HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

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 Une Vie entre parenthése lisez vous allez tomber parterre

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beaute marocaine

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MessageSujet: Une Vie entre parenthése lisez vous allez tomber parterre   Jeu 16 Juil 2009 - 18:59

Ayant vécu en France pendant plus de vingt ans, du jour au lendemain, N. s'est retrouvée projetée un siècle en arrière au fin fond du pays. Mariée contre son gré et emprisonnée, elle subit depuis sa vie et son calvaire. Son tort : avoir aimé un homme d'une autre confession. Propos recueillis par Dounia Z. Mseffer.


Je suis née et j'ai vécu en France jusqu'en 1995 où j'habitais avec mes parents et mes 5 frères et sœurs dans la banlieue parisienne. J'étais la benjamine, et aussi la plus brillante dans les études.
Toute la famille était fière de moi. De mon côté, j'essayais d'harmoniser ma vie de Française et ma petite vie de Marocaine avec tout ce que ça comporte comme contradictions ; et cela grâce à mes parents, résidents en France depuis les années 60, qui ont toujours essayé de créer à la maison une ambiance marocaine afin que l'on ne se sente pas déracinés. Malgré le fait qu'ils n'ont jamais eu la chance d'accéder aux études et à l'alphabétisation, ma famille m'a toujours soutenue, du mieux qu'elle pouvait, pour que je réussisse mes examens. Douée en mathématiques, j'ai réussi à intégrer les classes préparatoires de math sup et spé dans un grand lycée de Paris. Mon rêve de devenir ingénieur allait enfin se réaliser. Après avoir réussi ma première année, j'ai voulu travailler pendant les vacances, histoire de me faire un peu d'argent de poche. Rapidement, j'ai déniché un emploi d'assistante provisoire chez un comptable. Mon patron était un homme très bien, respectable et de confession juive. Une semaine après mon arrivée au cabinet, nous avons reçu la visite de son fils aîné. Je me souviens à ce jour de son entrée : un garçon magnifique… Il a posé son regard sur moi et tout a basculé. Nous avons tout de suite sympathisé et pendant les jours qui ont suivi, il est revenu très souvent au bureau, cherchant à chaque fois des prétextes pour me voir. Une belle histoire d'amour est née entre nous, comme celle des grandes histoires de cinéma. J'étais folle amoureuse de lui et lui de même. Nous sommes sortis ensemble pendant deux mois sans que personne ne s'en rende compte, jusqu'au jour où je me suis retrouvée face à face avec un ami de mon père.
Mis aussitôt au courant, la première réaction de mon père a été de m'en parler calmement et de me dire que ce n'était pas bien de sortir avec un “nasrani” ! Mais il n'a pas tardé à savoir que c'était un juif ! Ceci a mis toute la famille hors d'elle ! La rentrée à ma 2ème année s'est faite sous les menaces et les injures de ma famille. Ils m'ont traitée de tous les noms : traîtresse, traînée, “yhoudia” et m'ont forcée à leur promettre de ne plus le voir, me menaçant des pires sanctions.
J., de son côté, a supporté le refus de sa famille, mais vous imaginez que ce n'était pas aussi grave que pour moi !
J'avais promis de laisser tomber J. et de renoncer à mon amour, mais je n'ai pas réussi à tenir le coup. Sa religion et ses origines m'importaient peu. Ayant grandi dans une société où tous les mélanges raciaux et religieux cohabitent, comment pouvait-on me demander de vivre au milieu de tout ce monde, mais de choisir mes compagnons seulement entre les musulmans ? Bravant la famille et notre entourage, J. et moi avons continué à nous voir en cachette. Malheureusement, mes proches n'ont pas tardé à s'en rendre compte. Pendant toute ma deuxième année, j'ai vécu l'enfer entre mes études et ma famille. N'en pouvant plus, un jour, j'ai clairement dit à mes parents que rien ni personne n'avait le droit de m'éloigner de lui. Je leur ai rappelé qu'en étant majeure et française (j'avais 20 ans), j'avais tous les droits de vivre ma vie comme je le souhaitais. Choqué par mes propos, mon père a tout simplement décidé de couper les ponts. Cela a été très dur, mais J. a réussi à me faire oublier mes malheurs et m'a fait vivre les plus beaux jours de ma vie. Jonglant entre l'internat et mes cours, je passais tous les week-ends et les vacances scolaires chez lui afin de vivre pleinement notre amour.
Huit mois après, ma sœur m'a contactée pour me dire que mes parents souffraient de mon absence et qu'ils étaient d'accord pour que je reste avec J. Je n'en ai pas cru mes oreilles. J'étais la femme la plus heureuse du monde. Ce fut alors les grandes retrouvailles. Par la suite, pour montrer leur bonne volonté, mes parents nous ont invités à maintes reprises à dîner. Le même été, toute la famille a décidé d'aller au Maroc et ils m'ont proposé de me joindre à eux. Histoire de revoir tous mes proches restés au pays. J'ai hésité pendant longtemps et J. n'était pas vraiment d'accord pour que je parte. Cependant, comme cela faisait trois ans que je n'y étais pas allée, j'ai fini par accepter et convaincre J. de mon départ.
