HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

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  L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN

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tamar



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MessageSujet: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 18 Mar 2010 - 15:50

Rappel du premier message :

les 150 ans de l'Alliance Israelite Universelle
LES ANNÉES DE FERTILISATION
David Bensoussan
( Extrait de l'ouvrage «Témoignages. Souvenirs et réflexions des anciens de l'Alliance israélite universelle»
Éditions Du Lys, 2002 )

Le matin, après avoir avalé la fameuse cuillerée d'huile de foie de morue ou encore après l'avoir mélangée avec du miel, bu son verre de thé bouillant accompagné de tartines beurrées, il est temps de prendre le chemin de l'école. Sac de cuir au dos, nous devisons avec des amis en allant de la Tour d'horloge puis en longeant la plage. Nous ramassons parfois des jujubes au pied des arbres qui bordent la route. Par journées de beau temps, nous nous regroupons par affinités et nous nous interpellons les uns les autres. Par temps gris, nous portons nos capes à capuchons ou nos duffle-coats et parfois des bottes de caoutchouc qui nous donnent le grand avantage d'avoir le plaisir de patauger dans les flaques d'eau. Nous virons à gauche et passons devant l'église puis devant l'école arabe où les enfants sont le plus souvent assis par terre sur le coup de midi, puis nous bifurquons à droite pour entrer à l'école de l'Alliance, l'école des filles en premier, celle des garçons de l'autre.

Il y avait toujours un groupe réuni autour d'acrobates grimpés sur l'arbre à réglisse au milieu de la cour. D'autres faisaient des paris devant la longue corde à grimper. Les cris de "À déééélivrer!" fusaient de partout. Nos récréations étaient extrêmement bruyantes. Les jeux ralentissaient au coup de sifflet et nous nous mettions en rang deux par deux. Tôt le matin, ou peu avant la reprise des classes à deux heures de l'après-midi, beaucoup se rassemblaient le long du mur qui bordait le cimetière arabe à l'arrière de l'école. Là, les enfants creusaient la terre glaise et modelaient du mobilier, des fruits ou des personnages qu'ils exposaient fièrement. Certains y excellaient particulièrement. Parfois, nous nous aventurions de l'autre côté de l'école où deux avions minuscules de couleur sable semblaient être collés au sol. Plus loin, les dunes de sable que l'on dévalait aux cris de Tchitcha la fava ! (je n'en ai jamais connu la signification). Après avoir pris notre élan, nous sautions et nous roulions en cabrioles de haut en bas dans un nuage de sable pour recommencer encore et encore.

Bitton était partout à la fois. Il était le directeur de l'école de l'Alliance qui porte le nom du célèbre consul de France Auguste Beaumier qui dès 1866 milita en faveur de l'instruction française de l'Alliance plutôt que celle anglaise de l'Anglo Jewish School. Les blagues relatives à sa petite taille se muaient en admiration et quelle admiration, lorsqu'il ouvrait la bouche. Il nous clouait littéralement sur le siège lorsqu'il nous donnait des cours de mythologie grecque en classe de sixième. Tous se disputaient alors les exemplaires de l'Iliade et l'Odyssée de la bibliothèque de l'école.

Monsieur Cohen dit Kéna n'était pas conventionnel. Il ne supportait pas les manières ou les facéties. Il nous organisait des sorties dans la nature et certains en revenaient avec des couleuvres en cravate car il fallait surmonter l'aversion ridicule. Il faisait l'élevage de souris blanches en classe que nous appelions du nom des héros de bandes dessinées : Pipo, Concombre, Élastoc, Mickey, Minnie, Donald, Daisy, Riri, Fifi, Lulu, Nif Nif, Naf Naf, Nuf Nuf et ainsi de suite. Il nous faisait tenir un journal des souris. J'aimais le taquiner par mes questions qui venaient justement remettre en question certaines de ses affirmations ou analogies volontairement simplifiées à des fins pédagogiques. Il m'appelait la barre sur le T et le point sur le i.

Le professeur Léon Benarosch était légendaire. Tout en lui était élégance : son discours comme son parler. Son tabac Amsterdamer parfumait la classe et il nous étonnait par ses pipes toujours différentes. Je me demande pourquoi on s'en étonnait puisque toute la classe lui offrait pour le nouvel an…une pipe ! Sa voix était claire et son discours parfaitement ponctué. Il nous faisait lire des volumes que nous devions résumer et j'avais l'habitude le jeudi soir de dicter des résumés à ceux qui voulaient bien prendre pour moi un livre supplémentaire à la bibliothèque car j'étais un lecteur avide. Il avait d'ailleurs le don de démasquer facilement ceux qui se contentaient de la seule remise de résumés sans même avoir ouvert le volume et qui avaient en plus le don de récidiver. Nous tenions des cahiers de synonymes bien fournis, des cahiers de biographies et ses tests nous maintenaient en forme. Il nous faisait ingurgiter de la culture et encore de la culture…

Il y avait le couple Ohayon. Lui grand et svelte, elle courte et rondelette. Messieurs Mouryoussef, Mouyal, Cohen, Danan, Madame Ohayon et tant d'autres encore dont le dévouement à la carrière d'enseignant était des plus admirables.

