HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

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 CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS

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Michelle Anidjar
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MessageSujet: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Ven 19 Fév 2010 - 11:51

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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:24

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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:26

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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:27

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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:29

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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:30

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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:32

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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:33

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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:34



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:35



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:35



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:37



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:40



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:41



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:42



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:44



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:44



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 1 Déc 2010 - 20:55



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Jeu 2 Déc 2010 - 6:24

Lovely photos
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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Jeu 10 Fév 2011 - 6:40

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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Jeu 28 Juil 2011 - 22:51

Anfa, le nom qui désigne Casablanca à l'origine, signifie “la colline” en arabe : c’est en effet sur une butte dominant la mer que s’implante la première communauté berbère Barghouata.

Les Phéniciens y avaient antérieurement établi un comptoir, suivis par les Romains et les Berbères qui s'opposeront aux Idrissides et aux Omeyyades.

En 1515, les Portugais baptisent la ville Casa Branca, à cause de la présence d'un fortin blanc qui lui donnera aussi son nom arabe de Dar el-Beïda, tandis que les Espagnols, au XVIIIe siècle, lui donneront le nom de Casablanca.


Casablanca est le débouché naturel de la Chaouïa et du Tadla. Capitale économique du royaume, sa croissance rapide depuis le début du siècle est due à l'activité de son port.

À l'aube de l'an 2000, Casablanca franchira la barre des quatre millions d'habitants. Sa population d'une grande diversité ethnique et culturelle abrite la grande majorité des Juifs marocains.


Le port d'Anfa, prospère et célèbre en Europe pour les lainages cuirs et céréales qui y transitaient, suscite les convoitises.

Ainsi entre le XIIe et le XVe siècle, les Portugais tentent de s'y installer; l'infant Ferdinand du Portugal débarque à la tête de 10 000 hommes pour anéantir les corsaires d'Anfa à la fin du XVe siècle.


En 1515, un deuxième raid portugais en finit avec la cité des pirates. Les Portugais reconstruisent la ville et y installent un fortin blanc, la “Casa Branca”, qui assure la protection de la route d’El Jadida. Une petite communauté juive semble s’ y être installée; elle est dispersée par les Portugais à la fin du XVe siècle.

Des takkanot de Fès sont attribuées à deux Juifs de Casablanca, Moïse et Dinar Anfaoni, tandis qu’une synagogue, celle du Rabbin Elias, y fut construite en 1750.

C'est sur un site détruit par le séisme de Lisbonne (1755) que Sidi Mohammed ben Abdallah décide de rebâtir une ville en 1770. Les Espagnols y installent leur comptoir en 1781, mais Casablanca demeure un petit hameau pendant encore 60 ans, avec ses 700 habitants.

Il faut attendre1830 pour que la ville opère une mutation qui la propulsera un siècle plus tard au rang de mégalopole africaine. Les Européens installent leurs comptoirs et les Marocains, commerçants et artisans, affluent.

La population dans la médina atteint les 20 000 personnes à la fin du XIXe siècle (contre 8 000 en 1850).


C'est au cours de cette période que la communauté juive se développe avec l'arrivée des Juifs d’Essaouira, Tanger, Tétouan et Rabat ainsi que des villages de l'intérieur.


À la suite de l'instauration du Protectorat, l'agrandissement du port, en 1906, détermine son évolution. S'opposant à l'occidentalisation de la région, les tribus berbères se soulèvent et mettent à sac la ville et le mellah, ce qui provoque l'intervention française. Le général Lyautey fait de Casablanca la capitale économique du Maroc.

Dès 1920, Casablanca devient le premier port du Maroc.


La communauté juive connaît le même essor. Le Beth Din est institué dès1918 et le premier journal juif, Or Hamaarav (La Lumière du Maroc) est fondé en 1922, suivi par l'Avenir Illustré et l'Union Marocaine.

