Gustav et son bastion
principal du village de Cassino. Contrairement à ce qui a été dit, les
Allemands n'avaient pas fortifié le monastère et se tenaient hors d'un
rayon de 300 mètres. Les attaques Anglo-Américaines se brisèrent sur les
positions tenues par les paras allemands, les fameux «Diables Verts».
Malgré la destruction du monastère par l'artillerie et l'aviation
alliée, les Anglo-Américains ne progressent pas d'un mètre. La
forteresse reste inexpugnable en dépit du sacrifice des Polonais et des
furieux assauts des Néo-Zélandais et des Canadiens.
Le Général Juin,
commandant du CEF, propose alors pour la 3eme fois à l'Etat Major du
Général Clark son plan pour percer la ligne. Il visait à contourner
Cassino et le prendre à revers grace à l'occupation des pics de montagne
environnants. Ce n'etait pas partie facile et les Goumiers étaient bien
sûr en pointe. Accompagnés de leurs fidèles «brels», des mulets chargés
de matériel, les Goumiers subirent de lourdes pertes dans l'assaut des
pentes des Apennins. Pourtant, ils avancaient toujours, attaquaient les
positions à la grenade et à l'arme blanche, ils s'étaient spécialisés
dans les combats de nuit. Redoutables tireurs, ils avaient une vue
perçante aux heures de chasse dans l'Atlas. Les Goumiers chargés du
service des pièces de mortier le font sans appareil de visée et règlent à
l'oeil leur arme. Le premier coup est trop court, le deuxième, trop
long. Le troisième fait mouche. Les Goumiers ne craignaient pas
l'ennemi, alors qu'il est interdit de singaler sa position la nuit (les
véhicules roulant feux éteints), les Goumiers allument de grands feux de
bivouacs au flanc des collines...sous les yeux même des Allemands,
affichant clairement leur mépris de la mort. Les goumiers emplissent
leurs ennemis d'effroi, la sauvagerie de leurs assauts et le fait qu'ils
fassent très peu de prisonniers provoquent des réactions chez l'ennemi,
qui cherche à éviter le combat contre ces «combattants du Diable», tel
que les appèle le Maréchal Kesselring. Afin de les dissimuler, on dote
les Goumiers du fameux casque US Modèle 17 «plat à barbe» afin de les
faire passer pour des soldats du Commonwealth.

Mais cela ne
suffit pas. Les Goumiers forcent encore et toujours la défense
allemande. Le Garigliano est franchi et les Goumiers ouvrent la route de
Rome, où les alliés entrent le 4 juin 1944. Le CEF a rempli sa mission
et les généraux Clark et Alexander adressent leurs félicitations aux
Goumiers du Général Guillaume. Petit à petit, le CEF est retiré du front
car une autre campagne les attend.



- La campagne de Provence, août 1944

Le
18 août 1944, les trois GTM débarquent par échellons sur les plages
proches de Cavalaire, petite commune Varoise du sur de la France. Ainsi
commence la campagne de Provence. Les Goumiers embarquent à Naples et
les marins de la Royal Navy ont eu bien de mal à les faire monter à
bord. Ce n'est en effet pas une unité régulière constituée de soldats
bien rangés qui monte sur les bateaux de la Navy, mais une foule
indéfinissable: il faut imaginer une armée antique, biblique avec armes,
bien sûr, mais aussi femmes, troupeaux et bagages en tous genres, des
véhicules de toutes sortes et de tout partout. Les Etats Majors Français
et le Général De Gaulle en tête se sont demandé s'il fallait faire
combattre les Goumiers sur le sol national, ne connaissant pas très bien
l'indiscipline de ces soldats. Mais le Général De Lattre de Tassigny
commandant la Première Armée Française insiste: «Il me faut les
Goumiers». Alors on les embarqua. Combien sont-ils? On ne savait pas, au
juste. Le General Guillaume disait lui-même: «Lorsqu'on parle de 1000
Goumiers, on pense 2000 et on en embarque 6000». Ces hommes ne sont
répertoriés sur aucune liste d'armée. Ils viennent par respect de la
parole donnée, pour la guerre et pour les razzias. Des recrues du Maroc
sont venues grossir les rangs des Goums présents. Une fois débarqués en
Provence, ils sont dirigés sur Cogolin. La bataille de Toulon fait rage
et ils participent à l'attaque du Mont Faron, surplombant la ville. Mais
De Lattre veut aller vite: il faut prendre Marseille, un port en eaux
profondes pour débarquer des renforts. Alors, les trois GTM poussent sur
Marseille les Spahis et les Cuirassiers les précèdent, mais eux
progressent par la route. Les Goumiers coupent à travers les collines en
ce mois d'août étouffant. Des combats sporadiques ont lieux. Ils
atteignent Gémenos qu'ils délivrent avec les Cuirassiers. Là, les trois
GTM se scindent en trois groupes et suivent trois routes différentes. Le
1er GTM attaquera au Nord de Marseille par Peypin et Chateau Gombert.
Le 2e, au centre, fera sauter le verrou d'Aubagne et attaquera en
direction du vieux port de Marseille. Le 3e suivra la côte par Cassis,
La Ciotat jusqu'a Marseille.

Si la progression des 1er, 3e GTM
n'est pas une partie de plaisir, c'est celle du 2e GTM qui fut la plus
rude. Aubagne doit être prise pour pouvoir prendre Marseille. De Lattre
le sait et les Allemands aussi. Les assauts des Cuirassiers sont
repoussés et ils doivent attendre les Goumiers. Ceux-ci arrivent du Col
de l'Ange par Cuges et attaquent la ville par deux côtés. Les combats
sont rudes surtout autour du monastère des Passons où le 3e GTM a
installé son Poste de Commandement. C'est là que les Allemands
contre-attaqueront, dans la nuit du 20 au 21 août. On se bat à l'arme
blanche... et même à la pelle portative!

Mais après de sanglants
combats, Aubagne est délivrée, et Marseille investie. De nos jours, des
plaques commémorent à Aubagne les combats du 20-21 août. Au cimetière
des Passons, un carré militaire est dédié aux Goumiers dont nombreux
sont inconnus. Sacrifice ultime d'hommes dont on ne savait pas le nom
pour une patrie qui n'etait pas la leur. Ils sont Aubagnais aujourd'hui
par leur sang versé.

Pour la petite histoire, il y avait voila
maintenant 60 ans dans la montée du Pin Vert, un menuisier qui logeait
au 1er étage à l'angle de la rue conduisant à la clinique Fallen, et
avait son atelier au rez-de-chaussée. Le Général De Lattre demeura dans
cette maison lors de la bataille de Marseille. Les Goumiers qui
constituaient sa garde logeaient dans l'atelier. Le matin, après s'être
rasé dans le casque d'un Goumier, il partit et fit dire à ses hommes
qu'ils devaient laisser l'atelier tel qu'ils l'avaient trouvé. A son
départ, pas un livre ne manquait...

Les Goumiers participèrent à
la messe de la libération donnée à Notre Dame de la Garde, à Marseille.
Ils furent bénis par l'Abbé qui y officiait. Après tout, n'avaient-ils
pas été reçus par le pape lui-même, à Rome? Touchante attention de ces
hommes priant avec ferveur, dans une cathédrale, un Dieu qui n'etait pas
le leur...



- Les combats se poursuivent dans le Nord de la France

Mais
la guerre n'etait pas finie. Il fallait completer les effectifs qui
avaient été mis jusque là durement à mal par la campagne de Provence.
Puis ce fut la campagne des Vosges et celle de l'Alsace. Cette dernière
fut la plus rude, autant pour les Goumiers que pour les Alsaciens. Les
Allemands considérant cette province comme faisant partie du Reich, ils
étaient bien décidés à la défendre coute que coute. De plus, les
Goumiers fraîchement arrivés n'étaient plus les hommes qui s'étaint
battus en Italie et en Provence. En grande majorité, il s'agissait de
jeunes empreints d'un fanatisme guerrier qui considérait l'Alsace comme
territoire Allemand et donc propice au pillage. Les officiers des Goums
avaient même du mal à se faire obéir et de nombreuses rixes à l'arme
blanche opposait Goumiers et Tirailleurs Nord-Africains. On vit de
nombreux actes de pillages se produire, ce qui entacha la réputation que
les Goumiers s'étaient faite en Provence.



- La fin de la seconde guerre mondiale

Les
Goumiers treminèrent la guerre à Linz en Autriche, l'armistice du 8 mai
1945 venant terminer une guerre à l'Ouest assez sanglante. Les pertes
des Goumiers étaient considérables, mais ceux-ci ne déploraient que deux
prisonniers dans toute la seconde guerre mondiale !

Ils furent
rapatriés après les combats vers le Maroc, où ils ont été peu à peu
remis à la vie civile. A leur arrivée, on les désarma de force, et ces
hommes couverts d'honneurs et de blessures durent se soumettre aux
brimades des douaniers venus les fouiller et les désarmer. Jacques
Augarde, auteur du livre Tabor (voir la rubrique «Quelques Livres»)
répondra à un gendarme lui disant qu'il faisait son métier: «Vous faites
un bien joli métier, monsieur» . Mais ce n'était qu'un détail sans
grande importance et les Goumiers retrouvèrent bientôt leurs douars
(agglomération de tentes) couverts d'honneurs avec de nombreuses
histoires à raconter.



- En Indochine: de 1948 à 1954

Mais
déjà une autre guerre éclatait. La France cherchait à maintenir son
emprise coloniale en Indochine. Celle-ci avait été mise à mal par les
Japonais et Ho Chi Minh lançait des actions de plus en plus nombreuses.
Il fallait à tout pris former un corps expéditionnaire capable
d'intervenir en Extrême Orient. Bien sûr on recruta des Goumiers. Ainsi
furent créés les GTMEO, ou Groupements de Tabors Marocains d'Extrême
Orient (voir les insignes à la rubrique «Insignes»). Ils furent de tous
les combats: de nombreux Goums furent anéantis sur la RC4 (Route
Coloniale 4). Ils partirent en opération dans les rizières et se se sont
bien sûr battus à Diên Biên Phu. Ils furent alors alors encerclés, mais
nombreux refusèrent de se rendre. Le 5e Tabor décida de briser
l'encerclement et, officiers en tête, chargèrent en chantant la Chehada
(prière des morts chez les Musulmans). Une dizaine seulement reussit à
re gagner les lignes françaises.

Ceux qui sont faits prisonniers
par le Viet Minh sont envoyés dans les camps de «redressement». En
effet, le Viet Minh tentera, grace à des menées subversives d'inculquer
aux prisonniers originaires des colonies les principes du communisme et
de la révolution armée. Si ce système marche chez certains, il n'est que
très peu suivi chez les Goumiers. En effet, ceux-ci décident, malgré
quelques infines défections, de rester fidèles à la France. Ils iront
même jusqu'a faire parvenir à leurs officiers, victimes de brimades dans
les camps de repression, de la nourriture et à laver leur linge. Les
officiers des Goums seront systématiquement aidés par leurs hommes pour
survivre dans cet enfer.



- Sur le chemin du retour (Algérie-Tunisie, 1954-1956)

Mais la bataille la plus rude est celle que les Goumiers allaient mener en retrant au Maroc.
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:00

La Structure des Troupes(au fil des campagnes de 1942 à 1956):

Les
troupes de goumiers marocains étaient structurées et organisées.
Pendant la seconde guerre mondiale, les troupes étaient organisées en 4
GTM (Groupements de Tabors Marocains). Chacun de ces GTM comprenait
plusieurs Tabors (généralement au nombre de trois), qui contenaient à
leur tour 3 ou 4 goums (groupements de 200 goumiers en moyenne). A noter
qu'un seul Tabor restait seul (c'est a dire qu'il ne faisait partie
d'aucun GTM), le 4ème Tabor. Sinon, tous les autres faisaient partie
d'un GTM. Ce schéma vous permettra de mieux comprendre l'organisation
des goumiers:

Les mots qui ont pu vous poser des problèmes...

GTM:
Abréviation de Groupement de Tabors Marocains; comme leur nom
l'indique, les Groupements de Tabors Marocains regroupaient des Tabors,
au nombre de 3. Ce sont de grands groupements de troupes qui ont disparu
après la seconde guerre mondiale. Les Tabors au sein de leur GTM n'ont
pas été démantelés, mais ils étaient engagés seuls dans les campagnes.
(voir la fig 2)

Tabor: Un Tabor est un groupement de Goums. Ils
étaient regroupés dans un Groupement de Tabors Marocains pendant la 2nde
guerre mondiale, mais se sont retrouvés séparés lorsque les GTM ont
disparu. Le 4eme est le seul Tabor a ne faire partie d'aucun GTM

Goum: Un Goum est l'équivalent d'un régiment, c'est à dire 200 goumiers.


Chaque GTM contient plusieurs tabors pendant la seconde guerre mondiale, qui eux-mêmes contiennent plusieurs goums chacun.
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:01

Les Insignes des Goumiers

Chaque
GTM, chaque Tabor, chaque Goum possédait ses propres insignes. Chaque
goumier portait l'insigne de son goum ,de son tabor (ou de son GTM
pendant la seconde guerre mondiale).


En voici quelques uns...



PENDANT LA SECONDE GUERRE MONDIALE :





1er Groupement de Tabors MarocainsGoums Mixtes Marocains (GMM), la Koumia


2ème Groupement de Tabors Marocains
("Rira bien qui rira le dernier")


3ème Groupement de Tabors Marocains


4ème Groupement de Tabors Marocains
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:04

APRES GUERRE: LES GOUMS DU MAROC:



1er Goum marocain


1er Goum marocain (2ème modèle)


27ème Goum


40ème Goum


41ème Goum



44ème Goum


46ème Goum


48ème Goum


50ème Goum
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:05

GOUMS ET TABORS EN INDOCHINE:



8ème Tabor
Au bas de l'insigne, en Marocain:
"Je mords et passe partout"


2ème Tabor


18ème Goum


Groupement de Tabors en Extrême Orient
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:05

Le Chant des Africains



Nous étions au fond de l'Afrique
Gardiens jaloux de nos couleurs
Quand sous un soleil magnifique
Retentissait ce cri vainqueur
En avant! En avant! En avant!



REFRAIN:
C'est nous les africains qui revenons de loin
Venant des colonies pour sauver la patrie
Nous avons tout quitté parents gourbi foyer
Et nous gardons au coeur une invincible ardeur
Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de notre France entière
Et si quelqu'un avait à y toucher
Nous serions là pour mourir à ses pieds
Battez tambour à nos amours
Pour le pays, pour la patrie, mourir au loin
C'est nous les africains

Pour le salut de notre empire
Nous combattons tous les vautours
La faim, la mort nous fait sourire
Quand nous luttons pour nos amours
En avant! En avant! En avant!
- REFRAIN -

De tous les horizons de France
Groupés sur le sol africain
Nous venons pour la délivrance
Qui par nous se fera demain
En avant! En avant! En avant!
- REFRAIN -
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:08

Goumiers

Goumierest un terme
utilisé pour les soldats marocains, qui ont servi dans les unités
auxilliaires attachées à l’armée française, entre 1908 et 1956. Le terme
a été également de temps en temps employé pour indiquer les soldats
indigènes dans l’armée française du Soudan français et de la Haute-Volta
pendant l’ère coloniale.

Le mot provient du d mot arabe marocain
qum , qui veux dire « se lèvent ». Plus tard un goum était une unité de
200 soldats. Trois ou quatre goums ont composé un tabor. Un groupe
s’est composé de trois tabors.

Chaque goum était un mélange de
différentes tribus. Au commencement elles ont été recrutées
principalement dans les régions de Chaouia de Sidi Boubaker, d’Ouled
dit, de Settat, de Kasbeth Ben Ahmed, de Dar Bouazza, et de Sidi
Slimane.


des originesLa désignation des « goumiers » a été à
l’origine donnée aux soldat irreguliers tribaux utilisés comme alliés
par l’armée française pendant les années 1900 tôt en Algérie
méridionale. Ces alliés montés oppéraient sous leur propre conduite
tribale et étaient entièrement distincts des régiments musulmans
réguliers de cavalerie (Spahi) et d’infanterie (Tirailleur) de l’armée
française d’afrique.


le Maroc, 1908-34Des goumiers algériens
ont été utilisés pendant les étapes initiales de l’intervention
française au Maroc, débutant en 1908. Après que leurs temps d’enrôlement
aient expiré les Algériens retournés à leur patrie mais aux avantages
des levée d’irreguliers indigènes étaient telles qu’elles ont été
remplacées par des levée de marocains. Maintenant la désignation des
goumiers, les Marocains ont servi dans les unités sous les commandement
français, qui ont été habituellement secondés par les Spahis.

Ces
goumiers marocains semi-permanent utilisés ont été au commencement
augmentés par le Général Albert D’Amade pour patrouiller des secteurs
récemment occupés. LesGoumiers ont également servis de’éclaireurs et à
l’appui des troupes françaises régulières. Dans 1911 elles sont devenues
des unités permanentes. Nominalement elles étaient sous le commandement
du sultan du Maroc mais dans la pratique elles ont formé une
prolongation de l’armée française et ont plus tard combattu pour la
France dans les pays tiers . Cependant, leur plus grande participation
était au Maroc lui-même pendant la période de la « pacification »
française.

Au commencement le Goums marocain a porté la robe
tribale avec des bandes de bras mais pendant qu’ils réalisaient le
statut permanent qu’ils ont adopté le jellaba rayé brun et gris
distinctif (un manteau marocain à capuchon) qui était de rester leur
marque déposée dans toute leur histoire avec l’armée française. Leurs
coiffure normales étaient des turban.Le Goums a inclus des éléments
d’infanterie et de cavalerie. Leurs armes traditionnelles et favorites
étaient sabres ou poignards longs.

Une force équivalente connue
sous le nom de Mehal-La Jalifiana a été levée au Maroc espagnol en
utilisant les goumiers de la France comme modèle.

Première Guerre
MondialeLes Goumiers n’ont pas servis en dehors du Maroc pendant
1914-18. Leur existence a cependant permis au maréchal Hubert Lyautey de
retirer une partie substantielle des forces françaises au Maroc pour
servir sur le front occidental. Restant séparé des régiments marocains
réguliers de l’armée française Afrique , les Goumiers ont servis
honorablement la france pendant les guerres du Rif des années 20. Ils
sont plus tard devenues une forme de gendarmerie maintenant l’ordre dans
les zones rurales du Maroc.


la deuxième guerre
mondialeQuatre groupes marocains ont servi dans les forces alliées
pendant la deuxième guerre mondiale. Ils se sont spécialisés des
opérations nocturnes, et ont lutté contre les forces de l’Italie et du
nazi fascistes Allemagne pendant 1942-45.



officier anonyme du du 26éme régiment’infanterie des États-Unis , qui a combattu à côté des Goumiers en Tunisie, a écrit cela :

Deux
compagnies de Goums... ont été postées à côté de notre pc, et ceux-ci
avaient envoyé deux parties de pillage la même nuit... La plupart du
temps les hommes des montagnes du Maroc, ces voleurs silencieux et
rapide-mobiles étaient excellents dans incursions de nuit, et dans des
attaques de surprise. Comment réussi ils avaient été a été certifié par
les deux [offciers Français] qui ont commandé des compagnies de
Goumiers. Les compagnies ont manqué de la plupart de l’habillement, de
l’équipement et des armes nécessaires pour la guerre. Plusieurs
incursions avaient remédié à de cela. L’inspection de leur habillement a
indiqué beaucoup d’articles allemands de l’habillement sous leurs robes
longues rayées verticales brunes et blanches conventionnelles. Leur
fusils étaient Allemand mélangé et l’Italien, avec quelques vieux
fusilsFrançais l’équipement, et beaucoup de la nourriture était
également d’origine ennemie, de même que les couteaux, les pistolets,
les couvertures et les articles de toilette. De l’interrogatoire des
prisonniers italiens, il était évident qu’ils aient entendu ou avaient
éprouvé les incursions impitoyables du Goums, et ils n’ont voulu aucune
partie de eux. Une partie des raisons du succès du Goums est dans leur
progression silencieuse, et dans leur art poussé du camouflage. Une
anecdote a fonctionné qu’un guerrier tellement s’était avec succès
camouflé toute la journée entièrement vue des Allemands qu’un dirigeant
allemand avait erré plus d’à ce qu’il a pensé était un buisson, et avait
uriné sur la tête immobile du soldat marocain qui alèsent l’épreuve
bien, mais qui a marqué ce dirigeant particulier vers le bas pour une
particulière attention qui nuit. Goums n’a pris aucun prisonnier, et il
était bien connu aux Allemands et aux Italiens ce qui a arrivé à
n’importe qui qui a couru l’afoul de ces Marocains. Il n’y avait
certainement aucun désir d’avoir notre bataillon que l’embrouillement
avec l’une ou l’autre des deux parties de pillage envoie la même nuit.


l’Italie,
1943-45La campagne italienne de la deuxième guerre mondiale est
peut-être la plus célèbre et la plus controversée dans l’histoire du
Goumiers.

En Italie, les alliés ont souffert une longue impasse à
la ligne allemande de Gustav. En mai 1944, trois groupes de Goumier,
sous le nom de Corps de Montagne, étaient la tête d’avant-garde de
l’attaque d’Expéditionaire Français de corps (CEF ou FEC) par le diadème
de montagnes d’Aurunci lors du fonctionnement, la quatrième bataille de
Monte Cassino. « Ici le Goums plus qu’avéré leur valeur comme lumière,
fortement mobile, troupes de montagne qui pourraient pénétrer le terrain
le plus vertical dans l’ordre de combat et avec un minimum de
conditions logistiques. La plupart des analystes militaires considèrent
la manoeuvre du Goumiers comme victoire critique qui a finalement ouvert
le chemin vers Rome. »

Le commandant allié, marque générale
Clark des États-Unis a également payé l’hommage au Goumiers et les
militaires de carrière marocains des unités de Tirailleur :

Malgré
la résistance ennemie de raidissement, la 22eme Division marocaine a
pénétré la ligne [sic] de Gustave dans le combat moins que de deux
jours. Les 48 heures suivantes sur l’avant français étaient décisives.
Le Goumiers de couteau-utilisation swarmed au-dessus des collines, en
particulier la nuit, et la force entière du Général Juin’s a montré une
heure d’agressivité après heure que les Allemands ne pourraient pas
résister. Cerasola, San Giorgio, le millitorr D’ Oro, Ausonia et Esperia
ont été saisis dans une des avances les plus brillantes et les plus
audacieuses de la guerre en Italie... Pour cette exécution, qui était
d’être une clef au succès de la commande entière sur Rome, je serai
toujours un admirateur reconnaissant du Général Juin et son FEC
magnifique.

Cependant, les accomplissements militaires du
Goumiers en Italie ont été accompagnés d’allégation répandue des crimes
de guerre : « ... les nombres exceptionnels des Marocains étaient
exécuter-beaucoup den dehors épreuve-pour prétendument assassiner,
violer, et piller leur manière à travers la campagne italienne. Les
autorités françaises ont cherché à désamorcer le problème en important
des nombres de femmes de Berber pour servir de « disciples de camp »
dans des secteurs arrière mis de côté exclusivement pour le Goumiers. »
selon des sources italiennes, plus de 7.000 personnes ont été violées
par Goumiers. les victimes, plus tard connues en Italie comme
Marocchinate, femmes incluses, enfants et hommes, y compris quelques
prêtres. Le maire d’Esperia (un comune dans la province de Frosinone),
rapporté cela en sa ville, 700 femmes sur 2.500 habitants ont été violés
et que certaines étaient morts en conséquence. Latium nordique et en
Toscane méridionale, on lui allègue que les femmes du Goumiers et jeunes
les hommes violés et de temps en temps tués après les Allemands ont
retraité, y compris des membres des formations partisanes. (les femmes
de film deux, basées sur une La de roman Ciociara par Alberto Moravie,
et dirigées par Vittorio De Sica et Sophia Loren de tenir le premier
rôle, qui a gagné une récompense d’académie pour la meilleure actrice
pour son exécution dépeint le viol du caractère de Loren et sa fille par
un groupe de Goumiers.)

.

Le Goums a fait partie
importante des forces françaises qui ont pris Elbe des Allemands en juin
1944. L’opération s’est appelée Operation Brassard. L’île plus
fortement a été défendue que prévue, et il y avait beaucoup d’accidents
des deux côtés en raison du combat grave.


l’Indochine,
1948-1954Après le service de scie d’unités de goum de guerre en
Indochine français jusqu’à la chute de Dien-Bien-Phu en 1954,
participant à la campagne de Hoa Binh contre les forces de Viet Minh.
Avec l’indépendance marocaine en 1956, le Goums ont été incorporés à la
nouvelle armée royale du Maroc.
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:09

Les origines.
L’idée d’utiliser une force
de police mobile supplétive est venue de l’expérience des "bureaux
arabes" d’Algérie. En 1907, la France devait assurer la sécurité de la
frontière algéro-marocaine et employait à cet effet des goums algériens
levés dans les tribus des Hauts Plateaux . L’un d’eux fit partie du
Corps de Débarquement à Casablanca et montra aussitôt l’intérêt de
telles unités légères indigènes pour des opérations limitées.