Le chemin du retour de l'école se faisait généralement par petits groupes et de façon ordonnée. Il y avait un vieux gendarme que les enfants aimaient rendre fou en utilisant un sifflet identique au sien ce qui le mettait dans une rage de lèse-majesté car il se voulait seul à avoir cette prérogative. Le plus souvent bonhomme, il nous permettait de toucher parfois la crosse de son pistolet en bandoulière.

Vers la fin de l'année, une fièvre incontrôlable s'emparait des élèves qui braillaient à l'unisson durant les derniers jours devant l'administration qui savait alors se montrer étonnement clémente :


"Gai Gai l'écolier, c'est demain les vacances…
Adieu ma p'tite maîtresse qui m'a donné le prix
Et quand je suis en classe qui m'a fait temps pleurer !
Passons par la fenêtre cassons tous les carreaux,
Cassons la gueule du maître avec des coups de belghat (babouches) !"

Ou encore :

"Iya pas de coméra (Il n'y a pas du pain)
Ya sardina (il y a de la sardine) !
Iya pas de sardina ya lcoméra !"

Ou même :

"Éteindez (Éteignez) la lumière,
Commencez l'cinima (le cinéma) !"
http://www.melca.info/aiu-fertilisation.html

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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 6:10

En 1862, l’Alliance Israélite Universelle créait sa première école à Tétouan, puis étendait son réseau, non sans réticences et résistances des milieux les plus orthodoxes qui craignaient l’atteinte aux valeurs judaïques, la dépersonnalisation(8). Mais l’Alliance Israélite Universelle se développait, inexorablement, bien avant le Protectorat grâce au prestige d’un enseignement de bonne qualité, ouvrant de nouvelles possibilités. Désormais, une partie de la jeunesse des villes était éduquée en français. Avec le Protectorat, cette langue allait devenir celle de la culture et du travail dans le secteur moderne de l’économie.

Un bilinguisme s’est instauré dans une partie de la communauté qui reléguait le judéo-arabe au rang de langue effective et familiale. Evolution inégale cependant, selon les milieux, les régions, les générations … Aujourd’hui, certains jeunes des milieux plus ou moins aisés n’ont plus, à la troisième génération, qu’une connaissance limitée de l’arabe dialectal, tandis que dans les milieux populaires - particulièrement féminins- l’arabe demeure le vecteur principal sinon unique de l’expression, surtout à mesure que l’on remonte la pyramide des âges. Dans le domaine religieux, le judéo-arabe a longtemps résisté au français : les sermons (drash) sont souvent encore dits en judéo-arabe . Quant à la connaissance de l’arabe classique, enseigné dans les écoles de l’ITTIHAD à raison de deux heures par jour, elle est restée insuffisante, faute de méthode et d’un encadrement adaptés.

L’acculturation au français - et à l’espagnol moderne- n’a donné naissance à des créations littéraires judéo-marocaines intéressantes que dans les années 1980, avec les romans d’Edmond Amran El Maleh. Le roman, est resté pratiquement hors du champ d’application de la langue apprise : drame de la coupure entre identité et langue étrangère que l’on sent inapte à exprimer une effectivité, et une société dont la texture est tellement éloignée des mondes de Pascal, Descartes ou Valéry … Pas de Cholom Alekhem non plus, celui-ci disposait d’une langue rodée, cultivée, le yiddish, au vaste public, tandis que le judéo-arabe est resté trop limité dans son vocabulaire et surtout a été considéré comme mineur par ceux qui avaient reçu l’enseignement des langues européennes. Faute d’une langue de culture appropriée de nombreuses velléités ont dû rester dans l’encrier.

Cela explique sans doute pourquoi les productions culturelles en français et espagnol se sont développées davantage dans les domaines de l’essai, de la conférence, du journalisme, de l’histoire ou de la chronique.

L’émigration juive marocaine de la première génération continue dans la langue des pays d’accueil, essentiellement dans la même direction, celle de la recherche d’identité, du souvenir.

On voit apparaître une production théâtrale en France et au Québec : comédies de mœurs sur les difficultés d’adaptation à un monde si différent, avec, en toile de fond, la menace de dépersonnalisation, le mariage mixte (thème de la comédie «les carottes sont cuites»).

Sur un registre plus déchirant, les poésies d’Erez Bitton qui clame, en hébreu, ses nostalgies marocaines et sa révolte dans Sefer ha-nac nac, «le livre de la menthe» …
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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 6:11



Le theatre espagnol de Tetuan annee 2010.
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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:08

Tétouan, 1958 - Atelier menuiserie (cours complémentaire).
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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:09

Tétouan, Février 1958 - Une classe à l'étude.
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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:12

Tétouan, 1950 - Ecole. Classe du CEP.
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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:13

Tétouan, 30 Juin 1960 - Ecole de Tétouan. Distribution des prix. Son excellence le Pacha félicite et remet les prix à Melle Estrella Garzou, élève admise première de sa classe au BEPC. Photo : Garcia Cortès, Tétouan

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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:15

Tétouan, Décembre 1963 - La chorale du collège de l’AIU dirigée par M. Lévy, professeur de français en classes de seconde et de première. Photo : Garcia Cortès, Tétouan
Année:
1963



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:18

MAROC, Tétouan, 1972

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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:25

Octobre 2010 a l'occasion des 150 ans de l'alliance a l'institut Svi a Tel-Aviv avec moi et au milieu monsieur Jean-Claude Kuperminc, le directeur de la bibliotheque et des archives de l'alliance Israelite universelle a Paris


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:26



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:26



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:27



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