Avec ses synagogues, ses talmud Torah et son école de l'AIU, Casablanca accueille une population d'environ 6 000 Juifs (30% de la population de la ville) auxquels se joindront un millier de personnes fuyant les pillages de Settat en 1903. Ce boom démographique entraîne une misère notable dans le mellah surpeuplé de la vieille médina.

Aujourd'hui la communauté est très active avec à sa tête Boris Tolédano et le grand rabbin Aaron Monsonégo. Elle s'appuie sur des institutions dynamiques.


L'organisation sociale communautaire est cependant soutenue par un kahal dynamique qui se charge de la redistribution de taxes prélevées sur les produits cacher, ainsi que de généreuses contributions aux œuvres de bienfaisance (la Maternelle, Aide scolaire, Hôpital juif).

Les nombreuses écoles de l’alliance, les garderies, les dispensaires forment un complexe communautaire imposant. Les mouvements de jeunesse comme le DEJJ contribuent à l’action éducative.

Le home S.D Lévy, foyer pour personnes âgées, financé avec l’aide de l’AJDC et de l’OSE abrite quelque 100 personnes. L'accès à l'école est gratuit pour les enfants nécessiteux.


Les activités variées de cette ville-champignon attirent vers des emplois divers (artisanat, petit commerce, négoce ou industrie) une population venant de toutes les villes du Maroc.



Les banques, le transit, l'import-export, les professions libérales offrent également des débouchés aux jeunes.

L’attirance de Casablanca ne se démentira pas tout au long du siècle, en dépit de l'épisode de Vichy.


La communauté juive compte 70 000 personnes en 1948 et, entre 1948 et 1968, des milliers d'autres provenant des communautés environnantes viennent s'y installer.

Le mellah de Casablanca connaît, à partir des années 1950, une émigration. L’expansion de l’après-guerre conduit nombre de Juifs à résider dans les quartiers européens, alors que la communauté développe ses clubs de jeunesse, ses journaux, ses centres sportifs, ses institutions médicales et culturelles et son réseau scolaire.


Parmi les figures qui ont marqué l'histoire de la communauté juive de Casablanca, on peut citer :

Moïse et Dinar Anfaoni, Jacob Raphaël Benazéraf, Haim Ben Soussan, Dr Léon Benzaken, Haïm Elmaleh, Moïse Eliakim, S.D. Lévy, Isaac Marache, Élie Nataf, Meyer Obadia, David Ouaknine, Meyer Toledano, Yahia Zagury.


L'architecture à Casablanca
par Monique Eleb

Du petit noyau d'environ 20 000 habitants au début du siècle, avec ses quartiers musulman, juif (le Mellah) et européen, Casablanca voit sa croissance s'accélérer grâce aux qualités de son hinterland.

L'essor de son port sera décisif et attirera les commerçants européens qui s'y installeront dès le milieu du XIXe siècle, rejoignant les marocains, musulmans et Juifs. Une ville nouvelle française apparaîtra au monde pendant la première moitié du XXe siècle comme un laboratoire, un lieu d'expérimentation des techniques de l'urbanisme et comme un lieu d'innovations architecturales.


Le rôle, considéré comme dominant en ce qui concerne la constitution de la ville, des spéculateurs et des industriels français, doit être réévalué en regard de l'activité des Marocains musulmans ou juifs et des autres arrivants.

L'idéologie de l'assistance des Français, leurs motivations commerciales entrent en effet en concurrence avec les choix des premiers entrepreneurs juifs et rencontrent les réactions complexes de l'élite marocaine.

La place spécifique des Juifs dans l'édification de Casablanca a émergé en même temps que leur importance dans la première industrie du Maroc qu'a été la construction jusqu'au milieu du siècle.


Le mellah de Casablanca en 1900 : ghetto ou quartier?

La configuration d'une véritable ville est clairement lisible sur le plan dressé en 1900 par Félix Weisgerber. Bien que le Mellah ne soit aux yeux de Weisgerber "pas aussi strictement limité qu'il l'est dans la plupart des villes marocaines", les Juifs n'échappent pas à leur condition de dhimmi : "les dhimmis ne bâtiront point de maisons plus hautes que celles de Musulmans; leurs synagogues surtout ne devront point s'élever au-dessus des minarets et des mosquées".

