HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

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 LES JUIFS TANGEROIS

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Soly Anidjar
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MessageSujet: LES JUIFS TANGEROIS   Dim 18 Avr 2010 - 11:51

Le tangérois Isaac Azancot exprime bien ce regard chargé à la fois d’émotion et d’espérance dans son livre « Le temps du passage » (CY éditions, décembre 2002) : « Comment surmonter la nostalgie qui me consume ? Pourrais-je creuser un moule dans ma tristesse pour y mettre mes bonheurs et ma joie ? Je dois chercher à l’intérieur cette graine de ma substance, pour la porter à ceux qui construisent, pour qu’une maison s’élève sur les ruines de la violence. » Une espérance et un vœu que l’on ne peut que partager.

Pour nos
compatriotes juifs qui ont quitté leur pays, le plus souvent à
contrecœur et sans savoir vraiment pourquoi, mais qui n’ont jamais
renié leurs origines, pour les autres, beaucoup moins nombreux, hélas,
qui continuent de tenir ici le flambeau de leur civilisation quand ils
ont choisi de vivre sur cette terre, justice devrait leur être rendue.
L’histoire
enseignée à nos enfants n’a effectivement aucune raison de les ignorer.
Ceux qui dans l’Espagne voisine ont voulu passer sous silence les 8
siècles de présence arabe, se sont rendus compte de l’ineptie de cet
appauvrissement de leur patrimoine national. Et c’est pourtant bien
ensemble que Juifs et Musulmans furent pourchassés, soumis à la
question des bourreaux de l’Inquisition et pour certains conduits aux
bûchers, et leurs coreligionnaires rescapés expulsés.
En maintenant
les nouvelles générations dans l’ignorance de la réalité de l’apport
historique de chaque communauté et des rapports séculaires conviviaux
entre Juifs et Musulmans, on pousse les nouvelles générations à
commettre l’erreur de considérer le conflit du Moyen-Orient comme le
résultat d’une opposition ancestrale entre les deux communautés qui
expliquerait le calvaire inadmissible que fait subir Israël au peuple
palestinien aujourd’hui. Cette explication, courte et tendancieuse fait
le lit des milieux intolérants, pressés de ramener tout à une guerre de
religions d’un autre âge. Il faut donc ouvrir toutes grandes nos
archives et ne pas craindre d’enseigner la vérité historique du Maroc
tel qu’il a été, en sortant de la seule acception évènementielle et
dynastique de l’histoire. Comme le dit fort bien Miguel de Unamuno : «
Le culte de la vérité pour la simple vérité est l’un des exercices qui
élèvent le plus l’esprit et le fortifie ».

Sans prétendre
traiter un aussi vaste sujet en quelques lignes, la présente
contribution se propose de lever tout juste un petit coin du voile sur
la place et le rôle de la communauté juive de Tanger tout au long du
siècle dernier. Elle se fonde sur des éléments puisés dans divers
documents traitant de l’époque considérée, des renseignements
recueillis auprès des proches et de mes propres souvenirs d’enfance.

Une communauté très ancienne

A
l’origine, comme dans le reste du pays, la communauté juive du Nord du
Maroc était berbère. Par vagues successives, des immigrés juifs venant
d’Espagne arrivèrent à Tanger, chassés d’abord par les Wisigoths,
ensuite par la « Reconquista » en 1492 pour ceux qui refusaient la
conversion puis par l’Inquisition au XVIe et au début du XVIIe pour les
autres. La défaite des Portugais en 1578 à Oued Al Makhazine allait
être d’un grand soulagement pour cette communauté, alors que Tanger
vivait sous occupation portugaise, malgré de brefs intermèdes
espagnols, depuis 1471. Elle pouvait enfin se sentir à l’abri des
Inquisitions ibériques. Dans son dernier livre intitulé « Le monde
moderne et la question juive », (Ed. du Seuil, octobre 2006), Edgar
Morin rappelle que : « A l’aube des temps modernes, la diaspora juive
favorisa les réseaux de confiance propices aux développements de la
banque et du commerce. (…) L’expulsion d’Espagne (1492) et du Portugal
(1496) des juifs refusant la conversion créa une nouvelle diaspora en
Toscane, aux Pays-Bas, à Londres, à Hambourg, à Venise, dans l’Empire
Ottoman, au Maroc. » et que « En France, Colbert (1656) favorisa
l’implantation des Juifs et des Marranes (juifs convertis mais chassés
d’Espagne au même titre que les Morisques) pour développer le commerce
international au profit de l’économie française ». La plupart des
autres pays d’Europe ainsi que la Turquie de Souleymane le Magnifique
en firent autant.