Le
3 octobre 1908, fut créé le premier goum marocain (100 cavaliers) pour
des opérations de police en Chaouïa (sud de Casablanca). Il fut dissous
le 30 novembre suivant mais cette courte expérience montra l’intérêt de
disposer de telles unités et le 1er novembre, l’ordre du jour N° 100 du
général d’Amade fixa les conditions de recrutement et les missions de
nouveaux goums pour assurer la paix et la sécurité dans la Chaouïa.

Il
s’agissait donc bien, à l’origine, de forces de police intérieure
chérifiennes sous encadrement européen destinées au maintien de l’ordre,
organisées par les nations européennes en vertu de l’acte d’Algésiras
signé le 7 avril 1906 prévoyant la restauration de la sécurité au Maroc.


Ainsi, la date du 1er novembre peut-elle être considérée comme
le début de l’histoire glorieuse des Goums marocains. Le terme "goum"
(Voir Sigles et définitions) fut préféré à celui de "milice marocaine"
initialement proposé. Aussitôt commença le recrutement des 6 premiers
goums dans les tribus de la plaine littorale de la Chaouïa (un
capitaine, quelques officiers et sous-officiers français, 50 cavaliers
et 150 fantassins marocains par goum)

Les premières opérations.
Au
cours de l’année 1909, les six premiers goums participent à des
tournées de protection des tribus soumises et à la couverture des
troupes régulières. Les premières opérations ont lieu dès l’année
suivante chez les Zaër, tribus à l’est de la Chaouïa et au sud de Rabat,
au cours desquelles les 3e et 4e goums éclairent les deux colonnes
composées de Tirailleurs sénégalais, de Légionnaires et de Zouaves et
montrent leurs qualités foncières : endurance, rusticité, sens du
terrain et fidélité.

En mai 1911, les goums participent à la
marche sur Fez et à l’occupation de Mekhnès et, après leur brillant
comportement au combat et leur discipline, la décision est prise le 5
octobre 1911 de doubler leur volume par la création de six autres goums
qui sont créés en octobre de l’année suivante.

Le 30 mars 1912,
est signé le traité de protectorat de la France sur le Maroc. Il a pour
effet de déclencher un certain nombre de révoltes, notamment à Fez et
chez les tabors de l’armée chérifienne qui massacrent leurs officiers et
sous-officiers français. Les troubles s’étendent dans les régions
jusque là pacifiées. Le général Lyautey devient alors le premier
Gouverneur général au Maroc. Plusieurs colonnes sont constituées
auxquelles participent les goums à cheval et à pied agissant toujours en
avant-garde ou en couverture des gros. Ces colonnes sont engagées sur
différents objectifs : Marrakech (août-septembre 1912), Boujad et Demnat
(novembre-décembre 1912),Tadla (mars à juin 1913), jonction Maroc
occidental et Maroc oriental (mai 1914), khénifra (juin 1914)

A
la veille du déclenchement de la Première Guerre mondiale, il existe 16
goums marocains répartis dans la partie occidentale du Maroc entre
l’Oued Sous au sud et le Maroc espagnol au Nord.

La pacification et l’unité du Maroc.
Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918)

L’épouvantable
hécatombe de 1914-1918 creuse, dès les premiers mois du conflit, des
sillons profonds dans les effectifs combattants français et il est
nécessaire d’opérer des prélèvements de plus en plus importants sur les
troupes d’outre-mer. Lyautey joue le jeu de la solidarité nationale tout
en voulant conserver à tout prix le Maroc sous le protectorat français
sans lequel celui-ci sombrerait vite dans l’anarchie dont l’Allemagne à
l’affût tirerait rapidement profit. Il rend à la Métropole le maximum de
forces : "Je viderai la langouste, mais je conserverai la carapace".
Soutenu par les autorités marocaines qui montreront en ces circonstances
dramatiques pour la France que la loyauté n’est pas chez elles un vain
mot, il réussira pendant toute la guerre à tenir le Maroc avec des
effectifs réduits mais, selon sa méthode légendaire, en montrant sa
troupe pour ne pas avoir à s’en servir.

Cette troupe fut en
grande partie celle des goums. Pourtant, à plusieurs reprises il s’en
fallut de peu que les Français n’échouent face à diverses tentatives de
soulèvement, comme en novembre 1914 à El Herri ou dans le Moyen Atlas en
1915 ou à Tiznit en 1917, souvent fomentées par des agents allemands.

Dans
ces opérations rapides mais risquées en raison de la faiblesse des
moyens, les goums montrèrent leur valeur combattive et leur loyauté.

A la fin de la guerre, le nombre de goums était porté à 23.

La Guerre du Rif (1924-26)

La
paix en Europe permet à la France de renforcer ses effectifs au Maroc.
Mais les troubles ne s’arrêtent pas pour autant, surtout dans le Moyen
Atlas et de nombreuses opérations sont menées entre 1920 et 1924 contre
les tribus montagnardes qui faisaient des incursions ou razzias dans les
plaines.

A partir de 1920, l’organisation des goums est
modifiée sensiblement. De nouveaux goums sont créés, portant leur nombre
à 28.au moment où se déclenche la guerre du Rif. Une plus forte
décentralisation est adoptée pour la vie de chaque goum, son encadrement
en sous-officiers qui devient davantage marocain, son recrutement, sa
discipline et son instruction. Chaque goum est également renforcé
d’armes collectives (fusils mitrailleurs puis mitrailleuses) Mais la
personnalité initiale des goums est renforcée avec son commandement aux
mains des officiers du Service des Renseignements et, sur le plan
administratif, son rattachement au Chef de Corps délégué aux Goums
Mixtes Marocains (GMM)

En 1924, enhardi par ses succès sur
l’armée espagnole, Abdelkrim ambitionne de conquérir le Maroc en
essayant dans un premier temps d’occuper la région de Fez. C’est le
début de la guerre du Rif qui va durer deux ans jusqu’à la reddition
d’Abdelkrim le 25 mai 1926.

Au cours de cette longue campagne,
plusieurs goums sont engagés dans des conditions difficiles dans les
régions montagneuses de la chaîne du Rif, notamment les 8e, 9e, 17e, 25e
goums, au cours d’opérations que le Maréchal Lyautey, revenu résident
général au Maroc après ses responsabilités de Ministre de la Guerre
(décembre 1916-avril 1917), suit personnellement jusqu’à son éviction
(septembre 1925)

L’affaire Lyautey - Pétain.

C’est, en
effet, à cette époque que l’on voit surgir les intrigues du Maréchal
Pétain, très proche du président du Conseil et ministre de la Guerre,
Painlevé.

Painlevé, après avoir accepté d’envoyer des renforts
pour le Rif sur l’insistance renouvelée de Lyautey, décide de dissocier
les responsabilités de Résident général et de Commandement en Chef des
Troupes au Maroc et de confier ce dernier au Maréchal Pétain. Ecœuré par
les manœuvres politiciennes de Paris, le Maréchal Lyautey prend
prétexte du rétablissement de la situation militaire pour donner sa
démission par une lettre restée célèbre du 17 septembre 1925, démission
que Painlevé s’empresse d’accepter pour placer son protégé.

La guerre va ensuite à son terme avec des renforts portant les effectifs à 150.000 et la création de 6 goums supplémentaires.

C’est à cette époque que l’on voit apparaître le légendaire Bournazel à la tête du 33e Goum.

La
reddition d’Abdelkrim intervient le 27 mai 1926, mettant un terme à la
guerre du Rif. Les 9e, 16e et 33e Goums participent directement aux
conditions de cette reddition.

Les dernières campagnes jusqu’en 1939.

La
fin de la guerre du Rif ne met pas un terme aux opérations de
pacification au Maroc. Elles se portent ensuite sur les montagnes et
occupent de nombreux goums dont le nombre est porté à 47.

Les
principales ont lieu dans la région de Tadla (1929-31), sur les confins
algéro-marocains (1930-31), dans la région de Marrakech (1931-32), dans
l’Atlas central (1932-33), dans l’Anti-Atlas (1934) et dans la région de
Tindouf (1934)

Au cours de toutes ces années de pacification et
d’unification du Maroc, les goums montrèrent leurs qualités
exceptionnelles : aptitude au combat en montagne, rusticité, attachement
à leurs chefs, courage et mépris du danger. Précisément, toutes ces
qualités qui vont faire merveille dans la phase suivante,
particulièrement glorieuse, de leur histoire.

Le principal
artisan de l’emploi de ces unités fut le général Giraud, celui qui
saura, après décembre 1942, en tirer le meilleur parti pour leur
participation à la reconquête de l’Europe du Sud.

La Seconde Guerre mondiale.
Après
la défaite de mai-juin 1940, le Général Noguès qui cumule les fonctions
de Résident général au Maroc et de Commandant en Chef du Théâtre
d’opérations en Afrique du Nord (TOAFN) s’efforce, en attendant l’heure
de la revanche, de camoufler le maximum de forces et de matériels à la
commission d’armistice germano-italienne qui a obligé le Gouvernement de
Vichy à dissoudre le corps des Affaires indigènes (A.I.), celui des
Affaires militaires musulmanes et les unités supplétives. Il y parvient
en grande partie.

Jusqu’au moment du débarquement allié en
Afrique du Nord (8 novembre 1942) plusieurs dizaines de milliers d’armes
individuelles et collectives d’infanterie échappent ainsi à la
vigilance des inspections de la commission d’armistice et à l’espionnage
allemand particulièrement actif à partir de l’Espagne franquiste. Les
effectifs et les cadres des goums sont camouflés dans les Méhalla
chérifiennes, forces de police réparties dans les tribus et chargées du
maintien de l’ordre, dépendant du Résident général, qui maintiennent en
réalité l’existence d’une centaine de goums dont le tiers entre dans la
composition d’une dizaine de tabors permanents. 270 officiers, 900
sous-officiers et 20.000 goumiers sont ainsi "camouflés".

La campagne de Tunisie (Novembre 1942-mai 1943)

Elle
est l’effet immédiat du débarquement allié en AFN et la conséquence du
repli de l’Afrika Korps de Rommel sous la poussée de la 8e Armée
britannique. Dès le 9 novembre 1942 les Forces de l’Axe occupent la
Tunisie utile et repousse dans les zones montagneuses les forces
françaises qui s’y trouvent.

Un détachement d’Armée française
(DAF) est aussitôt constitué sous les ordres du général Juin avec deux
divisions formées d’Algérie et une du Maroc dans laquelle entrent les
1er et 2ème Groupes de Tabors Marocains (GTM). L’armement et les
équipements de ces unités ne sont autres initialement que ceux provenant
du "camouflage", très inférieurs à ceux des Alliés et de l’adversaire,
essentiellement d’infanterie, sans appui de chars et avec de
l’artillerie dépassée. Néanmoins, les tabors remplissent des missions
essentielles en agissant dans leur meilleur élément, la montagne
tunisienne.

A la mi-décembre 1942, le 1er GTM (2e et 3e Tabors)
est ainsi engagé dans la Grande Dorsale et le 2ème GTM (1er et 6e
Tabors) dans la Petite Dorsale. Ils participent aux opérations alliées
aux offensives allemandes de janvier et février 1943. En mars, complétés
par le 12e Tabor pour le 1er et par le 15e Tabor pour le 2ème, ils
participent au retour offensif des Alliés jusqu’au rejet total des
forces de l’Axe de Tunisie et même temps d’AFN, achevé le 8 mai 1943

Les deux GTM sont ensuite ramenés au Maroc.

Le 4e Tabor en Sicile (juillet-septembre 1943)

Le
2 juin 1943 est créé le Commandement des Goums Marocains (CGM) aux
ordres du Général Guillaume avec quatre GTM. Sur demande du Général
Patton, commandant la 7e Armée US, le 4e Tabor est mis à la disposition
des Alliés pour la conquête de la première tête de pont en Europe du
Sud, la Sicile.

Il y débarque le 14 juillet à Licata au sud de
l’île, équipé de matériel américain et passe sous les ordres de
plusieurs DI US successives en fonction des difficultés qu’elles
rencontrent en terrain accidenté où il fait merveille. Par son
efficacité il s’y taille un prestige interallié qui rejaillit sur toutes
les unités de tabors et ses actions de combat permettent de tirer de
nombreux enseignements qui seront précieux pour la campagne suivante.

La prise de la Sicile par les Alliés entraîne la chute de Mussolini et le retrait de l’armée italienne de la guerre.

La libération de la Corse (septembre-octobre 1943) et de l’Ile d’Elbe (Juin 1944)

Devenu
commandant en chef des forces françaises, le général Giraud monte une
opération visant à libérer la Corse par les seules forces françaises.
Sous les ordres du général Henri Martin, elle met en œuvre la 4e DMM, le
1er Bataillon de Choc et le 2e GTM (1er, 6e, 15e Tabor) et commence, le
13 septembre 1943, par le débarquement des commandos de Choc autour
d’Ajaccio.

Le 23 septembre, les Tabors débarquent à leur tour
dans le port d’Ajaccio et sont acheminés aussitôt vers le Cap Corse où
se sont retranchées les unités allemandes en vue de leur ré-embarquement
par Bastia. Les combats les plus durs ont lieu au col du Teghime (pied
du Cap Corse) dominant Bastia, où les Allemands livrent un combat
retardateur acharné.

Prisonnier de son succès en Corse, le 2e
GTM ne participera pas à la campagne d’Italie mais, en renforcement de
la 9e DIC, à la libération de l’Ile d’Elbe toute proche entre le 17 et
le 29 juin 1944.

La campagne d’Italie (décembre 1943-juillet 1944)

A
partir de mai 1943 commence à se constituer le CEFI en vue de la
conquête de l’Italie. Le général Juin en prend le commandement le 18
mai. Le 3 septembre, les Alliés débarquent près de Naples mais
rencontrent très vite des difficultés pour rompre la ligne Gustav
solidement tenue par des unités allemandes de qualité sous les ordres du
Maréchal Kesselring.

Les 3e et 4e GTM sont désignés pour le
CEFI. En décembre, le 4e participe au sein de la 2e DIM à l’offensive de
cette division dans les Abruzzes et en janvier 44 le 3e participe avec
la 3e DIA à la première bataille de Cassino.

Pendant l’offensive
de Printemps (avril-mai 1944) ces deux GTM et le 1er GTM qui les a
rejoints le 20 avril sont regroupés sous le commandement du général
Guillaume dans le CGM qui constitue avec la 4e DMM le Corps de Montagne
du général Sevez. C’est dans ce cadre tactique qu’ils participent à la
rupture de la ligne Gustav en mai 1944, ouvrant aux Alliés la route de
Rome (prise le 4 juin)

Au cours de cette dure campagne les
pertes des trois GTM ont été sévères surtout celles du 4e, engagé dans
les opérations les plus meurtrières. Le nombre de tués est en officiers,
sous-officiers et goumiers est de 5-4-123 pour le 1er GTM, 10-14-105
pour le 3e GTM et 9-14-255 pour le 4e GTM et ces chiffres sont à tripler
pour le nombre de blessés.

La campagne de France (août 1944-mars 1945)

En
vue du débarquement en Provence les 1er et 3e GTM rejoignent fin
juillet 44 le 2e resté en Corse où ils sont remis en condition. Les
trois GTM débarquent en Provence à partir du 18 août.

Marseille (20 au 28 août 1944)

Du
20 au 28 août, ils sont engagés dans la réduction des défenses de
Marseille au sein de la 3e DIA sous les ordres du général de Montsabert.
Le 2e GTM assure l’attaque sur Aubagne puis Carpiagne et la chaîne de
Saint-Cyr pendant que le 1er GTM, par un large débordement nord des
défenses de Marseille s’infiltre dans la ville par le nord et que le 3e
GTM progresse par le sud sur la Ciotat et le long de la côte. Les 26 et
27 août, par les banlieues nord, est et sud les GTM réduisent les
différentes résistances allemandes et prennent ainsi, avec les régiments
de Tirailleurs de la 3e DIA, une part décisive à la capitulation de la
garnison allemande obtenue le 28.

La libération de Marseille leur a coûté 7 officiers, 10 sous-officiers, 133 goumiers et trois fois plus de blessés.

Les Alpes (2 septembre-21 octobre 1944)

Pour
éviter le ré-embarquement des goums pour le Maroc après la victoire de
Marseille, le général Guillaume obtient du général de Lattre de Tassigny
qu’ils soient engagés dans les Alpes contre un retour offensif allemand
à partir de l’Italie du nord.

De violents combats ont lieu dans
la région du col de Vars où le Lt-Col de Colbert, cdt le 3e Tabor (1e
GTM ) est tué sous les coups de l’artillerie ennemie.

Les Vosges (25 septembre 1944-19 mars 1945)

Rattachés
à la 3e DIA, les 2er et 3e GTM sont engagés dans plusieurs opérations à
l’est de Remiremont et au sud de Gérardmer entre le 25 septembre et le 5
octobre. En novembre, le 1er GTM participe à la prise de Belfort dans
le cadre de la 5e DB.

En novembre et décembre, les trois GTM de
nouveau réunis participent à la bataille de la crête des Vosges par un
froid glacial et dans une neige abondante.

En février, le 3e GTM
dans le cadre de la 10e DI participent aux opérations autour de Munster
pour déboucher sur la plaine d’Alsace avant la bataille décisive de
Colmar. C’est là qu’il termine la guerre. Il est ramené à Marseille le 7
avril et rentre au Maroc. Il est remplacé par le 4e GTM.

La campagne d’Allemagne (mars- mai 1945)

Les 1er, 2e et 4e GTM participent à cette campagne.

Le
19 mars, jour mémorable, la 3e DIA pénètre en Allemagne au nord de
Strasbourg, dans la région de Lauterbourg. Le 1er GTM participe aussitôt
(20 au 25 mars) à l’action de percement de la ligne Siedfried déployée
en arrière.

L’Armée de Lattre reçoit alors la mission de
"s’emparer de Karlsruhe, Pforzheim et Stuttgart". Et le 31 mars, le Rhin
est franchi à Spire par la 3e DIA et à Germersheim par la 2e DIM. A
leur tour à Spire, le1er GTM franchit le 4 avril et le 4e GTM le 8
avril. Tous deux sont ensuite engagés pour la prise de Pforzheim sur un
affluent du Néckar.

Fin avril, alors que les dernières grandes
unités allemandes s’accrochent aux massifs forestiers de Forêt Noire et
du plateau souabe, le 2e GTM agit à l’ouest de la Forêt Noire dans le
cadre de la 9e DIC ou de la 4e DMM., les 1er et 4e GTM poussent sur
Stuttgart puis Tubingen. Du 30 avril au 8 mai, le 2e GTM poursuit en
Bavière jusqu’à la frontière autrichienne.

Après la capitulation allemande, le 8 mai 1945, les trois GTM ont des destinées différentes.

Le
4e GTM quitte la 2e DIM en juin pour s’installer en Forêt Noire au
sud-est de Fribourg. Le 5 octobre il reçoit sa 2e citation à l’ordre de
l’Armée des mains du général de Gaulle. En avril 1946, son aventure
prend fin. Il rentre au Maroc et est dissout le 16 juillet 1946.

Le
2e GTM, entré en Autriche le 5 mai, reçoit la visite du Sultan du Maroc
le 25 juin. En novembre, il est ramené à Marseille pour rentrer au
Maroc où il est dissout le 1er mai 1946.

Il en est de même pour les deux autres GTM.

Un lourd tribu à la Victoire alliée.

Au
cours de la 2e Guerre mondiale, les Goumiers ont été employés là où
leurs qualités foncières pouvaient être les plus précieuses, où d’autres
troupes même aguerries pouvaient difficilement réussir. Mais ce fut au
prix de pertes impressionnantes. De novembre 1942 à mai 1945, ils ont eu
:

67 officiers, 104 sous-officiers, 1454 goumiers tués ou disparus ;

115 officiers, 285 sous-officiers, 5993 goumiers blessés ;

soit, au total, 8018 personnels mis hors de combat.

La guerre d’Indochine (1945-1954).
En
Indochine, la guerre contre le Viet-Minh fait suite à la capitulation
japonaise.. Elle va se poursuivre pour l’Armée française jusqu’en
juillet 1954 (accords de Genève). Tout au long de ces 9 années les
besoins en effectifs vont être considérables et les goums marocains vont
aussi apporter leur contribution au Corps Expéditionnaire français en
Indochine.

9 tabors ont été engagés en Indochine . Le premier à y
avoir servi a été le 10e Tabor à partir d’octobre 1948. Les Tabors sont
engagés pour la plupart au Tonkin dans différentes actions
indispensables à la sécurité de l’ensemble du Corps Expéditionnaire :
ouvertures de routes, escortes de convois, opérations de ratissage,
sécurité sur zones, nettoyages en moyenne et haute montagne et dans le
delta tonkinois.

Citons parmi les principales zones d’engagement :

la zone frontalière du Nord-Est (8e et 10e à leur 1er séjour, 1er, 2e,
3e, 9e, 11e Tabor. Voir, plus loin, Cao Bang et la RC 4),

le Pays Thaî (8e et 10e à leur 2e séjour, 2e, 5e, 11e, 17e Tabor) ;

Dien Bien Phu (2e Tabor)

le Centre Annam (1er, 9e Tabor) et les Hauts Plateaux annamites (8e Tabor, 2e séjour)

le Laos (8e et 10e Tabor à leur 2e séjour, 5e, 9e Tabor)

Au
cours de toutes ces opérations d’Indochine, le total des pertes (tués
au combat ou morts en captivité dans les camps Viets) des Tabors
marocains en Indochine s’élève à 16 officiers, 41 sous-officiers 730
goumiers.

Le calvaire de Cao Bang et de la RC 4 (octobre 1950).

Il convient d’accorder un développement particulier à la retraite de Cao Bang par la RC 4.

A
la fin de 1949 Mao Tsé Tung et le parti communiste triomphent en Chine.
Le Viet-Minh dispose alors de bases sûres et de soutiens efficaces à la
frontière nord-est du Tonkin. Après une période de renforcement du
dispositif frontalier auquel participent les 1er, 3e, 8e et 10e Tabors
entre décembre 1949 et octobre 1950, le commandement français décide
d’évacuer tous les postes frontaliers et l’importante garnison de Cao
Bang et de resserrer son dispositif sur le delta tonkinois. C’est la
bataille meurtrière de la RC 4, le cordon constamment harcelé par les
divisions Viets qui relie Cao Bang au nord au Delta tonkinois à Langson à
travers la zone montagneuse.

L’évacuation de Cao Bang où se
trouve le 3e Tabor demande une des plus grosses opérations de la guerre
d’Indochine dont l’enjeu est considérable pour les Viets comme pour le
Corps expéditionnaire. Elle commence par le renforcement des principales
garnisons qui doivent servir de relais sur la RC 4, en particulier Dong
Khé où doit avoir lieu la jonction de la colonne Charton partie de Cao
Bang et de la colonne Le Page venant du sud.

Partie de That Khé
le 30 septembre, la colonne Le Page (1er et 9e Tabors, bataillon 8e RTM,
,BEP et partisans vietnamiens) échoue devant Dong Hhé le 2 octobre où
elle subit les assauts meurtriers de plusieurs bataillons Viets. Les
deux colonnes péniblement réunies tentent ensuite de desserrer
l’encerclement Viet pendant près d’une semaine, alourdies par le nombre
de ses blessés qu’il devient impossible d’évacuer. De nouveaux violents
combats sont nécessaires pour dégager de That Khé les unités rescapées
ainsi qu’une troisième colonne venue de Langson à la rescousse.

Les
pertes totales françaises de l’opération sont considérables : 2000 tués
et 3000 prisonniers dont 2000 ne survivront pas à l’inhumaine captivité
Viet-Minh.

Tunisie-Algérie (1955-56).
Dien Bien Phu et la
fin de la guerre d’Indochine ont un retentissement psychologique et
politique considérable en AFN et en particulier au Maroc. Pourtant, les
goums et notamment ceux qui sont rapatriés d’Indochine au Maroc
conservent leur cohésion et leur attachement à leurs cadres.

En
Tunisie, les troubles qui commencent en 1954 ne sont pas étrangers à
cette situation. Pour y faire face un tabor tunisien est créé sur le
modèle des goums marocain. Fin septembre 1954, arrivent successivement
en Tunisie pour y participer aux opérations de maintien de l’ordre les
3e, 8e,et 10e Tabors qui sont rapatriés au Maroc en avril 1956.