Après trois jours de voyage en voiture, nous sommes arrivés à notre ville d'origine à l'est du pays. Une grande fête nous attendait. On aurait dit un mariage… C'était un mariage… C'était mon mariage ! Arrangé depuis la France avec mes oncles et tantes qui étaient tous au courant de mon “aventure” et qui ne ressentaient pour moi que haine et mépris. Bouleversée plus que choquée, je me suis révoltée, débattue. J'ai menacé de me tuer… Pour éviter que je fasse un scandale, ils m'ont attachée et ont présenté une autre fille pour signer l'acte de mariage. Mes parents et mon futur mari ont brûlé mon passeport français et ont pris tous mes papiers d'identité. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait. Etait-ce bien mes parents qui me faisaient ça ? J'étais sur le point de devenir folle. Je ne connaissais même pas l'homme qui allait rentrer dans ma chambre d'un instant à l'autre ! Je n'arrêtais pas de me dire qu'il y aurait bien quelqu'un qui aurait pitié de moi et qui me sortirait de ce cauchemar. En vain ! Personne ne voulait m'aider. Mes frères et mes sœurs, eux aussi, m'ont abandonnée.
Quand mon “mari” est entré dans la chambre pour consommer le mariage, je me suis évanouie. A mon réveil, tout le monde était parti, les invités et ma famille. Le cauchemar continuait : j'ai épousé un homme analphabète, de 20 ans plus âgé que moi, en qualité de 3ème femme. En l'espace d'une soirée, j'ai été projetée un siècle en arrière. Dans ma tête revenait une seule question en leitmotiv : est-ce que je méritais tout ce qui m'arrivait ? Certaines répondront peut-être oui, m'accuseront d'avoir passé un pacte avec le diable. Je répondrais que ce n'est pas aussi monstrueux de tomber amoureuse et que J. et moi n'avions rien à voir avec toute cette haine et ces guerres que connaissent nos deux peuples.
Emmurée dans un environnement dont j'ignorais même l'existence, j'ai été violée, maltraitée et menacée du pire au cas où je songerais à m'enfuir. Je suis tombée enceinte très vite, et à plusieurs reprises et j'ai accouché d'enfants indésirables. Je suis consciente que c'est dur de dire cela sur mes enfants, mais c'est la vérité. Mon rêve de devenir ingénieur s'est envolé en même temps que mes illusions et ma liberté. Mon cœur et mon âme se sont brisés en mille morceaux ; je n'ai même plus le courage de mettre fin à ma vie.
J'ai pourtant tout tenté pour échapper à ce quotidien inadmissible et invivable. Mon seul recours a été une cousine qui était contre tout ce qu'on m'avait imposé et qui m'a toujours discrètement aidée quand c'était possible. Je l'ai suppliée d'appeler J. et de tout lui raconter. Entre-temps, n'ayant pas eu de mes nouvelles pendant tout l'été, J. est allé voir mes parents qui lui ont raconté que je me suis mariée et que je ne voulais plus de lui. Il ne les a bien sûr pas cru et il a alerté la police française qui, par faute de preuve, a dû abandonner l'enquête. Contacté par ma cousine, il est venu au Maroc pour me chercher. Personne n'a voulu l'aider et un jour, quelqu'un l'a même appelé à son hôtel pour le menacer. Las et à bout de ressources, il est reparti bredouille en France. J'ai failli devenir folle de douleur en apprenant son départ. J'étais donc bel et bien finie. Morte. Prisonnière à jamais d'un homme très influent, riche et prêt à tout pour me garder auprès de lui.
Aujourd'hui, mon seul contact avec la civilisation est ma cousine qui me rend visite de temps en temps et qui ne peut que compatir à mon sort. D'ailleurs, c'est par son intermédiaire que je reçois votre magazine et c'est elle qui vous fera parvenir ma lettre.
Je vis depuis bientôt 8 ans ce cauchemar. Je n'ai toujours pas le droit de sortir, ni de téléphoner, ni de recevoir du courrier. J'habite avec mes enfants dans la même maison que les deux premières femmes de mon mari et leurs enfants qui ne nous rendent pas la vie facile. Ma mère est venue me rendre visite, mais j'ai toujours refusé de la voir. Je lui en veux trop pour lui pardonner.
Je n'espère pas par cette lettre retrouver ma vie d'avant. Il est évident que je ne suis plus la même. Je veux seulement vous faire partager mon histoire incroyable d'horreur mais vraie, et en faire profiter d'autres filles qui pourraient être prises au piège comme moi. Expliquer aussi à J. si jamais il lit ces mots, que je ne l'ai jamais quitté… et dire à ma famille que je leur pardonne leur haine, leur ignorance, que je leur pardonne ma vie, mais pas celle de mes trois enfants.
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MessageSujet: histoire de Samia Nasr   Jeu 16 Juil 2009 - 19:15

