HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

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  L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN

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tamar



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MessageSujet: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 18 Mar 2010 - 15:50

les 150 ans de l'Alliance Israelite Universelle
LES ANNÉES DE FERTILISATION
David Bensoussan
( Extrait de l'ouvrage «Témoignages. Souvenirs et réflexions des anciens de l'Alliance israélite universelle»
Éditions Du Lys, 2002 )

Le matin, après avoir avalé la fameuse cuillerée d'huile de foie de morue ou encore après l'avoir mélangée avec du miel, bu son verre de thé bouillant accompagné de tartines beurrées, il est temps de prendre le chemin de l'école. Sac de cuir au dos, nous devisons avec des amis en allant de la Tour d'horloge puis en longeant la plage. Nous ramassons parfois des jujubes au pied des arbres qui bordent la route. Par journées de beau temps, nous nous regroupons par affinités et nous nous interpellons les uns les autres. Par temps gris, nous portons nos capes à capuchons ou nos duffle-coats et parfois des bottes de caoutchouc qui nous donnent le grand avantage d'avoir le plaisir de patauger dans les flaques d'eau. Nous virons à gauche et passons devant l'église puis devant l'école arabe où les enfants sont le plus souvent assis par terre sur le coup de midi, puis nous bifurquons à droite pour entrer à l'école de l'Alliance, l'école des filles en premier, celle des garçons de l'autre.

Il y avait toujours un groupe réuni autour d'acrobates grimpés sur l'arbre à réglisse au milieu de la cour. D'autres faisaient des paris devant la longue corde à grimper. Les cris de "À déééélivrer!" fusaient de partout. Nos récréations étaient extrêmement bruyantes. Les jeux ralentissaient au coup de sifflet et nous nous mettions en rang deux par deux. Tôt le matin, ou peu avant la reprise des classes à deux heures de l'après-midi, beaucoup se rassemblaient le long du mur qui bordait le cimetière arabe à l'arrière de l'école. Là, les enfants creusaient la terre glaise et modelaient du mobilier, des fruits ou des personnages qu'ils exposaient fièrement. Certains y excellaient particulièrement. Parfois, nous nous aventurions de l'autre côté de l'école où deux avions minuscules de couleur sable semblaient être collés au sol. Plus loin, les dunes de sable que l'on dévalait aux cris de Tchitcha la fava ! (je n'en ai jamais connu la signification). Après avoir pris notre élan, nous sautions et nous roulions en cabrioles de haut en bas dans un nuage de sable pour recommencer encore et encore.

Bitton était partout à la fois. Il était le directeur de l'école de l'Alliance qui porte le nom du célèbre consul de France Auguste Beaumier qui dès 1866 milita en faveur de l'instruction française de l'Alliance plutôt que celle anglaise de l'Anglo Jewish School. Les blagues relatives à sa petite taille se muaient en admiration et quelle admiration, lorsqu'il ouvrait la bouche. Il nous clouait littéralement sur le siège lorsqu'il nous donnait des cours de mythologie grecque en classe de sixième. Tous se disputaient alors les exemplaires de l'Iliade et l'Odyssée de la bibliothèque de l'école.

Monsieur Cohen dit Kéna n'était pas conventionnel. Il ne supportait pas les manières ou les facéties. Il nous organisait des sorties dans la nature et certains en revenaient avec des couleuvres en cravate car il fallait surmonter l'aversion ridicule. Il faisait l'élevage de souris blanches en classe que nous appelions du nom des héros de bandes dessinées : Pipo, Concombre, Élastoc, Mickey, Minnie, Donald, Daisy, Riri, Fifi, Lulu, Nif Nif, Naf Naf, Nuf Nuf et ainsi de suite. Il nous faisait tenir un journal des souris. J'aimais le taquiner par mes questions qui venaient justement remettre en question certaines de ses affirmations ou analogies volontairement simplifiées à des fins pédagogiques. Il m'appelait la barre sur le T et le point sur le i.

Le professeur Léon Benarosch était légendaire. Tout en lui était élégance : son discours comme son parler. Son tabac Amsterdamer parfumait la classe et il nous étonnait par ses pipes toujours différentes. Je me demande pourquoi on s'en étonnait puisque toute la classe lui offrait pour le nouvel an…une pipe ! Sa voix était claire et son discours parfaitement ponctué. Il nous faisait lire des volumes que nous devions résumer et j'avais l'habitude le jeudi soir de dicter des résumés à ceux qui voulaient bien prendre pour moi un livre supplémentaire à la bibliothèque car j'étais un lecteur avide. Il avait d'ailleurs le don de démasquer facilement ceux qui se contentaient de la seule remise de résumés sans même avoir ouvert le volume et qui avaient en plus le don de récidiver. Nous tenions des cahiers de synonymes bien fournis, des cahiers de biographies et ses tests nous maintenaient en forme. Il nous faisait ingurgiter de la culture et encore de la culture…

Il y avait le couple Ohayon. Lui grand et svelte, elle courte et rondelette. Messieurs Mouryoussef, Mouyal, Cohen, Danan, Madame Ohayon et tant d'autres encore dont le dévouement à la carrière d'enseignant était des plus admirables.

Le chemin du retour de l'école se faisait généralement par petits groupes et de façon ordonnée. Il y avait un vieux gendarme que les enfants aimaient rendre fou en utilisant un sifflet identique au sien ce qui le mettait dans une rage de lèse-majesté car il se voulait seul à avoir cette prérogative. Le plus souvent bonhomme, il nous permettait de toucher parfois la crosse de son pistolet en bandoulière.

Vers la fin de l'année, une fièvre incontrôlable s'emparait des élèves qui braillaient à l'unisson durant les derniers jours devant l'administration qui savait alors se montrer étonnement clémente :


"Gai Gai l'écolier, c'est demain les vacances…
Adieu ma p'tite maîtresse qui m'a donné le prix
Et quand je suis en classe qui m'a fait temps pleurer !
Passons par la fenêtre cassons tous les carreaux,
Cassons la gueule du maître avec des coups de belghat (babouches) !"

Ou encore :

"Iya pas de coméra (Il n'y a pas du pain)
Ya sardina (il y a de la sardine) !
Iya pas de sardina ya lcoméra !"

Ou même :

"Éteindez (Éteignez) la lumière,
Commencez l'cinima (le cinéma) !"
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tamar



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 18 Mar 2010 - 15:51

Au programme musical s'ajoutaient d'autres refrains tels : "Je monte sur un pommier, qui est plein de cerises, j'entends signaler…" ou encore "Ahia Mimouna, mimouna ya mimouna !" Cette dernière chanson tirée du répertoire pied noir, avait une saveur particulière car l'on y singeait avec humour la langue française. Les meneurs parmi les enfants faisaient alors état ouvertement de leurs couleurs en scandant les chansons en tête des frondeurs d'un jour. Les réjouissances de fin d'année se terminaient au cinéma La Scala où nous donnions des représentations. Les représentations musicales incluaient de la musique andalouse chantée par des cœurs et les spectacles humoristiques avaient des sketches hilares en judéo-arabe. Nous étions parfois invités à l'école française pour assister aux spectacles de fin d'année qui incluaient des danses des provinces françaises et l'inévitable : "Si tous les gars du monde décidaient d'être copains…" qui prônait l'égalité de chaque enfant "même s'il n'est pas né en France !".