Plan de Félix Weisgerber, 1900


Il faudra se souvenir de cette caractéristique de la vie des Juifs du Maroc pendant des siècles, pour comprendre la fièvre constructive de certains des propriétaires des immeubles les plus spectaculaires du centre de Casablanca.


Mais avant cette nouvelle conjoncture, la situation des Juifs des villes côtières est décrite comme particulière. Le lieu de résidence des Juifs dans la Médina de Casablanca n'est donc pas limité par un mur d'enceinte.

Les synagogues y sont nombreuses, une vingtaine au début des années vingt, mais peu monumentales. Les maisons en maçonnerie de couleurs vives forment un dédale de rues composés selon des règles habituelles au monde urbain des pays musulmans avec ses hiérarchies subtiles entre impasses, rues semi-privées et voies publiques.


Voici comment Mirtil le voit :

"Sur la côte, depuis une cinquantaine d'années, écrit Marcel Mirtil en 1918, les israélites purent sortir de leur Mellah et habiter des demeures en plein centre de la ville indigène, souvent dans le petit quartier chrétien qui s'y formait [...]

En réalité le Mellah de Casablanca n'est plus le vrai ghetto marocain. Il est privé de ses murs et beaucoup d'israélites habitent les quartiers indigènes ou européens, mais malgré tout, il forme encore une puissante agglomération ramassée autour de ses synagogues et de ses croyances[...].
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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Jeu 28 Juil 2011 - 22:52

Les Arabes y passent mais ne s'y établissent point [...]. Situé au sud-est de la ville indigène, séparé d'elle plutôt par les frontières de l'âme que par tout autre obstacle matériel, le Mellah continue à vivre sa vie d'autrefois, s'appuyant aux remparts de la cité".


"Le Mellah groupe ses rues et ses maisons dans un étroit espace. Les demeures sont teintes en bleu, en rose, en jaune et sont plus colorées encore sous le ciel incandescent du Maroc. Les rues y sont étroites mais bien entretenues; nulle part, les traces sordides que l'on pouvait contempler il y a quelques années encore.

En contact avec la civilisation moderne, l'israélite de la côte a puisé dans ce voisinage des notions d'hygiène qu'il ignorait auparavant, et les règles plus strictes de la voirie municipale ont été appliquées au Mellah."


Lorsque les marins du Galilée débarquent le 5 août 1907 à Casablanca, la ville est déjà engagée dans une modernisation sensible à laquelle les Juifs possédants prennent part.

La ville est "déblayée, nettoyée, assainie", les égouts "visités et réparés", les voies tracées et éclairées par des militaires devenus "à la fois chefs de chantier et agents de police". Les problèmes sanitaires persistent, en dépit de la création en 1909 d’un hôpital et d'un dispensaire et de la construction d'un abattoir double pour les musulmans et les israélites.

La gestion de la voirie par les Militaires passe par une mise en ordre visuelle de la médina,dont les maisons sont numérotées en 1909, les noms des rues en français et en arabe étant inscrits aux carrefours.


Une partie de la population juive, vraisemblablement les derniers arrivants des villages de l'intérieur, habite des huttes en paille ou nouallas, comme de nombreux européens nouvellement débarqués et la plupart des soldats.

Ces huttes constituent pratiquement l'ensemble du quartier des Tnâker mais sont aussi parsemées hors les murs à l'ouest, au milieu des cimetières et des jardins qui bordent la ville.

Vue prise en Ballon, 1907


Une rue du Mellah


Une vue des terrasses

Sans travaux spécifiques sur la question de l'architecture domestique, on peut malgré tout avancer que les maisons des Juifs aisés doivent abriter une seule famille et sont probablement organisées sur le même modèle que les maisons marocaines avec pièces non spécialisées ouvertes autour d'une cour.

Les pièces y sont hautes, plus longues que larges et des divans longent les murs. La plupart de ces maisons sont occupées par plusieurs familles qui alors ne disposent souvent que d'une chambre, et partagent la cour, ce qui est banal alors dans les classes populaires.