Et c’est précisément dans le domaine du
commerce extérieur que les Juifs du Maroc excellèrent le plus. Mais
leur rôle de pionniers dans la mise sur pied des premiers services
publics fut loin d’être négligeable. Ce fut notamment le cas des
premières liaisons postales ( Mazagan - Marrakech exploitée par Isaac
Brudo depuis 1891, soit avant même la fondation de la Poste chérifienne
en 1892 par le sultan Moulay Hassan, Tanger – Azaila, Ksar Kbir –
Ouezzane, Tétouan – Chaouen, exploitées par les frères Cohen dès 1895,
etc.). Comme le rappelle Simon Lévy, leur rôle dans le maintien et le
développement de l’artisanat notamment l’orfèvrerie ne fut pas moins
important.

Une minorité bien visible

A vrai dire, Tanger
offrait avec la diversité des origines de sa population, dans une ville
cosmopolite par excellence, un cadre exceptionnel pour la coexistence
harmonieuse de toutes les communautés et ce, bien avant l’instauration
du statut international en 1923. En effet, la ville du détroit
accueillait déjà 648 Chrétiens (appellation consacrée à l’époque pour
désigner les Etrangers) en 1868, 1.412 en 1888 puis plus de 8.000 en
1906 soit le triple du total des Etrangers résidant alors au Maroc. A
l’avènement du statut international en 1923, la population de la ville
était de 60.000 habitants dont 50.000 Marocains répartis entre 35.000
Musulmans et 15.000 Juifs, et 10.000 Etrangers, toutes nationalités
confondues.

Pour bien illustrer le poids et l’importance de la
communauté juive que lui reconnaissait le statut international, il
suffit de voir la composition en 1952 de l’Assemblée Législative Locale
présidée par le Mendoub en tant que représentant de la communauté
marocaine. Rappelons qu’en vertu du chapitre III du Dahir relatif à
l’organisation de l’Administration de la Zone de Tanger (16 février
1924), la composition de l’Assemblée Législative Locale était fixée «
en considération du nombre des ressortissants, du chiffre du commerce
général, des intérêts immobiliers et de l’importance du trafic à Tanger
des différentes puissances signataires de l’Acte d’Algésiras ». Elle
était composée de 30 membres dont : 6 Musulmans, 3 Juifs, 4 Français, 4
Espagnols, 3 Anglais, 3 Américains, 3 Italiens, 1 Belge, 1 Hollandais,
1 Portugais. Les Vice-présidents étaient au nombre de 6 parmi lesquels
M. Joe Hassan ancien président de la communauté israélite de Tanger
mais désigné en tant que représentant du Portugal dont il était le
consul honoraire.
Même si le poids de la composante musulmane était
fortement minoré, puisqu’elle représentait à elle seule 50 % de la
population totale contre 20 % seulement des sièges, la représentativité
de la communauté juive l’était également mais dans une moindre mesure,
puisqu’elle représentait 15 % de la population mais ne disposait que de
10 % des sièges. La discrimination, sous couvert du poids économique de
chaque communauté, était donc dirigée contre les Marocains de façon
générale mais plus particulièrement contre les Musulmans.

Sépharades pur jus & Modernistes

A
Tanger, au fil du temps, la composante sépharade devint largement
prépondérante dans la communauté juive. Avec ses traditions et sa
culture propre, elle s’efforcera de les transmettre de génération en
génération, préservant ainsi jalousement son identité sépharade.
Ce
n’est donc pas un hasard si elle fut immortalisée par les œuvres
magistrales de Delacroix, qui séjourna à deux reprises à Tanger en
1832, où il fut l’hôte notamment de la famille Benchimol. Ces toiles
font à présent partie du patrimoine universel (« La Mariée juive à
Tanger», « Les Noces juives à Tanger», à côté des « Musiciens juifs de
Mogador »). L’apport de cette communauté et celui des vagues
successives de Musulmans chassés d’Andalousie marquèrent profondément
l’histoire et la culture marocaines. Ce qui explique que les deux
communautés aient toujours vécu en bonne intelligence, comme le
rappelle judicieusement Simon Lévy, mis à part une brève période de
l’époque austère Almohade, de sorte qu’aucun Juif n’ait jamais été
persécuté en tant que tel, ni encore moins chassé du Maroc. Si la
communauté juive de Tanger était d’essence essentiellement sépharade,
elle reçut le renfort à partir de 1938 de réfugiés venus d’Europe
centrale, en particulier de Hongrie, qui s’y établirent notamment dans
les professions libérales et la finance. Parmi ces derniers, le
banquier Samuel Reichmann allait, plus tard, faire partie des hautes
sphères de la finance d’Amérique du Nord.

Les Juifs tangérois
appartenaient à toutes les catégories sociales : le petit artisanat
(plombiers, matelassiers, peintres en bâtiments, etc.), l’orfèvrerie et
la bijouterie dont ils gardèrent l’exclusivité jusqu’au début des
années cinquante, l’import et le commerce de gros, les guichets de
changes (depuis les cambistes assis derrière leurs minuscules kiosques
en bois du grand sokko, jusqu’aux agences du centre ville), les banques
(on n’en dénombrait pas moins de 55 au début des années 50, la première
banque d’Etat du Maroc fut créée à Tanger en 1907) et plus rarement
dans des fonctions administratives (PTT, justice, etc.) ou la Police
(avec même une personnalité d’envergure comme le commissaire principal
Israël qui fût décoré par le roi Mohamed V à son retour d’exil).