Alors que nos amis français batifolaient à la plage, nous devions passer nos dimanches et nos vacances estivales au Talmud Thora pour y compléter notre formation hébraïque et biblique. La discipline y était stricte et les punitions moyenâgeuses : nerf de bœuf sur la main ou sur la plante des pieds, ces derniers ligotés au moyen d'une falaqa turque. Cette éducation était alors réservée aux garçons. Je parlais français à la maison et dus m'exposer à l'apprentissage de l'hébreu traduit et commenté en judéo-arabe. Il me souvient que le directeur Rbi Haïm Azencot me promenait les matins et me faisait réciter les leçons de chacune des classes en répétant : « Vous voyez le petit Dody, Prenez exemple ! C'est comme ça qu'il faut apprendre ! » On me trouva brillant et me plaça dans la Yeshiva, avec des adolescents mûrs. Là, les lectures talmudiques en araméen étaient traduites en judéo-arabe. Je planais. Tout me semblait embrouillé. Seules quelques réponses maladroites de quelques étudiants me réconfortaient en regard de ma compréhension des textes. La pédagogie éducative consistait alors à pousser en avant ceux qui manifestaient une certaine prédisposition à l'étude. On leur apprenait à nager en les jetant à la mer. Et puis, il y avait le cauchemar des récréations. À la sonnerie, tous se ruaient dans l'escalier pour aller jouer au foot sur le toit. Je voyais autour de moi des grandes jambes qui me semblaient appartenir à un troupeau de pachydermes en furie. Il arrivait que l'on m'écrasât et que je saignasse. Monsieur Azencot venait alors sermonner les étudiants de monter l'escalier lentement et sans se presser. Cette consigne tenait bon pendant vingt-quatre heures tout au plus. La récréation était le moment où tous se défoulaient où les paris étaient engagés sur les combats de lutte en cours. C'était pour beaucoup de personnes la seule récréation estivale.

Deux éducateurs me forgèrent au Talmud Thora de Mogador au Maroc et surent tout autant retenir et captiver mon imaginaire d'enfant : Rbi Yitshaq Haroche et Rbi Ms'eud Elkabas. Rbi Yitshaq Haroche avait pour habitude de nous enseigner tantôt le livre des Juges et tantôt le livre des Rois tout en tenant ouvert devant lui le quotidien de l'époque, Le Petit Marocain. Tout en nous informant de l'actualité, il faisait des connections et des rapprochements avec tel ou tel autre épisode de la Bible, le tout avec un grand sens de l'humour très apprécié de ses élèves. À quelqu'un qui jetait son chewing gum par la fenêtre en prétendant n'en avoir pas mastiqué, il élaborait des scénarios complexes relativement à des fourmis innocentes écrasées et collées ou des personnes non prédestinées qui se retrouvaient à partager une intimité indécente. Il vainquait par l'humour. Pour sa part, Rbi Ms'eud Elkabas nous enseignait le Talmud la semaine durant. Cela était ardu. J'avais alors 8 ans et il nous fallait saisir au vol les subtilités talmudiques exprimées en araméen, en hébreu et en judéo-arabe. Rbi Ms'eud Elkabas parvenait à nous tenir en haleine jusqu'au vendredi matin. Ce jour là, les livres étaient fermés, et il nous contait des ma'asiyoth, c'est-à-dire des faits de l'histoire juive. Sa voix douce et sereine voguait dans un grand silence alors qu'il relatait des épisodes du judaïsme marocain où intervenaient rabbins, sultans et rois d'Espagne. Ces deux éducateurs ont réussi à me présenter la Bible sous un visage humain et à me faire sentir que le passé, que ce soit celui de l'Esclavage en Égypte, celui de la royauté glorieuse d'Israël, celui des affres de l'Exil ou celles des horreurs de l'Inquisition constituait un passé bien vivant en moi. Alors, qu'il se soit agi d'un passé historique et lointain, sa réalité n'en était pas moins des plus présentes dans ma chair. Tous les rêveurs et les persécutés de l'histoire juive revêtaient le visage de mes grand-parents et, tel un chevalier du Moyen Âge, je me promettais déjà de les protéger avec vaillance.

À l'âge de dix ans, nous déménageâmes à Casablanca. Je continuais mes études au Cours complémentaire de l'Alliance israélite universelle. Quelle famille ! Nous rêvions, nous nous amusions, nous passions des billets doux laissant éclater l'imagination de nos fantasmes. C'était l'époque des blousons de cuir, des motocyclettes et du cran à l'Elvis Presley. Jerry Lewis faisait notre bonheur. Ray Charles, Johnny Holiday, Richard Anthony et les Chaussettes noires étaient à la mode. Nous nous passionnions sur le sort de Caryl Chessman qui encourait une peine de mort repoussée moult fois. Pour nous repêcher, nos professeurs usaient de morale, d'humour, de compassion, voire de menace. Ils avaient tant envie de nous voir réussir que cela en crevait les yeux.

Il y avait le couple rassurant des Altun, tous deux profs de français : le mari guilleret et sa femme posée ; les profs de maths Bréart aux interjections brusques et Gomel, qui se voulait charmeur ; Madame Lévy aussi charmante que stricte ; les professeurs d'arabe Lévy - le syndicaliste et communiste déclaré - et Cohen - spécialiste des punitions écrites ; la prof de musique Madame Ovadia à la voix enchanteresse ; Marelli aux compétences littéraires exceptionnelles ; les professeurs d'hébreu Nahon aux adjectifs grandiloquents et Claude Sultan qui savait mater les plus durs par le contenu de son cours ; le couple Benaroya qui enseignait l'anglais et l'histoire : Lui petit de taille et jovial et elle langoureuse mais stricte ; la belle et envoûtante madame Zrihen professeur de sciences naturelles qui octroya une gifle cinglante à mon ami Jacky Pinto qui, en leçon d'anatomie, l'avait scrutée attentivement en répondant que le corps humain était… harmonieux ! Madame Ohayon prof de géographie qui avait en sainte horreur les courants d'air et l'ineffable professeur de physique-chimie, Monsieur Wazana, haltérophile et démonstrateur. Il s'engageait dans des trépieds interminables, plaçait ça et là quelques expressions d'arabe dialectal qui nous familiarisaient avec la matière. Comment s'y prenait-elle ? Madame Guéron arrivait à nous faire réciter des chapitres d'histoire entiers de Jules Isaac ! Elle était la motivation même. Et son mari, courtois et fascinant, dirigeait l'école avec un doigté rare. Madame Ifrah, toujours en survêtement, haranguait les classes de gymnastique avec autorité et un humour mordant.

Nous étions entourés, cajolés mais le rendions bien à nos professeurs. Le désordre qui régnait dans les récréations laissait place à un envoûtement engageant sitôt nos bancs rejoints. C'était l'époque des crises d'adolescence difficiles et il n'en fallait pas beaucoup pour prendre la tangente en dehors des sillons de l'étude. L'orchestration de l'école était telle que tout un chacun avait droit à une attention personnelle malgré les gaffes ou les mauvaises farces.