Ces maisons très vite surélevées dans toute la Médina deviennent de petits immeubles, selon le modèle européen, ornées de balcons, où logent plusieurs familles, et on en trouve dans tous les quartiers, Mellah compris.

Dans ce cas les meubles sont de type européen. Enfin, depuis des décennies des immeubles collectifs, de type européen mais à terrasses, organisées en appartements, sont habitées par toutes les populations présentes à Casablanca.
Plan d'une maison arabe dessiné par Laprade
et publiée dans le livre des frères Gallotti (Le jardin et la maison arabe)

Vue aérienne du Mellah, 1922


Une maison à balcon rue de la Croix-rouge

Entre le débarquement français et la guerre, la tripartition de la ville - la médina dense, le Mellah et le stnaker, relevée par Weisgerber en 1900 est remplacée par un déploiement plus complexe des groupes nationaux et des catégories sociales.

Si les Juifs continuent à habiter le Mellah, de plus en plus ouvert sur le reste de la ville, les plus fortunés d'entre eux n'en commencent pas moins à migrer vers l'extérieur.

À la fin 1912, alors que Casablanca compte 46 000 habitants, les musulmans sont 25 000, les israélites marocains 9 000, les Français 7 000, les Espagnols 2 500 et les Italiens 2 200. Une bonne vision de la structure foncière est fournie par les plans établis entre 1912 et 1918, dont celui du géomètre et lotisseur Georges Buan publié lors de l'Exposition franco-marocaine de 1915.

La ville ayant été reconquise et reconstruite à partir du XVIIIe siècle par le Sultan, une grande partie du sol de Dar el-Beida était propriété du Makhzen en 1907. La corruption et la désorganisation contribuent à dilapider ce patrimoine foncier.

Dès le mois d'août 1907, le prix des terrains commence à monter, pour atteindre des prix quasi-parisiens, la spéculation devenant une activité fondamentale des Européens et des musulmans qui possédaient des terrains hors les murs, notamment en bordure du souk, mais aussi des israélites, dont la liberté d'action en matière immobilière était jusqu'alors limitée à leur maison.


Plan des lotissements
de Georges Buan, 1915

À l'exception d'une poche de terrains Maghzen situés à l'ouest et en bordure du rivage à l'est, ils font apparaître une mosaïque dans laquelle les grandes emprises des lotissements créés par les compagnies financières et foncières françaises (Soblanca, Société agricole, Société Foncière, Crédit marocain, Comptoir lorrain du Maroc des frères Nathan, etc.), sont raccordées par les nappes des terrains libres et les opérations ponctuelles, dans laquelle se lit la concurrence entre les Européens établis avant le Protectorat tels que Ferrieu, Fernau ou Philip et les juifs, tels que Bendahan, Cohen ou Nahon et Cie.

Cité Bendahan,
avenue du Gal Moinier,
c. 1915La place des juifs
dans la ville et les
types d'habitation


Casablanca, ville nouvelle française a donc été, surtout dans les 30 premières années, construite en grande partie par des propriétaires juifs pour des locataires souvent juifs.

Très présente dans la construction de bâtiments remarquables, cette population semblera à certains moments dominer la scène culturelle casablancaise. Quelle que soit leur origine nationale ou religieuse, la plupart des habitants de la ville doivent de toute façon faire face à une pénurie de logements qui restera une donnée constante de la situation, sauf lorsque les effets de la crise de 1929 entraîneront une certaine contraction de la demande pour très peu de temps.

La présence, tangible, des investisseurs institutionnels, tels que les grandes compagnies d'assurances, et l'État du Protectorat est moins spécifique à Casablanca que l'activité des investisseurs privés : passée la fièvre spéculative des premières années, la crise du logement contribue à perpétuer le sentiment de l'urgence et à créer de bonnes conditions de rentabilité pour ces acteurs.

Européens enrichis, grands bourgeois juifs d'Afrique du nord et féodaux marocains feront construire parallèlement leur propre villa et des immeubles de rapport en ville.


