HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

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 VIE JUIVE AU MAROC

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bidaouia 40



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MessageSujet: VIE JUIVE AU MAROC   Mar 2 Déc 2008 - 23:42

a loccasion de chacune des differentes hilloulotes la communauté juive de casablanca organise des voyages vers les lieux saints. C est soit l'aller et retour dans la journée, soit nous passons le shabbat . J"ai quelques photos de safi, Al Kazar Kevir,essaouira....malheuresement je n arrive pas à les transmettre. De plus je suis tres maladroite.Une fois j arrire et 10 fois je rate pouvez vous m aider. Merci d avance
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Soly Anidjar
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MessageSujet: Re: VIE JUIVE AU MAROC   Dim 11 Jan 2009 - 6:51

La diaspora marocaine est assurément l'une des plus anciennes d'lsraël. Selon certains historiens, l'arrivée des Juifs au Maroc se situerait à l'époque du roi Salomon, tandis que pour d'autres, après la destruction du Temple de Jérusalem par Nabuchodonosor en 586.
L'histoire de cette communauté deux fois millénaire est, aujourd'hui encore, mal connue. Le monde juif s'y est, du reste, fort peu intéressé. Les Juifs marocains demeurent encore ces « Juifs de l'oubli », comme d'autres sont les « Juifs du silence ». Dépossédés de leur histoire, coupés de leur mythologie, orphelins de leur passé...
Ces communautés ont pourtant jadis déposé dans la grande corbeille du patrimoine spirituel d'lsraël Ie meilleur cadeau : l'aristocratie intellectuelle. La seule source et l'unique réalité de ces communautés en terre d'lslam résidaient dans la religion et la religiosité. Dans un contexte historique et sociologique difficile, parfois hostile, dans une misère matérielle que les images sur Ie Mellah — Ie ghetto marocain — ne restituent qu'imparfaitement, Ie Judaïsme marocain a mené, durant des siècles, la vie des communautés ancrées dans la foi et dans l’espérance.

À voir vivre ces Juifs du Maroc, on les croyait, naguère encore, bâtis pour l'éternité. Les régimes passaient et ces communautés demeuraient fidèles à elles-mêmes. Les colonisateurs du pays changeaient, et elles poursuivaient leur marche à travers l'histoire, indifférentes aux contingences et aux secousses. On les croyait uniques dans la longue liste des exils d'lsraël puisque, constituées à l'époque de Carthage, elles survécurent à la domination des Romains, des Vandales, des Byzantins, des Turcs, des Espagnols et des Français. Les maîtres changeaient, l'oppression se transformait, mais ce judaïsme marocain continuait à vivre dans une espèce d'exterritorialité, dans une Jérusalem rêvée et imaginaire. II donna à plus d'un historien les preuves de sa permanence et les lignes de son enracinement.
Les mutations subies
Le Pont sur l'oued El Youdi A l'extérieur du ghetto
par l'histoire juive depuis cinquante ans ne l'ont pourtant pas épargné. En moins d'une décennie, les « murs du ghetto » ont cédé. Des lieux hier encore riches d'histoire juive sont désertés, privés de leur élément Israélite.
Les Juifs du Maroc, ultimes témoins d'une communauté prestigieuse, tournent-ils la dernière page d'une longue histoire ? Sur les routes de l'Europe, du Nouveau Monde où en Israël où ils se sont installés, sont-ils encore fidèles à leur mémoire et à leur nostalgie ? Ou bien ont-ils renié, une fois pour toutes, Ie Mellah, ses symboles et ses lumières ?

Le heder, en hébreu chambre, est Ie nom donne à l'école élémentaire qui prépare à l'enseignement du judaïsme. Trois groupes : les garçons de trois à cinq ans, ceux de six à sept ans et ceux de huit à treize ans. A partir de quatorze ans, les adolescents ayant fait leur bar mitzva continuent leurs études talmudiques dans une école rabbinique (yeshiva).

