HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

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 ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA

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Soly Anidjar
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MessageSujet: ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA   Sam 28 Mar 2009 - 19:57

Architectes français à Casablanca



Des centaines de lieux de mémoire publics ou privés (bâtiments, immeubles, villas, maisons, anciens ateliers…) ont été édifiés par les artisans de nos villes tout au long du XX° siècle. Nombre de ces bâtiments souffrent de l’usure du temps, d’un manque d’entretien ou encore de la voracité du marché. Ces édifices sont aujourd’hui menacés de disparition. Ils doivent être sauvés pour éviter que ne s’effondre des pages émouvantes et essentielles de l’histoire de notre pays.
Ce patrimoine, propriété de tous les marocains, n’est pas toujours protégé au titre des monuments historiques et sa sauvegarde est la responsabilité de tous. L’Association Casamémoire a pour vocation de mobiliser et d’aider toutes les énergies, qu’elles soient individuelles ou collectives qui veulent s’associer à cette œuvre commune qu’est la sauvegarde de notre mémoire commune.



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MessageSujet: Re: ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA   Sam 28 Mar 2009 - 19:58



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MessageSujet: Re: ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA   Sam 28 Mar 2009 - 19:58



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MessageSujet: Re: ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA   Sam 28 Mar 2009 - 19:58



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MessageSujet: Re: ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA   Sam 28 Mar 2009 - 19:59



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MessageSujet: Re: ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA   Sam 28 Mar 2009 - 19:59



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MessageSujet: Re: ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA   Sam 28 Mar 2009 - 20:02

Les services municipaux et de l'Urbanisme

Ils seront toujours confrontés à "la fièvre de la construction" malgré la mise en place par Henri PROST d'une administration rigoureuse chargée de faire respecter les dispositions des plans d'aménagement mais l'affrontement et la négociation engendreront des solutions inédites qui feront de Casablanca une "ville pragmatique" (selon l’expression de Jean-Louis COHEN). Cet équilibre précaire entre intérêts publics et privés s'observe jusqu'à nos jours.
Les promoteurs

- Publics : par l'architecture et l'implantation, ils marquent la ville de bâtiments imposants qui structurent l'espace : place Mohamed V, hôpitaux, etc.- Privés : industriels, grandes sociétés : banque, assurance…Ils sont européens de toutes origines, marocains issus de la grande bourgeoisie commerçante de Fès, israélites beaucoup venant d'Essaouira dont l'expansion du port de Casablanca a accéléré le déclin. Tous attirés par la croissance prodigieuse de la ville. Leurs commandes, tant pour les immeubles de rapport que pour les habitations privées, montrent leur goût pour les constructions modernes, et leur confiance dans l'essor d'une ville qui, dans les années 20 n'existe pas encore.Parmi ces promoteurs on trouve de nombreux architectes et entrepreneurs.
Les architectes

Ils viennent d'Europe (France) ou d'Afrique du Nord (Algérie, Tunisie). Encouragés par l'atmosphère innovante qui règne à Casablanca, ils vont pouvoir réaliser des édifices d'envergure dans le style du moment. Libres dans leurs orientations, ils sauront, indifféremment concevoir leurs œuvres dans les différents styles relevés à Casablanca.Ils trouveront dans l'architecture traditionnelle marocaine la correspondance avec le mouvement cubiste (toit terrasses, volumes dépouillés) et dans l'artisanat local (zelliges, fers forgés) les éléments de décoration propres à l'architecture "Art déco". En étudiant l'habitat marocain et l'organisation des villes, ils sauront aussi construire les nouveaux quartiers : ex HABOUS. Plus tard, après la 2e guerre mondiale, des jeunes architectes expérimenteront de nouveaux modes d'habitat. La réputation de modernité de Casablanca se transforme définitivement en tradition.



Principaux architectes ayant exercé à Casablanca

· Albert LAPRADE (1883-1962). À Casablanca de 1915 à 1917.· Hyppolite Joseph DELAPORTE (1875-1962). À Casablanca de 1913 à 1955.· Auguste PERRET (1874-1954) associé à l'entreprise PERRET FRES. à Casablanca de 1913 à 1920.· Marius BOYER (1885-1947). À Casablanca de 1919 à 1947.· Pierre JABIN (1894-1967). À Casablanca 1915 à 1955.· Auguste CADET (1881-1956). À Casablanca de 1918 à 1956.· Edmond BRION (1885-1973). À Casablanca de 1918 à 1973.· Joseph et Elias SURAQUI (1893-1975) (1893-1977) à Casablanca de 1923 à 1195· Marcel DESMET (1892-1973). À Casablanca de 1932 à 1962.· Erwin HINNEN (1894-1986). À Casablanca de 1931 à 1974.· Albert PLANQUE (1910-1972). À Casablanca 1943 à 1970.· Alexandre COURTOIS (1904-1974). À Casablanca 1942 à 1965.· Émile DUHON (1911-1983). À Casablanca de 1946 à 1975.· Jean François ZEVACO, né en 1916 à Casablanca, exerce depuis 1947.· Élie AZAGURY, né en 1918 à Casablanca, exerce depuis 1950.
Les entrepreneurs