La convivialité avant tout

Malgré
l’absence d’un Mellah traditionnel, le petit peuple vivait
principalement aux abords immédiats de l’ancienne médina mais bien à
l’intérieur des remparts de la ville construits par les Portugais, dans
les quartiers des Béni Ider, à l’angle des rues Touahine et Siaghine,
et de Sakkaya Jdida. Il coexistait en parfaite symbiose avec les
familles musulmanes qui habitaient souvent les mêmes immeubles,
utilisaient les mêmes bains maures (le plus réputé, celui des Béni Ider
appartenait à une juive), les mêmes fours spécialisés dans la cuisson
de la « Skhina ou Dafina» du sabbat et des pâtisseries des fêtes juives
et autres petits commerces. Dans ce quartier, on ne dénombrait pas
moins de sept synagogues sur les douze que comptait Tanger. Quant au
premier cimetière juif, il se trouvait à proximité immédiate de ce
quartier, attenant à la muraille de la ville, sur son flanc nord, comme
l’était d’ailleurs le premier cimetière musulman du côté sud.
La
bourgeoisie juive, celle de la finance et du grand négoce, vivait dans
les mêmes quartiers et les mêmes immeubles que l’européenne dont elle
parlait couramment les langues et partageait souvent la même
nationalité. Très occidentalisée, elle disposait de ses propres
cinémas, casino, tandis que ses salons de thé et pâtisseries (Pilo et
Anidjar) concurrençaient les commerces équivalents détenus
principalement par les Français et les Espagnols. La présence d’une
aristocratie financière juive, à travers les banques privées (Banque
Pariente, Banque Salvador Hasan, etc.), les Assurances et le grand
négoce, ne passait pas inaperçue. De grand noms d’hommes d’affaires
d’envergure internationale tels que les frères Pinto, (qui firent don
du terrain du Golf Royal de Tanger, de terrains pour la construction
d’une mosquée et de différents projets sociaux), les Abensour
propriétaires de la banque Pariente dont le siège se trouve
actuellement à Genève, les Bergel, les Toledano, des journalistes comme
Isaac Laredo, des personnalités engagées dans la vie associative locale
tels que Menahem Mouyal, Sananes, qui parlaient couramment l’arabe, ont
profondément marqué la vie de la cité.

Le petit peuple, quant à
lui, parlait en général espagnol, l’arabe dialectal tangérois mais
surtout la Hakitiya, l’idiome juif en usage surtout au Nord du Maroc,
avec un accent typique très prononcé. Préservée à partir de son socle
initial du vieux Castillan du XVe siècle, avec un mélange d’hébreu,
mâtiné de mots arabes, notamment grâce à la proximité historique datant
de l’époque d’Al andalous de l’Espagnol, de l’Arabe et de l’Hébreu, la
Hakitiya a su garder son authenticité d’origine contrairement aux
autres idiomes d’ascendance sépharade, altérés notamment par le Turc,
les langues slaves et européennes.
La bourgeoisie juive ne parlait
quant à elle la Hakitiya qu’en privé, certainement par snobisme. Ceci
étant, la communauté, dans son ensemble, respectait à la lettre la
tradition et les préceptes religieux. Les Téfélins, les mariages et
surtout les fêtes étaient toujours des évènements qui ne passaient pas
inaperçus, en raison de la promiscuité des familles juives et
musulmanes qui s’échangeaient toujours gâteaux, pain azim et notamment
les plats culinaires de tradition sépharade. Les fêtes juives se
signalaient aussi par la fermeture de nombreux commerces et services
(Banques, kiosques de change, magasins d’import et de gros, etc.). La
tradition vestimentaire était davantage suivie par le petit peuple, en
particulier les femmes d’un certain âge. Si les classes moyennes et
aisées passèrent très vite au complet cravate, pour les mariages, le
caftan traditionnel de la mariée gardait tous ses droits.