À l'âge de 15 ans, je passais de l'école du Cours Complémentaire de l'Alliance au Lycée Lyautey. Les ondes radiophoniques vibraient alors avec Françoise Hardy et Marie Laforêt et les Beatles commençaient tout juste à percer. C'était l'époque des yéyé. Quel choc ! Autant l'atmosphère familiale était présente à l'Alliance israélite, autant elle était impersonnelle au lycée. Les professeurs y cultivaient leur légende. Tout celui qui s'aventurait à poser une question s'exposait aux sarcasmes narquois du prof. Autant donc ne pas se mouiller et cultiver ses incertitudes à moins de rouler la question de telle sorte que le prof dans sa grande mansuétude et son éminente condescendance sourcille des yeux et prenne un temps de réflexion avant de répondre. La terreur était ambiante et palpable. Les questions orales trouvaient devant elles des élèves rongés par le trac. La menace d'être envoyé chez le proviseur haut juché et sentencieux était la quintessence de la mauvaise augure.

Et pourtant, nous arrivions à nous y faire et même de temps en temps à en rire. Les récréations surtout. Les plus macho des français racontaient leurs week-ends débauchés en traitant tout celui qui en doutait de puceau. Bien des fils à papa ne s'en faisaient pas pour leurs études - ou du moins le décriaient-ils - et comptaient qui sur leur fortune, qui sur leur particule pour se frayer un chemin dans la vie. Certaines séances de bizutage des classes supérieures en début d'année étaient drôles comme tout, d'autres étaient particulièrement odieuses. Juifs dans une école française en pays musulman, nous avions droit aux congés des trois religions et cela était fortement jalousé par nos camarades français qui n'avaient droit qu'aux fêtes fériées chrétiennes et musulmanes. Certains de nous refusaient de venir en classe le samedi, d'autres se permettaient de venir mais pour écouter seulement, d'autres encore participaient normalement. Il y avait peu d'Arabes en classe. Ils étaient généralement discrets et une proportion importante proférait un marxisme salutaire. La douce cruauté des Français qui attendaient la période du jeûne du Ramadan pour entrer en classe avec des sandwiches au jambon odorants !

Il y avait des professeurs brillants par leur clarté d'esprit et leur démarche intellectuelle cartésienne. D'autres moins sûrs d'eux-mêmes, se renfermaient dans leur carapace disciplinaire. Chacun avait un cachet, des manies, des expressions récurrentes ou encore des colères prévisibles. Ils nous offraient l'excellence et nous devions évoluer tel des équilibristes au sein du créneau exigu de liberté surveillée pour atteindre les cimes auxquelles on nous prédestinait. La recette de la réussite résidait dans le labeur et l'assiduité sans équivoque. À de rares exceptions près, les profs étaient inabordables.

Alliance et Talmud Thora à Mogador, Cours complémentaire et Lycée Lyautey à Casablanca. Ce cheminement fut celui de nombreux de mes amis. Tout ce monde est maintenant dispersé aux quatre vents. Il m'a rarement été donné de rencontrer mes meilleurs amis de classe. Parfois, j'entends parler de certains. Les grands flux d'écoliers avec leurs héros, leurs champions ou leurs meneurs ont dû interrompre leur cours pour dériver vers de nouveaux océans et horizons. Il ne reste plus que les bâtiments témoins de notre passage et de nos grivoiseries et, les échos des bruits familiers qui surgissent du fond de la mémoire comme s'il ne s'agissait que d'un événement encore tout frais. Certains épisodes brefs résonnent encore en moi tel un film projeté au ralenti. D'autres épisodes s'étalant sur de longues périodes me reviennent fulgurants et fugaces tout à la fois. La mémoire relativise les événements et leur durée et ne conserve d'eux que certains points de repère, retenus selon des critères qui lui sont propres, et qui jalonnent le cours de toute une vie. Et, tel un phare dans un océan en furie, l'exemple donné par les professeurs compétents et dévoués continue de guider nos pas dans la course de la vie. Qu'il me soit permis de rendre hommage à une kyrielle de professeurs et de formateurs de l'esprit et de l'intellect qui sont toujours présents en moi, à l'ensemble des professeurs extraordinaires, dévoués à leur mission d'enseignants et à la transmission fidèle des Lettres, des Arts, des Sciences et de l'Éthique. J'émets le souhait que l'on puisse transmettre à son tour avec la même ferveur et la même dévotion le goût de l'étude et celui de la transmission du goût de l'étude.

Extrait de l'ouvrage «Témoignages. Souvenirs et réflexions des anciens de l'Alliance israélite universelle», les Éditions Du Lys, 2002
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tamar



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 18 Mar 2010 - 15:52


LES ANNÉES DE FERTILISATION


David Bensoussan

( Extrait de l'ouvrage «Témoignages. Souvenirs et réflexions des anciens de l'Alliance israélite universelle»
Éditions Du Lys, 2002 )
Le matin, après avoir avalé la fameuse cuillerée d'huile de foie de morue ou encore après l'avoir mélangée avec du miel, bu son verre de thé bouillant accompagné de tartines beurrées, il est temps de prendre le chemin de l'école. Sac de cuir au dos, nous devisons avec des amis en allant de la Tour d'horloge puis en longeant la plage. Nous ramassons parfois des jujubes au pied des arbres qui bordent la route. Par journées de beau temps, nous nous regroupons par affinités et nous nous interpellons les uns les autres. Par temps gris, nous portons nos capes à capuchons ou nos duffle-coats et parfois des bottes de caoutchouc qui nous donnent le grand avantage d'avoir le plaisir de patauger dans les flaques d'eau. Nous virons à gauche et passons devant l'église puis devant l'école arabe où les enfants sont le plus souvent assis par terre sur le coup de midi, puis nous bifurquons à droite pour entrer à l'école de l'Alliance, l'école des filles en premier, celle des garçons de l'autre.

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tamar



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 18 Mar 2010 - 15:57

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tamar



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 18 Mar 2010 - 15:59

En 1862, l’Alliance Israélite Universelle créait sa première école à Tétouan, puis étendait son réseau, non sans réticences et résistances des milieux les plus orthodoxes qui craignaient l’atteinte aux valeurs judaïques, la dépersonnalisation(8). Mais l’Alliance Israélite Universelle se développait, inexorablement, bien avant le Protectorat grâce au prestige d’un enseignement de bonne qualité, ouvrant de nouvelles possibilités. Désormais, une partie de la jeunesse des villes était éduquée en français. Avec le Protectorat, cette langue allait devenir celle de la culture et du travail dans le secteur moderne de l’économie.

Un bilinguisme s’est instauré dans une partie de la communauté qui reléguait le judéo-arabe au rang de langue effective et familiale. Evolution inégale cependant, selon les milieux, les régions, les générations … Aujourd’hui, certains jeunes des milieux plus ou moins aisés n’ont plus, à la troisième génération, qu’une connaissance limitée de l’arabe dialectal, tandis que dans les milieux populaires - particulièrement féminins- l’arabe demeure le vecteur principal sinon unique de l’expression, surtout à mesure que l’on remonte la pyramide des âges. Dans le domaine religieux, le judéo-arabe a longtemps résisté au français : les sermons (drash) sont souvent encore dits en judéo-arabe . Quant à la connaissance de l’arabe classique, enseigné dans les écoles de l’ITTIHAD à raison de deux heures par jour, elle est restée insuffisante, faute de méthode et d’un encadrement adaptés.