Deux
d’entre eux, les 8e et 10e, décidément inséparables, participent aux
opérations en Algérie, essentiellement dans les Aurès, le 8e à partir de
janvier 1955, le 10e à partir de mars 1955.

Conclusion. La dernière prise d’armes.
Le
3 mars 1956, le Maroc devient indépendant. La Tunisie le devient le 20
mai suivant. En Algérie, la guerre s’étend depuis le 1er novembre 1954.
Au-delà d’avril 1956 la France ne peut plus employer sur ce territoire
des formations supplétives d’un pays qui donne asile à l’organisation et
aux bandes armées du FLN algérien. Tous les goums marocains sont alors
dissous.

De 1908 à 1956 la saga des Goums marocains aura duré 48
ans. Pendant près d’un demi-siècle, l’uniforme des Goumiers, à
mi-chemin entre le vêtement traditionnel berbère et la tenue de combat
moderne, aura été vu, craint et toujours admiré sur tous les champs de
bataille de la première moitié du XXe Siècle où se sera battue l’Armée
française, à l’exception de la 1ère Guerre mondiale. Et pendant cette
longue période de combats quasi ininterrompus, les Goumiers seront
restés des fidèles. Fidèles à leurs origines, fidèles à leurs chefs
qu’ils se seront eux-mêmes donnés, fidèles à leurs traditions qu’ils
auront forgées par leurs exploits.

C’est sans doute pourquoi
l’histoire des Goums marocains reste entourée de mystère et de légende
comme celle des meilleures troupes. Et leur gloire est aussi rehaussée
par celle des chefs, grands et petits, qui sont liés à leur destin :
Lyautey, Giraud, Juin, Guillaume, Bournazel, Le Blanc, et bien
d’autres... On ne peut les citer tous tant leur cohorte est immense.

En
servant la France les Goumiers auront aussi servi leur pays, le Maroc.
Et si l’amitié franco-marocaine est restée aussi vive depuis 1956, c’est
sûrement pour une grande part grâce aux pages glorieuses inscrites avec
le sang des Goumiers marocains.

Le 9 mai 1956, se déroula à
N’Kheila au Maroc le dernier adieu au Drapeau unique des Goums
marocains, ce même Drapeau que le général de Gaulle leur avait remis à
Paris, le 14 juillet 1945, première fête nationale suivant la fin de la
2ème Guerre mondiale.

Depuis, ce Drapeau a rejoint aux Invalides les Emblèmes des régiments dissous de l’Armée française.
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:10

PRINCIPALES CAMPAGNES des GOUMS hors Maroc.

2e guerre Mondiale.

Tunisie (1942-43).

1e GTM (2e, 3e, 12e Tabor).

2e GTM (1er, 6e, 15e Tabor).

4e Tabor

Sicile (1943).

4e Tabor

Corse (1943).

2e GTM (1er, 6e, 15e Tabor)

Italie (1943-44)

1er GTM (2e, 3e, 12e Tabor)

3e GTM (1er, 6e, 15e Tabor)

4e GTM (5e, 8e, 11e Tabor)

France et Allemagne (1944-45)

1er GTM (2e, 3e, 12e Tabor)

2e GTM (1e, 6e, 15e Tabor)

3e GTM (9e, 10e, 17e Tabor)

4e GTM ( 5e, 8e, 11e Tabor)

Guerre d’Indochine( 1946-54).

1er, 2e, 3e, 5e, 8e (deux séjours), 9e, 10e (deux séjours), 11e, 17e Tabor.

Tunisie (1954-56), Algérie (1954-1956).

3e, 8e, 10e Tabor.
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:11

SIGLES et DEFINITIONS.

A. I. Affaires Indigènes du Maroc. La quasi-totalité de l’encadrement des Goums en était issue.

AFN. Afrique du Nord française comprenant l’Algérie, le Maroc et la Tunisie auxquels il est communément ajouté la Mauritanie.

BEP. Bataillon Etranger de Parachutistes en Indochine.

CEFI. Corps Expéditionnaire Français en Italie sous les ordres du général Juin.

CGM. Commandement des Goums Marocains pendant la campagne d’Italie, aux ordres du général Guillaume.

DAF. Détachement d’Armée française constitué dès novembre 1942 sous les ordres du général Juin pour la campagne de Tunisie.

DB(5e). 5e Division Blindée engagée à partir de septembre 1944 dans les Vosges.

DI(10e). 10e Division d’Infanterie française.

DI US. Division d’infanterie américaine.

DIA(3e). 3e Division d’Infanterie Algérienne.

DIC(9e). 9e Division d’Infanterie Coloniale.

DIM(2e). 2e Division d’Infanterie Marocaine.

DMM(4e). 4e Division Marocaine de Montagne.

Fanion. Emblème du Goum à l’extrémité d’une hampe ornée d’une queue de cheval.

GMM. Goums Mixtes Marocains. Organisation administrative commandée par un colonel, chef de corps.

Goum.
En arabe, troupe.. Par ext., levée d’une troupe contre un ennemi. Unité
de base des Goums marocains équivalente à la compagnie d’infanterie et
commandée par un capitaine (Cne), parfois un lieutenant (Lnt). Effectif :
100 à 200 hommes.

Goumier. Supplétif marocain engagé pour une période limitée renouvelable (1 an en général) Personnel du goum.

GTM.
Groupe de Tabors Marocains. Formation de combat équivalente au régiment
d’infanterie mais sans disposer des mêmes moyens d’appui, comprenant en
général 3 tabors. Effectif : 1500 à 3000 hommes.

RC 4. Route coloniale N°4, près de la frontière chinoise, témoin de combats meurtriers.

RTM. Régiment de Tirailleurs Marocains.

Tabor.
Formation de combat équivalente au bataillon d’infanterie et comprenant
en général 3 goums, parfois 4. Effectif : 500 à 800 hommes.

TOAFN. Théâtre d’opération en Afrique du Nord.
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:12

Histoire

L’appel de la mémoire. Les goumiers Marocains

Ahmed SAAIDI

Combien
de Marocains ont combattu pour la France ? 40.398 durant la Première
Guerre mondiale, 85.000 durant la Seconde et plusieurs milliers au cours
de la guerre d’Indochine. En tout, 170.000 cartes de combattant leur
furent attribuées.

Le sang qu’ils ont vaillamment versé sur le
champ d’honneur a créé une fraternité d’armes qui, par-delà les
vicissitudes de l’Histoire, a permis le développement d’une mémoire
commune dont la participation d’un détachement de la Garde Royale au
défilé du 14 Juillet porte témoignage.
Paris, 1919. Aux côtés des
drapeaux des différentes autres unités françaises qui ont participé à la
guerre de 1914-18, ceux du 2ème RMSM (Régiment de marche des spahis
marocains) et des 1er et 2ème RMTM (Régiment de marche des tirailleurs
marocains) défilaient fièrement sous les applaudissements et autres
encouragements des milliers de personnes venues assister à la Fête de la
Victoire. Reconnaissables au croissant qui ornait leurs fanions, ces
soldats d’élite que les Allemands appelaient "Hirondelles de la Mort"
avaient inscrit certaines des pages les plus glorieuses du premier
conflit mondial. De l’Ourcq à Soissons et de l’Aisne à Verdun, en
passant par la Champagne et la Macédoine, ils prirent partie aux
multiples campagnes qui, de la terre de France à la Bulgarie, décideront
du sort du monde. S.M. Mohammed V, que le Général de Gaulle a fait
Compagnon de la Libération, l’évoquera dans la lettre lue le 3 septembre
1939 dans toutes les mosquées du Royaume et par laquelle il a décidé
l’entrée du Maroc en guerre aux côtés des Alliés. Après avoir noté que
"Le douloureux souvenir que la dernière guerre a laissé à tous n’est pas
effacé de vos mémoires", le Père de la Nation rappellera que "La
victoire a couronné les étendards de la France et de ses alliés, parmi
lesquels le Maroc figure fièrement". "C’est aujourd’hui que la France
prend les armes pour défendre son sol, son honneur, sa dignité, son
avenir, et les nôtres, que nous devons être nous-mêmes fidèles aux
principes de l’honneur de notre race, de notre Histoire et de notre
religion", a ajouté le Souverain. Aussi, a poursuivi S.M. Mohammed V, "A
partir de ce jour et jusqu’à ce que l’étendard de la France et de ses
alliés soit couronné de gloire, nous lui devons un concours sans
réserve, ne lui marchander aucune de nos ressources et ne reculer devant
aucun sacrifice". "Nous étions liés à elle dans les temps de
tranquillité et d’opulence et il est juste que nous soyons à ses côtés
dans l’épreuve qu’elle traverse et d’où elle sortira, Nous en sommes
convaincu, glorieuse et grande", a-t-il conclu. En ces temps, les
troupes marocaines stationnées sur le territoire national étaient
composées de quatre régiments de tirailleurs (1er, 2ème, 4ème et 7ème
RTM), de trois régiments de spahis (1er, 2ème et 3ème RSM), de deux
régiments d’artillerie (les 63ème et 64ème), de deux bataillons de
génie, de 25 compagnies du train et de 57 goums. Celles qui l’étaient en
territoire français se composaient de quatre régiments de tirailleurs
(3ème, 5ème, 6ème et 8ème RTM) et d’un régiment de spahis (4ème RSM).
Soit 38.000 hommes au moment de la mobilisation de septembre 1939, que
des centaines d’autres conscrits rejoindront par la suite.

De
1939 à 1945, ils furent de tous les combats et vécurent l’humiliation de
la défaite et l’ivresse de la victoire. De la campagne de 1939-1940 où
le Blitzkrieg démontrera sa toute puissance, à celle de Tunisie
(1942-1943), en passant par les campagnes d’Italie (1943-44), de France,
d’Allemagne et d’Autriche, le sang marocain a balisé les chemins qui
ont conduit à la défaite nazie.

Cinq ans plus tôt, l’Armée
française, défaite, s’est dispersée et désunie. Ceux qui ont choisi de
continuer le combat se sont regroupés autour du Général de Gaulle pour
lutter aux côtés des forces du Commonwealth britannique. Les autres, la
grande majorité, ont décidé de demeurer dans la légalité et de servir la
France non-occupée, en Afrique et au Levant. Le premier affrontement
s’est produit en Syrie et au Liban. Les troupes de carrière du Général
Dentz, assaillies par les Australiens et les Indiens, se battirent
farouchement devant Beyrouth avant de s’opposer vigoureusement aux
Français Libres au sud de Damas. Le deuxième choc a lieu sur les plages
du Maroc et d’Oranie où des troupes américaines débarquèrent. Les
combats parfois très meurtriers ont néanmoins cessé très vite et les
Français reprirent enfin la lutte contre les troupes de l’Axe déferlant
sur la Tunisie. Tandis que se déroulaient les opérations contre les
forces germano-italiennes et que les soldats français acquirent le
respect et l’estime des Alliés, le réarmement de la nouvelle Armée
d’Afrique est entrepris. Des Etats-Unis arriva, par bateaux, le matériel
moderne nécessaire. Chars, canons, véhicules, armement, habillement,
postes-radio... affluèrent dans les ports d’Alger, d’Oran puis de
Casablanca. Le Maroc s’est ainsi transformé en un immense camp
d’entraînement où les régiments de spahis, de tirailleurs, de chasseurs
et d’artillerie d’Afrique sont mis sur pied, manœuvrant et s’initiant au
combat moderne. Les mauvais souvenirs de la malheureuse campagne de
1940 sont oubliés et chacun ne songe qu’aux batailles futures pour la
Libération. La fusion des troupes d’Afrique du Nord et d’A.O.F. avec
celles venues d’Egypte et du Tchad est alors théoriquement réalisée.
Déjà certains de ces éléments, chasseurs du bataillon de choc, goumiers,
spahis et tirailleurs marocains ont croisé le fer en Corse avec les
Allemands. Ainsi, à la fin de 1943, une partie de la nouvelle armée
d’Afrique, entièrement rééquipée à l’américaine, est prête à rejoindre
l’Italie pour combattre dans les rangs de la 5ème Armée U.S.

La suite peut être narrée comme une chronologie.

Décembre
1943 : Les Tirailleurs marocains de la 2ème DIM montèrent en ligne dans
les Abruzzes, au nord de Naples, en avant-garde de l’Armée française
reconstituée.

Janvier 1944 : Algériens, Tunisiens et Marocains
enfoncèrent le front allemand, traversèrent le Rapido au nord de Cassino
et se heurtèrent aux puissantes défenses de la ligne Gustav.

Mai
1944 : Quatre divisions et les Tabors du CEF franchirent le Garigliano,
percèrent le dispositif allemand au nord de Castelforte et, dans un
élan irrésistible, s’élancèrent à travers la montagne, prenant à revers
les défenseurs de la vallée du Liri.

Juin 1944 : Bousculant les
réserves allemandes, les troupes françaises composées notamment de
Marocains, d’Algériens et de Tunisiens, rejoignirent les Américains
venus d’Anzio et ouvrirent la route de Rome. Plus au nord, au large des
côtes italiennes, les éléments de la 9ème division coloniale, du
bataillon de Choc, des commandos d’Afrique et des Tabors prirent
d’assaut les défenses redoutables de l’île d’Elbe.

Juillet 1944 :
Après une poursuite effrénée à travers la Toscane, Sienne tomba intacte
aux mains des Français. Déjà les unités de la première DIM avaient
quitté le front pour se rassembler près du littoral des Pouilles avant
de débarquer en Provence. Le Corps expéditionnaire français d’Italie vit
ses derniers jours. Son chef, le général Juin, salua les troupes qui
ont combattu sous ses ordres : "Renouvelant les exploits accomplis
naguère sur ce même sol par tant de héros de notre race, vous avez hâté
l’heure de la Libération et projeté, sur le monde étonné, l’image de
l’Armée française renaissante, intervenant sur le front d’Italie comme
facteur déterminant de victoire. Votre tâche n’est pas finie. Dans les
jours qui vont suivre, vous aurez encore à combattre et à vaincre. Où
que vous alliez, vous vous montrerez forts, unis et confiants, pareils à
ce que vous fûtes toujours ici, au cours de cette inoubliable
campagne".

Dès août 1944, les deux divisions marocaines et les
Tabors arrivant par échelons entamèrent une nouvelle campagne à partir
des rivages de Provence tandis que le 1er Régiment de marche de spahis
marocains qui, depuis l’Erythrée, combat dans les rangs des FFL (Forces
françaises libres), débarque en Normandie avec la fameuse 2ème DB du
général Leclerc. Dix mille goumiers entrèrent ainsi en action et, à
partir du 16 août, trois groupes de Tabors rejoignirent la 3ème DIA. En
huit jours, ils arrivèrent à libérer Aubagne puis pénétrèrent à
Marseille.

Dès le 25 août la 2ème DIM commença à débarquer et
reçut aussitôt pour mission de couvrir et de protéger la progression des
troupes américaines se dirigeant vers Grenoble et Lyon. Entre-temps, le
4ème RTM renforcé par les Tabors libéra Briançon et le 5ème RTM jettera
les troupes nazies hors de Modane.

Vers la mi-octobre, le 6ème
RTM a conquis un important sommet des Vosges alors que le 8ème RTM
pénétra à Thann, que la 2ème DIM libéra Hélicourt et Montbéliard en
novembre et qu’en janvier 1945, cette dernière et la 4ème DMM aideront à
la réduction de la poche de résistance de Colmar.

En quittant
l’Alsace libérée, les troupes marocaines vivront au rythme des hauts
faits d’armes qui ponctueront les campagnes d’Allemagne et d’Autriche
ainsi que la guerre d’Indochine. Sur leur chemin, ils ont écrit
certaines des pages les plus glorieuses de l’Histoire de la Libération
dont les carrés musulmans des cimetières militaires ainsi que les
multiples monuments et stèles commémoratives témoignent.
Ahmed SAAIDI



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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:14

GOUMIER MAROCAIN, CARTE POSTEE EN 1912

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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:22

LES TROUPES D AFRIQUE DANS LA GUERRE 39/4O


En 1939, avant la mobilisation, la situation des troupes d'Afrique est la suivante :
1° Quatre divisions et quelques unités supplémentaires sont stationnées en France métropolitaine :
-
1e division nord-africaine : Lyon (27e tirailleurs algériens, Avignon;
28e tirailleurs tunisiens, Montélimar; 5e tirailleurs marocains, Bourg.
-
2e division nord-africaine : Toul (13e tirailleurs algériens, Metz; 22e
tirailleurs algériens, Toul; 6e tirailleurs marocains, Verdun).
- 3e
division nord-africaine : Poitiers (14e tirailleurs algériens,
Châteauroux; 15e tirailleurs algériens, Périgueux; 24e tirailleurs
tunisiens, La Roche-sur-Yon).
- 4e division nord-africaine : Epinal
(21er tirailleurs algériens, Epinal; 23e tirailleurs algériens, Morhange
; 25e tirailleurs algériens, Sarrebourg).
Le 8e zouaves appartient à
la 12e division d'infanterie motorisée, il est stationné à Mourmelon ;
le 8e tirailleurs marocains appartient à la 13e division d'infanterie,
il est à Belfort; le 3e tirailleurs marocains appartient à la 43e
division d'infanterie, il est à Saint-Dié.
En Corse, on trouve le 4e bataillon du 7e tirailleurs marocains.
2° En Afrique du Nord, le 19e corps d'armée est ainsi composé :
-
Division d'Alger : 1er brigade d'infanterie algérienne, Alger (9e
zouaves, Alger, Aumale, Fort-National. 13e tirailleurs sénégalais,
Alger, Koléa, Orléansville). 5e brigade d'infanterie algérienne, Blida.
(1er tirailleurs algériens, Blida, Cherchell, Laghouat. 5e tirailleurs
algériens, Maison-Carrée, Alger, Dellys. 9e tirailleurs algériens,
Miliana, Koléa, Ténes).
- Division d'Oran : 2e brigade d'infanterie
algérienne, Oran (2e zouaves, Oran, Nemours; 13e tirailleurs sénégalais,
un bataillon à Oran; 1er étranger). 4e brigade d'infanterie algérienne,
TIemcen (2e tirailleurs algériens, Mostaganem, Tiaret, Mascara ; 6e
tirailleurs algériens, TIemcem, Oran, Marnia).
- Division de
Constantine : 3e brigade d'infanterie algérienne, Constantine (3e
zouaves, Constantine, Philippeville, Sétif. 15e tirailleurs sénégalais,
Philippeville, Djidjelli, Biskra). 7e brigade d'infanterie algérienne,
Constantine (3e tirailleurs algériens, Bône, Souk-Ahras; 7e tirailleurs
algériens, Constantine, Guelma, Batna, 11e tirailleurs algériens, Sétif,
Bougie).
3° En Tunisie :
- Division de Tunis (4e zouaves, Tunis,
la Goulette, le Kef; 4e tirailleurs tunisiens, Sousse; Kairouan, camp de
Servière, Ben Gardane; 8e tirailleurs tunisiens, Bozerte, Aïn-Draham,
Mareth).
- Division de Sousse (5e, 10e, 18e tirailleurs sénégalais. 1er bataillon d'infanterie légère d'Afrique, Tatahouine, Gabès).
4° Au Maroc :
-
1er zouaves, Casablanca; 1er tirailleurs marocains, Meknès et
Port-Lyautey. 2e tirailleurs marocains, Marrakech, Mogador, Safi,
Agadir; 4e tirailleurs marocains, Taza, Oudjda, Boured; 7e tirailleurs
marocains, Meknès, Midelt. Les 4e bataillons des 2e et 3e tirailleurs
algériens sont à Fès; le 4e bataillon du 9e tirailleurs algériens à
Rhafsaï.
5° Au Levant :
- 16e régiment de tirailleurs tunisiens, à
Soueïda ; 4e bataillon du 6e tirailleurs algériens à Alep; 4e bataillon
du 1er tirailleurs marocains, à Damas.
Soit, en tout : 6 régiments
de zouaves; 16 régiments de tirailleurs algériens; 5 régiments de
tirailleurs tunisiens; 8 régiments de tirailleurs marocains; 1 bataillon
d'infanterie légère. Notons que la plupart des régiments de tirailleurs
sont à quatre bataillons, sauf ceux de la métropole, mais tous les
régiments marocains (????).

ELEMENTS MOBILISES
La mobilisation va aboutir à la mise sur pied d'une quantité de divisions actives et de formation.
Dans la métropole seront constituées trois divisions de formation, les 5e, 6e et 7e divisions nord-africaines.
L'Afrique du Nord met sur pied :
Des
divisions de première catégorie : la 1e division marocaine (1er, 2e et
7e R.T.M.) dirigée sur la métropole. La 81e division (d'abord composée
des 1er, 5e et 9e R.T.A., ancienne 5e brigade d'infanterie algérienne de
la division d'Alger, qui restera en Afrique du Nord, sur la position de
Mareth, et où le 5e R.T.A., passé à la 180e D.l. sera remplacé par le
218e R.I., formé en France). La 82e division (1er zouaves, 4e
tirailleurs marocains, 6e tirailleurs algériens) dirigée sur la
métropole, la 83e division (d'abord composée des 3e, 7e et 11e
tirailleurs algériens, ancienne 7e brigade de la division de
Constantine), demeurée en Afrique du Nord (le 11e tirailleurs algériens
sera remplacé par le 344e R.I.).
Des divisions de deuxième catégorie :
état-major du 19e corps, 84e division (4e zouaves, 4e et 8e tirailleurs
tunisiens, ancienne division de Tunis) qui sera dirigée sur la
métropole. La 85e division (3e zouaves, 11e et 19e tirailleurs
algériens) d'abord dirigée sur la position de Mareth, puis sur la
métropole. La 86e division (1er et 2e zouaves, 29e tirailleurs
algériens) dirigée sur le Levant.
Des divisions de troisième
catégorie : état-major du corps d'armée de Tunisie, état-major du
commandement des troupes du Maroc. 2e division marocaine (division de
protection, 2e et 4e étrangers, 3e sénégalais, demeurée en Afrique du
Nord). 3e division du Maroc (3e étrangers, 21e zouaves, 6e sénégalais,
demeurée en Afrique du Nord, dissoute prématurément). 87e division (9e
zouaves, 17e et 18e tirailleurs algériens, dirigée sur la métropole).
88e division (division de protection, ancienne division de Sousse,
remaniée 10e et 18e sénégalais, 257e R.I., demeurée en Afrique du Nord).
181e division (division de protection, 29e zouaves, 13e sénégalais, 11e
sénégalais, demeurée en Afrique du Nord). 182e division (division de
protection, 1er étrangers, 22e zouaves qui passera à la 180e D.l. et
sera remplacée par le IV/13e sénégalais, et deux bataillons sénégalais
d'Afrique occidentale, demeurée en Afrique du Nord), la 183e division
(division de protection, 23e zouaves, 15e tirailleurs sénégalais, un
bataillon de marche sénégalais, demeurée en Afrique du Nord).
On
formera encore une 180e division, souvent remaniée et qui comprendra, en
fin d'opérations le 22e zouaves prélevé sur la 182e, les 5e et 23e
tirailleurs algériens et demeurera en Afrique du Nord. Une division du
Mareth, de forteresse, avec le 32e tirailleurs tunisiens, le 35e
tirailleurs algériens, le 5e tirailleurs sénégalais, les 1er et 12e
bataillons d'infanterie légère d'Afrique et un bataillon du 1er
étrangers.
Le 10e tirailleurs marocains, le 20e tirailleurs
tunisiens, le 31er tirailleurs algériens seront dirigés sur la métropole
pour former la 7e division d'infanterie nord-africaine.
Le 20e tirailleurs tunisiens, crée en mars 1940, sera dirigé sur le Levant.
On
notera encore que la 2e division marocaine, citée parmi les divisions
de troisième catégorie ci-dessus, sera, à un certain moment, très
fortement constituée avec les 2e et 4e étrangers d'infanterie, quatre
bataillons du 3e sénégalais, le bataillon autonome d'infanterie
coloniale, les 4e bataillons des 6e sénégalais, 1er, 2e, 4e et 7e
tirailleurs marocains, les 218e et 323e R.I. de la métropole, soit un
petit corps d'armée à deux divisions, comportant au surplus le 1er
chasseurs d'Afrique et le 1er étrangers de cavalerie et le régiment
d'artillerie coloniale du Maroc.
Le corps des zouaves a formé trois régiments en Afrique : 21e, 22e, 29e.
Les
tirailleurs ont formé le 12e tunisiens, les 17e, 18e, 19e algériens, le
20e tunisiens, les 29e, 31e algériens, le 32e tunisiens, les 33e et 35e
algériens, créés jusqu'en mars 1940.
Nous ne nous occuperons, dans
cette brève étude, que des divisions ayant combattu en France, du mois
de septembre 1939 à juin 1940, et nous les séparerons en deux tranches :
les divisions d'infanterie nord africaines (D.I.N.A.), les divisions
d'infanterie d'Afrique (D.I.A.).