L’enseignement israélite

A
l’image de la diversité de sa population, Tanger disposait d’un large
éventail d’établissements d’enseignement : musulmans, juifs, français,
espagnols, italiens et depuis 1950, américain. Comme l’explique fort
bien Si Abdelhamid Bouzid, ancien inspecteur de l’enseignement public
et personnalité marquante de Tanger, (Coup d’œil sur l’enseignement
dans le Tanger International - 1984), l’enseignement musulman n’a pour
sa part guère évolué depuis 1788, date de la réforme introduite par le
Sultan Sidi Mohamed ben Abdellah (1757-1790). Selon Michaux Bellaire,
un recensement datant de 1921 dénombrait 28 écoles coraniques
importantes à Tanger. La timide réforme des programmes d’enseignement
introduite en 1933 sous l’impulsion de Mohamed V, malgré l’opposition
des autorités du Protectorat, ne changera pas fondamentalement la
donne. Au par avant, en 1898, l’Alliance française ouvrait en plein
cœur de la médina une école pour les enfants musulmans confiée à des
instituteurs algériens dont les témoins de l’époque, souligne A.
Bouzid, ont gardé un excellent souvenir.
La première école «
hispano-arabe » fut créée en 1907. A partir de 1912, l’école de
l’Alliance française changea de statut pour devenir à son tour «
franco-arabe ». Mais à la rentrée scolaire 1921-1922, les 3 écoles
franco-arabes réunissaient à peine 300 élèves.

Il fallut
attendre l’engagement du Mouvement National dans la création des «
écoles libres », malgré l’interdiction des autorités coloniales en
1935, pour que voie le jour la première école musulmane indépendante
sous l’impulsion de Sidi Abdellah Guennoun en 1936.
A la différence
de leurs concitoyens musulmans mais grâce à l’intervention soutenue de
l’Alliance Israélite Universelle (créée à Paris en 1860), les Juifs
tangérois, étaient scolarisés, au sens moderne du terme, depuis déjà
fort longtemps. L’école de l’Alliance israélite de Tanger ouverte en
1865, était la seconde du genre au Maroc après celle de Tétouan.
Rappelons que la première école française (privée) l’Institution
Robinet du nom de sa fondatrice fut inaugurée en 1885 soit vingt ans
après, tandis que le premier établissement d’enseignement espagnol « la
escuela de la Mision Catolica » ouvert en 1794 ne s’étendit au
secondaire qu’en 1892.

En 1922, soit un an avant l’instauration
du statut international, l’effectif de l’école de l’Alliance Israélite
était de 1.050 élèves : 409 garçons et 560 filles. Au niveau des
programmes d’enseignement, l’Alliance Israélite Internationale avait
veillé à y dispenser le français, l’hébreu, l’espagnol et l’anglais.
Abdelhamid Bouzid relève pour sa part « l’indice d’émancipation sociale
révélé par le nombre élevé de filles scolarisées (54%) » dès 1922 mais
regrette aussi avec amertume « la déconcertante absence de l’arabe,
langue du pays ». Il faut bien reconnaître que le piteux état de
l’enseignement musulman à l’époque ne pouvait malheureusement guère
être un argument convaincant pour susciter l’intérêt que la langue
arabe méritait. N’empêche que l’aggiornamento qu’a connu ce dernier
depuis les années 40 aurait pu changer la donne, mais il n’en fut
malheureusement rien. Probablement à cause de la politique de
subventionnement de l’enseignement pratiquée par les autorités du
Protectorat, car, comme le note A. Bouzid, les écoles israélites
rattachées à la Direction de l’Instruction Publique à Rabat émargeaient
sur le même budget que les écoles françaises. A titre indicatif, ce
budget s’élevait, en 1930-1931, à 58.129,185 F dont 43.265,860 F (74%)
étaient réservés aux écoles françaises et israélites et 14.863,365 F
(16%) aux écoles musulmanes. Pour sa part le statut de l’Administration
Internationale libère cette dernière de tout engagement social en s’en
remettant aux seules puissances du Protectorat.

Ceci étant, le
niveau et la qualité de l’enseignement de l’école de l’Alliance destiné
à former notamment des élites permettaient aux élèves des écoles
israélites d’accéder facilement aux lycées européens. Ainsi, dès 1921,
un lauréat de l’école de l’Alliance Israélite obtiendra même le diplôme
d’ingénieur civil de l’Ecole Centrale de Paris.
En 1953, les écoles
de l’Alliance Israélite qui disposaient d’un internat pour les élèves
provenant de Ksar Kbir et de Larache, d’une école professionnelle de
jeunes filles (94 élèves) et l’autre de garçons (44 élèves)
totalisaient près de 1.800 élèves, d’origine sociale essentiellement
modeste. Les enfants de la bourgeoisie et dans une moindre mesure des
classes moyennes étaient scolarisés dans les établissements européens,
surtout français et espagnols.

L’Administration Internationale et le Social

A
juste titre, A. Bouzid fait remarquer que, sur le plan de
l’enseignement au moins, la population musulmane n’a tiré aucun profit
de l’essor économique et urbanistique qu’a connu la ville de Tanger
durant les 33 ans d’Administration internationale. Si la communauté
juive s’en est finalement mieux sortie, c’est grâce à l’implication de
l’Alliance Israélite Internationale et au soutien au plan budgétaire,
certainement pas désintéressé, des autorités du Protectorat. Ce qui
était anormal, c’était le désintérêt manifeste de ces autorités pour la
promotion de l’enseignement moderne, en dehors de quelques écoles
franco-arabes destinées surtout aux fils de notables.