MODE VIE

L'habitat juif est différent, comme Ie costume, de la maison arabe.
« Quiconque franchissait la porte du quartier juif (Bab el mellah) quittait les rues larges et claires de Fez Chehid pour pénétrer dans les ruelles étroites , tortueuses et sombres, bordées de maisons à plusieurs étages, percées de nombreuses fenêtres, badigeonnées en jaune ou en bleu, avec des portes rouge sang de bœuf. On se serait cru dans un monde différent et pourtant on n'avait pas fait plus de cent mètres. »

(H. de la Martiniere, Souvenirs du Maroc, 1899.)


Les femmes africaines ont l'habitude de porter leur bébé sur Ie dos. Apparemment, les femmes juives ne dérogent pas à cette coutume dictée par Ia commodité.
Les femmes sortent sans se voiler, leurs cheveux sont couverts d’un foulard à franges noué sur une sorte de tiare analogue au hantouz des musulmans, avec un filet pour contenir les cheveux. Un châle, également, couvre les épaules.
« Pendant longtemps, nous avons connu un vieux juif qui suivait I'armée du sultan. On Ie rencontrait dans chaque résidence chérifienne ; il évoluait de Fez à Metinès et à Marrakech. II s'était, peu à peu, introduit parmi mes gens ; il leur fournissait bien des choses et apportait à la cuisine de la viande provenant des bouchers Israélites plus soigneux, comme on sait, que les musulmans dans Ie choix des animaux à abattre. A Marrakech , ce pauvre diable nous arrivait après avoir traversé, pieds nus, toute la ville, dans la boue ou la poussière, parfois tout remué par les insultes violentes qu'il recevait aux abords de la sainte Zaonia. Je Ie faisais protéger de mon mieux. Un jour, mis en confiance, il nous conta son histoire. A la suite d'infortunes variées, il était revenu au Maroc après avoir travaillé à la bourse de Lisbonne où il avait, disait-il, porté Ie chapeau haut de forme. Il nous confiait sa tristesse et ses regrets, la tête couverte de l'affreuse calotte noire si méprisée et de I'ignominieux mouchoir imposé à ses coreligionnaires. » (H. de la Martiniere, Souvenir du Maroc, 1889.)

DEBDOU

Debdou , capitale au XVe siècle d’un état indépendant dont le prince Merimid était pro juif. La communauté juive était divisée en deux : les Sévillans et les immigrants de Murcie. Le choléra décime la communauté au XVIIIe siècle. A la fin du XIXe, les deux tiers de la population sont juifs. Aujourd'hui, la communauté a entièrement émigré en Israël.


MASSACRES AU MAROC

En l'absence de troupes françaises à Fez, la protection de la ville était assurée en 1912 par des autochtones recrutés à la hâte, encadrés par quelques officiers et sous-officiers français (les tabors). Ces recrues touchaient, depuis Ie Ier 1 mars, une solde supérieure à celle allouée auparavant par Ie sultan. Les autorités militaires décidant de la réduire de trente centimes par homme pour constituer « l'ordinaire », l'exaspération des indigènes, suivi par toute la population de la ville, dégénère en mutinerie Ie 17 avril à midi. Les tabors massacrent leurs supérieurs, tuent les Européens trouvés sur leur chemin, et pillent établissements publics et privés. Les têtes des Français sont promenées au bout de piques dans les rues de Fez .

C'est alors la ruée générale sur le mellah . Ce quartier d'environ 12 000 habitants est entièrement


Dans le ghetto Vue plongeante sur le cimetière de Bab Ftouh
pillé et saccagé, en partie incendié : une cinquantaine de cadavres, juifs sont découverts, et une centaine d'autres gisent sous les décombres. Les habitants n'avaient pu se défendre, Ie port des armes leur étant formellement interdit. Ceux qui avaient réussi à fuir ne devaient leur vie qu'a une porte aménagée dans Ie mur d'enceinte.

Dès lors que Ie sultan est prévenu des évènements, il ordonne d'ouvrir une porte du palais donnant près du mellah et offre asile à tous les rescapés. Ces malheureux grouillent par centaines, entassés dans de grandes cours, dans les couloirs, dans de vieux magasins, dans les écuries, sous les voûtes, derrière les portes... Mais Ie spectacle Ie plus original et Ie plus inattendu est donné par plusieurs centaines de femmes, de jeunes filles et d'enfants blottis dans les cages bardées de fer, réservées aux bêtes féroces du sultan. Ces fugitifs resteront enfermés pendant une quinzaine de jours.