LES D. I. N. A.
1er D.I.N.A.
Division active, type nord-est.
Commandant
: général Libaud, puis général Tarrit (15 janvier 1940). Chef
d'état-major, lieutenant-colonel Marmillot. Commandant l'infanterie
divisionnaire, colonel de Juvigny. Commandant l'artillerie
divisionnaire, général Donnio. 5e régiment de tirailleurs marocains,
colonel Jacob; 27e régiment de tirailleurs algériens, lieutenant-colonel
Roudil; 28e régiment de tirailleurs tunisiens, colonel de La
Minardière, puis lieutenant-colonel Trabila, à partir du 1er février
1940, tué le 20 mai 1940. L'artillerie était composée des 54e et 254e
R.A. G.R.D.I. 91.
Mobilisé dans la XIVe région avec P.C. à Lyon en
septembre 1939, cette division fut portée à la frontière des Alpes
jusque vers la fin du mois de septembre, puis fut dirigée sur la IIe
armée, avec P.C. à Triaucourt-en-Argonne le 25 septembre, et employée à
divers travaux. Les P.C. successifs de la division ont été Verdun (11
octobre), Spincourt (17 octobre), Jarny (8 novembre), Butrange (22
novembre). Sur le front de Lorraine à partir du 24 novembre, elle
accomplit des travaux sur la position fortifiée Stromberg, Apach.
Regroupée dans la région de Villers-Cotterets à la fin décembre, elle
est placée en réserve de G.Q.G. avec P.C. à la Ferté-Milon.
Bataille
de la Meuse : à partir du 13 mai, la 1er D.I.N.A. est transportée vers
la région de Valenciennes, mais de nombreux retards se produisent dans
l'acheminement des trains. En fait, elle sera dissociée à partir du 15,
combattant par détachements isolés vers Trelon, Ohain, Anor et son bois,
et entre Glageon et Féron. Le 16 mai, la division se trouve séparée en
quatre fractions par suite des attaques des blindés allemands sur l'Axe
SoIre-le-Château, Avesnes, Landrecies : A Valenciennes, 3 bataillons
sont en cours de débarquement; dans la forêt de Mormal, l'artillerie ;
en retraite vers le Nord, le quartier général et les services; dans la
région de Trelon, le reste de l'infanterie. Le 17, a lieu un repli vers
Fourmies, Rocquigny, le bois d'Andigny, Etroeungt, et des détachements
entiers sont capturés. Le 18, une fraction comprenant un bataillon et
demi du 27e algériens, un bataillon du 28e tunisien et un bataillon du
5e marocain, sous les ordres du colonel Roudil, défend le Quesnoy. Deux
bataillons du 28e et un bataillon du 27e défendent le bois d'Antigny. Le
Quesnoy ne se rendra que le 21 mai, à 13 heures. Deux groupes
d'artillerie participent à la défense de Béthune (II/54 et Vl/254). Le
22, le général Tarrit regroupe les débris de sa division auxquels se
joignent deux bataillons du 512e régiment de travailleurs, deux
bataillons du 401e régiment de pionniers, trois compagnies du 9e
bataillon de chars (R 35) et deux du 22e bataillon (R 35 également). Le
groupement tient Béthune et le passage du canal de l'Aire à la Bassée,
entre Cuinchy et Robecq. Le 23, les défenseurs de Béthune se replient
derrière le canal : le Hamel, Cornet-Malo. Le 27 ils tiennent une tête
de pont à Estaires, le 28, se replient au nord de la Lys. Du 29 mai au 2
juin, ont lieu des embarquements à Dunkerque, Malo, Bray-Dunes.

1e DIVISION LEGERE N.A.
Avec
les débris de quelques D.I.N.A. on reformera une division légère sous
le commandement du général Tarrit, chef d'état-major capitaine Serny.
Elle sera composée du 1er tirailleurs marocains à deux bataillons,
commandant Flamant; du 27e tirailleurs algériens, à deux bataillons,
commandant Adam; avec deux groupes du 54e R.A. et deux escadrons à pied
du 95e G.R.D.I. Ces éléments ont été constitués avec les rescapés de la
1e division marocaine et des 1er, 2e, 4e et 5e D.I.N.A., en Normandie,
région de Bernay le 9 juin. Le 10, la petite division fera mouvement
vers Argentan. Le 16, elle essaiera de défendre les passages de la Dives
à Jort, Coulibœuf. Le 17, elle se repliera sur l'Orna, combattant à
Ecouché, La Lande, les Yveteaux, Fromontel, et, dans la soirée, se
repliera vers le sud-ouest. Le P.C. arrière et les restes de la division
seront capturés le 18 à Ambrières. Le P.C. avant pourra s'embarquer à
Quiberon le 20 juin.
De la 1e D.L.I.N.A. personne, pour ainsi dire, n'est revenu.

2e D.I.N.A.
Division active, type nord-est.
Commandant
: général Lescanne, puis général Dame à partir du 1er janvier 1940,
fait prisonnier le 31 mai, mort en captivité. Chef d'état-major,
lieutenant-colonel Legrez. Commandant l'infanterie divisionnaire,
colonel Simon. Commandant l'artillerie divisionnaire, colonel Bignon.
13e tirailleurs algériens, colonel Sevez; 22e tirailleurs algériens,
colonel Dubo. 11e zouaves, lieutenant-colonel Bousquet. Le 6e
tirailleurs marocains qui faisait partie de la division au moment de la
mobilisation fut remplacé vers la fin octobre par le 11e zouaves,
régiment de formation. L'artillerie était composée du 40e R.A. et du
240e R.A. G.R.D.I. 92.
Mobilisée dans la VIe région, avec P.C. à
Mangiennes le 22 août 1939, elle quitta ses garnisons le 23 pour le
secteur de Marville, avec détachements avancés à Longwy. Regroupée dans
la région sud-est de Longuyon le 6 septembre, elle fut dirigée vers le
secteur fortifié de Boulay, région sud de Bouzonville et occupa la
position de Remeldorf à Leidingen. Elle passa en réserve de groupe
d'armées le 10 novembre dans la région Est de Pont-à-Mousson, puis fut
transportée vers Valenciennes le 18 décembre, à la disposition de la 1e
armée, 3e corps.
Bataille de la Dyle. Le 10 mai, la division franchit
la frontière belge, à pied au nord-est de Mortagne-du-Nord et de
Condé-sur-Escaut. Le 11, elle stationne dans la région Braffe,
Grandglise, Peruwelz. Deux bataillons avec la. 601e batterie antichars
automobile sont transportés en camions sur la Dyle (colonel Simon) et
parviennent le 11, à 18 heures, sur la route Wavre-Gembloux avec les
éléments motorisés du G.R. Le 12 mai, un tiers de la division occupe un
secteur en liaison à Wavre avec la 2e division britannique, et, au sud,
avec la 1e division marocaine, à la ferme la Grange-à-la-Dîme, au nord
de Mont-Saint-Guibert. La 653e batterie AC est au pont d'Attignies. Un
deuxième tiers de la division arrive dans la soirée, en camions. Le
reliquat ne rejoindra que le 13 au soir. Deux bataillons sont aux avant-
postes, route Wavre-Corbais, trois sur la P.R., c'est-à-dire sur la
Dyle de Wavre à Ottignies, puis voie ferrée jusqu'à l'est de
Court-Saint-Etienne. Le 15, la position est attaquée, Ottignies perdu.
Limai et Limelette abandonnés dans l'après-midi. A 22 heures, repli sur
la ligne Rixensart, Renipont, Chapelle-Saint-Lambert, cote 139. Le 16,
nouveau repli sur la ligne Joli-Bois, Vert-Coucou, Braine l'Alleud, les
Culots. On est sur le champ de bataille de Waterloo. Le soir, passage
derrière le canal de Charleroi par les ponts de Tubize et de
Virginal-Sammes. Le 17, repli derrière la Dendre, face à l'est, de Ath à
Chièvres. A 22 heures, parvient l'ordre de se retirer derrière
l'Escaut, de nuit, par les ponts de Mortagne et de Bléharis. Le 20,
après un regroupement effectué la veille, la division occupe une
position sur l'Escaut de Maulde, Rumegies, Château l'Abbaye, Nivelles,
Saint-Amand-les-Eaux, en liaison à Bléharies avec la 48e division
britannique, au sud avec la marocaine. Le 24, elle est relevée par des
éléments de la 101e D.I.F. en vue d'une contre-attaque sur l'axe
Cambrai-Bapaume en liaison avec les 5e D.I.N.A., 5e et 50e D.I.
britanniques, mais cette opération n'aura pas lieu. Regroupée vers
Flines-les-Râches, la division est dirigée sur Mons-en-Pevèle en vue de
s'opposer au débouché allemand sur Carvin, Seclin et Lille. Le 27, elle
occupe défensivement une ligne Oignies, Camphin, se replie le soir
derrière la Lys. Les ponts de Don et Bac-à-Wavrin étant détruits, elle
est dirigée sur Haubourdin où elle se regroupe le 28 mai. L'ennemi tient
les ponts de Santes et de Haubourdin, la division est encerclée, elle
défend Haubourdin, puis repli sur Dunkerque par Bailleul de
l'état-major, quartier général, deux bataillons du 22e algériens et
divers détachements isolés. Le 29, des débris aux ordres du colonel
Sevez se regroupent au camp du Perroquet, sud-ouest de La Panne. La
division a été capturée en grande partie à Haubourdin. Des petits
détachements de toutes les unités s'embarqueront à Malo le 30 mai,
gagneront après un passage en Angleterre la région de Bernay, seront
affectés à divers corps, puis capturés près de Falaise le 18 juin.

3e D.I.N.A.
Division active, type nord-est.
Commandant
: général Chapouilly, puis général Mast le 23 mai. Chef d'état-major,
colonel Rivaud; commandant l'infanterie divisionnaire, général Tarrit,
commandant l'artillerie divisionnaire, colonel Longépée. 14e tirailleurs
algériens, colonel Renaud, puis lieutenant-colonel Bosviel; 13e
tirailleurs algériens, colonel Deligne, puis colonel Buisson (10
septembre 1939), puis commandant de Montillot (14 mai 1940). 24e
tirailleurs tunisiens, colonel Oger. Ce régiment est remplacé à la
division par le 12e zouaves, unité de formation, le 11 octobre 1939,
colonel Tissané. L'artillerie comprend les 20e et 220e R.A.N.A. 93e G.R.
Rassemblée
dans la région de Sedan le 23 août, avec P.C. à Banut-en-Argonne, la
division est en couverture dans les secteurs de Mouzon (IIe armée). Du
12 au 14 septembre, elle est regroupée dans la région d'Etain, occupe
ensuite un secteur à l'ouest de la Nied (Launstroff-Colmen). En avril,
elle relèvera la 71e D.l. métropolitaine dans le secteur de Mouzon, de
Petit-Remilly et la Besace, à gauche, à Villy-Inor à droite.
Bataille
de la Meuse. Le 12 mai, le 3e D.I.N.A. recueille la cavalerie qui a
mené une action retardatrice, les ponts de la Chiers sont détruits, le
3e bataillon du 12e zouaves est très éprouvé. Dans la nuit du 12 au 13,
la 71e D.l. occupe un créneau du secteur vers Amblimont. Le 13, l'ennemi
arrive sur la rive droite de la Chiers, puis à Carignan. La 55e D.l.
est enfoncée dans le secteur de Sedan et la 71e reflue. La D.I.N.A.
établit Un dispositif sur le ruisseau d'Yoncq face au nord-ouest. Le 14,
l'ennemi franchit la Chiers au sud de Tetaigne, la division se replie
dans la nuit sur la bretelle d'Inor-Maladry. Le 15, elle occupe une
position à Pouilly (liaison avec la 1e coloniale), ferme Soiry, côte de
la Vigne au nord de Malandry (liaison avec la 3e coloniale). A midi, les
Allemands sont à Inor qui ne pourra être repris. La côte de la Vigne
sera également perdue. Les éléments de la 3e D.I.N.A. combattent
mélangés avec ceux de la 6e D.l. (36e, 74e, 119e R.I.) et de la 41e D.l.
(103e). On se bat dans le bois d'Inor, aux cotes 311 et 226, vers Olizy
et Maladry. Le 20, Inor est enfin réoccupé après avoir été l'enjeu de
nombreux combats. Dans la nuit du 21 au 22, la 3e D.I.N.A. est relevée
par la 6e D.I.N.A., elle va se regrouper dans la région Murvaux,
Brandeville, Haraumont. Elle a subi des pertes variant entre 700 et 900
hommes par régiment. Dans la nuit du 23 au 24 mai, elle fait mouvement
sur la rive gauche de la Meuse, en réserve de C.A., à l'Est de Buzancy,
est partiellement recomplétée par le C.I.D. et des renforts, venus des
dépôts, revient le 29 sur la rive droite de la Meuse, région de
Haraumont, relève la 41e D.l. dans le secteur de Marville, tient un
front de Velosnes à Longuyon. Le 11 juin, elle est regroupée au sud de
la forêt de la Woëvre et bat en retraite à partir du 12, pour arriver
sur une ligne Vitry-le-François, Villers-le-Sec, Charment,
Villers-en-Argonne, Sainte-Menehould, formant des barrages par bouchons
antichars. Le 13, la prise de contact s'opère sur le front de Chanzy,
Rosay, Vernancourt, Charmont, le 2e bataillon du 12e zouaves, surpris,
est détruit, le 3e bataillon du régiment organise la défense de
Heiltz-le-Maurupt. L'ennemi a atteint Vitry-le-François, on se bat à
Charmont et Villers-le-Sec, Heiltz est pris à 17 heures, le canal est
franchi par les Allemands à Etropey, Pertes et Saint-Dizier sont
occupés. Les unités du secteur Nord (deux bataillons du 14e algériens,
un bataillon de zouaves) sont séparés du reste de la division. Le 14, le
15e algériens, un bataillon du 14e et un bataillon de zouaves se
replient sur la ligne de la Saulx. Le 15, il reste 1200 hommes
d'infanterie dont 1000 du 15e algériens, et seulement 50 zouaves. Après
une semaine de combats en retraite (Lamarche, Vittel-Surianville,
Thorey, Chaouilley, Gugney), les restes de la 3e D.I.N.A. seront
capturés dans la région de Vaudémont.

4e D.I.N.A.
Division active, type nord-est.
Commandant
: général Sancelme (fait prisonnier). Chef d'état-major,
lieutenant-colonel Pots; commandant l'infanterie divisionnaire, colonel
Bernard; commandant l'artillerie divisionnaire, colonel Coignerai. 21e
tirailleurs algériens, colonel Louvet. Ce régiment quittera la division
le 31 octobre et sera remplacé par le 7e R.I., puis par le 13e zouaves
le 26 février 1940, lieutenant-colonel Pothuau; 23e tirailleurs
algériens, colonel Machin; 25e tirailleurs algériens, colonel
Biserschere.
Mise sur pied dans la XXe région, P.C. à Grostenquin,
occupe des positions de couverture dans la région Grostenquin,
Francaltroff, Hazembourg, en réserve de la IVe armée. Le 4 septembre,
installation d'un point d'appui à l'observatoire de Spicheren, puis
mouvement offensif, le 9, vers le ravin de Saint-Arnual, occupation de
la Petite et de la Grande-Rosselle, prise de Schoenbach le 10. Le 25, la
division est aux avancées de Forbach, sur la ligne d'arrêt Marienas,
cote 371, lisière nord-est des bois route d'Alsting à
Grossbliederstroff. En novembre, regroupement dans la région de Nancy,
puis transport par voie ferrée vers La Capelle-Fourmies, Aubenton.
Bataille
de la Meuse. Le 13, la division fait mouvement vers le front de la IXe
armée et stationne en fin de journée du 14 dans la région
Flavion-Anthée-bois de Rosay (25e R.T.A.), Biert-l'Abbé, Ermeton,
Bois-l'Evêque (23e R.T.A.), bois de Daussois (13e zouaves). Elle est
chargée d'établir un barrage à hauteur d'Anthée pour interdire la route
de Philippeville. Le 15, elle est écartelée par les attaques des blindés
allemands sur les axes de Tosée, Florennes, Philippeville, et se
replie. Elle défenddra Baumont et aura des éléments, le soir, vers
Trelon et Mondrepuis, d'autres vers Marienbourg, Froidchapelle.
L'artillerie divisionnaire est désorganisée. Le 16, les unités sont
fractionnées au cours des replis, certaines sont capturées. Le 17, la
dispersion est à son comble, de nombreux détachements tombent aux mains
de l'ennemi à Clairfontaine, dans la forêt de Nouvion, à Mondrepuis et
Trelon. Le 18, des compagnies reformées du 23e algérien et du 13e
zouaves défendent Wassigny, les ponts de Hanappes, Tupigny. Le 19, ce
qui reste des zouaves est capturé vers Walincourt, le 20, les derniers
débris sont faits prisonniers à Marcoing. 400 zouaves rescapés seront
dirigés vers La Courtine.

5e D.I.N.A.
Division de formation, série A, type nord-est.
Commandant
: général Vieillard, puis général Agliany (19 avril 1940), puis colonel
Mesny (16 mai 1940). Chef d'état-major, lieutenant-colonel Putinier,
puis lieutenant-colonel de Gournay. Commandant l'infanterie
divisionnaire colonel Mesny, puis colonel Oger (16 mai). Commandant
l'artillerie divisionnaire, colonel Guillemet.
Mobilisée dans la XIVe
région (Lyon, Belley), et dans la XVe (Toulon-Nîmes) avec P.C. à
Valence du 2 au 8 septembre, elle fut d'abord constituée avec les 11e,
12e et 14e régiments de zouaves. En octobre 1939, le 11er fut rem- placé
par le 6e tirailleurs marocains, lieutenant-colonel Marioge, puis
commandant Thomas (20 mai); et le 12e fut remplacé par le 24e
tirailleurs tunisiens, colonel Oger, puis commandant Guillebaud (16
mai).
La division fut rassemblée dans la zone de Pont-à-Mousson (IIIe
armée, 6e C.A.), puis amenée à pied dans la région de Boulay du 13 au
15 septembre. Le 4 octobre, elle releva la 42e D.l. dans le secteur de
Narbefontaine. Elle en fut retirée du 30 novembre au 3 décembre,
embarquée à Pont-à-Mousson (VF) et transportée dans la région
Saint-Quentin, Péronne (1e armée, 5e C.A.). Le 6 janvier 1940, elle
releva la 12e division d'infanterie motorisée au nord-est d'Avesnes,
secteur du S.F. Maubeuge, en liaison au nord avec la 1e division
marocaine, au sud avec la 4e D.I.N.A.
Bataille de la Dyle. Le 10 mai,
la division fit mouvement sur l'itinéraire Berelles, Cousoire, Thuin,
Charleroi, Temploux. Le 12, elle stationna au sud-ouest de Charleroi. Le
24e tunisien fut enlevé par camions et débarqué à 19 h au nord ouest de
Namur, afin d'occuper la P.R. entre Emines et Cognelée. Le 13, le
deuxième tiers de la division rejoignait, le P.C. s'installait à
Florennes. Le 14, la division occupait la P.R. en liaison avec
l'infanterie belge, le 6e marocain était sur le ruisseau d'Houyoux,
tenant les ponts sur la Meuse de Namur à Wepier. Le 15, attaquée par les
blindés ennemis, la division se replia sur le ruisseau d'Houyoux et la
voie ferrée Namur-Bruxelles, puis, dans la nuit, vers la région de
Charleroi. Le 16, après destruction des ponts de la Sambre, elle fut
regroupée à l'est de Charleroi. Un détachement commandé par le colonel
Marioge et comprenant principalement le 6e marocains fut replié sur
Chatelet, puis sur Avesnes, en plein dans la retraite des éléments de la
5e division d'infanterie motorisée qui refluait du secteur de gauche de
la Meuse. Le 17, la division s'installait sur le canal de Charleroi, et
parvenait, à la nuit, dans la région au sud-est d'Aulnois, à 10
kilomètres au nord de Bavai, avec des éléments à Boussois. Sa mission
consistait à interdire le débouché de l'ennemi au nord de Maubeuge, et
entre Maubeuge et Boussois. Le 18, elle occupait la position de La
Trouille, entre Givry et le bois de Rouveroy. Le 6e R.T.M. livrait des
combats à Boussois et Assevent.
Bataille du Nord. Le 20 mai, la
division est encerclée dans la forêt de Mormal par des formations
blindées ennemies, elle essaie de s'échapper dans la direction de
Denain. Le 21, des accrochages se produisent vers Englefontaine,
Bermerain, Saint-Martin. L'Escaut est franchi, avec pertes, vers 16
heures. Le détachement Marioge est fait prisonnier à Boussois et
Assevent. Le 22, après un essai de regroupement, c'est le repli au
sud-est de Douai, puis, le 24 sur le canal de la Sensée entre Arleux et
le nord de Douai. Le 26, nouveau repli vers Phalempin et Wahagnies, à
partir de 20 heures. Le 27, vers Haubourdin, ordre donné de brûler les
drapeaux. Le 28, les éléments ayant réussi à franchir la Deule vont se
regrouper à Brây-Dunes. D'autres ont été encerclés à Lille avec le
groupement Molinié.
Réussiront à s'embarquer seulement 250 hommes du
G.R., 700 artilleurs qui, par la suite, seront capturés à Rennes ou à
Lorient. Toute l'infanterie de la division a été mise hors de combat ou
faite prisonnière.

6e D.I.N.A.
Division de formation, série A,
type nord-est. Commandant : général de Verdilhac. Chef d'état-major,
commandant Voyron, puis commandant Potier (30 mai). Commandant
l'infanterie divisionnaire, colonel François, puis colonel Robert (5
juin). Commandant l'artillerie divisionnaire, colonel Arnaud, puis
colonel Tenot (28 février).
Constituée au début de novembre dans la
région Chaumont-Porcien, Château-Porcien, Montcornet, la division
comprend le 9e tirailleurs marocains, colonel Lançon; le 21e tirailleurs
algériens, colonel Louvet, puis colonel Thouvenin (2 5 décembre 1939);
le 11e étranger d'infanterie, colonel Robert, puis commandant Clément (4
juin).
Amenée dans le secteur de Burtoncourt, en Lorraine (IIIe
armée), en mars, la division est regroupée en mai au sud de Metz et se
trouve, le 20, dans les bois au sud de Nepvant (IIe armée, 18e C.A.). Le
21, elle occupe un secteur Stenay, Olizy-sur-Chiers, avec P.C. à
Baâlon, en liaison avec la 1e coloniale à gauche, et la 3e coloniale à
droite. Des combats se livrent, la position tient. Le 8 juin, le front
est étendu vers l'est avec occupation de La Ferté-sur-Chiers jusqu'à la
colline de Saint-Valfroy. Puis c'est le repli qui atteint, le 13 juin,
la ligne Vacherauville-Douaumont. Le 17, la division se trouvera dans la
région de Vaucouleurs et de Blénod-les-Toul. Le 19, elle est sur la
ligne Charmes-la-Côte, Blénod, Bulligny, essayant de résister aux
infiltrations ennemies. Le 20, le repli atteint la lisière ouest du bois
d'Ochey, Crézilles, Moutrot. Le 21, la division - ce qu'il en reste -
est encerclée, elle est comprise dans la capitulation du groupement
Dubuisson. Les derniers éléments sont capturés le 23 dans la région
d'Ochey.