Moi Samia Nasr J'ai vécu l'enfer de l'alcool

J’en voulais au monde où je n’ai jamais demandé à être naît, à mon père qui ne m’avait jamais témoigné aucune tendresse, à mes frères qui se droguaient et me battaient. Je reste persuadée qu’un enfant mal aimé et maltraité ne pourra jamais être heureux. À vingt un ans, j’avais cru être amoureuse, mais c’était en fait ma fuite que je préparais. Juste après mon mariage, j’étais enceinte et je ne pouvais pas faire un pas en arrière. Mon mari m’aimait, indéniablement, mais moi je ne l’aimais pas. Et je l’ai détesté lorsqu’il m’a montré son vrai visage : j’avais épousé un homme possessif, très jaloux qui déchirait mes habits, mes écrits, mes livres et mes poèmes et voulait que je porte le voile et la djellaba. Nous n’étions pas faits pour nous entendre. Quatre mois après mon accouchement, je demandais le divorce. Et c’est à cette même période que je contractais sans le savoir ma deuxième union : avec l’alcool. Je n’oublierai jamais cette nuit. Quand j’ai poussé la porte de cette discothèque, je n’avais encore jamais goûté à l’alcool, et c’était en fait la porte de l’enfer que je poussais...



Voilà ce que je me disais, dix-sept ans plus tard, à Djerba. Seule dans mon appartement avec la mort si proche, j’essayais de faire le bilan des dernières semaines. Elles se ressemblaient toutes : j’étais venue en Tunisie pour commencer une nouvelle vie, m’éloigner de mes amies de Casablanca qui aimaient vider avec moi les bouteilles de whisky et trouver du travail. C’était du moins ce que je m’étais dit, mais tout n’était que mensonges ; je me moquais pas mal de trouver un emploi. Une fois à Djerba, la seule chose qui me plaisait vraiment, c’était de me réfugier dans les bars et de finir mes nuits dans les cabarets ou les discothèques. De toute façon, quand bien même j’aurais voulu travailler, comment aurais-je pu le faire ? Après mes nuits d’ivresse, je rentrais dans mon appartement et passais la journée du lendemain abrutie, comme assommée. Je dormais avec, près de moi, une bouteille de vin, en attendant que vienne la nuit.