Le bureau de poste du mellah de Fez est créé le 15 août 1893. Ce bureau était tenu par un commerçant juif qui prenait et distribuait le courrier, vendait des timbres, recommandait lettres et paquets, mais ne payait ni recevait aucun mandat. Complètement détruit pendant les évènements d’avril 1912, le bureau ne fonctionnera plus pendant un certain temps.


Victor MALKA
Journaliste, écrivain.




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MessageSujet: Re: VIE JUIVE AU MAROC   Dim 11 Jan 2009 - 7:06

Sœur longtemps méprisée de la photographie, la carte postale est cependant le véritable témoignage populaire des sociétés disparues, ainsi que des événements qui ont le plus souvent échappé à l’œil des reporters photographiques du début du siècle.

En ce qui concerne les Juifs, elle apporte des informations précieuses sur des lieux-dits dont aucun spécialiste du judaïsme n’avait jamais fait mention. Elle a fixé, pour la postérité, les magasins, les auberges, les rues, les mellahs,les commerces en tout genre éclairant d’un jour nouveau l’implantation des familles juives dans le monde. La vocation d’une carte postale étant de voyager, elle a suivi le juif tout au long du XIXe siècle. Elle fut témoin des petits instants de bonheur, et des grands moments de malheurs, pour en tirer le meilleur, mais aussi le pire. L’image des juifs véhiculera à travers le monde pendant plus de soixante ans ne sera pas toujours animée de bons sentiments. Les vieux rabbins, les pauvres, les vieux habits, les bonnes.... qui posaient bien innocemment devant l’appareil du photographe ignoraient tout des intentions du photographe.............


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MessageSujet: Re: VIE JUIVE AU MAROC   Dim 15 Mar 2009 - 6:16

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MessageSujet: Le Maroc n'a pas spolié les juifs   Ven 20 Mar 2009 - 18:49

Simon Lévy dirigeant de la communauté judéo-marocaine
Le Maroc n'a pas spolié les juifs

Les conflits israélo-arabes, depuis 1948 et le coup de force contre la nationalisation du Canal de Suez par l’Égypte en 1956, ont provoqué des exodes massifs, précipités, parfois même dans la panique dans certains pays arabes. Il n'y a rien eu de tel au Maroc.

Amale Samie



• Simon Lévy.



L'exode des Juifs du Maroc sera certainement l'objet de nombreuses recherches et d'ouvrages. Ce départ, qui est une perte pour le Maroc, s'est fait dans des conditions spéciales et chaque vague d'émigration vers la France, Israël et le Canada avait ses motivations à elle.
L'Agence juive travaille au corps les Juifs du monde entier et cherche à les attirer en Israël, mais Simon Lévy, universitaire, chercheur et membre responsable de la communauté juive marocaine a écrit des ouvrages sur le sujet. Pour lui, le départ des Juifs marocains s'est passé dans des conditions qui n'ont rien à voir avec leur départ d'Irak et d'Égypte.
Les départs du Maroc étaient d'autant plus déchirants que les Juifs marocains étaient conscients de vivre dans un pays qui était le leur au plein sens du terme. Et surtout leurs compatriotes musulmans qui, sauf exception, n'ont jamais attribué à leurs amis juifs les exactions israéliennes, ont perdu tout lien avec eux.