7e D.I.N.A.
Division de formation, type nord-est.
Commandant
: général Barré. Chef d'état-major, commandant Donin de Rosières.
Commandant l'infanterie divisionnaire, colonel Pfister. Commandant
l'artillerie divisionnaire, colonel Revers.
Mise sur pied en Afrique
du Nord, elle se compose du 10e tirailleurs marocains,
lieutenant-colonel Brial, puis commandant Jaggli (11 juin); 20e
tirailleurs tunisiens, lieutenant-colonel Tribot-Lespierre ; 31e
tirailleurs algériens, lieutenant-colonel Doucet. Le 3e bataillon du 10e
marocain est l'ancien 4e bataillon du 7e en Corse.
La division est
rassemblée au camp de Valdahon du 16 mars au 20 avril. Du 17 au 23 mai,
elle est transportée par voie ferrée vers la région de Montdidier,
Creil, Clermont. Le 18, ses premiers éléments débarqués se trouvent sur
le canal de la Somme, barrant la direction Vermand-Roye. A leur gauche,
la 4e division coloniale au sud d'Amiens, à leur droite, la 3e division
légère d'infanterie, vers Ham. (VIIe armée, 1er C.A.). Les débarquements
se poursuivent les jours suivants et, le 23 mai, la division essaie de
constituer un front sur la Somme, à Sailly-Laurette et Chipilly. Le 24,
elle a atteint la Somme à Morcourt et le gros de l'infanterie est sur la
Luce. Le 25, la progression se poursuit, le 31e algérien est au contact
à Chuignes, face à Dampierre et Boncourt, tenus par l'ennemi. Le 26,
organisation d'une P.R. sur le canal de la Somme, Les 27 et 28, des
combats se livrent à Cerisy-Gailly, le 29 à Foucaucourt.
Bataille de
la Somme. Le 5 juin, l'ennemi attaque entre Somme et Luce, le front de
la division est rompu sauf devant le 10e marocains au Hamel. Les points
d'appui de Méricourt et du bois des Catteaux sont encerclés, mais la
résistance s'affirme à Chuignolles, Proyart, au bois de Sart. Le
lendemain, il faut cependant se replier derrière l'Avre, de Braches à
Marsy. Le 8, l'ennemi lance une violente attaque sur l'Avre, en fin de
journée, le repli atteint Saint-Just-en-Chaussée et Leglantiers, à la
nuit l'ordre arrive de poursuivre vers la rive gauche de l'Oise, par
Estrées-Saint-Denis et Pont-Sainte-Maxence... mais ces ponts sont
détruits. Le 10, ce qui reste de la division passe l'Oise à la nage, par
barques ou par l'écluse de Pont-Sainte-Maxence. On regroupe 300 hommes
du 31e algérien, 250 hommes du 20e tunisien, 10 hommes du 10e marocain
et un millier d'artilleurs qui se replient le 11 sur Luzarches.
Le
12, après ralliement de quelques éléments qui ont réussi à se soustraire
à l'encerclement, la division met en ligne 275 officiers, 5150 hommes, 6
pièces de 75, 2 pièces de 155 au sud de la Marne, Torcy, Lagny. Le 13,
établissement de bouchons, de Melun à Fontaine-le-Port. Le 15, début du
repli sur la Sauldre, la Loire, embarquements aux gares de La
chapelle-la-Reine et Malesherbes. Le 19, les débris de la 7e D.I.N.A.
seront sur le Cher, aux ponts de Villefranche et de Menneton.

1e DIVISION MAROCAINE
Division active, formée de régiments actifs du Maroc et mise sur le type nord-est à son arrivée en métropole.
Commandant
: général Audet, puis général Mellier (27 février). Chef d'état-major,
commandant Nardin, puis capitaine Castaing (22 mai). Commandant
l'infanterie divisionnaire, colonel Crépin. Commandant l'artillerie
divisionnaire, colonel Ronin. 1er régiment de tirailleurs marocains,
colonel Rouyer, puis lieutenant-colonel Bocat (12 mai), commandant
Flamant (22 mai). 2e tirailleurs marocains, lieutenant-colonel Brial,
puis lieutenant-colonel Suffren (22 octobre) colonel Cordier (15 janvier
1940), lieutenant-colonel Leussier (22 mai). 7e tirailleurs marocains,
colonel Vendeur.
Constituée à Meknès le 2 septembre, la division fait
mouvement vers Oran le 24 octobre, débarque à Marseille et stationne de
Bayonne à Luchon et de Toulouse à La Rochelle avant de gagner, par voie
ferrée, le 14 novembre, la zone de Fresnes-en-Woevre,
Vigneulles-les-Hattonchâtel et Sponville.
Front de Lorraine. Le 17
décembre, relève de la 1e D.I.N.A. dans le secteur d'EIzange (IIIe
armée), avec P.C. à Bertrange. Le 23 janvier, la division est à son tour
relevée par la 20e D.l. et, après regroupement dans la zone Uckange,
Moyeuvre, Roncourt, fait mouvement à partir du 3 février, voie de terre,
vers Vitry-le-François et Châlons. Elle y séjournera pendant deux mois.
Le 1er avril, elle est transportée vers la zone de Bavai, du Quesnoy,
de Maubeuge, avec P.C. à Berlaimont (1e Armée, 5e C.A.). Le 4, elle
relève la 82e D.I.A. dans le secteur du Hainaut, de Wargnies-le-Petit à
la Sambre.
Bataille de la Dyle. Le 10 mai, la division fait
mouvement, voie de terre, dans la nuit vers Mons, Havre,
Sars-la-Bruyère. Le 11, toujours dans la nuit, vers Houdeng, Thieu,
Seneffe. Le 12 et le 13, les 1er et 2e R.T.M. sont transportés en
camions, de nuit, sur la position Ernage-Gembloux et la division
s'installera, le 14, sur la voie ferrée. En fin de matinée, ce jour-là,
après le repli de la 3e D.L.M., des actions confuses s'engagent à Ernage
sous le bombardement des stukas et de l'artillerie ennemie. Le 15,
Ernage est perdu au matin, les liaisons rompues avec la 1e division
d'infanterie motorisée, la position entamée, des combats se livrent sur
la ligne d'arrêt, puis vient l'ordre de repli sur la V.F. de Tilly,
décrochage difficile. Le 16, occupation de la position de
Villers-la-Ville à Marbais, combats continuels. Le 17, repli derrière le
canal Charleroi-Bruxelles, puis vers Mons. Les liaisons sont en partie
rompues. Le 18, des éléments sont regroupés au sud-ouest de
Valenciennes.
Bataille du Nord. Le 19 mai, avec ce qui a pu être
remis sur pied, on installe une position face au sud-est, sur l'Escaut,
du pont de Rouvignies à Bouchain. Le 20, l'ennemi franchit l'Escaut au
pont de la Cimenterie, puis la position est rétablie par une
contre-attaque. Après regroupement dans la, zone de
Marchiennes-Campagne, Warlaing, Erre, la division passe au nord de la
Scarpe, le 21 mai, de Wred à Warlaing. Les 22 et 23, les 2e et 7e R.T.M.
sont réorganisés en bataillons de marche, un régiment d'artillerie a
disparu. Le 24, sur le canal de la Deule, face au sud-ouest, d'Oignies à
Les Baraques. Le 25, contacts à Meurchin et Pont-à-Vendin. Le 26,
franchissement de la Deule par l'ennemi aux ponts de Courrières et
Maudit, prise du faubourg sud de Carvin. L'arrivée d'éléments de la 2e
D.I.N.A. permet de rétablir un front Camphin, Provin, Les Baraques, avec
contre-attaque de la 3e D.L.M. Le 27, des combats se livrent à Don et
Allennes. Le soir, repli sur la Lys. Le 28, coupée en trois tronçons, la
Marocaine se replie vers Lille, combat dans Lille-Canteleu les 29 et 30
mai, puis des débris rejoignent Malo-Terminus, réus- sissent à
s'embarquer, subissent des pertes en mer par bombardements aériens,
séjournent en Angleterre du 2 au 5 juin, sont transportés à Brest,
ébauchent, les 8 et 9, une réorganisation dans la zone Beaumesnil. La
Barre-en-Ouche, y retrouvent les trains régimentaires et les services de
la division évacués du Nord avant l'encerclement. Il reste 4000 hommes
environ de la 1e division marocaine, qui sont sur la Risle, à La
Ferrière et La Neuve-Lyre le 10 juin, remettent sur pied un 1er R.T.M. à
2 bataillons et passent à la 1e division légère nord-africaine.

LES DIVISIONS D'AFRIQUE
82e D.I.A.
Division active, deuxième catégorie.
Commandant
: général Armingaud. Chef d'état-major, commandant Tritschler,
commandant l'infanterie divisionnaire, colonel Roict-Brancaz. Commandant
l'artillerie divisionnaire, colonel Beft. 1er zouaves,
lieutenant-colonel Fromentin, 4e tirailleurs marocains,
lieutenant-colonel Le Sénéchal; 6e tirailleurs algériens, colonel
Martin. L'artillerie comprenait le 66e R.A. d'Afrique et le 266e formé à
Orléans.
La division fut mise sur pied en Afrique du Nord par la
division territoriale d'Oran à partir d'unités provenant d'Algérie et du
Maroc, du 2 au 23 septembre 1939. Rassemblée dans la région d'Oran du
24 au 26 septembre, elle fut embarquée pour Marseille du 25 au 30,
débarquée du 27 septembre au 2 octobre, transportée au camp d'Avord du
1er au 5 octobre et recomplétée sur le type nord-est, concentrée ensuite
dans la région de Pithiviers du 10 au 12 octobre.
Frontière du Nord.
La division fut dirigée sur le secteur de Maubeuge du 19 au 22 octobre,
occupa le secteur du Hainaut, de Wargnies à Elesmes, participa aux
travaux de secteur jusqu'en avril 1940. Relevée par la 1e division
marocaine, elle fut transportée vers la région nord de Lunéville du 4 au
7 avril, puis vers la région de Puttelange et Saint-Jean-de-Rohrbach du
12 au 14.
Front de Lorraine. Du 18 au 25 avril, la 82e D.l. relève
la 14e dans le secteur de Sarre-ouest, P.C. à Hellimer, puis relève
aussi la 87e à l'Est de Sarreguemines. Elle subit une attaque ennemie le
12 mai sur l'ensemble de son front, puis, du 21 au 23, relevée par la
52e D.l., elle se regroupe dans la région de Dieuze, d'où elle est
transportée, du 25 au 27, vers la région au nord de Châlons,
c'est-à-dire vers Auve, Valmy, Gizaucourt, Sainte-Menehould. Les 4 et 5
juin, elle est amenée vers la Montagne de Reims et, le 6, occupe et
organise la coupure de la Vesie, à Rilly-la-Montagne, Avenay,
Condé-sur-Marne. Le 10, elle va tenir, en plus, la ligne Reims,
Mont-Chenot, Bellevue. Une nouvelle position sera organisée sur la route
de Ville-en-Tardenois à Reims et sur le canal de l'Aisne à la Marne.
Bataille
de l'Asne. Le 11 juin, l'ennemi attaque sur tout le front, le flanc
gauche de la division est découvert, elle se replie sur la ligne de
Nanteuil-la-Fosse, Chamery, Mont-Chenot, Rilly-la-Montagne. Le 12, après
des combats à Hautvillers (6e algérien) et Sermiers (1er zouaves),
repli par ordre au sud de la Marne par les ponts de Misseuil et
Tours-sur-Marne. Le 6e algérien, non touché par l'ordre de repli,
continue à Hautvillers.
Retraite. Le 13, la division s'est repliée au
sud des marais de Saint-Gond. Le 14, elle occupe une position au nord,
de Soizy à Bannes. A 7 heures, le général commandant la division et son
état-major sont capturés à Saint-Saturnin. Le colonel commandant le 1er
zouaves prend le commandement. Les blindés ennemis attaquent sur Preuve
et Broussy-le-Petit. A 19 heures, le repli atteint Connantré, Euvy, les
unités commencent à se disperser. Le 15, repli vers l'Aube, par les
ponts de Soulages et Arcis-sur-Aube, puis sur la Seine de Méry et
Troyes. La presque totalité des unités sont capturées entre Aube et
Seine. Dès le 14, la 82e D.l. disparaît en tant que grande unité. Les
débris furent regroupés dans le Cantal.
Avait combattu avec cette
division, le 12 juin, le groupe d'unités d'instruction n° 9,
c'est-à-dire les 21e bataillons des 32e, 107e, 126e R.l.

84e D.I.A.
Division active.
Commandant,
général Ardant du Picq (tué le 8 juin), puis général Goubaux. Chef
d'état-major, lieutenant-colonel Carcasses. Commandant l'infanterie
divisionnaire, colonel Heym. Commandant l'artillerie divisionnaire,
colonel René. 4e régiment de zouaves (qui a remplacé le 9 mars 1940 le
18e sénégalais), colonel Arland; 4e régiment de tirailleurs tunisiens,
colonel Bassères; 8e régiment de tirailleurs tunisiens,
lieutenant-colonel Jourdan.
Cette division avait été constituée à la
fin d'août 1939 et formait l'ossature du groupement sud-tunisien. Elle
occupa la position de Mareth-Toujane, fut relevée par la 85e division en
novembre, et regroupée dans la région de Gafsa. Puis elle fut ramenée
aux environs de Tunis au début du mois de mars 1940. Le 20 mai, elle est
regroupée dans la région Attar-Tebourba en vue de son embarquement à
Bizerte qui se produit entre le 26 et le 30 mai, elle débarque à
Marseille, est dirigée vers la région de Paris, fait mouvement du 6 au 8
juin vers Ecouen, Mantes, Brie-Comte-Robert et tombe en pleine
bataille. Le 6, le général Ardant du Picq est tué à Pontoise au cours
d'un bombardement aérien. La division occupe un secteur ouest de la
défense de Paris, limite à l'est de Poissy et à l'ouest à Senlis, limite
avant le cours de l'Oise. Elle récupère des débris du 54e bataillon de
mitrailleurs, de deux bataillons de garde-côtes, un groupement aux
ordres du lieutenant-colonel Avril comprenant cinq compagnies de
tirailleurs algériens, cinq pelotons de gardes mobiles, deux compagnies
de permissionnaires, etc. Et des éléments isolés des 85e, 24e, 16e, 13e
D.l., 4e D.I.C. Le 10 juin, la division est loin d'être entièrement
regroupée, certains de ses éléments sont encore en cours de transport.
Elle se trouve, en gros, sur le cours de l'Oise et sur la basse Seine,
Le 13, elle a été repliée au nord-est de Rambouillet, vers
Condé-sur-Vesvre, Saint-Forget, puis elle amorcera son repli vers la
Loire le soir du 14. Le 15, elle se trouve dans la région
d'Armenonville, Gailardon, Saint-Symphorien, Ablis.
Le 16 juin, le 4e
tunisien est attaqué par des chars à Ablis ainsi que par des éléments
de civils appartenant sans doute à quelque cinquième colonne, il se
replie mais sera submergé par les blindés à Houville. Le 4e zouaves est
en partie détruit et la division complètement dissociée. Le 17, les
débris sont transportés à Blois, par Amboise et Chaumont-sur-Loire, par
vingt autobus. Il reste 500 hommes du 8e R.T.T., deux compagnies au 4e
zouaves, une compagnie au 4e R.T.T. qui vont se replier sur le Cher
après destruction des ponts de Blois. Le 20, sur le Cher de
Civray-Chenonceaux et à Montrichard, il ne reste plus que 136 officiers
et 750 hommes qui battent en retraite vers l'Indre, protégés par des
chenillettes armées de F. M. et des canons de 25. Le 22 juin, repli sur
la Creuse, de Lesigny à La Roche-Posay. Le 23, sur la Charente, de
Savigny à Charroux, puis sur Angoulême. Le 24 sur la Trouve, puis la
Dordogne de Bergerac. Ces restes de la division seront ramenés en
Tunisie au début de septembre 1940.

85e D.I.A.
Division de formation.
Commandant
: général Wemaëre. Chef d'état-major, commandant Pinson. Commandant
l'infanterie divisionnaire, général Normand. Commandant l'artillerie
divisionnaire, colonel Marti. 3e zouaves, colonel Chartier; 19e
tirailleurs algériens, lieutenant-colonel Richard; 11er tirailleurs
algériens, colonel Doucet.
La division fut constituée à Alger le 30
août 1939 avec, à l'origine, les 3e et 9e zouaves et le 20e tirailleurs
tunisiens, fit mouvement vers le sud-tunisien en septembre, occupa le
secteur Est du Groupement du sud-tunisien en novembre. Elle y fut
remaniée et possédait son effectif normal lorsqu'elle fut regroupée en
Algérie le 24 avril .(Guelma, Souk-Ahras, Mondovi). Embarquée pour
Marseille du 22 mai au 3 juin, elle fut dirigée sur la région de Mantes à
partir du 5 juin (Courgens, Guerville, Soindre, Tilly, Mulcent,
Armenonville, Dammartin).
Front de la Somme. De là, elle fut
transportée dans la région de Beauvais, à La Petite-Landelle, Le
Vauroux, La Houssaye, Saint-Léger, Saint-Paul, Allonne, Marinsel,
Pont-de-Bailleul. Le 7, elle occupait une position à peu près jalonnée
par Auneuil, Saint-Léger-en-Braye, Rainvillers, Beaumont,
Villers-sur-Thère, Grand-Bruneval, Montreuil-en-Thérain. Le 8, elle
participa à une action du 25e C.A., avec la 4e division cuirassée, la
241e division légère, au nord de Beauvais. Ses objectifs étaient
Saint-Omer-en-Chaussée, Blicourt et Rouge-Maison. Cette opération fut
vaine. Le 10, la division se repliait sur l'Oise, de Meulan à
L'Isle-Adam. Le 13, elle était arrivée sur la ligne de l'Yvette en
passant par Louveciennes, Versailles, Bue, Saint-Rémy. Le 14, après la
destruction des ponts du Pecq, les unités des 84e et 85e D.I.A. se
trouvèrent mélangées aux réfugiés et, le 15, lorsque l'ennemi eut pris
Rambouillet, ce fut le repli sur l'Orge. Le soir, des éléments épars de
la division étaient à Dourdan, Les Granges-le-Roi, Blanche-Face,
Saint-Chéron. Le 16, sans ravitaillement, sans liaisons, sans moyens de
transport, les convois ayant été perdus, la division reporte sa ligne de
retraite à Artenay, Patay, Beaugency. Le franchissement de la Loire par
les débris fait constater la perte du 19e tirailleurs, du 3e zouaves,
de la moitié du 11e tirailleurs. Les dernières compagnies de ce dernier
régiment seront enlevées au cours du repli vers Montrichard. Quelques
détachements disparates se retrouveront, le 24 juin, sur la Dordogne.

87e D.I.A.
Division de formation.
Commandant
: général Barbeyrac de Saint- Maurice, puis colonel Martin (25 mai).
Chef d'état-major, commandant Roche. Commandant l'infanterie
divisionnaire, lieutenant-colonel Roux, puis Antelme (18 juin).
Commandant l'artillerie divisionnaire, colonel Horeay, puis
lieutenant-colonel Mathieu (18 juin). 9e Zouaves, lieutenant-colonel
Tasse; 17e tirailleurs algériens, lieutenant-colonel Antelme. puis
colonel Tasse (18 juin); 18e tirailleurs algériens, lieutenant-colonel
Clerc, puis commandant Kaack (18 juin).
Cette division fut mise sur
pied le 2 septembre 1939 à Constantine, Blida, Miliana, Orléansville
(17e R.T.A.), Maison-Carrée, Tizi-Ouzou (18e R.T.A.), Sétif, Bougie,
Guelma. Elle fut concentrée en Tunisie. Elle comprenait à l'origine le
19e tirailleurs algériens qui permuta avec le 9e zouaves, de la 85e
D.l., en octobre 1939.
Au début de novembre, la division fut
embarquée à Bizerte pour Marseille, regroupée dans la région de
Montpellier, Albi, Castelnaudary, puis emmenée vers Arcis-sur-Aube le 27
novembre. Elle y séjourna jusqu'à la fin du mois de février 1940. Elle
fut alors appelée à relever la 7e division coloniale dans le secteur
fortifié de la Sarre. Le 2 mai, elle fut relevée par la 82e D.I.A. et la
52e D.l. et transportée dans la région de Pierrefonds. Le 18, elle fit
mouvement vers l'Ailette et prit des contacts avec l'ennemi au nord de
la rivière, à Verneuil-sous-Coucy et à Coucy-le-Château. Le 1er juin,
son front fut étendu jusqu'à l'Oise.
Bataille de l'Aisne. Le 5 juin,
l'ennemi s'infiltre au sud de Richaumont, s'empare de
Saint-Paul-aux-Bois et de Besmé, puis, le lendemain, progresse entre
l'Ailette et l'Aisne. Le 7, la division a été forcée de se replier au
sud de l'Aisne et combat, le 8, aux lisières nord des forêts de
Villers-Cotterêts, de Montigny-Lengrain. Le 9, les combats se livrent à
Chelles, à la ferme de Pony, à Roye-Saint-Nicolas, à Taillefomaine. Le
10, repli sur la Gergogne, combats à Crépy-en-Valois. Le 11, repli sur Bouillancy, et Vincy-Manœuvre, au
nord-est de Paris. Le 12, passage au sud du Grand-Morin. Le 13, recul
vers Esbly, Montry et le 14, repli au sud de la Seine : Samois,
Veulaines, Avon, Champagne-sur-Seine.
Le 15 juin, l'ennemi est à
Melun. Le 16, ce qui reste de la division se regroupe au carrefour de
l'Obélisque, forêt de Fontainebleau, puis se replie, partie à pied,
partie en camions, vers les Bordes et Bonnée. Le 17, passage de la Loire
à Gien. Le 18, la division est réorganisée avec l'appoint du 19e
bataillon autonome de tirailleurs sénégalais et le 344e R.I., en deux
groupements mixtes. Il reste 14 pièces de 75 et 9 pièces de 155. Les
troupes sont fatiguées mais leur moral est aussi bon que possible. Le
19, le Cher est franchi à Menneton et Méry. Par les coupures de l'Indre,
de la Creuse, de la Vienne, les éléments de la division se retrouvent,
le 24 juin, à Chabanais, Chassanon, Chaillac et Saint-Junien. Les
tirailleurs furent embarqués à Marseille le 7 août 1940.
Jetées dans
la bataille comme des divisions de 1918, sans moyens de transport,
obligées d'accomplir de rudes étapes à pied, ces divisions
nord-africaines ont été sacrifiées sans le moindre profit. Elles étaient
cependant composées d'excellentes troupes et, à peu près toutes
possédaient un armement complet. Mieux orientées, concentrées sur des
positions défensives de campagne, elles auraient pu résister plus
longtemps aux assauts des matériels ennemis qu'elles étaient incapables
de détruire. Elles ont été bousculées, morcelées, capturées par une arme
blindée très mobile, fonçant à travers des colonnes démoralisées,
prises sous le feu de l'aviation, et par des divisions motorisées
couvrant le pays de leurs entreprises de plus en plus hardies. L'armée
française a perdu avec elles quelque 36 régiments qui représentaient le
meilleur de nos unités des troupes d'Afrique.
On sait, par ailleurs,
que le 8e régiment de zouaves, appartenant à la 12e division
d'infanterie motorisée et caserné, en temps de paix, à Mourmelon,
régiment spécialisé dans la motorisation, fut détruit presque en entier
en défendant les avancées de Dunkerque.

L'ARMEE D'AFRIQUE DE L'ARMISTICE
Il
peut être intéressant - il est même très intéressant - de rappeler de
quelle manière furent organisées nos troupes de l'Afrique du Nord après
la convention d'armistice de juin 1940.
Il existait un général
commandant en chef en Afrique du Nord, à Alger et un général commandait
la 19e région, à Alger. Celle-ci comprenait : la division d'Alger, la
division d'Oran, la division de Constantine, et les Territoires du Sud.
Un
général était commandant supérieur des troupes du Maroc, à Rabat. Il
avait sous ses ordres la division de Fes, la division de Meknès, la
division de Casablanca, la division de Marrakech.
Un général était commandant supérieur des troupes de Tunisie.
Voici maintenant comment étaient distribuées les troupes qu'ils commandaient.

DIVISION D'ALGER :
1e
brigade d'infanterie à Alger, comprenant le 1er zouaves (Alger,
Fort-National) et le 13e tirailleurs sénégalais (Alger). 5e brigade
d'infanterie à Blida, comprenant le 1er tirailleurs algériens (Blida,
Cherchell. Dellys) et le 9e tirailleurs algériens (Miliana, Ténès,
Orléansville).
1e brigade de cavalerie à Médéa, comprenant le 1er
spahis algériens (Médéa, Bou-Saada, Teniel et Had, Djelfa, Laghouat) et
le 5e chasseurs d'Afrique (Alger, Maison-Carrée).
65e d'artillerie
(Blida, Aumale, Maison-Carrée), 19e régiment du génie (état-major à
Hussein Dey) à trois bataillons de sapeurs-mineurs et un bataillon de
transmissions, un groupe de chemins de fer. Le 27e escadron du Train
(Alger); deux groupes d'escadrons de la Garde (7e légion).

DIVISION D'ORAN :
2e
brigade d'infanterie à Oran, comprenant le 2e zouaves (Oran), le 2e
tirailleurs algériens (Mostaganem, Oran, Tiaret). 4e brigade
d'infanterie (TIemcen) comprenant le 6e tirailleurs algériens (TIemcen,
Marnia, Nemours) et le 3e bataillon du 1er étranger d'infanterie
(Aïn-Sefra), avec le Dépôt commun des régiments étrangers à
Sidi-bel-Abbès.
2e brigade de cavalerie à Mascara, comprenant le 2e
spaphis algériens (TIemcen, Colomb-Béchar), le 2e chasseurs d'Afrique
(un groupe mécanisé, un groupe porté, un groupe à cheval à Oran), le 9e
chasseurs d'Afrique (deux groupes d'escadrons portés à Mascara).
66e
d'artillerie (Oran), 68e d'artillerie (TIemcen, Sidi-bel-Abbès,
Mascara), le 28e escadron du Train, un groupe d'escadrons de la 7e
légion de la Garde.