Je ne ressemblais pas aux filles qui peuplaient ces endroits glauques, ni aux hommes qui tentaient leur chance près de moi. Je n’aimais pas leurs rires grossiers, leurs blagues obscènes et l’odeur de la sueur. Je me moquais pas mal d’eux, de la musique et de tout le reste. Je ne venais là que pour boire. Tout l’argent que j’avais amené avec moi dix mois plus tôt n’avait servi qu’à payer mes bouteilles.



Il était impératif que je revienne au Maroc. J’avais failli avoir une crise cardiaque à cause de l’alcool et failli mourir asphyxiée dans mon appartement à cause d’une fuite de gaz. Tout semblait me pousser à changer radicalement de vie. Cette mort qui était là, si près, comme une compagne de chaque instant, je ne la craignais pas puisque de toutes manières, je n’attachais plus de valeur à ma propre vie. Mais ce jour-là, lorsque je l’ai su si proche, je me suis surprise à vouloir me battre contre elle. J’ai réalisé que la vie s’attachait encore à moi et j’ai pensé à mon fils que j’avais négligé.



Comme un déclic. Un brusque sursaut qui ramène à l’essentiel. Je suis rentrée sans plus tarder au Maroc, différente. Plus envie de continuer à trinquer tous les jours à mes malheurs, plus envie de vivre au jour le jour sans souci du lendemain, comme détachée de la vraie vie. J’avais envie de retrouver le goût de vivre et envie de perdre celui de boire. J’avais envie de sortir de ce labyrinthe obscur. Le chemin était dur et me terrifiait. Autrefois, c’était dans l’alcool que je noyais mes angoisses : quand quelque chose me faisait peur, je remplissais un verre de whisky, le vidais d’une traite et m’en resservais un autre. Mais là, je devais avancer sans ça, chancelante, incertaine et terrifiée. Pour me donner de la force, j’essayais de retrouver cette jeune fille que j’avais été naguère, ambitieuse, déterminée à réussir sa vie.



On n’arrête pas de boire juste parce qu’on l’a décidé, mais on peut se détacher peu à peu de la boisson quand on revoit ses priorités. J’ai retrouvé mon fils que j’avais laissé chez ma mère. Un garçon de seize ans tout plein de tendresse pour cette mère qu’il connaissait à peine. Aujourd’hui, cela fait trois ans que je n’ai pas touché à l’alcool. C’est un travail au quotidien. Même si j’ai intégré le fait que l’alcool est un poison, j’ai toujours un peu peur de craquer. Certains de mes amis ont essayé de me faire replonger parce que j’étais une bonne camarade de bouteille, mais j’ai tenu bon. Quand on a passé la moitié de sa vie en enfer et qu’on a réussi à s’en échapper, on n’y retourne pas aussi facilement.



Aujourd’hui, quand je regarde en arrière et que j’essaie de voir la femme que j’ai été, c’est toujours cette même image qui vient à moi : celle d’une silhouette fragile juchée sur un tabouret dans les brumes d’un bar morbide. Désormais, j'ai encore ce sentiment amer et douloureux que la vie est derrière moi. Mes plus belles années gâchées. Je ne suis pas fière d’avoir été une ratée, une mauvaise mère, une alcoolique trop occupée à remplir ses verres pour regarder son fils grandir. J’ai perdu beaucoup de temps, beaucoup d’années sont passées où j’étais une autre, mais lorsque, aujourd’hui, je regarde mon fils, je me dis que je ne dois plus m’apitoyer sur mon sort. Je vis avec ma mère aujourd’hui âgée. J’ignore si elle n’a jamais compris que j’étais alcoolique ; autrefois, quand elle me voyait entrer à des heures impossibles, elle me disait : “Tu rentres encore pour te coucher”. Mes frères, eux, pensaient que je faisais le trottoir parce qu’il m’arrivait de m’absenter des nuits entières et de rentrer bourrée. C’est pour cela qu’ils me frappaient tout le temps. Ces souvenirs ne cessent de revenir vers moi. Mon père est tombé gravement malade et je l’ai vu souffrir et dépérir ; c’était un autre homme. Sa maladie était incurable. Je me réfugiais dans mon ancienne chambre pour pleurer de le voir si affaibli et à la fin de sa vie. Et face à cette déchéance, même s’il m’avait fait beaucoup de mal, je lui ai pardonné. Ce pardon m’a libérée.