Pour ce
qui est de l’infrastructure sanitaire, elle a pratiquement été créée
bien avant l’instauration du statut international en 1923. En effet,
Tanger a bénéficié d’un encadrement sanitaire pluraliste dès la fin du
XIXe qui répondait à l’époque aux besoins spécifiques de chaque
communauté même si les différents hôpitaux étaient ouverts également à
la population musulmane. Historiquement, ce fut une mission médicale
anglaise débarquée en 1883 qui mit sur pied le premier hôpital du
Maroc, le « Hop House » du Marshan. Puis en 1886 ce fut le tour de la
Mission Franciscaine espagnole qui réussit même à fonder une « Ecole de
médecine » installée dans le premier hôpital espagnol. Sur initiative
du Sultan Moulay Hassan Ier, un groupe de jeunes militaires marocains y
reçut même une formation paramédicale.
L’Hôpital Français fut créé
en 1903 et rejoint en 1911 par l’Institut Pasteur de Tanger tous deux
installés dans le quartier du Marshan.
En 1905, l’hôpital Asile
Benchimol ouvrit ses portes au quartier Hasnouna. Financé par la
communauté juive, il accueillait surtout les nécessiteux de la
communauté mais il acceptait aussi les patients musulmans.
L’implantation de cette institution à Tanger dès le début du siècle et
la qualité des soins qui y étaient prodigués, montrent jusqu’à quel
point la communauté juive a su s’adapter à l’évolution du monde moderne
presque aussi rapidement que les puissances étrangères.
Tout près de l’Hôpital Benchimol, l’Ospedale Italiano s’installa, en 1926, dans l’ancien palais du Sultan Moulay Hafid.

Dans
la foulée, la médecine privée devait prendre toute sa place après les
initiatives prises par les puissances étrangères intéressées par une
présence durable de leurs ressortissants à Tanger. Des cliniques
privées ouvrirent peu à peu notamment celle du Dr. Anderson, du Dr Saft
ou surtout celle du Dr. Cabanié qui, le premier, eut à soigner les
blessés ramenés du front de la guerre du Rif (1921-1926). Le certificat
médical délivré à l’une des victimes est d’ailleurs cité par les
associations réclamant « la vérité sur l’usage des armes chimiques
durant cette guerre ». Sur la centaine de médecins et de chirurgiens
dentistes que comptait Tanger en 1950, 30 étaient de nationalité
espagnole, 30 de nationalité française et le reste de nationalités
diverses, parmi lesquelles une douzaine étaient juifs et trois
seulement musulmans dont le regretté Dr. Abdelatif Benjelloun dirigeant
du parti de l’Istiqlal à Tanger.

La saga du docteur Many

En
1915, débarqua à Tanger un médecin juif palestinien né à Hébron qu’il a
quitté en 1910, du nom du Docteur Many, diplômé de l’université
américaine de Beyrouth. Installé d’abord à Mogador, il devait très vite
être appelé au service du sultan Moulay Hafid, à Fez qu’il quitta à la
destitution de ce dernier pour s’établir définitivement à Tanger.
C’était
un personnage hors du commun tant par sa bonhomie, sa chevelure blanche
bien garnie et ses grosses lunettes noires, que par son comportement.
Il tenait son cabinet privé, qui ne désemplissait pas, d’abord au
quartier de Sakkaya Jdida où il circulait à dos d’âne, puis au quartier
du Marshan non loin de l’hôpital français et de l’Institut Pasteur. Ne
payaient la consultation que ceux qui le pouvaient. Il officiait en
outre à l’hôpital Benchimol dont la vocation était de soigner
bénévolement ses patients, prenant la suite du Dr Zpivakov un juif
d’origine russe arrivé à Tanger en 1905.

Bien que profondément
laïc (quand il décida de se marier ce fut avec une française non juive
agrégée d’histoire) il était respectueux des usages de chacun sans pour
autant se laisser phagocyter par les activistes de sa communauté. Il
lui arrivait ainsi de préconiser à un malade juif anémié de manger du
porc ou de la viande de cheval. Il avait son franc-parler et n’hésitait
pas à dénicher et tancer les « malades imaginaires » en arabe avec un
fort accent du Machrek.
Quand il subodorait un risque de scène de
ménage, il décrétait le huis clos avec son malade et ne prenait plus de
gants pour aller au fond des choses. C’était un pince-sans-rire mais il
lui arrivait de s’étouffer de rire en écoutant les détails
croustillants des explications de certains de ses patients dont il
connaissait souvent, comme dirait M. Mahjoubi Aherdane, le « pedigree
». Ces prescriptions médicales étaient toujours réduites au strict
minimum avec un recours presque systématique aux remèdes de la médecine
traditionnelle. C’était le seul homme de Tanger qui avait accès à tous
les foyers de la médina, le plus souvent tard le soir en raison de son
emploi du temps plus que chargé. Expérimenté comme aucun autre médecin,
compétent et intègre, les Tangérois ne juraient que par lui. Rares sont
les familles qui ne lui doivent pas d’avoir sauvé au moins l’un des
leurs. Il a continué d’exercer jusqu’à sa mort à plus de quatre-vingts
ans.
En guise d’hommage pour services rendus à la population, une
rue du Marshan fut baptisée à son nom par le premier conseil municipal
élu après l’indépendance (1962), mais dès la mise en place du conseil
suivant, la rue fut débaptisée pour on ne sait quelle obscure raison,
si ce n’est l’ingratitude humaine.