L’acculturation au français - et à l’espagnol moderne- n’a donné naissance à des créations littéraires judéo-marocaines intéressantes que dans les années 1980, avec les romans d’Edmond Amran El Maleh. Le roman, est resté pratiquement hors du champ d’application de la langue apprise : drame de la coupure entre identité et langue étrangère que l’on sent inapte à exprimer une effectivité, et une société dont la texture est tellement éloignée des mondes de Pascal, Descartes ou Valéry … Pas de Cholom Alekhem non plus, celui-ci disposait d’une langue rodée, cultivée, le yiddish, au vaste public, tandis que le judéo-arabe est resté trop limité dans son vocabulaire et surtout a été considéré comme mineur par ceux qui avaient reçu l’enseignement des langues européennes. Faute d’une langue de culture appropriée de nombreuses velléités ont dû rester dans l’encrier.

Cela explique sans doute pourquoi les productions culturelles en français et espagnol se sont développées davantage dans les domaines de l’essai, de la conférence, du journalisme, de l’histoire ou de la chronique.

L’émigration juive marocaine de la première génération continue dans la langue des pays d’accueil, essentiellement dans la même direction, celle de la recherche d’identité, du souvenir.

On voit apparaître une production théâtrale en France et au Québec : comédies de mœurs sur les difficultés d’adaptation à un monde si différent, avec, en toile de fond, la menace de dépersonnalisation, le mariage mixte (thème de la comédie «les carottes sont cuites»).

Sur un registre plus déchirant, les poésies d’Erez Bitton qui clame, en hébreu, ses nostalgies marocaines et sa révolte dans Sefer ha-nac nac, «le livre de la menthe» …

http://www.casajewishmuseum.com/index.php?page=culture
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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Oct 2010 - 7:31

gracias por estas fotos.
il n'y a pas de photos d'ecole de Tetouan qui a ete la premiere ecole au Maroc??

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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Oct 2010 - 7:33

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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Oct 2010 - 7:34

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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Oct 2010 - 7:38

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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Oct 2010 - 7:40

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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Oct 2010 - 7:44

"Il était une fois... il était une dernière fois..."
José Garzon est l'un des derniers élèves de l'Alliance à Tétouan.

Il est né en 1963 et habitait le centre-ville. Il n'en a pas moins connu la Juderia où vivaient ses grands-parents. Dans les années cinquante, le nombre des synagogues s'élevait - par décret rabbinique! - à un maximum de quinze. Chaque communauté avait sa synagogue, les Tétouanais ne se mêlant pas aux habitants du Rif. A la maison, on parlait le haketia - le judéo-arabo-espagnol ; dans la rue, l'espagnol; à l'Alliance, le français. Le ladino reparaissait dans les prières, le deuxième soir de Pâque surtout. Les chercheurs du multi-linguisme n'étaient pas encore nés!

Dans les années soixante , la ville comptait cent mille habitants dont six mille juifs; l'école Ruben et Stella Tajouri réunissait quatre cents élèves. Les matières générales se tenaient exclusivement en français, les cours du judaïsme étaient dispensés, à partir de 16 heures trente, au Talmud Torah où les élèves étaient accueillis avec un goûter. José garde un souvenir émouvant de la coexistence entre musulmans, juifs et chrétiens dans la ville: " Le jour de la Saint-Jean, déclare- t-il, nous allions brûler Judas; le jour de Pourim, les musulmans se déguisaient et les chrétiens brûlaient Haman!" José Garzon a vécu la fermeture de l'école de l'Alliance à Tétouan. A partir de la Sixième, il est interne à l'école de Tanger. Puis il est admis à l'Ecole normale israélite orientale où , dans sa commu nauté scolaire à majorité marocaine, les Tétouanais passaient pour... des naïfs, " parce qu'ils parlaient le plus pur des français, sans un mot d'argot, et se montraient tatillons sur les règles de grammaire qu'ils connaissaient par coeur". Aujourd'hui, José Garzon , l'un des tout derniers élèves de l'école de l'Alliance de Tétouan, est un des pilliers, comme intendant, de la dernière école de l'Alliance, le collège Georges Leven à Paris - c'est-à-dire de la plus récente!-

En lisant le livre de notre regrettée amie Sarah Leibovici (1), qui relate l'ouverture de la première école de l'Alliance, on a envie d'ajouter en préambule "Il était une fois", tant cet événement s'est révélé épique. En témoignant des dernières années de cette école, je commencerai donc par cette même formule :

Il était une fois...Il était une dernière fois...
Adossée aux collines du Dersa et butant sur les pieds du Rif, Tétouan ressemble à un drap de satin blanc négligemment jeté au creux d'une vallée. Son encastrement a toujours nui à son développement urbain et contribué à son isolement. Les deux occupations espagnoles n'ont pas été vécues comme un viol de son intégrité, mais comme une symbiose entre deux cultures soeurs, andalouse et maghrébine. Nous, petits juifs tétouanais, évoluons dans une sérénité quasi biblique, mélangeant nos langages et mixant nos patries sans prendre conscience d'être la dernière génération scolarisée à l'école juive tétouanaise. A la maison, nous parlions espagnol, à l'école le français exclusivement, avec nos grands- parents le Hakétia (2) et enfin, avec les commerçants, un arabe dialectal hybride. Ajoutez à cela l'anglais parfois, l'hébreu et l'arabe littéraire imposés par l'école, et vous comprendrez quel défi était lancé à ces petits enfants.

Culture universelle
Sionistes sans réserve, nous montrions au Maroc et au roi un attachement sans faille. D'un autre côté, c'était la télévision espagnole qui était allumée dans nos foyers et les valeurs républicaines françaises qui nous étaient transmises par nos enseignants. Et tout cela nous semblait naturel!!! J'ai pris conscience de cette appartenance multiple le jour où, lorsque je présentai mon dossier de naturalisation, le fonctionnaire français me dit: " A la case nationalité d'origine, je note marocaine, mais en face de culture, je marque quoi? " Je lui répondis, ne trouvant d'autre formulation plus adéquate: " je suis un enfant de l'Alliance israélite universelle", et c'est ainsi , qu'au ministère de l'Intérieur, dans le dossier d'un Tétouanais, en face de " culture", il y a écrit " universelle"...

Le premier souvenir qui m'a fortement marqué est la disparition de camarades qui, du jour au lendemain, laissaient leurs bancs vacants. Entre nous, on savait. Ils étaient partis soudainement la veille en Espagne, à Caracas ou à Jerez. Jerez n'était pas pour nous la capitale espagnole du vin, mais l'habile déguisement de Eretz, la terre, la terre d'Israël.Il faut dire qu'en cette veille de guerre de Kippour, nos parents nous apprenaient à nous méfier de nos camarades d'école musulmans avec qui nous entretenions pourtant des relations plus qu'amicales. D'ailleurs, ils n'étaient pas dupes, eux qui, dans l'innocence de leurs dix ans, venaient nous attendre à la sortie de la synagogue le Shabbat midi pour notre promenade.