J’essaie à présent d’être là pour mon fils et de profiter au maximum des beaux moments que la vie m’envoie. Je m’accroche à mon enfant, à ses sourires et à ses mots tendres pour ne pas dégringoler de nouveau. Même si j’ai la sensation d’être coincée entre un passé lourd et un avenir chargé d’incertitudes, je suis un peu comme une survivante qui revient de très loin et réapprend les choses toutes simples de la vie en essayant de ne pas tomber.

Samia Nasr
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MessageSujet: Malika OUFKIR (Maroc)   Jeu 16 Juil 2009 - 19:26

Un des plus beaux livres que j’ai lu de ma vie…Prenant,touchant,émouvant;j’en ai ri aux larmes et pleuré à la fois… Une magnifique fesque humaine,un cri du cœur,un cri d’espoir, mais par-dessus tout,un cri d’amour… L’histoire vraie de Malika,fille du Général Oufkir qui sera adoptée à 5 ans par le roi Mohammed V pour servir de compagne à sa jeune fille du même âge. Son enfance idôlatrée(elle sera considérée comme la fille du roi),sa vie de petite fille gâtée,élevée ds la richesse et l’opulence mais surtout, ds la solitude et l’ennui des siens,sa propre famille… Son père,le Général Oufkir tentera un coup d’état contre Hassan II,fils de Mohammed qui lui a succédé au trône; le général sera assassiné,sa famille sera emprisonnée pendant 20 ds les pires conditions inimaginables… Une femme,ses 5 enfants(dont le dernier n’a pas 3 ans) et leurs deux servantes… Pendant 20 ans, on les oublie,on ne prononce même plus leur nom de famille... Malika servira de seconde mère à ses jeunes frères et sœurs,leur apportant,réconfort,instruction,amour et humour… Puis,enfin,viendra le Grand Jour… J’ai adoré,un livre à lire absolument…
La prisonnière
Grasset, 329 pages

Malika Oufkir est la fille du célèbre général marocain, Mohamed Oufkir, lequel s’est officiellement "suicidé" après la tentative avortée du coup d’État du 16 août 1972 contre Hassan II, alors roi du Maroc. La femme du défunt général, Fatéma et ses six enfants, dont le plus jeune n’avait que 3 ans, vont alors être enfermés dans des conditions clandestines et inhumaines pendant vingt ans.

Malika Oufkir nous transmet en collaboration avec la journaliste et écrivain, Michèle Fitoussi, un témoignage bouleversant de cet enfermement d’enfer.

Elle n’a rien oublié : l’angoisse des nuits solitaires, la faim et la soif, l’angoisse, l’incompréhension, les frustrations d’une femme privée d’amour, mais aussi l’humour d’une famille à qui l’on veut infliger le pire des châtiments : l’oubli. Elle évoque aussi cette incroyable évasion à mains nues et l’errance clandestine de Casablanca à Tanger, de Tanger à Paris.