L'exode

L’émigration
de la population juive la plus déshéritée vers Israël puis le Canada
commença timidement dès 1953. Très vite, la communauté juive dont le
nombre s’élevait à 17.000 en 1955, sur un total de 150.000 habitants,
n’était plus que de 200 âmes vingt ans plus tard et moins de 100 à
présent. Il s’agit incontestablement d’une « espèce en voie de
disparition » car 99,5 % de ses membres ont préféré quitter le pays, il
est vrai sous aucune contrainte, dans l’espoir d’une vie meilleure
ailleurs. Des noms sont restés célèbres en Europe, en Amérique du Nord
comme du Sud. D’autres le sont devenus comme Shlomo Ben Ami ancien
ambassadeur d’Israël à Madrid, puis ministre des affaires étrangères et
actuellement député membre du parti travailliste. Une colombe parmi
d’autres.

Ceci dit, sans avoir été aussi massive, l’émigration
des autres communautés a connu elle aussi une forte accélération durant
la même période, en raison du marasme économique ayant frappé la ville
après la suppression du régime fiscal particulier dont elle jouissait
et que lui garantissaient tour à tour son statut international puis la
Charte Royale de Tanger. Les cadres étrangers mais aussi les jeunes
salariés marocains se retrouvant subitement sans emplois, prirent
massivement le chemin de l’exil vers l’Europe, tandis que banquiers,
commerçants juifs et indiens se rabattirent sur Gibraltar. Les classes
moyennes juives, quant à elles, émigrèrent surtout vers l’Amérique
latine, principalement le Venezuela et l’Argentine, et accessoirement
l’Amérique du Nord. Il faut dire qu’il n’était pas rare que les membres
de la bourgeoisie juive disposassent des nationalités les plus
diverses, certains étant même parvenus à se faire nommer consuls
honoraires de divers pays en particulier sud-américains.

Si l’on
ajoute que les professions qui allaient souffrir le plus de la
récession étaient précisément celles où la présence juive était plus
prépondérante, on comprend alors ce rush incroyable vers le départ qui
s’accentua pour le petit peuple des artisans et des travailleurs
indépendants avec l’entrée en action, dès la fin des années 50 de
l’exode vers Israël organisé plus ou moins officieusement par les
pouvoirs publics de l’époque. Un hôtel du centre ville, l’hôtel Mabrouk
a été réquisitionné spécialement pour l’accueil des candidats au départ
qui provenait de toutes les régions du Maroc. Dans le sillage de cette
opération d’évacuation massive, les coreligionnaires tangérois ont
certainement dû leur emboîter le pas.

Que reste-t-il de cette présence aujourd’hui ?

Un
quartier, jadis dans la périphérie de la ville, Ouad Lihoud (le vallon
des Juifs) à présent à la charnière du quartier résidentiel de la
montagne et du quartier populaire du Dradeb, porte encore curieusement
ce nom, sans que l’on en sache vraiment la raison.
Longtemps
délaissées, les petites synagogues de la médina ont été restaurées
depuis par une ONG juive américaine, celle de la rue Touahine ayant
pour sa part été transformée par la Fondation Lorin en musée du
souvenir de Tanger. Les bâtiments de l’hôpital Benchimol et de l’école
de l’Alliance israélite sont toujours là. Certains commerces portent
encore sur leurs frontons des noms évocateurs (« La estrella de Oro »,
ou des noms de familles juives tangéroises bien connues).
Quelques
amoureux inconditionnels de la ville du détroit y ont gardé un pied à
terre comme un cordon ombilical qu’ils refusent de couper, et qui leur
sert de prétexte pour revenir, avec leurs progénitures, sur les pas de
leurs parents. D’autres, beaucoup plus nombreux, reviennent
régulièrement en pèlerinage pour découvrir ce qu’il est advenu de leurs
anciennes demeures, du commerce de leurs proches, de leurs anciens
voisins musulmans. Ils se rendent compte très vite que le souvenir de
leurs familles est toujours vivant et c’est avec les yeux humides que
les embrassades s’échangent dès que l’identification a lieu. Il suffit
de donner quelques indices, parfois un simple prénom ou un surnom, la
raison sociale d’une boutique… Quand le temps d’un passage par Tanger,
on leur pose la question : Mais pourquoi donc êtes-vous partis ? On
reçoit toujours la même réponse : « En réalité, on n’en sait vraiment
rien ! ».