Exactions

Simon Lévy, juif communiste et résistant a vécu le drame qui s'est enclenché en 1948 aux premières loges. Engagé dans la résistance, il a vu quelques rares coreligionnaires se laisser duper par les appels sionistes. Mais il a vu aussi l'émigration économique entre 1948 et 1956.
Une période troublée de l'histoire du Maroc a commencé avec le partage de la Palestine par l'ONU en 1947.
Le protectorat français avait tout fait pour détacher les juifs des musulmans, favorisant -très relativement- les uns pour qu'ils n'endossent pas publiquement l'appel des nationalistes à lutter pour l'indépendance. Il est inutile de rappeler les noms des résistants juifs puisqu'ils étaient en l'occurrence Marocains d'abord.
Les conflits israélo-arabes, depuis 1948 et le coup de force contre la nationalisation du Canal de Suez en 1956 ont provoqué des exodes massifs, précipités, parfois même dans la panique. Il n'y a rien eu de tel au Maroc.
Pour Simon Lévy, les Juifs irakiens ont fui l'Irak non seulement en raison des tensions sociales mais surtout à la suite d'attentats perpétrés par l'Agence juive contre des juifs irakiens pour semer la terreur dans leurs rangs et les faire fuir en Israël.

Marginalisation

Il ne faut pas faire dans l'angélisme, ni passer sous silence les débordements imbéciles. Mais pour Simon Lévy, il n'y a eu ni pogrom, ni chasse aux juifs, ni expulsion et les autorités du pays avaient soin de rassurer la population juive et d'interdire formellement tout comportement agressif à l'encontre des juifs. Cela ne s'est pas passé dans un climat de terreur. Certains Juifs marocains sont partis de leur plein gré parce qu'ils croyaient en Israël, d'autres y sont allés par nécessité, d'autres encore ont choisi un autre pays, le Canada, la France et les Etats-Unis.
Pourquoi sont-ils partis? Pour Simon Lévy, il y avait deux raisons à leur départ. La raison politique concerne peu d'individus. Si 90 000 juifs environ sont partis entre 1948 et 1956, ils l'ont fait pour des raisons économiques.
Les matelassiers, les cordonniers, les colporteurs (essouwaqa), les ferblantiers et certains artisans étaient plus souvent juifs que musulmans. L'introduction du machinisme et du travail industriel ont progressivement tué ces métiers, la paupérisation des juifs et leur marginalisation pendant le protectorat ont fait que la majeure partie des 90 000 émigrants étaient, selon Simon Lévy, des déclassés. Ils venaient de toutes les régions du Maroc.

Conflit

Casablanca seule comptait alors 80 000 juifs dont une majorité de gens modestes. Les routes et les transports publics ont tué le colportage. Les machines ont ruiné les petits métiers. Avec les jeunes qui partaient à l'étranger pour leurs études, il était devenu quasi impossible pour certaines familles de rester au Maroc. Mais jamais ils n'ont abandonné de biens, ni terres, ni maisons, ni manufactures, ni ateliers: ils ont vendu leurs biens à temps ou ils les ont confié à un membre de la famille ou de la communauté juive le soin de vendre leurs biens.
L'émigration des Juifs du Maroc s'est faite dans des conditions spécifiques: personne ne les a dépouillés de leur bien, leur sécurité était assurée. On peut trouver que cette émigration d'une catégorie des enfants du pays est triste, on ne peut pas en rendre les Marocains responsables.
En Égypte par contre, pays sur le front, comme l'Irak, il y a eu un départ précipité des Juifs. Les faux attentats antijuifs et les très fortes tensions qui existaient entre juifs et musulmans ont poussé des juifs à partir en abandonnant leurs biens.
“Ce n'est pas arrivé dans mon pays, affirme Simon Lévy. Le Maroc n'a pas exilé une partie de ses enfants. Tout n'était pas rose, bien évidemment, mais lorsqu'on invente un conflit qui n'a pas eu lieu, on fait le jeu des extrémistes. Durant toutes les guerres israélo-arabes, jamais une mesure restrictive ou vexatoire n'a été prise à l'encontre des juifs. Voilà ce qu'il faut dire au monde, le Maroc est un pays tolérant, c'est ce que nous devons mettre en avant, lorsque nous défendons notre pays, particulièrement au moment où juifs et musulmans du Maroc sont engagés dans la défense de leur pays”.