S'inscrire à l'école de l'Alliance n'était pas un choix, c'était une évidence. Ma mère avait été scolarisée dans les anciens locaux situés dans la Juderia (3), ma grand-mère aussi, ainsi que mon arrière grand- mère. Alors, lorsque le dernier directeur, M Isaac Benabou, annonça en 1974 la fermeture de l'école, l'émotion fut vive. Certes, plusieurs solutions avaient été tentées: regrouper les classes ( CE1-CE2,CM1-CM2,6°-5°), ouvrir l'école aux non-juifs..., mais en vain. Du fait du manque d'effectifs, il n'y avait pas d'autre alternative que la fermeture. Comment faire, alors que l'école représentait le centre de notre vie?

L'enseignement très laïc dispensé par nos professeurs, dont certains étaient des coopérantsfrançais, se complétait par une formation religieuse suivie à la Esnoga (4) tous les soirs et par des activités ludiques au Centre culturel français ou espagnol le week-end. Fermer l'école, c'était mettre en péril cet équilibre. De plus, l'Ittihad jouait un rôle social de premier plan . La grande majorité des familles bénéficiaient de la gratuité ou participaient très modestement aux frais. Plusieurs enfants étaient nourris gratuitement et avaient accès au vestiaire.

Un internat à Tanger
Comme pour l'ouverture de l'école en 1862, l'Alliance se trouvait confrontée à un problème qui dépassait sa mission éducative. Et elle l'assuma, faisant valoir le mérite scolaire des jeunes Tétouanais. En effet, parfaitement bilingues, forts en grammaire, en calcul et en hébreu, jouissant d'une réputation d'enfants studieux et disciplinés quoique naïfs, ils avaient marqué les esprits en réussissant régulièrement les concours d'entrée à l'E.N.H.et à l'E.N.I.O. Ainsi pour ma génération ( 1976-77), sur huit candidats admis à l'ENIO, trois étaient tétouanais. La plus étonnante des aventures fut imaginée: ouvrir un internat à Tanger, distante de soixante kilomètres, qui accueillerait une quarantaine d'enfants pour quelques années.

Soixante kilomètres : un monde ! ! !

Tous les dimanches soir ou lundis matin, un vieil autobus nous emmenait vers la ville voisine par une route sinueuse et nous rentrions vendredi midi par nos propres moyens. Si l'autobus faisait défaut, une chaîne de taxis prenait le relais. La séparation avec nos parents fut brutale et certains renoncèrent en cours d'année: les plus jeunes d'entre nous n'avaient pas douze ans ! ! !

Comment ne pas rendre hommage à nos deux maîtres d'internat, M. José Albo, professeur de mathématiques, et MP. Semtob Cohen, professeur de Kodesh et d'hébreu, qui avaient en charge la mise en pratique de notre périple hebdomadaire. Tétouanais d'origine et bénéficiant ainsi de la confiance de nos parents, ils avaient servi dans les écoles d'Iran. Par leur ténacité et leur dévouement, ils rendirent possible le projet de l'Alliance. La rencontre avec nos camarades de la cosmopolite Tanger fut surprenante. Nous étions étonnés par ces jeunes au français argotisé, habillés du dernier chic et à la pratique religieuse disparate. De notre côté, avec notre français si pur qu'il semblait vieillot, nos bootes montagnardes Ouka et notre Hakétia désuet, nous faisions figure de Jebli ( 5). Portant l'osmose se fit rapidement , démontrant de nouveau la capacité émancipatrice de l'Alliance par l'éducation.

Ya Hasra...
Aujourd'hui, alors qu'il ne reste plus qu'une cinquantaine de juifs à Tétouan, l'empreinte qu'a laissée l'école est encore forte. Dans la Juderia, et au centre-ville, n'importe quel passant peut vous indiquer le chemin de la shcuela(7).

Lorsque je retourne à Tétouan et que je m'arrête devant la grande école, aujourd'hui devenus le centre culturel français, je regarde à travers les lourdes portes de fer forgé , la large bâtisse de deux étages, l'immense cours de récréation, un souffle sort de ma gorge et qui forme ces deux mots magiques, intraduisibles, qui témoignent à eux deux de nos souvenirs et de notre nostalgie, cette expression que tout Marocain connaît : Ya Hasra...

( Avec l'aimable autorisation de l'A.I.U.)

(1) Sarah Leibovici, Chronique des juifs de Tétouan, Maisonneuve et Larose, 1984
(2) Haketia: Dialecte parlé dans la zone nord du Maroc, composé essentiellement d'arabe, d'espagnol et d'hébreu.
(3) Juderia: Quartier réservé aux juifs. Il s'agit en fait du nouveau quartier par Moulay Sliman en 1808 et agrandi en 1882 et où les juifs
résidèrent jusqu'au début de ce siècle.
(4) Esnoga; Synagogue en Hakétia
(5) Jebli: Par référence à Djeballa, chaîne montagneuse à proximité de Tétouan. Terme péjoratif qui pourrait se traduire: péquenot.
(6) Rue de la nouvelle Ecole
(7) A Tétouan, l'homme de la rue appelle ainsi les écoles juives ou catholiques pour les différencier des écoles musulmanes dénommées Madrassa.


source:

http://www.sefarad.org/publication/lm/037/19.html
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Elias Benzaquen



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Oct 2010 - 7:49

Née à Tétouan le 5 mars 1885, Alégrina Benchimol est la plus jeune de trois sœurs. Ensemble, elles ont fondé et dirigé des écoles de l’Alliance israélite universelle dans dix villes en Afrique du Nord et dans l’Empire ottoman [Claire Benchimol, épouse Lévy (Tétouan, 1870 – Tripoli, mai 1905), fut enseignante et directrice à Tétouan et Tripoli, et Hassiba Benchimol, épouse Bensimhon (Tanger, 1er janvier 1876 – ?) enseigna à Fès, Tunis, Tanger, et dirigea des écoles à Fès, Larache, Uskub, Monastir, Casablanca où elle termine sa carrière le 1er janvier 1924. Une autre sœur est morte très jeune du typhus à Fez en 1900 (NdT)]. Leur mère, Madame Benchimol, inébranlablement attachée [en français dans le texte] à la mission éducative de l’Alliance, avait travaillé avec le rabbin Samuel Nahon pour créer la toute première école de l’Alliance à Tétouan en 1862. Les deux frères d’Alégrina furent aussi enseignants à l’Alliance.