Mourad Akalay


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Soly Anidjar
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MessageSujet: Re: LES JUIFS TANGEROIS   Dim 18 Avr 2010 - 11:57

RECORRIDO POR LA JUDERIA DE TANGER
por la Sra. Silvia Mamán (desde Argentina)
24 de enero de 2006

La
armonía y excepcional compenetración entre árabes y judíos convierten
la historia del pueblo hebreo, en Marruecos, en una oda de libertad y
justicia, impregnada por una política de tolerancia promovida por el
Rey como tradición familiar de la dinastía Alaouita, que ha permanecido
en el trono por más de doce siglos. Dicha política ha establecido una
igualdad de derechos y deberes para ambos pueblos que se ha perpetuado
desde que la historia es historia.
La
presencia judía en el reino de Marruecos data de hace más de dos mil
años, mucho antes de la llegada de los árabes, cuando la población que
ahí habitaba era bereber. Resulta interesante, que a principios de esta
era, con el arribo de los judíos al norte de Africa, muchos de los
pobladores locales se convirtieron al judaísmo. Siglos después, con la
llegada de los almohades, los bereberes originales se convirtieron al
Islam. Maimónides, la figura sefardí más descollante de la presencia
judía en España, se crió y estudió en Marruecos, viéndose obligado a
escapar como consecuencia de la invasión almohade.
Se
han encontrado restos de cementerios judíos en el Sáhara Occidental que
dan fe de los dos milenios de presencia judía en esta tierra. Los
judíos que durante siglos vivieron ahí principalmente en el sur de
Marruecos son de origen bereber, mientras que la inmigración sefardí
llegó luego de la expulsión de España y se asentó mayormente en el
norte del país.
La población
judía de Marruecos llegó a su clímax en este siglo, en la década de los
años cuarenta, alcanzando el número de cuatrocientas mil almas,
constituyéndose, por ende, en la comunidad judía más importante del
norte de Africa y de los países árabes.
Entre
las décadas de los años cincuenta y sesenta se produjo una emigración
masiva hacia Israel, Francia, España, Canadá y Venezuela. El éxodo se
produjo como consecuencia de varios factores: sentimiento sionista
promovido por la Agencia Judía, conflicto en el Medio Oriente, y
finalmente, la independencia del Reino, que dejó de ser protectorado de
Francia y España, lo que acarreó problemas socioeconómicos que
estimularon más la emigración.
Un
aspecto único y magistral en el mundo judío, y uno de los síntomas más
interesantes de la convivencia existente en Marruecos, lo representa su
Tribunal Rabínico, el cual posee validez gubernamental autónoma y se
constituye como parte del Ministerio de Justicia, para encargarse de
todos los asuntos legislativos inherentes al pueblo hebreo, como lo son
el matrimonio, divorcio, herencia, etcétera, sin hacer menester la
participación de la ley marroquí, como sí ocurre en cualquier otro
país. Por otra parte, los salarios de los rabinos oficiales son
proveídos por el mismo gobierno. Es de señalar que en algunos casos,
los mismos musulmanes preferían adherirse a la justicia rabínica.
En
la actualidad, la población judía de Marruecos es de siete mil
habitantes, representando sólo dos por ciento de lo que una vez fue. La
comunidad más grande actual radica en Casablanca, que alberga cerca de
cinco mil almas.
A pesar de la
poca población, que en su mayoría pertenece a la tercera edad, la
huella judía en Marruecos se percibe hoy en día por doquier. Juderías,
calles, sinagogas, cementerios, fuentes y plazas recuerdan a una
avasallante colectividad que dio a luz a los más estudiosos y sapientes
eruditos de las Sagradas Escrituras, así como filósofos, rabinos,
escritores y en el presente, hasta ministros y consejeros del rey.
Tánger,
rosa de los vientos. El puerto de Tánger da la bienvenida al África
noroccidental. Su judeidad conoció el máximo esplendor entre la década
de los años treinta y cuarenta, cuando su población alcanzaba los
quince mil habitantes. La comunidad poseía dieciocho sinagogas, de las
cuales dieciséis estaban ubicadas en una misma calle conocida como la
Calle de las Sinagogas. En shabat y en las festividades no se veían
automóviles y cerraban los comercios, mayormente concentrados en el
Zoco Chico.
Entre los personajes
más ilustres que dio la judería tangerina, resaltan por su erudición
los rabinos Mordejai Bengio, Yehuda Benshimol, Yehuda Azancot, Mordejai
Ecaoua, Habib Toledano y Yamín Cohén. Por su prosa literaria, los
escritores Jacobo Bentata, Carlos Nesri y Abraham Laredo, autor de