Fidélité

Nous vivons dans un des pays où juifs et musulmans ont coexisté dans l'harmonie la plus complète pendant des siècles. Le judaïsme marocain est porteur d'une culture qui est la nôtre, l'amour des juifs marocains, où qu'ils vivent, pour leur patrie, le Maroc, leur action pour la défense de l'intégrité territoriale de leur pays, et leur fidélité aux Souverains marocains font d'eux des citoyens qu'il est impossible d'oublier au sein de la famille des Marocains.
La voix de ces juifs en Israël est spécifique, on peut souhaiter qu'ils soient de plus en plus convaincus que la violence d'État est la pire agression contre la paix. Beaucoup d'entre eux prônent le dialogue et militent pour des négociations franches, on les entend moins parce qu'ils sont moins nombreux ou peut-être moins médiatisés. Quant au Congrès juif mondial (CJM), on ne peut pas dire qu’il ne compte que des sionistes.
Simon Lévy est formel: “Le judaïsme marocain est représenté au CMJ depuis SM Hassan II. Il comprend certainement des sionistes, mais pas seulement, il compte aussi des progressistes et des pacifistes. Ne dilapidons pas nos valeurs de modération, de discernement et faisons savoir au monde que la paix au Moyen Orient doit bénéficier des leçons du judaïsme marocain”.
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MessageSujet: Re: VIE JUIVE AU MAROC   Lun 20 Avr 2009 - 6:25

Nos grand-parents doivent se souvenir surement:

Les mellahs et quartiers juifs étaient exigus. La surpopulation était la règle : même à Casablanca elle atteignait 2150 habitants par hectare (923 à la même époque pour les quartiers musulmans, y compris les bidonvilles). A Sefrou elle atteignait le record de 4158 hab/hectare. Le terrain manquait, surtout lorsque les limites des murailles imposaient un rationnement de fait. Aussi occupait-on l’espace aérien. Selon la tradition, on achetait le droit de surélévation (hwa) d’une maison contigüe et l’on construisait deux, voire trois étages supplémentaires, en rognant sur les escaliers. Mais, avant tout on utilisait l’espace souterrain par des caves, auxquelles on donnait le nom espagnol de sotano.L’habit traditionnel juif a varié selon les régions et les moyens pécuniaires. Cette riche variété a évidemment disparu ou presque au Maroc.
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MessageSujet: Re: VIE JUIVE AU MAROC   Lun 20 Avr 2009 - 6:29

Des diplomates, des journalistes, des chercheurs, des écrivains, des théologiens, des artistes des universitaires des docteurs des professeurs sont d'origine marocaine en Israel.
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benzakour
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MessageSujet: Re: VIE JUIVE AU MAROC   Mer 22 Avr 2009 - 15:37

NOS JUIFS MAROCAINS
Suite aux nombreuses questions sur la relation des Juifs et Imazighens (marocains en général), j'apporte un compte rendu sur cette relation que j'ai intitulé:
"Nos Juifs Marocains"