C’est une lecture très émouvante et facile d’accès. Les phrases se parcourent sans effort et sans s’en apercevoir. C’est un récit autobiographique bouleversant et très captivant, difficile de ne pas lire d’un trait et d’en demeurer sous l’emprise les jours suivants. Devenue bien malgré elle, l’héroïne d’une tragédie provoquée par la tyrannie de l’arbitraire, Malika Oufkir nous donne ici une admirable preuve de courage et de volonté, mais aussi et surtout une immense leçon d’espoir dans la vie.
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MessageSujet: Malika OUFKIR (Maroc)   Jeu 16 Juil 2009 - 19:29

La Prisonnière, de Malika Oufkir, coécrit avec Michèle Fitoussi

Quatrième de couverture
Toute sa vie, Malika Oufkir a été une prisonnière. C'est à l'âge de cinq ans que la fille aînée du général Oufkir est adoptée par Mohammed V et élevée dans le Palais du Roi, à Rabat, dont elle ne sort que rarement. Défilent devant les yeux d'une princesse espiègle et effrayée les courtisanes du Harem, les esclaves du Feu, les gouvernantes à l'accent allemand. A sa sortie du palais, la fière descendante des Berbères compte parmi les héritières les plus courtisées du Royaume. La tentative de coup d'Etat du 16 août 1972 contre Hassan II en décide autrement. Ce sera la mort pour le général Oufkir, et la prison pour sa femme Fatéma, et ses six enfants dont le plus jeune n'a pas trois ans ! Des murailles du désert aux cellules envahies par les scorpions, Malika élève ses frères et soeurs et refuse qu'on les laisse mourir. Ils resteront enfermés vingt ans dans des conditions inhumaines. Schéhérazade moderne, Malika n'a rien oublié : l'angoisse des nuits solitaires, la faim et la soif, les frustrations d'une femme privée d'amour, mais aussi l'humour d'une famille à qui l'on veut infliger le pire des châtiments, l'oubli. Elle évoque aussi cette incroyable évasion à mains nues et l'errance clandestine de Casablanca à Tanger, de Tanger à Paris. Aujourd'hui, dans une fresque qui se lit comme un conte des Mille et Une Nuits, Malika la prisonnière devient enfin une femme libre. C'est un témoignage bouleversant qu'elle a confié à Michèle Fitoussi.

Beaucoup de fois, je me suis plainte... j'ai toujours dit haut et fort ce que je pensais de la politique en Angola, de la censure, des espions, et du fait qu'on ne pouvait pas parler à voix haute ce que tout le monde n'ose pas penser tout bas. Car on ne sait pas avec qui on parle, comment on parle et pourquoi on le fait. Depuis 1992, l'Angola est un pays démocratique. Mais que sur le papier. Et plusieurs fois mon père m'a dit "Jo Ann, tu es politiquement incorrecte"... Et si c'est l'inverse pour le cas de Malika Oufkir, si je parle, on saura sûrement de qui je suis la fille. En Angola tout le monde connait tout le monde, et mieux vaut ne pas sortir de la masse. Quand j'ai lu ce livre, entre l'Afrique du Sud et l'Angola, je me demandais, chaque fois que je tournais les pages "comment est-ce possible?". Pendant vingt ans, les Oufkir ont vécu dans des cellules. Pendant dix ans, ils ont vécu les uns à côté des autres, sans jamais se voir, car les cellules étaient les unes derrière les autres, et ils ne sortaient pas... Ils se parlaient, ont même inventé un téléphone, mais ils ont grandi, leurs visages ont changé, sans qu'ils sachent à quoi ressemblaient les autres... La mère était avec le plus jeune de ses fils si je ne m'abuse, et c'était le choc le jour où ils ont pu se voir, hormi les flaques d'eau par terre pour "apercevoir" les autres à côté... Malika inventait des histoires pour ses jeunes soeurs et frères, pour passer le temps... 20 ans c'est beaucoup, c'est énorme... Comment peut-on être punis par les crimes de nos parents? Des enfants qui n'étaient même pas au courant de la tentative du coup d'État... le plus jeune n'avait que trois ans! Pour les Musulmans online, ce n'est pas le Coran qui dit "les enfants ne seront pas jugés pour les crimes de leurs parents"? J'avais prêté le livre à une amie Marocaine en Afrique du Sud, et c'est son père, diplomate, qui l'a lu. Il faut connaître les histoires de son pays, qu'elles soient bonnes ou mauvaises... En Angola, on n'a pas fini d'en baver...