DIVISION DE CONSTANTINE :
5e brigade
d'infanterie à Constantine, comprenant le 3e tirailleurs algériens
(Bône, Guelma, Tebessa) et le 15e tirailleurs sénégalais (Philippeville,
Constantine). 7e brigade d'infanterie à Sétif, comprenant le 3e zouaves
(Constantine, Sétif) et le 7e tirailleurs algériens (Sétif, Bougie).
3e
brigade de cavalerie à Batna, comprenant le 3e spahis algériens (Batna,
Biskra) et le 3e chasseurs d'Afrique (Constantine, un groupe
d'escadrons à cheval, un groupe mécanisé).
67e d'artillerie (Constantine, Batna, Sétif), le 25e escadron du Train, deux groupes d'escadrons de la 7e légion de la Garde.

TERRITOIRES DU SUD :
Territoire
des Oasis, groupe des compagnies sahariennes de l'Est : état-major à
Ouargla, compagnie du Hoggar (Djanet), compagnie des Ajjers (Fort
Polignac), compagnie du Tidikelt (In-Salah), compagnie saharienne mixte
et groupe franc (Ouargla), deux batteries sahariennes portées, goum d'EI
Oued (Ouargla, Fort-Flatters, Fort-Saint).
Territoire d'Aïn Sefra,
groupe des compagnies sahariennes de l'Ouest : état-major à
Colomb-Béchar, compagnie de la Saoura (Tindouf), compagnie du Touat
(Adrar), compagnie saharienne portée et groupe franc (Tindouf).
Territoire de Ghardaïa (Laghouat), Territoire de Touggourt (Touggourt).

TUNISIE :
Commandement
supérieur à Tunis, comprenant comme infanterie : 4e zouaves (Tunis, La
Goulette, Bizerte), 4e tirailleurs tunisiens (Sousse, Gabès, Le Kef),
43e d'infanterie coloniale (Bizerte, Menzel-Djemil, Tunis).
4e
chasseurs d'Afrique Tunis (deux groupes d'escadrons à cheval et
mécanisé, Sousse, un groupe d'escadrons à cheval); 4e spahis tunisiens
(Sfax, Médenine).
62e d'artillerie (Tunis, La Manouba, Bizerte), 34e
bataillon du génie (La Goulette), 44e groupe de transmissions (Tunis),
26e escadron du Train (Tunis et Sousse), trois groupes d'escadrons de la
8e légion de la Garde.

DIVISION DE FES :
Infanterie : 4e
tirailleurs marocains (Taza, Boured); 5e tirailleurs marocains (Oudjda,
Guercif) ; 11e tirailleurs algériens (Fes, Ghafsaï), 3e étranger
d'infanterie, 1 bataillon (Fes), 6e tirailleurs sénégalais, un bataillon
(Fes).
1er étranger de cavalerie : un groupe d'escadrons à cheval
(Fes), un groupe de découverte (Oudjda), un groupe A.M. et porté
(Guercif, en réalité Meknès).
63e régiment d'artillerie, montagne et
auto (Fes, Taza, Oudjda, Ouezzane); 41e bataillon de télégraphistes
(Fes), 33e escadron du Train, trois groupes d'escadrons de la 9e légion
de la Garde.

DIVISION DE MEKNÈS :
Infanterie : 7e tirailleurs
marocains (Meknès, Mideit); 8e tirailleurs marocains (Meknès, Ouezzan) ;
3e étranger d'infanterie, trois bataillons (El Hajeb, Meknès,
Khenifra).
3e régiment de spahis marocains (Meknès); 10e groupe d'escadrons portés de chasseurs d'Afrique (Meknès).
64e
d'artillerie (Meknès, Kasbah-TadIa) ; 31e bataillon du génie et 41e de
télégraphistes (Meknès); 33e escadron du Train, un groupe d'escadrons de
la 9e légion de la Garde.

DIVISION DE CASABLANCA :
Infanterie
: 1er tirailleurs marocains (Port- Lyautey, Souk el Arba) ; 6e
tirailleurs marocains (Casablanca, Kasbah Tadla, Mediouna); régiment
d'infanterie coloniale du Maroc (Rabat, Casablanca, Mazagan) ; 6e
tirailleurs sénégalais, état-major et un bataillon (Casablanca).
1er
chasseurs d'Afrique (Rabat, un groupe d'escadrons de reconnaissance,
Rabat, deux groupes mixtes, portés et chars, Rabat et Casablanca) : 3e
spahis marocains (un groupe d'escadrons, Rabat).
Régiment
d'artillerie coloniale du Maroc (Casablanca), 31e bataillon du génie
(Port- Lyautey), 41e télégraphistes (Casablanca); 32e escadron du Train,
deux groupes d'escadrons de la 9e légion de la Garde.

TROUPES REVENUES DU LEVANT :
6e
étranger d'infanterie (Sidi-bel-Abbès, Le Kreider, Féryville) ;
Demi-brigade algérienne (3e bataillon du 29e et bataillons du 22e à
Koléa, Laghouat, Orléansville) ; 16e tirailleurs tunisiens
(Philippeville et Bône) ; 6e groupe autonome de chasseurs d'Afrique (un
groupe porté, Maison- Carrée); 2e régiment de marche de spahis (Batna,
Biskra), groupe autonome d'artillerie métropolitaine du Levant
(Constantine), 43e groupe de transmissions (Hussein-Dey), 29e escadron
du Train (Constantine).
5e bataillon du 1er tirailleurs marocains
(Port- Lyautey), 33e bataillon du génie (Port-Lyautey); régiment
d'artillerie coloniale du Levant (Casablanca et Marrakech); 1er régiment
de spahis marocains (Meknès).

Les Forces Françaises Libres,
principalement formées d'éléments coloniaux et de Légion étrangère,
comprennent un bataillon de tirailleurs algériens (22e) et un régiment
de marche de spahis marocains.
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le marocain
J'ecris peu mais je lis tout
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:23

LES TROUPES D AFRIQUE DANS LA GUERRE DE 39/45









En 1939, avant la mobilisation, la situation des troupes d'Afrique est la suivante :
1° Quatre divisions et quelques unités supplémentaires sont stationnées en France métropolitaine :
-
1e division nord-africaine : Lyon (27e tirailleurs algériens, Avignon;
28e tirailleurs tunisiens, Montélimar; 5e tirailleurs marocains, Bourg.

-
2e division nord-africaine : Toul (13e tirailleurs algériens, Metz; 22e
tirailleurs algériens, Toul; 6e tirailleurs marocains, Verdun).

- 3e
division nord-africaine : Poitiers (14e tirailleurs algériens,
Châteauroux; 15e tirailleurs algériens, Périgueux; 24e tirailleurs
tunisiens, La Roche-sur-Yon).

- 4e division nord-africaine : Epinal
(21er tirailleurs algériens, Epinal; 23e tirailleurs algériens, Morhange
; 25e tirailleurs algériens, Sarrebourg).

Le 8e zouaves appartient à
la 12e division d'infanterie motorisée, il est stationné à Mourmelon ;
le 8e tirailleurs marocains appartient à la 13e division d'infanterie,
il est à Belfort; le 3e tirailleurs marocains appartient à la 43e
division d'infanterie, il est à Saint-Dié.

En Corse, on trouve le 4e bataillon du 7e tirailleurs marocains.
2° En Afrique du Nord, le 19e corps d'armée est ainsi composé :
-
Division d'Alger : 1er brigade d'infanterie algérienne, Alger (9e
zouaves, Alger, Aumale, Fort-National. 13e tirailleurs sénégalais,
Alger, Koléa, Orléansville). 5e brigade d'infanterie algérienne, Blida.
(1er tirailleurs algériens, Blida, Cherchell, Laghouat. 5e tirailleurs
algériens, Maison-Carrée, Alger, Dellys. 9e tirailleurs algériens,
Miliana, Koléa, Ténes).

- Division d'Oran : 2e brigade d'infanterie
algérienne, Oran (2e zouaves, Oran, Nemours; 13e tirailleurs sénégalais,
un bataillon à Oran; 1er étranger). 4e brigade d'infanterie algérienne,
TIemcen (2e tirailleurs algériens, Mostaganem, Tiaret, Mascara ; 6e
tirailleurs algériens, TIemcem, Oran, Marnia).

- Division de
Constantine : 3e brigade d'infanterie algérienne, Constantine (3e
zouaves, Constantine, Philippeville, Sétif. 15e tirailleurs sénégalais,
Philippeville, Djidjelli, Biskra). 7e brigade d'infanterie algérienne,
Constantine (3e tirailleurs algériens, Bône, Souk-Ahras; 7e tirailleurs
algériens, Constantine, Guelma, Batna, 11e tirailleurs algériens, Sétif,
Bougie).

3° En Tunisie :
- Division de Tunis (4e zouaves, Tunis,
la Goulette, le Kef; 4e tirailleurs tunisiens, Sousse; Kairouan, camp de
Servière, Ben Gardane; 8e tirailleurs tunisiens, Bozerte, Aïn-Draham,
Mareth).

- Division de Sousse (5e, 10e, 18e tirailleurs sénégalais. 1er bataillon d'infanterie légère d'Afrique, Tatahouine, Gabès).
4° Au Maroc :
-
1er zouaves, Casablanca; 1er tirailleurs marocains, Meknès et
Port-Lyautey. 2e tirailleurs marocains, Marrakech, Mogador, Safi,
Agadir; 4e tirailleurs marocains, Taza, Oudjda, Boured; 7e tirailleurs
marocains, Meknès, Midelt. Les 4e bataillons des 2e et 3e tirailleurs
algériens sont à Fès; le 4e bataillon du 9e tirailleurs algériens à
Rhafsaï.

5° Au Levant :
- 16e régiment de tirailleurs tunisiens, à
Soueïda ; 4e bataillon du 6e tirailleurs algériens à Alep; 4e bataillon
du 1er tirailleurs marocains, à Damas.

Soit, en tout : 6 régiments
de zouaves; 16 régiments de tirailleurs algériens; 5 régiments de
tirailleurs tunisiens; 8 régiments de tirailleurs marocains; 1 bataillon
d'infanterie légère. Notons que la plupart des régiments de tirailleurs
sont à quatre bataillons, sauf ceux de la métropole, mais tous les
régiments marocains (????).


ELEMENTS MOBILISES
La mobilisation va aboutir à la mise sur pied d'une quantité de divisions actives et de formation.
Dans la métropole seront constituées trois divisions de formation, les 5e, 6e et 7e divisions nord-africaines.
L'Afrique du Nord met sur pied :
Des
divisions de première catégorie : la 1e division marocaine (1er, 2e et
7e R.T.M.) dirigée sur la métropole. La 81e division (d'abord composée
des 1er, 5e et 9e R.T.A., ancienne 5e brigade d'infanterie algérienne de
la division d'Alger, qui restera en Afrique du Nord, sur la position de
Mareth, et où le 5e R.T.A., passé à la 180e D.l. sera remplacé par le
218e R.I., formé en France). La 82e division (1er zouaves, 4e
tirailleurs marocains, 6e tirailleurs algériens) dirigée sur la
métropole, la 83e division (d'abord composée des 3e, 7e et 11e
tirailleurs algériens, ancienne 7e brigade de la division de
Constantine), demeurée en Afrique du Nord (le 11e tirailleurs algériens
sera remplacé par le 344e R.I.).

Des divisions de deuxième catégorie :
état-major du 19e corps, 84e division (4e zouaves, 4e et 8e tirailleurs
tunisiens, ancienne division de Tunis) qui sera dirigée sur la
métropole. La 85e division (3e zouaves, 11e et 19e tirailleurs
algériens) d'abord dirigée sur la position de Mareth, puis sur la
métropole. La 86e division (1er et 2e zouaves, 29e tirailleurs
algériens) dirigée sur le Levant.

Des divisions de troisième
catégorie : état-major du corps d'armée de Tunisie, état-major du
commandement des troupes du Maroc. 2e division marocaine (division de
protection, 2e et 4e étrangers, 3e sénégalais, demeurée en Afrique du
Nord). 3e division du Maroc (3e étrangers, 21e zouaves, 6e sénégalais,
demeurée en Afrique du Nord, dissoute prématurément). 87e division (9e
zouaves, 17e et 18e tirailleurs algériens, dirigée sur la métropole).
88e division (division de protection, ancienne division de Sousse,
remaniée 10e et 18e sénégalais, 257e R.I., demeurée en Afrique du Nord).
181e division (division de protection, 29e zouaves, 13e sénégalais, 11e
sénégalais, demeurée en Afrique du Nord). 182e division (division de
protection, 1er étrangers, 22e zouaves qui passera à la 180e D.l. et
sera remplacée par le IV/13e sénégalais, et deux bataillons sénégalais
d'Afrique occidentale, demeurée en Afrique du Nord), la 183e division
(division de protection, 23e zouaves, 15e tirailleurs sénégalais, un
bataillon de marche sénégalais, demeurée en Afrique du Nord).

On
formera encore une 180e division, souvent remaniée et qui comprendra, en
fin d'opérations le 22e zouaves prélevé sur la 182e, les 5e et 23e
tirailleurs algériens et demeurera en Afrique du Nord. Une division du
Mareth, de forteresse, avec le 32e tirailleurs tunisiens, le 35e
tirailleurs algériens, le 5e tirailleurs sénégalais, les 1er et 12e
bataillons d'infanterie légère d'Afrique et un bataillon du 1er
étrangers.

Le 10e tirailleurs marocains, le 20e tirailleurs
tunisiens, le 31er tirailleurs algériens seront dirigés sur la métropole
pour former la 7e division d'infanterie nord-africaine.

Le 20e tirailleurs tunisiens, crée en mars 1940, sera dirigé sur le Levant.
On
notera encore que la 2e division marocaine, citée parmi les divisions
de troisième catégorie ci-dessus, sera, à un certain moment, très
fortement constituée avec les 2e et 4e étrangers d'infanterie, quatre
bataillons du 3e sénégalais, le bataillon autonome d'infanterie
coloniale, les 4e bataillons des 6e sénégalais, 1er, 2e, 4e et 7e
tirailleurs marocains, les 218e et 323e R.I. de la métropole, soit un
petit corps d'armée à deux divisions, comportant au surplus le 1er
chasseurs d'Afrique et le 1er étrangers de cavalerie et le régiment
d'artillerie coloniale du Maroc.

Le corps des zouaves a formé trois régiments en Afrique : 21e, 22e, 29e.
Les
tirailleurs ont formé le 12e tunisiens, les 17e, 18e, 19e algériens, le
20e tunisiens, les 29e, 31e algériens, le 32e tunisiens, les 33e et 35e
algériens, créés jusqu'en mars 1940.

Nous ne nous occuperons, dans
cette brève étude, que des divisions ayant combattu en France, du mois
de septembre 1939 à juin 1940, et nous les séparerons en deux tranches :
les divisions d'infanterie nord africaines (D.I.N.A.), les divisions
d'infanterie d'Afrique (D.I.A.).


LES D. I. N. A.
1er D.I.N.A.
Division active, type nord-est.
Commandant
: général Libaud, puis général Tarrit (15 janvier 1940). Chef
d'état-major, lieutenant-colonel Marmillot. Commandant l'infanterie
divisionnaire, colonel de Juvigny. Commandant l'artillerie
divisionnaire, général Donnio. 5e régiment de tirailleurs marocains,
colonel Jacob; 27e régiment de tirailleurs algériens, lieutenant-colonel
Roudil; 28e régiment de tirailleurs tunisiens, colonel de La
Minardière, puis lieutenant-colonel Trabila, à partir du 1er février
1940, tué le 20 mai 1940. L'artillerie était composée des 54e et 254e
R.A. G.R.D.I. 91.

Mobilisé dans la XIVe région avec P.C. à Lyon en
septembre 1939, cette division fut portée à la frontière des Alpes
jusque vers la fin du mois de septembre, puis fut dirigée sur la IIe
armée, avec P.C. à Triaucourt-en-Argonne le 25 septembre, et employée à
divers travaux. Les P.C. successifs de la division ont été Verdun (11
octobre), Spincourt (17 octobre), Jarny (8 novembre), Butrange (22
novembre). Sur le front de Lorraine à partir du 24 novembre, elle
accomplit des travaux sur la position fortifiée Stromberg, Apach.
Regroupée dans la région de Villers-Cotterets à la fin décembre, elle
est placée en réserve de G.Q.G. avec P.C. à la Ferté-Milon.

Bataille
de la Meuse : à partir du 13 mai, la 1er D.I.N.A. est transportée vers
la région de Valenciennes, mais de nombreux retards se produisent dans
l'acheminement des trains. En fait, elle sera dissociée à partir du 15,
combattant par détachements isolés vers Trelon, Ohain, Anor et son bois,
et entre Glageon et Féron. Le 16 mai, la division se trouve séparée en
quatre fractions par suite des attaques des blindés allemands sur l'Axe
SoIre-le-Château, Avesnes, Landrecies : A Valenciennes, 3 bataillons
sont en cours de débarquement; dans la forêt de Mormal, l'artillerie ;
en retraite vers le Nord, le quartier général et les services; dans la
région de Trelon, le reste de l'infanterie. Le 17, a lieu un repli vers
Fourmies, Rocquigny, le bois d'Andigny, Etroeungt, et des détachements
entiers sont capturés. Le 18, une fraction comprenant un bataillon et
demi du 27e algériens, un bataillon du 28e tunisien et un bataillon du
5e marocain, sous les ordres du colonel Roudil, défend le Quesnoy. Deux
bataillons du 28e et un bataillon du 27e défendent le bois d'Antigny. Le
Quesnoy ne se rendra que le 21 mai, à 13 heures. Deux groupes
d'artillerie participent à la défense de Béthune (II/54 et Vl/254). Le
22, le général Tarrit regroupe les débris de sa division auxquels se
joignent deux bataillons du 512e régiment de travailleurs, deux
bataillons du 401e régiment de pionniers, trois compagnies du 9e
bataillon de chars (R 35) et deux du 22e bataillon (R 35 également). Le
groupement tient Béthune et le passage du canal de l'Aire à la Bassée,
entre Cuinchy et Robecq. Le 23, les défenseurs de Béthune se replient
derrière le canal : le Hamel, Cornet-Malo. Le 27 ils tiennent une tête
de pont à Estaires, le 28, se replient au nord de la Lys. Du 29 mai au 2
juin, ont lieu des embarquements à Dunkerque, Malo, Bray-Dunes.


1e DIVISION LEGERE N.A.
Avec
les débris de quelques D.I.N.A. on reformera une division légère sous
le commandement du général Tarrit, chef d'état-major capitaine Serny.
Elle sera composée du 1er tirailleurs marocains à deux bataillons,
commandant Flamant; du 27e tirailleurs algériens, à deux bataillons,
commandant Adam; avec deux groupes du 54e R.A. et deux escadrons à pied
du 95e G.R.D.I. Ces éléments ont été constitués avec les rescapés de la
1e division marocaine et des 1er, 2e, 4e et 5e D.I.N.A., en Normandie,
région de Bernay le 9 juin. Le 10, la petite division fera mouvement
vers Argentan. Le 16, elle essaiera de défendre les passages de la Dives
à Jort, Coulibœuf. Le 17, elle se repliera sur l'Orna, combattant à
Ecouché, La Lande, les Yveteaux, Fromontel, et, dans la soirée, se
repliera vers le sud-ouest. Le P.C. arrière et les restes de la division
seront capturés le 18 à Ambrières. Le P.C. avant pourra s'embarquer à
Quiberon le 20 juin.

De la 1e D.L.I.N.A. personne, pour ainsi dire, n'est revenu.

2e D.I.N.A.
Division active, type nord-est.
Commandant
: général Lescanne, puis général Dame à partir du 1er janvier 1940,
fait prisonnier le 31 mai, mort en captivité. Chef d'état-major,
lieutenant-colonel Legrez. Commandant l'infanterie divisionnaire,
colonel Simon. Commandant l'artillerie divisionnaire, colonel Bignon.
13e tirailleurs algériens, colonel Sevez; 22e tirailleurs algériens,
colonel Dubo. 11e zouaves, lieutenant-colonel Bousquet. Le 6e
tirailleurs marocains qui faisait partie de la division au moment de la
mobilisation fut remplacé vers la fin octobre par le 11e zouaves,
régiment de formation. L'artillerie était composée du 40e R.A. et du
240e R.A. G.R.D.I. 92.

Mobilisée dans la VIe région, avec P.C. à
Mangiennes le 22 août 1939, elle quitta ses garnisons le 23 pour le
secteur de Marville, avec détachements avancés à Longwy. Regroupée dans
la région sud-est de Longuyon le 6 septembre, elle fut dirigée vers le
secteur fortifié de Boulay, région sud de Bouzonville et occupa la
position de Remeldorf à Leidingen. Elle passa en réserve de groupe
d'armées le 10 novembre dans la région Est de Pont-à-Mousson, puis fut
transportée vers Valenciennes le 18 décembre, à la disposition de la 1e
armée, 3e corps.

Bataille de la Dyle. Le 10 mai, la division franchit
la frontière belge, à pied au nord-est de Mortagne-du-Nord et de
Condé-sur-Escaut. Le 11, elle stationne dans la région Braffe,
Grandglise, Peruwelz. Deux bataillons avec la. 601e batterie antichars
automobile sont transportés en camions sur la Dyle (colonel Simon) et
parviennent le 11, à 18 heures, sur la route Wavre-Gembloux avec les
éléments motorisés du G.R. Le 12 mai, un tiers de la division occupe un
secteur en liaison à Wavre avec la 2e division britannique, et, au sud,
avec la 1e division marocaine, à la ferme la Grange-à-la-Dîme, au nord
de Mont-Saint-Guibert. La 653e batterie AC est au pont d'Attignies. Un
deuxième tiers de la division arrive dans la soirée, en camions. Le
reliquat ne rejoindra que le 13 au soir. Deux bataillons sont aux avant-
postes, route Wavre-Corbais, trois sur la P.R., c'est-à-dire sur la
Dyle de Wavre à Ottignies, puis voie ferrée jusqu'à l'est de
Court-Saint-Etienne. Le 15, la position est attaquée, Ottignies perdu.
Limai et Limelette abandonnés dans l'après-midi. A 22 heures, repli sur
la ligne Rixensart, Renipont, Chapelle-Saint-Lambert, cote 139. Le 16,
nouveau repli sur la ligne Joli-Bois, Vert-Coucou, Braine l'Alleud, les
Culots. On est sur le champ de bataille de Waterloo. Le soir, passage
derrière le canal de Charleroi par les ponts de Tubize et de
Virginal-Sammes. Le 17, repli derrière la Dendre, face à l'est, de Ath à
Chièvres. A 22 heures, parvient l'ordre de se retirer derrière
l'Escaut, de nuit, par les ponts de Mortagne et de Bléharis. Le 20,
après un regroupement effectué la veille, la division occupe une
position sur l'Escaut de Maulde, Rumegies, Château l'Abbaye, Nivelles,
Saint-Amand-les-Eaux, en liaison à Bléharies avec la 48e division
britannique, au sud avec la marocaine. Le 24, elle est relevée par des
éléments de la 101e D.I.F. en vue d'une contre-attaque sur l'axe
Cambrai-Bapaume en liaison avec les 5e D.I.N.A., 5e et 50e D.I.
britanniques, mais cette opération n'aura pas lieu. Regroupée vers
Flines-les-Râches, la division est dirigée sur Mons-en-Pevèle en vue de
s'opposer au débouché allemand sur Carvin, Seclin et Lille. Le 27, elle
occupe défensivement une ligne Oignies, Camphin, se replie le soir
derrière la Lys. Les ponts de Don et Bac-à-Wavrin étant détruits, elle
est dirigée sur Haubourdin où elle se regroupe le 28 mai. L'ennemi tient
les ponts de Santes et de Haubourdin, la division est encerclée, elle
défend Haubourdin, puis repli sur Dunkerque par Bailleul de
l'état-major, quartier général, deux bataillons du 22e algériens et
divers détachements isolés. Le 29, des débris aux ordres du colonel
Sevez se regroupent au camp du Perroquet, sud-ouest de La Panne. La
division a été capturée en grande partie à Haubourdin. Des petits
détachements de toutes les unités s'embarqueront à Malo le 30 mai,
gagneront après un passage en Angleterre la région de Bernay, seront
affectés à divers corps, puis capturés près de Falaise le 18 juin.