Souvent d'origine italienne, ils sauront transmettre leur savoir-faire en matière de finitions : ornementation et revêtements (sols en granito poli). La main-d'œuvre est de toutes origines (européenne et marocaine). Les entrepreneurs seront secondés par les mâalems et artisans marocains dans la mise en œuvre des matériaux traditionnels : zelliges, bois sculptés, tuiles vernissées, plâtres ciselés.Ils utilisent très vite les nouvelles techniques de Béton Armé à la suite des pionniers en la matière : les frères PERRET.


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MessageSujet: Re: ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA   Sam 28 Mar 2009 - 20:05

Bâtiments inscrits ou classés

Casablanca :
Inscription des façades de l'immeuble Bessonneau : arrêté n° 411-00 du 14 mars 2000 – Bulletin Officiel n°4795 du 15 mai 2000.
Inscription de l’Aquarium : arrêté n°1.299.03 du 27/06/2003 – Bulletin Officiel n°5134 du 14/08/2003.
Inscription du Jardin Merdoukh (Murdoch) : arrêté n°1.300.03 du 27/06/2003 – Bulletin Officiel n°5134 du 14/08/2003.
Inscription des Abattoirs Municipaux : arrêté n°1.301.03 du 27/06/2003 – Bulletin Officiel n°5134 du 14/08/2003.
Inscription du Palais de la foire : arrêté n°1.302.03 du 27/06/2003 – Bulletin Officiel n°5134 du 14/08/2003.
Inscription de la Villa Violetta : arrêté n°1.303.03 du 27/06/2003 – Bulletin Officiel n°5134 du 14/08/2003.
Inscription de la Villa les Tourelles : arrêté n°1.303.03 du 27/06/2003 – Bulletin Officiel n°5134 du 14/08/2003.
Inscription de la Villa Suissa : arrêté n°1.303.03 du 27/06/2003 – Bulletin Officiel n°5134 du 14/08/2003.
Inscription de la Villa dite Rouge : arrêté n°1.302.03 du 27/06/2003 – Bulletin Officiel n°5134 du 14/08/2003.
Inscription de la Villa dite Ronde : arrêté n°1.299.03 du 27/06/2003 – Bulletin Officiel n°5134 du 14/08/2003.
Inscription de l’Eglise « Sacré Cœur » : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription du Bâtiment de la Poste : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription du Bâtiment de la Trésorerie Régionale : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription du Siège de la Wilaya : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription du Palais de Justice place Mohamed V : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription du Siège de la Banque Commerciale du Maroc Bd Driss Lahrizi : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription du Siège de la Banque du Maroc : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription du Bâtiment de la Préfecture du Mechouar : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription du Marché Central : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription de l’Immeuble Maret : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription de l’Immeuble El Glaoui : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription de l’Immeuble Maroc Soir : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription de l’Immeuble Assayag : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription de l’Hôtel Volubilis : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription de l’Hôtel Excelsior : arrêté n°2.010.03 du 10/07/2003 – Bulletin Officiel n°5166 du 04/12/2003.
Inscription de l’Hôpital 20 Août : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription du Siège Régie des Tabacs : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription du Bâtiment du Comptoir Métallurgique : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription de la Poste des Habous : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription de l’Arrondissement Militaire : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription du Quartier Bousbir : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription de Lycée Khnata Bent Bekkar : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription de Lycée Khawarizmi : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription du Lycée Ibn Toumart : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription du Collège El Castallani : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription de l’Ecole Internationale : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription de l’Ecole Al Azhar : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription de l’Immeuble Tazi : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription de l’Immeuble “les Studios”: arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription de l’Hôtel Transatlantique : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription du Lycée Mohamed V : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription de l’Immeuble Shell : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription de l’Immeuble Ben Dahane : arrêté n°540.04 du 17/03/2004 – Bulletin Officiel n°5209 du 03/05/2004.
Inscription de l’Immeuble Sony : Arrêté n°1386/05 du 07/7/2005 – Bulletin Officiel n° 5345 du22/8/2005
Inscription de l’Immeuble sis au 48, Rue Taher Sebti : Arrêté n°1386/05 du 07/7/2005 – Bulletin Officiel n° 5345 du22/8/2005
Inscription de l’Immeuble Neptune : Arrêté n°1386/05 du 07/7/2005 – Bulletin Officiel n° 5345 du22/8/2005
Inscription de l’Immeuble La Princière : Arrêté n°1386/05 du 07/7/2005 – Bulletin Officiel n° 5345 du22/8/2005
Inscription de l’Hôtel Majestic : Arrêté n°68.06 du 30/12/2005 – Bulletin Officiel n° 5392 du02/02/2006
Inscription de la Pharmacie Centrale : Arrêté n°68.06 du 30/12/2005 – Bulletin Officiel n° 5392 du02/02/2006