L'un des premiers ensemble de maisons juives situé à l'extérieur de la médina est encore visible aujourd'hui à l'angle du boulevard Moinier et du boulevard de Paris. Cinq maisons sont groupées autour d'un jardin, dont l'une, celle de Haïm Ifergan, abrite aussi une synagogue.

La date de 1910 est inscrite sur le fronton ce qui montre que la ville nouvelle est dès les débuts de son développement, habitée par des Juifs.

Maison de Haïm Ifergan


Immeuble Place Poeymirau



Marius Boyer l'un des plus talentueux et des plus prolifiques parmi les architectes casablancais est l'un des seul à avoir une clientèle dans toutes les composantes de la ville et il trouve des clients que son attitude avant-gardiste n'effraie pas.

Après avoir construit l'immeuble Scemla et Guedj rue de l'Horloge en 1919, au style néo-marocain, c'est avec deux clients juifs qu'il ira le plus loin dans l'expérimentation de formes innovantes ou inhabituelles.


Il fait appel en 1928 à des notions débattues à Paris, et notamment la suppression de la cour fermée, lorsqu'il construit l'immeuble Lévy-Bendayan à l'angle du boulevard de Marseille et de la rue Lassalle.

Le soubassement de ce grand immeuble-îlot de huit étages avec trois cours ouvertes (une innovation!) accueille des commerces.

A partir du 5e étage, les retraits permettent les terrasses qui agrandissent les chambres et les salles à manger, et jouent avec les brise-soleil pour former le couronnement. Une parente du premier propriétaire nous a affirmé qu'il n'acceptait comme locataires que des Juifs de la zone espagnole, indice d'une division très nette des origines au sein même de la population juive de Casablanca.

L'idéal du gratte-ciel donne aux architectes et à leurs clients l'ambition de créer des ensembles d'habitations en rupture avec le petit immeuble courant, au travers des exemples américains.

Ils créeront des édifices remarquables, qui provoqueront des débats bien au delà du milieu de l'architecture, car de nombreux Casablancais se passionnent pour la métamorphose de leur ville.


Immeuble Lévy-Bendayan angle du boulevard de Marseille et rue Lassalle, 1928

L'immeuble de Moses Asayag, construit par Boyer, boulevard de la Marine en 1930, est alors l'un des plus élevés de Casablanca puisqu'il compte 10 étages.

Le type de l'immeuble à gradins imaginé et décliné par Henri Sauvage qui en construira très peu à Paris, est repris par Boyer mais dans des conditions nettement plus favorables, car la demande de logements à terrasses est très forte.


De plus, les parcelles des immeubles casablancais sont beaucoup plus grandes que les parcelles parisiennes, les commanditaires plus prospères et toujours prêts à faire état de leur modernité.

Le corps principal de l'immeuble est composé de trois tours, les retraits formant les terrasses des garçonnières et des duplex commençant à partir du septième étage. Entre les deux bâtiments une rue intérieure recouvre un garage à voitures enterré.Cet immeuble reste le plus spectaculaire et le plus admiré des immeubles casablancais aujourd'hui.


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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Dim 31 Juil 2011 - 17:15

GOUMIER MAROCAIN, CARTE POSTEE EN 1912

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mamimo



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Dim 16 Sep 2012 - 19:38

C'est magnifique...quelle jolie ville et quel beau pays

Merci de partager avec nous de si jolies choses

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OFELIA



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Mer 19 Sep 2012 - 7:23

555 MERCI coeur 555 MERCI coeur
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Soly Anidjar
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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Jeu 8 Nov 2012 - 7:07



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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   Jeu 8 Nov 2012 - 7:23

Le sultan Moulay Hafid écoutant son interprète sidi Kaddour ben ghabrit et derrière eux,
les généraux Ditte et Moinier à l'hopital militaire de Casablanca.






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MessageSujet: Re: CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS   

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CASABLANCA HIER AUJOURD'HUI ET TOUJOURS
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