3e D.I.N.A.
Division active, type nord-est.
Commandant
: général Chapouilly, puis général Mast le 23 mai. Chef d'état-major,
colonel Rivaud; commandant l'infanterie divisionnaire, général Tarrit,
commandant l'artillerie divisionnaire, colonel Longépée. 14e tirailleurs
algériens, colonel Renaud, puis lieutenant-colonel Bosviel; 13e
tirailleurs algériens, colonel Deligne, puis colonel Buisson (10
septembre 1939), puis commandant de Montillot (14 mai 1940). 24e
tirailleurs tunisiens, colonel Oger. Ce régiment est remplacé à la
division par le 12e zouaves, unité de formation, le 11 octobre 1939,
colonel Tissané. L'artillerie comprend les 20e et 220e R.A.N.A. 93e G.R.

Rassemblée
dans la région de Sedan le 23 août, avec P.C. à Banut-en-Argonne, la
division est en couverture dans les secteurs de Mouzon (IIe armée). Du
12 au 14 septembre, elle est regroupée dans la région d'Etain, occupe
ensuite un secteur à l'ouest de la Nied (Launstroff-Colmen). En avril,
elle relèvera la 71e D.l. métropolitaine dans le secteur de Mouzon, de
Petit-Remilly et la Besace, à gauche, à Villy-Inor à droite.

Bataille
de la Meuse. Le 12 mai, le 3e D.I.N.A. recueille la cavalerie qui a
mené une action retardatrice, les ponts de la Chiers sont détruits, le
3e bataillon du 12e zouaves est très éprouvé. Dans la nuit du 12 au 13,
la 71e D.l. occupe un créneau du secteur vers Amblimont. Le 13, l'ennemi
arrive sur la rive droite de la Chiers, puis à Carignan. La 55e D.l.
est enfoncée dans le secteur de Sedan et la 71e reflue. La D.I.N.A.
établit Un dispositif sur le ruisseau d'Yoncq face au nord-ouest. Le 14,
l'ennemi franchit la Chiers au sud de Tetaigne, la division se replie
dans la nuit sur la bretelle d'Inor-Maladry. Le 15, elle occupe une
position à Pouilly (liaison avec la 1e coloniale), ferme Soiry, côte de
la Vigne au nord de Malandry (liaison avec la 3e coloniale). A midi, les
Allemands sont à Inor qui ne pourra être repris. La côte de la Vigne
sera également perdue. Les éléments de la 3e D.I.N.A. combattent
mélangés avec ceux de la 6e D.l. (36e, 74e, 119e R.I.) et de la 41e D.l.
(103e). On se bat dans le bois d'Inor, aux cotes 311 et 226, vers Olizy
et Maladry. Le 20, Inor est enfin réoccupé après avoir été l'enjeu de
nombreux combats. Dans la nuit du 21 au 22, la 3e D.I.N.A. est relevée
par la 6e D.I.N.A., elle va se regrouper dans la région Murvaux,
Brandeville, Haraumont. Elle a subi des pertes variant entre 700 et 900
hommes par régiment. Dans la nuit du 23 au 24 mai, elle fait mouvement
sur la rive gauche de la Meuse, en réserve de C.A., à l'Est de Buzancy,
est partiellement recomplétée par le C.I.D. et des renforts, venus des
dépôts, revient le 29 sur la rive droite de la Meuse, région de
Haraumont, relève la 41e D.l. dans le secteur de Marville, tient un
front de Velosnes à Longuyon. Le 11 juin, elle est regroupée au sud de
la forêt de la Woëvre et bat en retraite à partir du 12, pour arriver
sur une ligne Vitry-le-François, Villers-le-Sec, Charment,
Villers-en-Argonne, Sainte-Menehould, formant des barrages par bouchons
antichars. Le 13, la prise de contact s'opère sur le front de Chanzy,
Rosay, Vernancourt, Charmont, le 2e bataillon du 12e zouaves, surpris,
est détruit, le 3e bataillon du régiment organise la défense de
Heiltz-le-Maurupt. L'ennemi a atteint Vitry-le-François, on se bat à
Charmont et Villers-le-Sec, Heiltz est pris à 17 heures, le canal est
franchi par les Allemands à Etropey, Pertes et Saint-Dizier sont
occupés. Les unités du secteur Nord (deux bataillons du 14e algériens,
un bataillon de zouaves) sont séparés du reste de la division. Le 14, le
15e algériens, un bataillon du 14e et un bataillon de zouaves se
replient sur la ligne de la Saulx. Le 15, il reste 1200 hommes
d'infanterie dont 1000 du 15e algériens, et seulement 50 zouaves. Après
une semaine de combats en retraite (Lamarche, Vittel-Surianville,
Thorey, Chaouilley, Gugney), les restes de la 3e D.I.N.A. seront
capturés dans la région de Vaudémont.


4e D.I.N.A.
Division active, type nord-est.
Commandant
: général Sancelme (fait prisonnier). Chef d'état-major,
lieutenant-colonel Pots; commandant l'infanterie divisionnaire, colonel
Bernard; commandant l'artillerie divisionnaire, colonel Coignerai. 21e
tirailleurs algériens, colonel Louvet. Ce régiment quittera la division
le 31 octobre et sera remplacé par le 7e R.I., puis par le 13e zouaves
le 26 février 1940, lieutenant-colonel Pothuau; 23e tirailleurs
algériens, colonel Machin; 25e tirailleurs algériens, colonel
Biserschere.

Mise sur pied dans la XXe région, P.C. à Grostenquin,
occupe des positions de couverture dans la région Grostenquin,
Francaltroff, Hazembourg, en réserve de la IVe armée. Le 4 septembre,
installation d'un point d'appui à l'observatoire de Spicheren, puis
mouvement offensif, le 9, vers le ravin de Saint-Arnual, occupation de
la Petite et de la Grande-Rosselle, prise de Schoenbach le 10. Le 25, la
division est aux avancées de Forbach, sur la ligne d'arrêt Marienas,
cote 371, lisière nord-est des bois route d'Alsting à
Grossbliederstroff. En novembre, regroupement dans la région de Nancy,
puis transport par voie ferrée vers La Capelle-Fourmies, Aubenton.

Bataille
de la Meuse. Le 13, la division fait mouvement vers le front de la IXe
armée et stationne en fin de journée du 14 dans la région
Flavion-Anthée-bois de Rosay (25e R.T.A.), Biert-l'Abbé, Ermeton,
Bois-l'Evêque (23e R.T.A.), bois de Daussois (13e zouaves). Elle est
chargée d'établir un barrage à hauteur d'Anthée pour interdire la route
de Philippeville. Le 15, elle est écartelée par les attaques des blindés
allemands sur les axes de Tosée, Florennes, Philippeville, et se
replie. Elle défenddra Baumont et aura des éléments, le soir, vers
Trelon et Mondrepuis, d'autres vers Marienbourg, Froidchapelle.
L'artillerie divisionnaire est désorganisée. Le 16, les unités sont
fractionnées au cours des replis, certaines sont capturées. Le 17, la
dispersion est à son comble, de nombreux détachements tombent aux mains
de l'ennemi à Clairfontaine, dans la forêt de Nouvion, à Mondrepuis et
Trelon. Le 18, des compagnies reformées du 23e algérien et du 13e
zouaves défendent Wassigny, les ponts de Hanappes, Tupigny. Le 19, ce
qui reste des zouaves est capturé vers Walincourt, le 20, les derniers
débris sont faits prisonniers à Marcoing. 400 zouaves rescapés seront
dirigés vers La Courtine.


5e D.I.N.A.
Division de formation, série A, type nord-est.
Commandant
: général Vieillard, puis général Agliany (19 avril 1940), puis colonel
Mesny (16 mai 1940). Chef d'état-major, lieutenant-colonel Putinier,
puis lieutenant-colonel de Gournay. Commandant l'infanterie
divisionnaire colonel Mesny, puis colonel Oger (16 mai). Commandant
l'artillerie divisionnaire, colonel Guillemet.

Mobilisée dans la XIVe
région (Lyon, Belley), et dans la XVe (Toulon-Nîmes) avec P.C. à
Valence du 2 au 8 septembre, elle fut d'abord constituée avec les 11e,
12e et 14e régiments de zouaves. En octobre 1939, le 11er fut rem- placé
par le 6e tirailleurs marocains, lieutenant-colonel Marioge, puis
commandant Thomas (20 mai); et le 12e fut remplacé par le 24e
tirailleurs tunisiens, colonel Oger, puis commandant Guillebaud (16
mai).

La division fut rassemblée dans la zone de Pont-à-Mousson (IIIe
armée, 6e C.A.), puis amenée à pied dans la région de Boulay du 13 au
15 septembre. Le 4 octobre, elle releva la 42e D.l. dans le secteur de
Narbefontaine. Elle en fut retirée du 30 novembre au 3 décembre,
embarquée à Pont-à-Mousson (VF) et transportée dans la région
Saint-Quentin, Péronne (1e armée, 5e C.A.). Le 6 janvier 1940, elle
releva la 12e division d'infanterie motorisée au nord-est d'Avesnes,
secteur du S.F. Maubeuge, en liaison au nord avec la 1e division
marocaine, au sud avec la 4e D.I.N.A.

Bataille de la Dyle. Le 10 mai,
la division fit mouvement sur l'itinéraire Berelles, Cousoire, Thuin,
Charleroi, Temploux. Le 12, elle stationna au sud-ouest de Charleroi. Le
24e tunisien fut enlevé par camions et débarqué à 19 h au nord ouest de
Namur, afin d'occuper la P.R. entre Emines et Cognelée. Le 13, le
deuxième tiers de la division rejoignait, le P.C. s'installait à
Florennes. Le 14, la division occupait la P.R. en liaison avec
l'infanterie belge, le 6e marocain était sur le ruisseau d'Houyoux,
tenant les ponts sur la Meuse de Namur à Wepier. Le 15, attaquée par les
blindés ennemis, la division se replia sur le ruisseau d'Houyoux et la
voie ferrée Namur-Bruxelles, puis, dans la nuit, vers la région de
Charleroi. Le 16, après destruction des ponts de la Sambre, elle fut
regroupée à l'est de Charleroi. Un détachement commandé par le colonel
Marioge et comprenant principalement le 6e marocains fut replié sur
Chatelet, puis sur Avesnes, en plein dans la retraite des éléments de la
5e division d'infanterie motorisée qui refluait du secteur de gauche de
la Meuse. Le 17, la division s'installait sur le canal de Charleroi, et
parvenait, à la nuit, dans la région au sud-est d'Aulnois, à 10
kilomètres au nord de Bavai, avec des éléments à Boussois. Sa mission
consistait à interdire le débouché de l'ennemi au nord de Maubeuge, et
entre Maubeuge et Boussois. Le 18, elle occupait la position de La
Trouille, entre Givry et le bois de Rouveroy. Le 6e R.T.M. livrait des
combats à Boussois et Assevent.

Bataille du Nord. Le 20 mai, la
division est encerclée dans la forêt de Mormal par des formations
blindées ennemies, elle essaie de s'échapper dans la direction de
Denain. Le 21, des accrochages se produisent vers Englefontaine,
Bermerain, Saint-Martin. L'Escaut est franchi, avec pertes, vers 16
heures. Le détachement Marioge est fait prisonnier à Boussois et
Assevent. Le 22, après un essai de regroupement, c'est le repli au
sud-est de Douai, puis, le 24 sur le canal de la Sensée entre Arleux et
le nord de Douai. Le 26, nouveau repli vers Phalempin et Wahagnies, à
partir de 20 heures. Le 27, vers Haubourdin, ordre donné de brûler les
drapeaux. Le 28, les éléments ayant réussi à franchir la Deule vont se
regrouper à Brây-Dunes. D'autres ont été encerclés à Lille avec le
groupement Molinié.

Réussiront à s'embarquer seulement 250 hommes du
G.R., 700 artilleurs qui, par la suite, seront capturés à Rennes ou à
Lorient. Toute l'infanterie de la division a été mise hors de combat ou
faite prisonnière.


6e D.I.N.A.
Division de formation, série A,
type nord-est. Commandant : général de Verdilhac. Chef d'état-major,
commandant Voyron, puis commandant Potier (30 mai). Commandant
l'infanterie divisionnaire, colonel François, puis colonel Robert (5
juin). Commandant l'artillerie divisionnaire, colonel Arnaud, puis
colonel Tenot (28 février).

Constituée au début de novembre dans la
région Chaumont-Porcien, Château-Porcien, Montcornet, la division
comprend le 9e tirailleurs marocains, colonel Lançon; le 21e tirailleurs
algériens, colonel Louvet, puis colonel Thouvenin (2 5 décembre 1939);
le 11e étranger d'infanterie, colonel Robert, puis commandant Clément (4
juin).

Amenée dans le secteur de Burtoncourt, en Lorraine (IIIe
armée), en mars, la division est regroupée en mai au sud de Metz et se
trouve, le 20, dans les bois au sud de Nepvant (IIe armée, 18e C.A.). Le
21, elle occupe un secteur Stenay, Olizy-sur-Chiers, avec P.C. à
Baâlon, en liaison avec la 1e coloniale à gauche, et la 3e coloniale à
droite. Des combats se livrent, la position tient. Le 8 juin, le front
est étendu vers l'est avec occupation de La Ferté-sur-Chiers jusqu'à la
colline de Saint-Valfroy. Puis c'est le repli qui atteint, le 13 juin,
la ligne Vacherauville-Douaumont. Le 17, la division se trouvera dans la
région de Vaucouleurs et de Blénod-les-Toul. Le 19, elle est sur la
ligne Charmes-la-Côte, Blénod, Bulligny, essayant de résister aux
infiltrations ennemies. Le 20, le repli atteint la lisière ouest du bois
d'Ochey, Crézilles, Moutrot. Le 21, la division - ce qu'il en reste -
est encerclée, elle est comprise dans la capitulation du groupement
Dubuisson. Les derniers éléments sont capturés le 23 dans la région
d'Ochey.


7e D.I.N.A.
Division de formation, type nord-est.
Commandant
: général Barré. Chef d'état-major, commandant Donin de Rosières.
Commandant l'infanterie divisionnaire, colonel Pfister. Commandant
l'artillerie divisionnaire, colonel Revers.

Mise sur pied en Afrique
du Nord, elle se compose du 10e tirailleurs marocains,
lieutenant-colonel Brial, puis commandant Jaggli (11 juin); 20e
tirailleurs tunisiens, lieutenant-colonel Tribot-Lespierre ; 31e
tirailleurs algériens, lieutenant-colonel Doucet. Le 3e bataillon du 10e
marocain est l'ancien 4e bataillon du 7e en Corse.

La division est
rassemblée au camp de Valdahon du 16 mars au 20 avril. Du 17 au 23 mai,
elle est transportée par voie ferrée vers la région de Montdidier,
Creil, Clermont. Le 18, ses premiers éléments débarqués se trouvent sur
le canal de la Somme, barrant la direction Vermand-Roye. A leur gauche,
la 4e division coloniale au sud d'Amiens, à leur droite, la 3e division
légère d'infanterie, vers Ham. (VIIe armée, 1er C.A.). Les débarquements
se poursuivent les jours suivants et, le 23 mai, la division essaie de
constituer un front sur la Somme, à Sailly-Laurette et Chipilly. Le 24,
elle a atteint la Somme à Morcourt et le gros de l'infanterie est sur la
Luce. Le 25, la progression se poursuit, le 31e algérien est au contact
à Chuignes, face à Dampierre et Boncourt, tenus par l'ennemi. Le 26,
organisation d'une P.R. sur le canal de la Somme, Les 27 et 28, des
combats se livrent à Cerisy-Gailly, le 29 à Foucaucourt.

Bataille de
la Somme. Le 5 juin, l'ennemi attaque entre Somme et Luce, le front de
la division est rompu sauf devant le 10e marocains au Hamel. Les points
d'appui de Méricourt et du bois des Catteaux sont encerclés, mais la
résistance s'affirme à Chuignolles, Proyart, au bois de Sart. Le
lendemain, il faut cependant se replier derrière l'Avre, de Braches à
Marsy. Le 8, l'ennemi lance une violente attaque sur l'Avre, en fin de
journée, le repli atteint Saint-Just-en-Chaussée et Leglantiers, à la
nuit l'ordre arrive de poursuivre vers la rive gauche de l'Oise, par
Estrées-Saint-Denis et Pont-Sainte-Maxence... mais ces ponts sont
détruits. Le 10, ce qui reste de la division passe l'Oise à la nage, par
barques ou par l'écluse de Pont-Sainte-Maxence. On regroupe 300 hommes
du 31e algérien, 250 hommes du 20e tunisien, 10 hommes du 10e marocain
et un millier d'artilleurs qui se replient le 11 sur Luzarches.

Le
12, après ralliement de quelques éléments qui ont réussi à se soustraire
à l'encerclement, la division met en ligne 275 officiers, 5150 hommes, 6
pièces de 75, 2 pièces de 155 au sud de la Marne, Torcy, Lagny. Le 13,
établissement de bouchons, de Melun à Fontaine-le-Port. Le 15, début du
repli sur la Sauldre, la Loire, embarquements aux gares de La
chapelle-la-Reine et Malesherbes. Le 19, les débris de la 7e D.I.N.A.
seront sur le Cher, aux ponts de Villefranche et de Menneton.


1e DIVISION MAROCAINE
Division active, formée de régiments actifs du Maroc et mise sur le type nord-est à son arrivée en métropole.
Commandant
: général Audet, puis général Mellier (27 février). Chef d'état-major,
commandant Nardin, puis capitaine Castaing (22 mai). Commandant
l'infanterie divisionnaire, colonel Crépin. Commandant l'artillerie
divisionnaire, colonel Ronin. 1er régiment de tirailleurs marocains,
colonel Rouyer, puis lieutenant-colonel Bocat (12 mai), commandant
Flamant (22 mai). 2e tirailleurs marocains, lieutenant-colonel Brial,
puis lieutenant-colonel Suffren (22 octobre) colonel Cordier (15 janvier
1940), lieutenant-colonel Leussier (22 mai). 7e tirailleurs marocains,
colonel Vendeur.

Constituée à Meknès le 2 septembre, la division fait
mouvement vers Oran le 24 octobre, débarque à Marseille et stationne de
Bayonne à Luchon et de Toulouse à La Rochelle avant de gagner, par voie
ferrée, le 14 novembre, la zone de Fresnes-en-Woevre,
Vigneulles-les-Hattonchâtel et Sponville.

Front de Lorraine. Le 17
décembre, relève de la 1e D.I.N.A. dans le secteur d'EIzange (IIIe
armée), avec P.C. à Bertrange. Le 23 janvier, la division est à son tour
relevée par la 20e D.l. et, après regroupement dans la zone Uckange,
Moyeuvre, Roncourt, fait mouvement à partir du 3 février, voie de terre,
vers Vitry-le-François et Châlons. Elle y séjournera pendant deux mois.
Le 1er avril, elle est transportée vers la zone de Bavai, du Quesnoy,
de Maubeuge, avec P.C. à Berlaimont (1e Armée, 5e C.A.). Le 4, elle
relève la 82e D.I.A. dans le secteur du Hainaut, de Wargnies-le-Petit à
la Sambre.

Bataille de la Dyle. Le 10 mai, la division fait
mouvement, voie de terre, dans la nuit vers Mons, Havre,
Sars-la-Bruyère. Le 11, toujours dans la nuit, vers Houdeng, Thieu,
Seneffe. Le 12 et le 13, les 1er et 2e R.T.M. sont transportés en
camions, de nuit, sur la position Ernage-Gembloux et la division
s'installera, le 14, sur la voie ferrée. En fin de matinée, ce jour-là,
après le repli de la 3e D.L.M., des actions confuses s'engagent à Ernage
sous le bombardement des stukas et de l'artillerie ennemie. Le 15,
Ernage est perdu au matin, les liaisons rompues avec la 1e division
d'infanterie motorisée, la position entamée, des combats se livrent sur
la ligne d'arrêt, puis vient l'ordre de repli sur la V.F. de Tilly,
décrochage difficile. Le 16, occupation de la position de
Villers-la-Ville à Marbais, combats continuels. Le 17, repli derrière le
canal Charleroi-Bruxelles, puis vers Mons. Les liaisons sont en partie
rompues. Le 18, des éléments sont regroupés au sud-ouest de
Valenciennes.

Bataille du Nord. Le 19 mai, avec ce qui a pu être
remis sur pied, on installe une position face au sud-est, sur l'Escaut,
du pont de Rouvignies à Bouchain. Le 20, l'ennemi franchit l'Escaut au
pont de la Cimenterie, puis la position est rétablie par une
contre-attaque. Après regroupement dans la, zone de
Marchiennes-Campagne, Warlaing, Erre, la division passe au nord de la
Scarpe, le 21 mai, de Wred à Warlaing. Les 22 et 23, les 2e et 7e R.T.M.
sont réorganisés en bataillons de marche, un régiment d'artillerie a
disparu. Le 24, sur le canal de la Deule, face au sud-ouest, d'Oignies à
Les Baraques. Le 25, contacts à Meurchin et Pont-à-Vendin. Le 26,
franchissement de la Deule par l'ennemi aux ponts de Courrières et
Maudit, prise du faubourg sud de Carvin. L'arrivée d'éléments de la 2e
D.I.N.A. permet de rétablir un front Camphin, Provin, Les Baraques, avec
contre-attaque de la 3e D.L.M. Le 27, des combats se livrent à Don et
Allennes. Le soir, repli sur la Lys. Le 28, coupée en trois tronçons, la
Marocaine se replie vers Lille, combat dans Lille-Canteleu les 29 et 30
mai, puis des débris rejoignent Malo-Terminus, réus- sissent à
s'embarquer, subissent des pertes en mer par bombardements aériens,
séjournent en Angleterre du 2 au 5 juin, sont transportés à Brest,
ébauchent, les 8 et 9, une réorganisation dans la zone Beaumesnil. La
Barre-en-Ouche, y retrouvent les trains régimentaires et les services de
la division évacués du Nord avant l'encerclement. Il reste 4000 hommes
environ de la 1e division marocaine, qui sont sur la Risle, à La
Ferrière et La Neuve-Lyre le 10 juin, remettent sur pied un 1er R.T.M. à
2 bataillons et passent à la 1e division légère nord-africaine.


LES DIVISIONS D'AFRIQUE
82e D.I.A.
Division active, deuxième catégorie.
Commandant
: général Armingaud. Chef d'état-major, commandant Tritschler,
commandant l'infanterie divisionnaire, colonel Roict-Brancaz. Commandant
l'artillerie divisionnaire, colonel Beft. 1er zouaves,
lieutenant-colonel Fromentin, 4e tirailleurs marocains,
lieutenant-colonel Le Sénéchal; 6e tirailleurs algériens, colonel
Martin. L'artillerie comprenait le 66e R.A. d'Afrique et le 266e formé à
Orléans.

La division fut mise sur pied en Afrique du Nord par la
division territoriale d'Oran à partir d'unités provenant d'Algérie et du
Maroc, du 2 au 23 septembre 1939. Rassemblée dans la région d'Oran du
24 au 26 septembre, elle fut embarquée pour Marseille du 25 au 30,
débarquée du 27 septembre au 2 octobre, transportée au camp d'Avord du
1er au 5 octobre et recomplétée sur le type nord-est, concentrée ensuite
dans la région de Pithiviers du 10 au 12 octobre.

Frontière du Nord.
La division fut dirigée sur le secteur de Maubeuge du 19 au 22 octobre,
occupa le secteur du Hainaut, de Wargnies à Elesmes, participa aux
travaux de secteur jusqu'en avril 1940. Relevée par la 1e division
marocaine, elle fut transportée vers la région nord de Lunéville du 4 au
7 avril, puis vers la région de Puttelange et Saint-Jean-de-Rohrbach du
12 au 14.

Front de Lorraine. Du 18 au 25 avril, la 82e D.l. relève
la 14e dans le secteur de Sarre-ouest, P.C. à Hellimer, puis relève
aussi la 87e à l'Est de Sarreguemines. Elle subit une attaque ennemie le
12 mai sur l'ensemble de son front, puis, du 21 au 23, relevée par la
52e D.l., elle se regroupe dans la région de Dieuze, d'où elle est
transportée, du 25 au 27, vers la région au nord de Châlons,
c'est-à-dire vers Auve, Valmy, Gizaucourt, Sainte-Menehould. Les 4 et 5
juin, elle est amenée vers la Montagne de Reims et, le 6, occupe et
organise la coupure de la Vesie, à Rilly-la-Montagne, Avenay,
Condé-sur-Marne. Le 10, elle va tenir, en plus, la ligne Reims,
Mont-Chenot, Bellevue. Une nouvelle position sera organisée sur la route
de Ville-en-Tardenois à Reims et sur le canal de l'Aisne à la Marne.