Qui ne se souvient du destin incroyable de Malika Oufkir ? Dans La Prisonnière, écrit avec Michèle Fitoussi, Malika racontait le sort d'une enfant élevée comme une princesse à la cour du monarque Hassan II. A la suite d'un coup d'Etat en 1972 où son père biologique, le général Oufkir, tenta de renverser son père adoptif, le roi du Maroc, on l'emprisonna avec toute sa famille, mère, frères, sœurs, pendant près de vingt ans. Malika a survécu. Mais quel fut le prix à payer ? Comment se promener dans les rues de Paris, Marrakech, Miami ou New York, quand on a encore la peur au ventre ? Quelles sensations éprouve un corps de femme privé de désir pendant vingt ans ? Comment être mère quand on ne peut plus enfanter ? Que peut-elle dire de son passé mutilé à Nawal et à Adam, ses enfants adoptifs ? Liberté, ou amère liberté ? L'Etrangère est le récit vrai d'une Martienne revenue sur terre. Malika Oufkir a beaucoup d'humour, le sens de l'observation, la rage au cœur, et ce " grain de folie " qui lui donne définitivement une place à part.
La Prisonnière, publié chez Grasset en 1999, a été traduit en 26 langues. Malika Oufkir vit aujourd'hui entre Miami et Marrakech.

= Mon avis: Lorsqu'en zappant, j'ai reconnu le visage de Malika Oufkir sur On ne peut pas plaire à tout le monde, je me suis tout de suite intéressé à l'émission. Elle parlait de son nouveau livre, racontant le combien c'était difficile de réapprendre à vivre dans la société moderne aprèes vingt ans dans un cachot au milieu du désert. Elle nous raconte combien tout ce que nous croyons être normal, comme aller au supermarché, le portable, la carte bancaire, et tant d'autres choses encore, semblait être de l'irréel pour elle. Je voulais acheter le livre bien sûr. Mais ce n'est que lors de la Comédie du Livre 2006 à Montpellier, en croisant son regard dans un stand que j'ai oublié le fait que j'avais acheté quatre autres livres et j'ai acheté L'Étrangère pour me le faire dédicacer. Elle portait des lunettes de soleil. Sans doute je n'aurais oser regarder droit dans ses yeux. Mais je regrette ne pas avoir eu le courage de lui dire le combien je la trouvais admirable, elle et sa famille...

Longtemps après sa lecture ce livre me hante encore. L'histoire de cette famille ne devrait jamais être oublié comme ils l'ont été de tous pendant 20 ans. Malika Oufkir nous livre avec une grande honnêteté les pensées et les sentiments qui l'habitait de sa naissance à sa libération, son autre naissance. Rien n'est tout noir ou tout blanc; malgré les souffrances que le roi Hassan II lui a fait subir, à elle et sa famille, Malika pensera tout de même à lui comme un père dans ses souvenirs d'enfance. La prose est simple et même un peu simpliste mais ici le talent littéraire n'est pas le sujet. Ce qui est vraiment important c'est l'histoire...
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MessageSujet: Re: Une Vie entre parenthése lisez vous allez tomber parterre   Jeu 16 Juil 2009 - 19:39

Histoire de Gérard Bricout né au Maroc

Un ange nous a guidés.

Oui, c'est une histoire absolument vraie que vous le croyiez ou non!

C'était dans les années cinquante, nous revenions mes parents, mes trois frères et moi d'une visite à Lourdes, n'étant pourtant pas catholiques.