Le judaïsme berbère remonte très loin dans le temps, les navigateurs commerçants phéniciens, sans qu’il soit possible de situer exactement la date à laquelle cette migration a commencé. Certains la font remonter à l’époque de Salomon (1er millénaire av. J.-C.), d’autres à la période qui a suivi la destruction du Premier Temple (587 av. J.-C.), d’autres encore à une date plus récente, après la destruction du Second Temple (70 de l’ère chrétienne).Une première remarque s’impose : de tous les peuples qui, très tôt, ont commencé à se déplacer en Méditerranée d’Est en Ouest, seuls les Juifs n’avaient aucune visée conquérante ou colonisatrice et tout à fait paradoxalement, de tous les peuples qui se sont succédés, les seuls ont survécu jusqu’à nos jours, s’infiltrant dès le début et s’intégrant dans la trame de la société et de la culture locales. Très tôt, ils essaimèrent depuis les comptoirs phéniciens côtiers vers l’intérieur des terres, s’insérant de manière organique dans chaque tribu, chaque village, s’imprégnant de l’environnement et l’influençant en retour.
Ironie du sort : ceux qui ont su et pu survivre à tous les bouleversements qui ont secoué la région, se sont trouvés, au milieu de ce siècle, impliqués, imbriqués dans un autre phénomène historico-politique non moins étonnant que leur survie. C’est celui du retour en masse des juifs du Maghreb et d’Orient, sous l’impulsion de la vague messianico-sioniste des années 50 et 60, vers la même terre qui a vu certains de leurs lointains ancêtres, plusieurs siècles auparavant, partir à l’aventure en compagnie des intrépides marins de Tyr et Sidon. Ici semble se clore un chapitre passionnant de l’histoire des migrations en Méditerranée. Fin d’une coexistence qu’évoquent avec nostalgie ceux qui sont restés sur place, beaucoup moins ceux qui sont partis vers leur nouveau antique destin.
Le « printemps berbère », comme a été baptisé l’éveil ethno-culturel amazigh, constitue une motivation supplémentaire pour tenter d’élucider ce phénomène d’osmose entre le Maghreb préislamique et les premiers représentants du monothéisme que les Berbères ont rencontrés, ce qui les a probablement préparés à adopter plus facilement l’autre version du monothéisme, celle de l’islam. Cette rencontre judéo berbère que certains auraient tendance à décrire comme un coup de foudre, présente des aspects énigmatiques que l’absence de preuves historiques irréfutables rend encore plus obscurs. L’intérêt très marqué de la part de certains militants pour le judaïsme, qu’ils considèrent comme une composante de leur identité, est à la fois un adjuvant et un danger. Une recherche plus poussée s’impose pour en savoir plus sur les affinités, les apports mutuels et les relations réelles entre la communauté juive minoritaire qui a conservé sa pleine et entière autonomie religieuse et culturelle, et la communauté berbère majoritaire qui, malgré son islamisation totale, a cependant conservé dans son patrimoine quelques traces indélébiles de son contact avec le judaïsme bien avant l’arrivée de l’islam.