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MessageSujet: Re: ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA   Sam 28 Mar 2009 - 20:07

Dans le ventre grouillant du vieux centre casablancais, mieux vaut regarder devant soi pour éviter les voitures pressées. Mais si l’on ose lever la tête, la métropole marocaine dévoile ses façades où, dans une lumière rosée, azulejos néo-mauresques, ornements néo-classiques, figures géométriques Art déco et volumes ultramodernes se côtoient avec éclectisme.

C’est que pendant plus d’un demi-siècle, du début du Protectorat français (1912) aux lendemains de l’Indépendance (1956), Casa la blanche s’est imposée comme un frénétique laboratoire d’urbanisme et d’architecture. Un patrimoine architectural et urbanistique du XXe siècle que l’association Casa Mémoire s’est donné pour objectif de préserver et qu’elle nous invite à découvrir à l’occasion de la Journée internationale des monuments et des sites, le 18 avril 2008.
Dès 1912, le maréchal Lyautey en appelle aux professionnels les plus ouverts aux courants « nouveaux » pour bâtir ce nouvel eldorado. Tout en incarnant une certaine « envie d’Amérique », alimentée par la propagande de la Résidence, Casablanca a pour mission d’insuffler l’énergie d’une « ville nouvelle française » qui réveillerait un vieil empire assoupi. Dans un tel consensus moderniste, ils sont des dizaines d’architectes français – de Marius Boyer à Alexandre Courtois, d’Edmond Brion à Georges Candilis – à faire de Casa un terrain d’expérimentations qui, souvent, serviront de modèles en France et dans le monde.

Henri Prost, le Baron Haussmann de Casablanca.
L’essor de la ville blanche coïncide avec celui d’une discipline nouvelle : l’urbanisme. Pour beaucoup, c’est à Casablanca que celui-ci naît vraiment, sous la main d’Henri Prost, convoqué par Lyautey à la tête du premier Service de plan de France, à l’heure où Casa, terrain encore quasi vierge, fait monter la fièvre spéculative aux terrasses de cafés. S’il s’inspire ça et là de New York, son plan pour ouvrir et organiser le centre casablancais, entre lieux de pouvoirs et premier boulevard périphérique, influencera rien moins que Chicago ou São Paulo. Et c’est de ces expériences que naîtront plus tard en France les réglementations sur le tracé des voies. Pragmatique et visionnaire, Prost restera à Casablanca ce que Haussmann est à Paris.


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MessageSujet: Re: ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA   Sam 28 Mar 2009 - 20:08

A l’innovation urbanistique fait écho l’innovation esthétique : après les styles néo-mauresque et néo-classique, c’est un courant moderne, nourri du Bauhaus et du constructivisme, qui s’affirme au fil des bâtiments casablancais. L’Art déco, dont les formes géométriques se marient avec motifs et zellige traditionnels, n’est que le début de cette réflexion architecturale. Gagnés par cet esprit pionnier, les promoteurs - Européens, Marocains de la bourgeoisie commerçante ou israélites d’Essaouira – rivalisent d’audace pour voir s’élever ces immeubles qui portent encore leurs noms.

Révolution en béton armé

D’autant que le béton armé, expérimenté à Casa dès 1912 grâce aux Frères Perret et aux entrepreneurs italiens d’Algérie et de Tunisie, permet toutes les extravagances – volumes, courbes, toits terrasses – et une qualité incomparable. Bien que très noircis, de nombreux buildings témoignent aujourd’hui de structures impeccables. Au-delà de la forme, ces innovations sont mises au service d’un confort de plus en plus important, et les immeubles conçus à Casa par les architectes français dépassent souvent en équipement ceux de Paris à la même époque.




« Les Casablancais ont le rêve américain dans la tête », explique l’architecte Jacqueline Aluchon, native de Casablanca. Dans cette ville « plus hédoniste et mondaine que culturelle et intellectuelle », les garages (Auto-Hall de Pierre Bousquet en 1930), cinémas (Rialto de Pierre Jabin en 1930 et Vox de Marius Boyer en 1935) et sièges de banques (Banque d’Etat d’Edmond Brion en 1937) deviennent les monuments d’une cité qui n’en a pas. Dès les années trente – 1931 est une année record en constructions d’immeubles - s’entame une course à la verticalité qui devance la capitale française.