Élevé toute ma jeunesse au Maroc, jusqu'a âge de onze ans, nous n'avions aucune religion, sinon des arrières grands-parents juifs. Mais j'ai toujours été attiré par le côté spirituel. Un jour, alors que j'avais huit ans, dans la rue où j'habitais à Casablanca passa un "vieux habits". Il s'agissait en fait d'un vieil homme sillonnant les rues en criant; "vieux habits"! Il achetait et vendait des vieilleries qu'il transportait dans son sac de jute sur son dos. Un voisin adulte l'interpella et il vida son sac parterre. Il y avait de tout, objets divers, habits usés... mais un objet particulier retint mon attention, c'était une croix de bois avec le Christ d'environ quinze centimètres.

Cette croix me fit une forte impression, elle me fascinait. Lorsque le voisin eut fait son affaire, restant seul avec le "vieux habits", je saisis la croix et lui demanda; Combien?

Cinq francs me dit-il!

Attends-moi là lui répondis-je du haut de mes huit ans. Je couru chez moi, juste à côté et demandais cinq francs à ma mère pour acheter un "Coca-cola" lui dis-je. C'était d'ailleurs le prix d'un coca. Elle avait l'habitude de m'en payer un de temps en temps, tant il faisait chaud, et nous n'avions pas de frigo. Rassuré et heureux, je dévalais les escaliers, espérant que le vieil homme m'avait pris au sérieux. Il était toujours là, ayant rangé son sac. Je lui tendis la pièce et reçu en échange ma croix. J'étais vraiment heureux et la conserva durant de nombreuses années.

Elle ne voulait rien dire pour moi, mais c'était un objet précieux.

Mais bref, revenons à notre histoire.

Donc, revenant de Lourdes, nous étions maintenant à Sète et il commençait à faire nuit. Mon père chercha en vain un endroit où dormir, mais tout était complet dans cette ville, en plein mois août.

Mes parents décidèrent donc de pousser plus loin dans une prochaine ville moins touristique.

Nous étions tous fatigués par le voyage, la circulation et la chaleur de la journée et pressés de trouver un bon lit.

Il devait être entre neuf et dix heures du soir maintenant et sur cette route nationale, relativement droite, la circulation s'était réduite au minimum. Mon père poussait la voiture à vive allure, ayant peur de ne plus trouver d'hôtel ouvert.

Notre voiture, c'était une Simca "P60 avec moteur Rush", un modèle un peu plus poussé que les normales. Je regardais le compteur qui indiquait 160 et j'avoue que je ne me sentais pas en sécurité. Ma mère et mes trois frères s'étaient endormis lorsque aperçus devant la voiture, à une distance d'environ cinquante mètres, une forme humaine lumineuse.

J'essayais alors de bouger la tête à droite et à gauche puis de haut en bas afin de vérifier que ce n'était pas un reflet du tableau de bord dans la vitre, mais non, la forme demeurait toujours bien centrée devant la voiture. Ceci dura plus d'une heure, car j'eu le temps de réveiller tour à tour mes trois frères, dont deux plus âgés, et leur demander de se mettre à ma place et regarder s'ils voyaient comme moi cette forme lumineuse. Mais aucun ne la vit. Mon père conduisant ne la voyait pas non plus. Ma mère, réveillée par la discussion ne vit rien d'anormal. Tous se rendormirent et je restais à fixer cette forme jusqu'a m'endormir à mon tour.

Durant des années, je ne fis pas cas de cette aventure à personne. Aujourd'hui, quarante ans après, j'ai choisi une religion et m'efforce de vivre en bon chrétien. J'ai alors réfléchi à cette histoire et me suis dit combien le Seigneur a été bon de me rassurer ce jour-là, sur cette route nocturne et dangereuse, alors que j'avais peur, mon attention a été détournée tout au long du trajet par ce que j'appelle un ange qui a veillé sur nous tous!
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Soly Anidjar
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MessageSujet: Re: Une Vie entre parenthése lisez vous allez tomber parterre   Ven 27 Avr 2012 - 13:44

Le coeur se brise par tant de souffrance.


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MessageSujet: Re: Une Vie entre parenthése lisez vous allez tomber parterre   

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Une Vie entre parenthése lisez vous allez tomber parterre
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