Memorias de un viejo tangerino y Les noms des juifs du Maroc, ensayo
onomástico sobre el origen de los apellidos. En la Medicina, los
doctores Güita, Mani, Amselem y Morelly; y en las finanzas, los bancos
Hassan, Abensur y Pariente, que posteriormente se establecieron en
Suiza. Entre las familias más notables destacan los Laredo, Salama,
Bendrao, Toledano y Hassan.
En
la actualidad, la población judía de Tánger es de ciento ochenta almas,
informan Luís Tangir y Moisés Elbaz, secretario general y tesorero
respectivamente, de la Comunidad Judía de Tánger, en una mayoría
perteneciente a la tercera edad, de los cuales alrededor de sesenta
residen en el ancianato. La comunidad subvenciona los gastos de casi
sesenta por ciento de los correligionarios en temas de viviendas,
alimentación, medicina y salud; mediante fondos que provienen del
American Joint, donativos voluntarios y del usufructo de los bienes
comunitarios.
La judería
tangerina posee una junta directiva que se rige por los estatutos
vigentes de 1925. Además, es de resaltar, que la comunidad posee un
hospital, que en su tiempo fue único en las juderías de Marruecos.
Hoy
sólo funcionan cuatro sinagogas, dos de ellas únicamente abren en
shabat y en las festividades importantes. A veces, se hace hasta
difícil conseguir un miniánquórum de diez hombres. Hay un shojet
matarife y por ende alimentos casher.
Aún
se conserva el Casino, círculo social de los judíos en Tánger, que
constantemente recibe visitantes que arriban a esta ciudad del
encuentro con las tumbas de sus familiares más cercanos, que reposan en
paz tanto en el cementerio nuevo como en el viejo.
Sinagoga
Nahón En la rue Cheikh El Harrak, está ubicada con ciento diecisiete
años de fundada, la Sinagoga Nahón, reconstruida recientemente y
convertida en museo. Vale mencionar que esta es la sinagoga más hermosa
de Marruecos y una de las más majestuosas del mundo.
De
su techo cuelgan más de cuarenta lámparas de plata, elemento que
caracterizará sin tanta ostentación al resto de las sinagogas de
Marruecos. Su peculiar estilo obedece al arte mudéjar, desarrollado por
los mudéjares y moriscos después de la Reconquista, caracterizado por
combinar el elemento gótico con el islámico. Sus paredes, de estilo
mudéjar, combinan el blanco con siluetas en ocre, además de presentar
inscripciones en bereber. Todos los muros poseen arcos en herradura en
relieve, con formas abstractas en los dinteles acompañadas de pequeñas
columnas y siluetas en ocre. En el dintel del friso que separa la parte
inferior de la superior hazará posee inscripciones bíblicas en hebreo.
El
muro oriental lleva el hejal arca de los rollos de la ley en madera, en
cuya parte superior resaltan en el fresco las Tablas de la Ley y una
corona. Le tebá, posee su peculiar ubicación sobre el muro norte, en la
parte derecha de la sinagoga.
Simplemente
hermosa, la Sinagoga Nahón constituye una manifestación artística de la
época, patrimonio universal influenciado por el arte mudéjar y el
barroco español.
El cementerio
viejo A la derecha de la entrada se encuentra un panteón separado con
siete lápidas de la familia Hazán Nahón. Del resto, en todo el
cementerio, las lápidas son muy antiguas, en mármol no pulido y de
granito. No están ordenadas, por lo que apuntan hacia distintas
direcciones. Encontramos lápidas que datan de hace más de doscientos
años, que pareces piedras semienterradas y sobresalen en relieve,
perdiendo sus inscripciones con el devenir del tiempo. El cementerio
tiene vista al puerto.
Sinagoga
de Asayag. Un pequeño atrio antecede a la sala de oraciones propiamente
dicha. La tebá está ubicada frente al muro oriental, es de madera y
está descuidada. Losasientos están dispuestos una frente al otro, como
es propio de las sinagogas sefardíes.
El
techo de la sala de oración es muy alto. En la parte superior del
hejal, nuevamente encontramos las Tablas de la Ley y una corona sobre
el fresco. Se repite la costumbre de poseer lámparas de plata colgando
del techo. Inscripciones hebreas rodean el dintel del friso que separa
a la hazará. El piso es igual al de la Sinagoga Nahón: presenta cuadros
perpendiculares en mármol gris claro y oscuro.
Asilo
Laredo-Sabáh Fundado en 1932 por el prócer Amram wahnich, en memoria de
Isaac Toledano. Sus paredes de color pastel albergan a los ancianos de
la colectividad de Tánger, además de haber absorbido a otros de las
ciudades de Fez, Mequinéz (Meknes) y Larache. Todos los gastos médicos,
alimenticios y de vivienda corren por cuenta de la comunidad.


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