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MessageSujet: Re: ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA   Sam 28 Mar 2009 - 20:10

En parallèle, l’esthétique se fait plus dépouillée, entre jeux de volumes et façades galbées. Selon un observateur français de 1935, cité par Monique Eleb et Jean-Louis Cohen dans Mythes et figures d’une aventure urbaine (édition Belvisi/Hazan), Casa « donne au monde inquiet une belle leçon d’optimisme ». Nombreux sont alors les critiques « pour qui l’architecture moderne aurait trouvé sa ville en Casablanca ».

L’urbanisme d’habitat social

Au tournant des années quarante et cinquante, s’impose en effet une nouvelle génération d’architectes (Albert Planque, Emile Duhon, Georges Candilis, Alexandre Courtois), parfois nés à Casa (Jean-François Zévaco, Elie Azagury). En rejet du monumentalisme, lui préférant Le Corbusier et Niemeyer, ils créent en périphérie des villas et bâtiments épurés et hybrides, entre Méditerranée et Californie, donnant parfois à Casa des airs de Brasilia (aérogare de Tit-Mellil de Zévaco).

Mais pragmatisme oblige, urbanistes et architectes français de l’après-guerre, loin de s’oublier dans le rêve américain, vont mettre leur inventivité au service d’une nouvelle problématique inhérente à la croissance industrielle : l’exode rural et l’extension des « bidonvilles » (mot né à Casablanca). Dès 1947, le nouveau directeur de l’urbanisme du Protectorat, Michel Ecochard, signataire de la Charte d’Athènes, établit le projet d’extension du Grand Casablanca qui intègre des expériences pilote d’habitat social : Derb Jdid, de Elie Ezagury, la Cité ouvrière de Aïn Chock de Antoine Marchisio et Edmond Brion, l’innovante cité musulmane de fusées céramique de Jacques Couëlle qui susciteront un réel intérêt de l’étranger. L’expérience type « nid d’abeille » de l’équipe Candilis, aux Carrières centrales, vantée dans Architectural Design de janvier 1955, servira de modèle en région parisienne et à Marseille.
Un legs difficile à préserver

Après l’indépendance, les commandes aux architectes étrangers se raréfient pour disparaître quasiment dans les années soixante-dix, avec la limitation des autorisations d’exercer qui leur est imposée. La reconstruction d’Agadir, après le tremblement de terre de 1960, constitue la dernière expérience d’innovation collective (Pierre Coldefy, Claude Verdugo) saluée à l’étranger. Les Casablancais de naissance, comme Zévaco et Azagury, poursuivent leur œuvre à travers hôpitaux, mosquées et écoles, jusqu’aux années 1980.

Depuis lors, ce patrimoine architectural unique du 20e siècle est gravement menacé. « Quelque 40% ont déjà disparu », déplore Jacqueline Aluchon. Dont des emblèmes mythique : le cinéma Vox, la villa Mokri ou encore l’Hôtel d’Anfa, qui accueillit la conférence de 1943 entre Roosevelt, Churchill, De Gaulle et Mohammed V, rapporte Abderrahim Kassou, président de l’association Casa Mémoire créée en 1995, pour préserver et valoriser cet héritage «longtemps associé à la période coloniale » avant d’être attaqué par la pression immobilière et la « paupérisation du vieux centre ».

Dans cette zone, Casa Mémoire estime à quatre mille le nombre de bâtiments à protéger et milite pour inscrire Casablanca au patrimoine mondial de l’Unesco, comme Le Havre, Brasilia ou Tel Aviv. Cas d’étude incontournable dans les plus grandes écoles d’architecture, la ville a constitué une indéniable référence à l’international pour ceux qui y ont travaillé. « On disait ‘les Marocains’ », se souvient Jacqueline Aluchon. Cette période féconde n’aura pourtant pas engendré de véritable « école » marocaine d’architecture. « Nous sommes seulement trois mille architectes, souvent formés en France. Et presque pas d’urbanistes », constate Abderrahim Kassou. « Mais les architectes nés à Casa n’ont pas choisi cette voie par hasard », assure Jacqueline Aluchon. A l’instar, sûrement, de Yves Lion. Le Grand Prix de l’urbanisme 2007 en France, partisan d’un « architecturbanisme » pragmatique et actuellement en charge du projet Casa-Marina, est né dans la ville blanche en 1945.

http://www.rfi.fr/francefr/articles/100/article_65072.asp


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MessageSujet: Re: ARCHITECTES FRANCAIS A CASABLANCA   Sam 28 Mar 2009 - 20:17



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