2 En 1899, Alégrina se rend à Fez pour aider sa sœur Hassiba à y établir l’école des filles de l’Alliance. L’année suivante, elle est acceptée par l’Alliance pour venir étudier à Paris, où elle suit les cours de l’école privée d’Auteuil dirigée par Madame Isaac. Le 10 octobre 1904, son diplôme d’enseignante en poche, elle part occuper son premier poste en tant qu’assistante de sa sœur Claire dont le mari, Maïr Lévy, dirige l’école de garçons de Tripoli. Dans l’année qui suit, Claire Benchimol Lévy meurt en couches, à l’âge de 35 ans. Alégrina, alors âgée de 20 ans, se retrouve à diriger l’école de filles, tout en aidant son beau-frère à s’occuper de ses nièces et de son neveu. En 1909, Alégrina décide d’épouser Maïr. « J’ai bien réfléchi et ai fini par comprendre que c’était un devoir sacré pour moi que d’accepter en souvenir de ma pauvre sœur adorée qui m’avait tant aimée. »

3 Sous la direction énergique et intelligente d’Alégrina, l’école de l’Alliance à Tripoli prospère. En 1911, elle accueille trois cents élèves, des galas de charité pour réunir des dons pour la communauté y sont organisés, et les ateliers de lingerie et de couture y connaissent un grand succès. Lorsqu’elle doit esquisser son approche pédagogique à l’intention de l’Alliance, Alégrina écrit : « J’ai horreur des leçons où la mémoire remplace l’intelligence et fait de l’enfant une petite machine à paroles incolores et monotones. J’aime mieux la leçon comprise qu’apprise. » En se dévouant à faire échapper ses jeunes filles à une pauvreté endémique tout autant qu’à l’emprise des pères pour qui elles ne sont qu’un « fardeau dont [ils veulent] se défaire à tout prix », Alégrina réussit à donner à ses élèves les moyens de mener une existence indépendante.

4 À l’automne 1910, une épidémie de choléra se déclare à Tripoli, d’une gravité telle que le consul des États-Unis organise l’envoi d’argent américain au bénéfice des veuves et des orphelins de plus en plus nombreux. Quelques mois plus tard, l’Italie occupe la ville. Alégrina, Maïr et les enfants, en compagnie d’autres membres de la communauté juive tripolitaine, s’enfuient vers Malte, où ils sont tous placés en quarantaine. Avant que la famille ait pu retourner dans sa maison à Tripoli, elle apprend qu’on lui y avait tout volé. « Il faut avoir vécu les angoissantes journées que j’ai passées », écrit Alégrina, « pour comprendre le prix inestimable du travail. »

5 Tripoli occupée soulève des problèmes, mais offre aussi de nouvelles opportunités. Dans ses communications à Paris, Alégrina analyse finement les deux aspects de la situation. Décrivant l’antisémitisme qui a surgi après la conquête italienne, elle suggère que cela peut paradoxalement s’avérer utile. Devant l’échec de leurs tentatives d’assimilation, les notables de la communauté juive pourraient se tourner vers leurs coreligionnaires moins fortunés pour établir de nouveaux liens solides, sérieux et emprunts de sacré. « Nous prévoyons déjà le jour où la solidarité juive tripolitaine formera un faisceau important auquel on ne pourra impunément s’attaquer. »

6 Incapable d’avoir elle-même des enfants, Alégrina sert avec succès de mère aux quatre enfants de sa sœur, qui partent tous pour Paris et s’engagent dans une carrière à l’Alliance. Sa mère, souffrante, était restée à Tripoli après le décès de Claire. Pour lui permettre de retrouver son pays, Alégrina demande l’attribution de postes au Maroc pour elle et son mari ; à l’été 1920, tous trois quittent Tripoli pour Mogador (Essaouira).

7 La situation à Mogador diffère de manière spectaculaire de celle de Tripoli. La présence des Français, avec leurs écoles, leurs inspecteurs, et leur bureaucratie dont les enseignants de l’Alliance font également partie, tout cela nécessite une approche politiquement très fine, une capacité à naviguer entre des intérêts divergents et, peut-être plus que tout, un talent pour négocier pour son propre compte. Alégrina se montre clairement à la hauteur de la tâche. Bien que fondée depuis 1908, l’école de filles manquait d’un local convenable. Les élèves, au grand dam d’Alégrina, y réussissaient moins bien que les garçons et étaient moins avancées dans leurs études. S’attaquant aux deux problèmes, Alégrina trouve un meilleur local pour l’école et réussit à convaincre Paris d’envoyer sa « fille » Messody pour lui servir d’assistante. Deux ans plus tard, l’école a 193 élèves, et le contrôleur civil peut observer de lui-même des fillettes dont les connaissances en sciences, en mathématiques, en histoire et en géographie sont « brillantes ». La création d’un programme de gymnastique est également à l’étude, pour permettre aux jeunes filles de Mogador de « se comparer aux fillettes sportives de tous les pays ».

8 Outre ses propres problèmes médicaux, Alégrina a subi la mort de sa mère bien-aimée et de son frère. Elle doit de plus faire face à la pression financière engendrée par le remboursement à l’Alliance des études de Moïse et de Tamo, qui ont tous les deux quitté l’Alliance avant d’avoir fini d’honorer leur engagement décennal [Les élèves sélectionnés pour suivre les quatre ans de scolarité gratuite à l’École normale israélite orientale d’Auteuil devaient s’engager à enseigner pour l’Alliance pour une durée de dix ans. À défaut, ils devaient rembourser les frais de leur scolarité parisienne. (NdT)].

9 Malgré tout ces soucis, Alégrina réussit à créer une école dont les élèves passent les examens français avec plus de succès que leurs congénères des écoles européennes. Mais durant ces premières années, l’antisémitisme est récurrent et des tensions existent entre les israélites et les membres du Protectorat. La colonie française, écrit Alégrina en 1923, « ne veut à aucun prix que les jeunes générations juives, émancipées, intelligentes et dégourdies, détiennent à Mogador ce qui fait le charme de la culture française. Qu’il est difficile mon Dieu de bien faire sans susciter des jalousies. Nous voulons la concorde et l’union, mais on nous suppose des sentiments uniquement, jalousement dévoués aux israélites. » Consciente que la situation n’est que le reflet de ce qui existe en d’autres lieux, Alégrina croit que la seule réponse est de réussir à devenir « réellement supérieur ».

10 À la différence de nombre d’enseignants de l’Alliance dont les relations avec Jacques Bigart deviennent souvent orageuses, Alégrina bénéficie d’une manière continue du respect et de l’admiration du secrétaire général de l’Alliance. Lors de son seul voyage au Maroc, en 1926, Bigart rapporte combien l’école de filles de Mogador l’a impressionné, tant par son local que par la qualité de l’instruction. « Madame Lévy », conclut-il, « est une excellente directrice. » Sans doute grâce aux louanges de Bigart, Alégrina reçoit les palmes académiques en 1930 et le Prix Narcisse Leven en 1934. Peu après, elle se trouve amenée à retracer avec émotion la vie de Jacques Bigart lors d’une cérémonie commémorant sa mort.

11 Le décès de Bigart retarde la nomination d’Alégrina au poste qu’elle désire tant. En octobre 1938, elle est finalement nommée directrice de l’école Moïse Nahon à Casablanca. Dans son dernier rapport depuis Mogador, partiellement publié dans Paix et droit, la publication de l’Alliance, elle décrit les changements qui sont intervenus pendant ces dix-huit années, entre 1920 et 1938. Parmi ces évolutions, les plus notables sont la création d’un imposant bâtiment scolaire, le nombre d’élèves porté à 400, et l’amélioration des relations avec les nombreuses communautés locales.