Bataille
de l'Asne. Le 11 juin, l'ennemi attaque sur tout le front, le flanc
gauche de la division est découvert, elle se replie sur la ligne de
Nanteuil-la-Fosse, Chamery, Mont-Chenot, Rilly-la-Montagne. Le 12, après
des combats à Hautvillers (6e algérien) et Sermiers (1er zouaves),
repli par ordre au sud de la Marne par les ponts de Misseuil et
Tours-sur-Marne. Le 6e algérien, non touché par l'ordre de repli,
continue à Hautvillers.

Retraite. Le 13, la division s'est repliée au
sud des marais de Saint-Gond. Le 14, elle occupe une position au nord,
de Soizy à Bannes. A 7 heures, le général commandant la division et son
état-major sont capturés à Saint-Saturnin. Le colonel commandant le 1er
zouaves prend le commandement. Les blindés ennemis attaquent sur Preuve
et Broussy-le-Petit. A 19 heures, le repli atteint Connantré, Euvy, les
unités commencent à se disperser. Le 15, repli vers l'Aube, par les
ponts de Soulages et Arcis-sur-Aube, puis sur la Seine de Méry et
Troyes. La presque totalité des unités sont capturées entre Aube et
Seine. Dès le 14, la 82e D.l. disparaît en tant que grande unité. Les
débris furent regroupés dans le Cantal.

Avait combattu avec cette
division, le 12 juin, le groupe d'unités d'instruction n° 9,
c'est-à-dire les 21e bataillons des 32e, 107e, 126e R.l.


84e D.I.A.
Division active.
Commandant,
général Ardant du Picq (tué le 8 juin), puis général Goubaux. Chef
d'état-major, lieutenant-colonel Carcasses. Commandant l'infanterie
divisionnaire, colonel Heym. Commandant l'artillerie divisionnaire,
colonel René. 4e régiment de zouaves (qui a remplacé le 9 mars 1940 le
18e sénégalais), colonel Arland; 4e régiment de tirailleurs tunisiens,
colonel Bassères; 8e régiment de tirailleurs tunisiens,
lieutenant-colonel Jourdan.

Cette division avait été constituée à la
fin d'août 1939 et formait l'ossature du groupement sud-tunisien. Elle
occupa la position de Mareth-Toujane, fut relevée par la 85e division en
novembre, et regroupée dans la région de Gafsa. Puis elle fut ramenée
aux environs de Tunis au début du mois de mars 1940. Le 20 mai, elle est
regroupée dans la région Attar-Tebourba en vue de son embarquement à
Bizerte qui se produit entre le 26 et le 30 mai, elle débarque à
Marseille, est dirigée vers la région de Paris, fait mouvement du 6 au 8
juin vers Ecouen, Mantes, Brie-Comte-Robert et tombe en pleine
bataille. Le 6, le général Ardant du Picq est tué à Pontoise au cours
d'un bombardement aérien. La division occupe un secteur ouest de la
défense de Paris, limite à l'est de Poissy et à l'ouest à Senlis, limite
avant le cours de l'Oise. Elle récupère des débris du 54e bataillon de
mitrailleurs, de deux bataillons de garde-côtes, un groupement aux
ordres du lieutenant-colonel Avril comprenant cinq compagnies de
tirailleurs algériens, cinq pelotons de gardes mobiles, deux compagnies
de permissionnaires, etc. Et des éléments isolés des 85e, 24e, 16e, 13e
D.l., 4e D.I.C. Le 10 juin, la division est loin d'être entièrement
regroupée, certains de ses éléments sont encore en cours de transport.
Elle se trouve, en gros, sur le cours de l'Oise et sur la basse Seine,
Le 13, elle a été repliée au nord-est de Rambouillet, vers
Condé-sur-Vesvre, Saint-Forget, puis elle amorcera son repli vers la
Loire le soir du 14. Le 15, elle se trouve dans la région
d'Armenonville, Gailardon, Saint-Symphorien, Ablis.

Le 16 juin, le 4e
tunisien est attaqué par des chars à Ablis ainsi que par des éléments
de civils appartenant sans doute à quelque cinquième colonne, il se
replie mais sera submergé par les blindés à Houville. Le 4e zouaves est
en partie détruit et la division complètement dissociée. Le 17, les
débris sont transportés à Blois, par Amboise et Chaumont-sur-Loire, par
vingt autobus. Il reste 500 hommes du 8e R.T.T., deux compagnies au 4e
zouaves, une compagnie au 4e R.T.T. qui vont se replier sur le Cher
après destruction des ponts de Blois. Le 20, sur le Cher de
Civray-Chenonceaux et à Montrichard, il ne reste plus que 136 officiers
et 750 hommes qui battent en retraite vers l'Indre, protégés par des
chenillettes armées de F. M. et des canons de 25. Le 22 juin, repli sur
la Creuse, de Lesigny à La Roche-Posay. Le 23, sur la Charente, de
Savigny à Charroux, puis sur Angoulême. Le 24 sur la Trouve, puis la
Dordogne de Bergerac. Ces restes de la division seront ramenés en
Tunisie au début de septembre 1940.


85e D.I.A.
Division de formation.
Commandant
: général Wemaëre. Chef d'état-major, commandant Pinson. Commandant
l'infanterie divisionnaire, général Normand. Commandant l'artillerie
divisionnaire, colonel Marti. 3e zouaves, colonel Chartier; 19e
tirailleurs algériens, lieutenant-colonel Richard; 11er tirailleurs
algériens, colonel Doucet.

La division fut constituée à Alger le 30
août 1939 avec, à l'origine, les 3e et 9e zouaves et le 20e tirailleurs
tunisiens, fit mouvement vers le sud-tunisien en septembre, occupa le
secteur Est du Groupement du sud-tunisien en novembre. Elle y fut
remaniée et possédait son effectif normal lorsqu'elle fut regroupée en
Algérie le 24 avril .(Guelma, Souk-Ahras, Mondovi). Embarquée pour
Marseille du 22 mai au 3 juin, elle fut dirigée sur la région de Mantes à
partir du 5 juin (Courgens, Guerville, Soindre, Tilly, Mulcent,
Armenonville, Dammartin).

Front de la Somme. De là, elle fut
transportée dans la région de Beauvais, à La Petite-Landelle, Le
Vauroux, La Houssaye, Saint-Léger, Saint-Paul, Allonne, Marinsel,
Pont-de-Bailleul. Le 7, elle occupait une position à peu près jalonnée
par Auneuil, Saint-Léger-en-Braye, Rainvillers, Beaumont,
Villers-sur-Thère, Grand-Bruneval, Montreuil-en-Thérain. Le 8, elle
participa à une action du 25e C.A., avec la 4e division cuirassée, la
241e division légère, au nord de Beauvais. Ses objectifs étaient
Saint-Omer-en-Chaussée, Blicourt et Rouge-Maison. Cette opération fut
vaine. Le 10, la division se repliait sur l'Oise, de Meulan à
L'Isle-Adam. Le 13, elle était arrivée sur la ligne de l'Yvette en
passant par Louveciennes, Versailles, Bue, Saint-Rémy. Le 14, après la
destruction des ponts du Pecq, les unités des 84e et 85e D.I.A. se
trouvèrent mélangées aux réfugiés et, le 15, lorsque l'ennemi eut pris
Rambouillet, ce fut le repli sur l'Orge. Le soir, des éléments épars de
la division étaient à Dourdan, Les Granges-le-Roi, Blanche-Face,
Saint-Chéron. Le 16, sans ravitaillement, sans liaisons, sans moyens de
transport, les convois ayant été perdus, la division reporte sa ligne de
retraite à Artenay, Patay, Beaugency. Le franchissement de la Loire par
les débris fait constater la perte du 19e tirailleurs, du 3e zouaves,
de la moitié du 11e tirailleurs. Les dernières compagnies de ce dernier
régiment seront enlevées au cours du repli vers Montrichard. Quelques
détachements disparates se retrouveront, le 24 juin, sur la Dordogne.


87e D.I.A.
Division de formation.
Commandant
: général Barbeyrac de Saint- Maurice, puis colonel Martin (25 mai).
Chef d'état-major, commandant Roche. Commandant l'infanterie
divisionnaire, lieutenant-colonel Roux, puis Antelme (18 juin).
Commandant l'artillerie divisionnaire, colonel Horeay, puis
lieutenant-colonel Mathieu (18 juin). 9e Zouaves, lieutenant-colonel
Tasse; 17e tirailleurs algériens, lieutenant-colonel Antelme. puis
colonel Tasse (18 juin); 18e tirailleurs algériens, lieutenant-colonel
Clerc, puis commandant Kaack (18 juin).

Cette division fut mise sur
pied le 2 septembre 1939 à Constantine, Blida, Miliana, Orléansville
(17e R.T.A.), Maison-Carrée, Tizi-Ouzou (18e R.T.A.), Sétif, Bougie,
Guelma. Elle fut concentrée en Tunisie. Elle comprenait à l'origine le
19e tirailleurs algériens qui permuta avec le 9e zouaves, de la 85e
D.l., en octobre 1939.

Au début de novembre, la division fut
embarquée à Bizerte pour Marseille, regroupée dans la région de
Montpellier, Albi, Castelnaudary, puis emmenée vers Arcis-sur-Aube le 27
novembre. Elle y séjourna jusqu'à la fin du mois de février 1940. Elle
fut alors appelée à relever la 7e division coloniale dans le secteur
fortifié de la Sarre. Le 2 mai, elle fut relevée par la 82e D.I.A. et la
52e D.l. et transportée dans la région de Pierrefonds. Le 18, elle fit
mouvement vers l'Ailette et prit des contacts avec l'ennemi au nord de
la rivière, à Verneuil-sous-Coucy et à Coucy-le-Château. Le 1er juin,
son front fut étendu jusqu'à l'Oise.

Bataille de l'Aisne. Le 5 juin,
l'ennemi s'infiltre au sud de Richaumont, s'empare de
Saint-Paul-aux-Bois et de Besmé, puis, le lendemain, progresse entre
l'Ailette et l'Aisne. Le 7, la division a été forcée de se replier au
sud de l'Aisne et combat, le 8, aux lisières nord des forêts de
Villers-Cotterêts, de Montigny-Lengrain. Le 9, les combats se livrent à
Chelles, à la ferme de Pony, à Roye-Saint-Nicolas, à Taillefomaine. Le
10, repli sur la Gergogne, combats à Crépy-en-Valois. Le 11, repli sur
Bouillancy, et Vincy-Manœuvre, au nord-est de Paris. Le 12, passage au
sud du Grand-Morin. Le 13, recul vers Esbly, Montry et le 14, repli au
sud de la Seine : Samois, Veulaines, Avon, Champagne-sur-Seine.

Le 15
juin, l'ennemi est à Melun. Le 16, ce qui reste de la division se
regroupe au carrefour de l'Obélisque, forêt de Fontainebleau, puis se
replie, partie à pied, partie en camions, vers les Bordes et Bonnée. Le
17, passage de la Loire à Gien. Le 18, la division est réorganisée avec
l'appoint du 19e bataillon autonome de tirailleurs sénégalais et le 344e
R.I., en deux groupements mixtes. Il reste 14 pièces de 75 et 9 pièces
de 155. Les troupes sont fatiguées mais leur moral est aussi bon que
possible. Le 19, le Cher est franchi à Menneton et Méry. Par les
coupures de l'Indre, de la Creuse, de la Vienne, les éléments de la
division se retrouvent, le 24 juin, à Chabanais, Chassanon, Chaillac et
Saint-Junien. Les tirailleurs furent embarqués à Marseille le 7 août
1940.

Jetées dans la bataille comme des divisions de 1918, sans
moyens de transport, obligées d'accomplir de rudes étapes à pied, ces
divisions nord-africaines ont été sacrifiées sans le moindre profit.
Elles étaient cependant composées d'excellentes troupes et, à peu près
toutes possédaient un armement complet. Mieux orientées, concentrées sur
des positions défensives de campagne, elles auraient pu résister plus
longtemps aux assauts des matériels ennemis qu'elles étaient incapables
de détruire. Elles ont été bousculées, morcelées, capturées par une arme
blindée très mobile, fonçant à travers des colonnes démoralisées,
prises sous le feu de l'aviation, et par des divisions motorisées
couvrant le pays de leurs entreprises de plus en plus hardies. L'armée
française a perdu avec elles quelque 36 régiments qui représentaient le
meilleur de nos unités des troupes d'Afrique.

On sait, par ailleurs,
que le 8e régiment de zouaves, appartenant à la 12e division
d'infanterie motorisée et caserné, en temps de paix, à Mourmelon,
régiment spécialisé dans la motorisation, fut détruit presque en entier
en défendant les avancées de Dunkerque.


L'ARMEE D'AFRIQUE DE L'ARMISTICE
Il
peut être intéressant - il est même très intéressant - de rappeler de
quelle manière furent organisées nos troupes de l'Afrique du Nord après
la convention d'armistice de juin 1940.

Il existait un général
commandant en chef en Afrique du Nord, à Alger et un général commandait
la 19e région, à Alger. Celle-ci comprenait : la division d'Alger, la
division d'Oran, la division de Constantine, et les Territoires du Sud.

Un
général était commandant supérieur des troupes du Maroc, à Rabat. Il
avait sous ses ordres la division de Fes, la division de Meknès, la
division de Casablanca, la division de Marrakech.

Un général était commandant supérieur des troupes de Tunisie.
Voici maintenant comment étaient distribuées les troupes qu'ils commandaient.

DIVISION D'ALGER :
1e
brigade d'infanterie à Alger, comprenant le 1er zouaves (Alger,
Fort-National) et le 13e tirailleurs sénégalais (Alger). 5e brigade
d'infanterie à Blida, comprenant le 1er tirailleurs algériens (Blida,
Cherchell. Dellys) et le 9e tirailleurs algériens (Miliana, Ténès,
Orléansville).

1e brigade de cavalerie à Médéa, comprenant le 1er
spahis algériens (Médéa, Bou-Saada, Teniel et Had, Djelfa, Laghouat) et
le 5e chasseurs d'Afrique (Alger, Maison-Carrée).

65e d'artillerie
(Blida, Aumale, Maison-Carrée), 19e régiment du génie (état-major à
Hussein Dey) à trois bataillons de sapeurs-mineurs et un bataillon de
transmissions, un groupe de chemins de fer. Le 27e escadron du Train
(Alger); deux groupes d'escadrons de la Garde (7e légion).


DIVISION D'ORAN :
2e
brigade d'infanterie à Oran, comprenant le 2e zouaves (Oran), le 2e
tirailleurs algériens (Mostaganem, Oran, Tiaret). 4e brigade
d'infanterie (TIemcen) comprenant le 6e tirailleurs algériens (TIemcen,
Marnia, Nemours) et le 3e bataillon du 1er étranger d'infanterie
(Aïn-Sefra), avec le Dépôt commun des régiments étrangers à
Sidi-bel-Abbès.

2e brigade de cavalerie à Mascara, comprenant le 2e
spaphis algériens (TIemcen, Colomb-Béchar), le 2e chasseurs d'Afrique
(un groupe mécanisé, un groupe porté, un groupe à cheval à Oran), le 9e
chasseurs d'Afrique (deux groupes d'escadrons portés à Mascara).

66e
d'artillerie (Oran), 68e d'artillerie (TIemcen, Sidi-bel-Abbès,
Mascara), le 28e escadron du Train, un groupe d'escadrons de la 7e
légion de la Garde.


DIVISION DE CONSTANTINE :
5e brigade
d'infanterie à Constantine, comprenant le 3e tirailleurs algériens
(Bône, Guelma, Tebessa) et le 15e tirailleurs sénégalais (Philippeville,
Constantine). 7e brigade d'infanterie à Sétif, comprenant le 3e zouaves
(Constantine, Sétif) et le 7e tirailleurs algériens (Sétif, Bougie).

3e
brigade de cavalerie à Batna, comprenant le 3e spahis algériens (Batna,
Biskra) et le 3e chasseurs d'Afrique (Constantine, un groupe
d'escadrons à cheval, un groupe mécanisé).

67e d'artillerie (Constantine, Batna, Sétif), le 25e escadron du Train, deux groupes d'escadrons de la 7e légion de la Garde.

TERRITOIRES DU SUD :
Territoire
des Oasis, groupe des compagnies sahariennes de l'Est : état-major à
Ouargla, compagnie du Hoggar (Djanet), compagnie des Ajjers (Fort
Polignac), compagnie du Tidikelt (In-Salah), compagnie saharienne mixte
et groupe franc (Ouargla), deux batteries sahariennes portées, goum d'EI
Oued (Ouargla, Fort-Flatters, Fort-Saint).

Territoire d'Aïn Sefra,
groupe des compagnies sahariennes de l'Ouest : état-major à
Colomb-Béchar, compagnie de la Saoura (Tindouf), compagnie du Touat
(Adrar), compagnie saharienne portée et groupe franc (Tindouf).
Territoire de Ghardaïa (Laghouat), Territoire de Touggourt (Touggourt).


TUNISIE :
Commandement
supérieur à Tunis, comprenant comme infanterie : 4e zouaves (Tunis, La
Goulette, Bizerte), 4e tirailleurs tunisiens (Sousse, Gabès, Le Kef),
43e d'infanterie coloniale (Bizerte, Menzel-Djemil, Tunis).

4e
chasseurs d'Afrique Tunis (deux groupes d'escadrons à cheval et
mécanisé, Sousse, un groupe d'escadrons à cheval); 4e spahis tunisiens
(Sfax, Médenine).

62e d'artillerie (Tunis, La Manouba, Bizerte), 34e
bataillon du génie (La Goulette), 44e groupe de transmissions (Tunis),
26e escadron du Train (Tunis et Sousse), trois groupes d'escadrons de la
8e légion de la Garde.


DIVISION DE FES :
Infanterie : 4e
tirailleurs marocains (Taza, Boured); 5e tirailleurs marocains (Oudjda,
Guercif) ; 11e tirailleurs algériens (Fes, Ghafsaï), 3e étranger
d'infanterie, 1 bataillon (Fes), 6e tirailleurs sénégalais, un bataillon
(Fes).

1er étranger de cavalerie : un groupe d'escadrons à cheval
(Fes), un groupe de découverte (Oudjda), un groupe A.M. et porté
(Guercif, en réalité Meknès).

63e régiment d'artillerie, montagne et
auto (Fes, Taza, Oudjda, Ouezzane); 41e bataillon de télégraphistes
(Fes), 33e escadron du Train, trois groupes d'escadrons de la 9e légion
de la Garde.


DIVISION DE MEKNÈS :
Infanterie : 7e tirailleurs
marocains (Meknès, Mideit); 8e tirailleurs marocains (Meknès, Ouezzan) ;
3e étranger d'infanterie, trois bataillons (El Hajeb, Meknès,
Khenifra).

3e régiment de spahis marocains (Meknès); 10e groupe d'escadrons portés de chasseurs d'Afrique (Meknès).
64e
d'artillerie (Meknès, Kasbah-TadIa) ; 31e bataillon du génie et 41e de
télégraphistes (Meknès); 33e escadron du Train, un groupe d'escadrons de
la 9e légion de la Garde.


DIVISION DE CASABLANCA :
Infanterie
: 1er tirailleurs marocains (Port- Lyautey, Souk el Arba) ; 6e
tirailleurs marocains (Casablanca, Kasbah Tadla, Mediouna); régiment
d'infanterie coloniale du Maroc (Rabat, Casablanca, Mazagan) ; 6e
tirailleurs sénégalais, état-major et un bataillon (Casablanca).

1er
chasseurs d'Afrique (Rabat, un groupe d'escadrons de reconnaissance,
Rabat, deux groupes mixtes, portés et chars, Rabat et Casablanca) : 3e
spahis marocains (un groupe d'escadrons, Rabat).

Régiment
d'artillerie coloniale du Maroc (Casablanca), 31e bataillon du génie
(Port- Lyautey), 41e télégraphistes (Casablanca); 32e escadron du Train,
deux groupes d'escadrons de la 9e légion de la Garde.


TROUPES REVENUES DU LEVANT :
6e
étranger d'infanterie (Sidi-bel-Abbès, Le Kreider, Féryville) ;
Demi-brigade algérienne (3e bataillon du 29e et bataillons du 22e à
Koléa, Laghouat, Orléansville) ; 16e tirailleurs tunisiens
(Philippeville et Bône) ; 6e groupe autonome de chasseurs d'Afrique (un
groupe porté, Maison- Carrée); 2e régiment de marche de spahis (Batna,
Biskra), groupe autonome d'artillerie métropolitaine du Levant
(Constantine), 43e groupe de transmissions (Hussein-Dey), 29e escadron
du Train (Constantine).

5e bataillon du 1er tirailleurs marocains
(Port- Lyautey), 33e bataillon du génie (Port-Lyautey); régiment
d'artillerie coloniale du Levant (Casablanca et Marrakech); 1er régiment
de spahis marocains (Meknès).


Les Forces Françaises Libres,
principalement formées d'éléments coloniaux et de Légion étrangère,
comprennent un bataillon de tirailleurs algériens (22e) et un régiment
de marche de spahis marocains.



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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:55

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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:56

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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Dim 31 Juil 2011 - 17:57

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Soly Anidjar
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Jeu 12 Avr 2012 - 14:15

Goumiers(combattants) marocains au service de l'armée française
Des Goumiers, soldats supplétifs fournis à l'armée française par des tribus marocaines, défilent en septembre 1949 à Kenitra


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GDG
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MessageSujet: recherche Soldat marocain 1955-1956 Nancy   Ven 15 Aoû 2014 - 13:29

Bonjour :
je recherche pour ma cousine Martine née en 1956 à Nancy (Lorraine FRANCE) d'une liaison entre sa mère Reine Kremeur et son père naturel Albert ou Bernard Hiver (t), elle est à la retraite et a 4 petits enfants, souhaite retrouver son père afin de combler le vide de son enfance.
Il était militaire d'origine marocaine.
Merci de nous aider.
Etant présidente de l'association familiale, je me mets au service de mes cousins et sert d'intermédiaire.

Cordialement.
GDG
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Matthieu Brevet
Invité



MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Lun 25 Aoû 2014 - 22:26

Bonjour,

  Tout d'abord, merci pour cet exposé si instructif: je m'intéresse depuis qques temps au sujet des Goumiers (dans le cadre de leur participation à la guerre d'Indochine) et j'y ai pourtant appris beaucoup.

  Je suis particulièrement par ceci:
Citation :
En 1943, un goum d’infanterie comprend :
- 1 Commandant de Goum, 1 officier adjoint.
- 3 Sections de combat avec chacune 2 sous-officiers français, 2 groupes F.M., 1 groupe d'assaut.
Effectif total : 2 officiers - 12 sous-officiers français, 209 Marocains.
Equipement
: 9 fusils mitrailleurs - 1 mortier de 60 - 4 rocketgun - 2 
mitrailleuses lance-grenades - 14 chevaux - 28 mulets - 1 jeep - 1 
camion 2,5 t - 1 poste radio S.C.R. 284 - 4 postes radio S.C.Rlégères - 
21 pistolets mitrailleurs - 9 . 536.
  
  Les "rocketgun" sont-ils des bazookas américains? Cela pourrait sembler logique, mais 4 pour un goum serait une dotation particulièrement généreuse. Le fait qu'il s'agisse de troupes de montagne aurait-il avantagé les goumiers pour percevoir un matériel qui leur aurait permis d'engager et détruire en tir direct des bunkers et retranchements ennemis?
  Ou bien plus simplement des grenades à fusil?

  Enfin, auriez-vous plus de détails concernant ces "mitrailleuses lance-grenades"? Je pensais être relativement calé en matière d'armement de la 2nde Guerre Mondiale, mais je ne vois rien pouvant s'approcher de cette description ...
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FloreHanse



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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Mer 1 Avr 2015 - 16:06

Bonjour,
Je suis la petite fille d'un vieux monsieur, âgé de 93 ans, qui aimerait retrouver son capitaine Pegand Georges, ou d'anciens goum ayant combattus sous ses ordres.
Il s'appelle Roger Sardin, il était dans la 7 eme batterie du 69éme d'artillerie.
Il a participé au débarquement en corse et celui de Provence.
Il s'est marié en corse.
A sa démobilisation il a perdu la trace de son capitaine et de ses goums.
Et il ne s'est jamais mis à internet.
A l'âge qu'il a atteint, il ne croit plus pouvoir vivre plus longtemps, ce serait un énorme plaisir pour lui de recueillir de dernières nouvelles.

Vous remerciant de l'attention que vous aurez porté à ma requête.
Et en remerciant nos amis marocains d'avoir permis à la France d'être libre.

Cordialement
FloreHanse
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MessageSujet: Re: LES GOUMIERS MAROCAINS   Aujourd'hui à 14:49

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