12 Alégrina reste directrice à Casablanca pendant seulement un an. En dépit de son ardent désir de continuer à enseigner, nulle exception ne pouvait être faite concernant l’âge légal de la retraite. Sa présence à l’école continue cependant à être ressentie durant les années de guerre grâce à sa « fille » Messody qui la remplace comme directrice, assistée de sa sœur Rosita Lévy Bensimon. Les sources actuellement à notre disposition ne nous permettent pas de préciser la date et le lieu du décès d’Alégrina Lévy.

13 Traduction de l’anglais par Jean-Claude Kuperminc

14 ◆
Bibliographie
SOURCES

Archives de l’Alliance israélite universelle (Paris) : Libye III E 10, E 20, E 21, E 22 ; Maroc XIII E 212, XXXVI E 625a, XXXVI E 625b, XXXVI E 627a, VI E 122 ; France III A 13, V E 5a, V E 5b, X F 19. Archives restituées : Moscou 100 – 1 – 55 (doc. 81) ; Moscou 100 - 1- 56 (doc. 3). Archives de Paris DT supplément 120.
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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 28 Oct 2010 - 11:52

Photo Lily Serruya Levy

les profs de l'ecole de l'alliace Israelite Universelle.



Debout:Jacob Benelbaz, Abraam Israel, Isaque Israel,Jacob Levy (DEPPY)le mari a Lily
Assis:Mlle Halfon-Bentolila, Mr Bibas, Mr. Serruya,


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 28 Oct 2010 - 12:08



1960 Alliance Israelite Universelle de Tetouan.
Salomon AMAR, Mois Chocron (CARPE), Isaac Nahon, Samuel Serfaty, Jose Cohen, Ambran Bendayan, David Benhamu, jAki Nahon, Jaime Benmaman, Marcos Ajuelos, Abramito Bentata, Mois Benzaquen, Jacobi Serruya, Mois Nahon (PETIT), Kiki Bentata, Jacob Benzaquen, Isaac Gavizon, Jacob Levy (DEPPY), Isaque Benaroch, isaque hadida serruya, Mois B enmaman, Mois Benmaman, Mois Nahon, Jacob Levy (EL PAPI)

Photo Lily Levy


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 28 Oct 2010 - 12:11

Alliance Israelite Universelle de Tetouan

avec le prof monsieur Raphael Cohen



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 28 Oct 2010 - 12:14

Alliance Israelite Universelle de Tetouan

avec le prof monsieur Raphael Cohen

Sur cette photo : Jalid Yedri, Kaki Serruya, Jacob Levy, Jaime Bendayan, Amito Bentolila, Elharrak, Mr Rafael Cohen, Isaque Pinto, Yentov Benatar, Isque Siboni


photo Lily Levy





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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 28 Oct 2010 - 12:17

Sur cette photo : Mme Cohen, Samuel Abecassis, Amito Bentolila, Jaime Bendayan, Isque Siboni, Sarita Macias, Alegria Salama, Yentov Benatar, Elharrak, Esther Hassan, Jacob Levy, Mr. Cohen, Raduan Bensefach, Tana Siboni, Kaki Serruya, Sultana Malka, Santy Benchimol, Ety Benchimol, Mr Assa, Mme. Assa

photo Lily Levy






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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 28 Oct 2010 - 12:21

Sur cette photo : Jose Cohen (GENDARME), Soly Anahori, Mari Benayon, David Benhamu (PIPI ALIK), Samuel Bentolila (PATOLA), Kiki Bentata, NADIA, Mimi Benayon (LA VEDETTE), Elias Cohe( EL GAMBERRO), Mois Chocron (CHOMBE), Jacob Levy, Salomon Anahori (EL ACUATICO), Lily Serruya (photos), Sarita Cohen, Estrella Castiel (photos), Jaimito Cohen, Jacob Benzaquen, Isaque Benarroch (MAPAMA), Sarita Cohen (LA GAMBERRA), Alegria Benayon.

photo Lily Levy (Serruya)





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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 28 Oct 2010 - 12:24

Sur cette photo : Jacob Garzon Jalfon, Jacob Levy, David Hadida, Amito Bentolila

photo Lily Levy (Serruya)




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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 28 Oct 2010 - 13:06



Sur cette photo debout: Isque Siboni, Isaque Pinto, Elharrak, Raduan Bensefach,

Assis: Jacob Levy, Mr Assa, Mme. Assa, Mr. Raphael Cohen

photo Lily Levy (Serruya)


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 28 Oct 2010 - 13:08

Sur cette photo : Jacob Levy (DEPPY), Sarita Macias, Sultana Malka, Tana Siboni, Alegria Salama, Mr Mois Bibas, Mr. Mardoche Elbaz, Mr. Serruya, Mr Ohayon, Jacob Benelbaz, Benaim, Jaky Bechaya

photo Lily Levy (Serruya)



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 28 Oct 2010 - 17:47

Sur cette photo : ALEGIA COHEN, monchi, Aaron Farache (photos), Jose Jalfon, JOSE HALFON, leon chocron, MIMI FARACHE, BENZADON, Mois Benarroch (photos), JAIME ABOUDARHAM, LEVY CHOCRON, SASONI LEVY, PLATITA

photo: Mimi Farache De Benaroch d'Ashdod






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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 28 Oct 2010 - 17:58

1971

Sur cette photo : Mercedes Cohen, Mois Benarroch (photos), Jose Jalfon, Isaac Nahon, Estrella Aragon, Esther Aragom, esther aragon, Jacob Jalfon, halfon, Bibiña Chocron Bentata, patricia girard, Adela Szanto, Aharon Garzon, Raquel Ninio, Raquel Benarroch




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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Ven 29 Oct 2010 - 6:29

l'infirmerie a l'ecole de l'alliance a Tetouan

photo Simy Zerrad Chocron d'Argentine



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Ven 29 Oct 2010 - 6:31

Classes primaire au rez de chaussee.

photo Simy Zerrad Chocron d'Argentine



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Ven 29 Oct 2010 - 6:35



le couloir et les classes superieures

photo Simy Zerrad Chocron d'Argentine


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Ven 29 Oct 2010 - 6:43



Sur cette photo les eleves de l'alliance de Tetouan: Miriam Chocron, Beby Zerrad Chocron, Alegria Chocron Benzaque, Algria Chocron-benhamo (photos), Merchi Chocron Zoto, Simy Zerrad Chocron

photo Simy Zerrad Chocron d'Argentine


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Dim 7 Nov 2010 - 16:30

OPAAAAAAA SOLY ME ALEGRO QUE MIS FOTOS DE LA ALIANZA DE TETUAN LLEGARON A MAROC AMITIE
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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Sam 13 Nov 2010 - 17:57

Bonjour Mme. Sol Anidjar:
je répond à votre question sur le nom des écoles à Tétouan, entre 1900 et 1960 environ.
En dehors de celles que vous avez nommées, en voici d´autres:
El grupo España( filles).
José Antonio (garÇons).
Academia La General( secondaire).
École De La Mission Culturelle FranÇaise (maternelle, je crois).
Yagdil Torah.
Ecole de L´ORT.
Fatima Zohra( filles).
Comment on peut voir les noms des profeseurs qui on enseigné a Tétouan?.

Soly Elias A. cohen


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Sam 13 Nov 2010 - 17:59

Lily mi wueno dit a Jacob ton mari de nous dire les noms des eleves sur les photos.

Merci a monsieur Soly Elias, de nous avoir ajoute quelques noms d'ecoles de Tetouan
bisous Soly


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Sam 13 Nov 2010 - 18:04

Lily Mlle Estrella Halfon-Bentolila, etait l'autre jour avec moi au Lev Ashdod, je la vois sur la photo avec ton mari, jaja je ne savais pas qu'ils se connaissait, car au moment ou elle prenait un cafe au Lev Ashdod, tom mari etait assis aussi avec ses copains, j'aurais pu faire la rencontre car Estrella Halfon-Bentolila habite Holon et ne vient pas souvent a Ashdod.


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Mer 24 Nov 2010 - 15:14

c'est l'ecole de l'alliance de tetouan pour Anna edery-Azoulay
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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Dim 9 Jan 2011 - 6:56

Alliance Israelite Universelle de Tetouan, distribution de prix annee 1955.



Assis en bas de la photo, premiere rangee, le 3 eme de gauche a droite, le mari de mon ami Lily Serruya, Jacob Levy.

Sur cette photo on peut voir Jalid Yedri, Kaki Serruya, Jacob Levy,
Jaime Bendayan, Amito Bentolila, Elharrak, le prof avec des lunettes, Mr
Rafael Cohen, Isaque Pinto, Yontov Benatar, Isaque Siboni.






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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Dim 9 Jan 2011 - 7:01



Alliance Israélite Universelle Tétouan 1ére dans le Monde , devenue l'Institut Français, photo 2010.


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Dim 9 Jan 2011 - 7:02



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Dim 15 Mai 2011 - 6:28



Ces eleves ont aujourd'hui 70 ans, c'est l'alliance israelite de Tetouan sur la photo:

Esther Bendayan, Simita Coriat, Alia Bibas, Alegria Obadia, Sarita Bendayan, Mimi Malka, Lea Cohen, Reina Wahnich (photos), Isaac Maman, Raquel Benaim, Cohen, Silvia Benbunan, Jacob Serruya, Samy Benitah, Menahem Bentata, Jaime Pariente, Carlos Malka, Raquel Cohen.


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Jeu 26 Mai 2011 - 12:03



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 6:07

Alliance Israélite Universelle Tétouan 1ére dans le Monde , devenue l'Institut Français, photo 2010.




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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 6:08

1 Alliance Israélite Universelle Tétouan 1ére dans le Monde , devenue l'Institut Français, photo 2010.
Bureau du directeur Mr. ASSA, c'était le bureau du directeur, il y ait une grande fenêtre vitree et de la il surveillait la cour. C'était le Mirador de Mr.Assa, Mr Assa, etait d'origine Turque.





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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 6:08



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 6:09

le couloir et les classes superieures, photo 2010, Alliance Israelite Universelle, Tetouan.



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 6:10

En 1862, l’Alliance Israélite Universelle créait sa première école à Tétouan, puis étendait son réseau, non sans réticences et résistances des milieux les plus orthodoxes qui craignaient l’atteinte aux valeurs judaïques, la dépersonnalisation(8). Mais l’Alliance Israélite Universelle se développait, inexorablement, bien avant le Protectorat grâce au prestige d’un enseignement de bonne qualité, ouvrant de nouvelles possibilités. Désormais, une partie de la jeunesse des villes était éduquée en français. Avec le Protectorat, cette langue allait devenir celle de la culture et du travail dans le secteur moderne de l’économie.

Un bilinguisme s’est instauré dans une partie de la communauté qui reléguait le judéo-arabe au rang de langue effective et familiale. Evolution inégale cependant, selon les milieux, les régions, les générations … Aujourd’hui, certains jeunes des milieux plus ou moins aisés n’ont plus, à la troisième génération, qu’une connaissance limitée de l’arabe dialectal, tandis que dans les milieux populaires - particulièrement féminins- l’arabe demeure le vecteur principal sinon unique de l’expression, surtout à mesure que l’on remonte la pyramide des âges. Dans le domaine religieux, le judéo-arabe a longtemps résisté au français : les sermons (drash) sont souvent encore dits en judéo-arabe . Quant à la connaissance de l’arabe classique, enseigné dans les écoles de l’ITTIHAD à raison de deux heures par jour, elle est restée insuffisante, faute de méthode et d’un encadrement adaptés.

L’acculturation au français - et à l’espagnol moderne- n’a donné naissance à des créations littéraires judéo-marocaines intéressantes que dans les années 1980, avec les romans d’Edmond Amran El Maleh. Le roman, est resté pratiquement hors du champ d’application de la langue apprise : drame de la coupure entre identité et langue étrangère que l’on sent inapte à exprimer une effectivité, et une société dont la texture est tellement éloignée des mondes de Pascal, Descartes ou Valéry … Pas de Cholom Alekhem non plus, celui-ci disposait d’une langue rodée, cultivée, le yiddish, au vaste public, tandis que le judéo-arabe est resté trop limité dans son vocabulaire et surtout a été considéré comme mineur par ceux qui avaient reçu l’enseignement des langues européennes. Faute d’une langue de culture appropriée de nombreuses velléités ont dû rester dans l’encrier.

Cela explique sans doute pourquoi les productions culturelles en français et espagnol se sont développées davantage dans les domaines de l’essai, de la conférence, du journalisme, de l’histoire ou de la chronique.

L’émigration juive marocaine de la première génération continue dans la langue des pays d’accueil, essentiellement dans la même direction, celle de la recherche d’identité, du souvenir.

On voit apparaître une production théâtrale en France et au Québec : comédies de mœurs sur les difficultés d’adaptation à un monde si différent, avec, en toile de fond, la menace de dépersonnalisation, le mariage mixte (thème de la comédie «les carottes sont cuites»).

Sur un registre plus déchirant, les poésies d’Erez Bitton qui clame, en hébreu, ses nostalgies marocaines et sa révolte dans Sefer ha-nac nac, «le livre de la menthe» …


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 6:11



Le theatre espagnol de Tetuan annee 2010.


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:08

Tétouan, 1958 - Atelier menuiserie (cours complémentaire).
Année:
1958


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:09

Tétouan, Février 1958 - Une classe à l'étude.
Année:
1958


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:12

Tétouan, 1950 - Ecole. Classe du CEP.
Année:
1950


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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:13

Tétouan, 30 Juin 1960 - Ecole de Tétouan. Distribution des prix. Son excellence le Pacha félicite et remet les prix à Melle Estrella Garzou, élève admise première de sa classe au BEPC. Photo : Garcia Cortès, Tétouan



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:15

Tétouan, Décembre 1963 - La chorale du collège de l’AIU dirigée par M. Lévy, professeur de français en classes de seconde et de première. Photo : Garcia Cortès, Tétouan
Année:
1963





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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:18

MAROC, Tétouan, 1972



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MessageSujet: Re: L'ALLIANCE ISRAELITE UNIVERSELLE DE TETOUAN   Lun 25 Sep 2017 - 7:25

Octobre 2010 a l'occasion des 150 ans de l'alliance a l'institut Svi a Tel-Aviv avec moi et au milieu monsieur Jean-Claude Kuperminc, le directeur de la bibliotheque et des archives de l'alliance Israelite universelle a Paris




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