Mais qui sont les Berbères ? Ont-ils toujours vécu en Afrique du Nord et aux abords du Sahara ? L’incertitude des historiens et des archéologues, l’insuffisance de preuves épigraphiques, laisse la place libre à l’imagination qui, de toute façon et traditionnellement, s’est donné libre cours, renforcée en cela par certains écrits juifs et arabes du Moyen Age. Ces écrits font état de légendes sur l’origine « cananéenne » des Berbères, dont l’ancêtre ne serait autre que le célèbre chef militaire Goliath (en berbère Jalout). Le légendaire s’imbrique ici dans l’histoire, l’interprète, la pervertit, l’idéalise, favorisant l’exploitation idéologique, culturaliste. Il faut dire qu’il y a là une sorte de revanche de la part d’une civilisation dénigrée cherchant à se réhabiliter, en minimisant ce qu’elle doit à l’environnement culturel dominant et en amplifiant la dette qu’elle pense avoir contractée vis-à-vis d’une autre, dénuée, celle-là, de toute prétention à l’hégémonie. Mais il y a davantage : outre le mythe de l’origine juive (ou cananéenne), a cours une autre thèse reconnue plus ou moins comme historique, bien qu’encore insuffisamment attestée, selon laquelle les Berbères auraient été en partie judaïsés. Les divergences à ce sujet entre historiens vont bon train, principalement quand il s’agit de la figure historico-légendaire de la Kahina.
La société berbère semble avoir été l’une des rares à n’avoir pas connu l’antisémitisme. Le droit berbère, azref, dit « coutumier », contrairement au droit musulman (et au droit juif, soit dit en passant), est tout à fait indépendant de la sphère religieuse. Il serait, par essence, « laïque » et égalitaire, et n’impose aucun statut particulier au juif, alors que la législation musulmane fixe le statut du juif (et du chrétien) en tant que dhimmi, « protégé », soumis à certaines obligations et interdictions. Le juif occupait une place bien définie dans le système socio-économique du village berbère : il remplissait généralement la fonction soit d’artisan (orfèvre, cordonnier, ferblantier), soit de commerçant, l’une et l’autre occupation pouvant être ambulantes. Aujourd’hui encore, après trente ou quarante ans, les villageois de l’Atlas et des vallées sahariennes se souviennent avec nostalgie du temps où les juifs faisaient partie du paysage, allant jusqu’à imputer à leur absence la raison de leurs misères actuelles.
Peut-on en dire autant de l’image du Berbère musulman auprès de son ex-compatriote juif ? Rien n’est moins sûr. Il y a eu là comme un refoulement chez les juifs berbères immigrés en Israël quant à leur passé, dû sans doute à plusieurs raisons : leur nouvelle identité israélienne acquise « aux dépens » de leur précédente identité, les préjugés et quolibets qui frappaient et frappent encore les « chleuhs » (même en Israël). Leurs enfants et petits-enfants, nés en Israël, sont dans l’ignorance totale du patrimoine berbère de leurs parents.
La recherche sur les Juifs vivant parmi les Berbères reste encore à faire et nous sommes conscients des lacunes qui restent à combler. Ce que j’ai essayé de montrer dans cette recherche est que notre savoir sur les Juifs ruraux du Maroc, reste largement tributaire des stéréotypes sur le Juif berbère. Ces stéréotypes sont acceptés aussi bien par le colonisateur et que par les colonisés, reflétant les divisions qui ont été entretenues en Israël du fait de la parennité des mythes concernant les Juifs berbères. Haïm Zafrani a même identifié un texte sacré, la Haggada de Pesah, écrit en amazigh.
Les propos d’El Bekri témoignent de leurs succès, dit-il « Fez est le centre d’activité commerciale des premiers Juifs expulsés d’Andalous. Ce fut à Fez que Moshé Ibn Maïmoun dit Maïmoudi rédigea en arabe vers 1159-1165 sa célèbre Epitre sur la persécution (Igueret Hachemad). Il préconisait pour sa part, soit de quitter ces lieux pour aller là où on pourra pratiquer la Torah sans crainte ni peur ». En 1165 le Dayan de Fez est brûlé vif. Les Juifs sont restreints à porter des vêtements distinctifs, bleus et larges, avec la tête couverte d’un châle jaune. Il est difficile d’évaluer l’impact des recommandations sur le maintien de la communauté juive, en particulier à Fez, jusqu’à l’événement des Mérinides, où elle s’impose avec éclat. En 1438 les Juifs de Fez sont accusés d’avoir profané une mosquée et sont contraint de s’installer dans un nouveau quartier près d’une mine de sel, qui prendra le nom de « mellah » Des conseils sans doute ont contribué à nourrir la suspicion tenace dont étaient entourés les Juifs convertis à l’Islam. Descrimination dictée par des considérations autour de ce haut lieu du commerce fassi qui était la kissaria ? En tout cas les musulmans fassis d’origine juive, furent par s’imposer dans tous les domaines. La communauté juive diminuée par les conversions mais grossies par l’arrivée d’autres vagues successives en provenance de la péninsule ibérique, d’ailleurs bénéficia d’un apport décisif en 1391-1392. L’une de leur particularité fut leur intégration avec les autochtones fassis. La stabilité intervient à partir de 1470 et surtout en 1492 avec l’afflux des réfugiés.
Après l’avènement de l’Islam et surtout au milieu du XIIe siècle sous le règne des Almoravides, la conversion était sous la contrainte, les non convertis étaient simplement exécutés. Pendant cette période plusieurs tribus juives ou berbères judaïsmes furent convertis à l’Islam et nous en portant les gènes. Et là, c’est un grand tabou. Combien de marocains sont actuellement juifs convertis à l’Islam ? En toute logique statistique un peuple installé depuis des milliers d’années ne peut pas se réduire sans raison. Notre subconscient « Si on cherche dans nos racines, nous risquons de tomber sur un ancêtre Juif ». Des grandes familles et des tribus musulmanes portent toujours des noms hébraïques. Il y a lieu de rappeler que notre territoire a connu la coexistence des trois religions manotheistes : Judaïsme, Christianisme et Islamisme. Les traces des ancêtres éponymes de plusieurs tribus amazighes : Ait Daoud (David), Ait Ishaq (Isaac), Ait Yacoub (Jacob)……,et pour l’Islam Moh, Moha , Ait M’hammed (Mohamed), Akka (Abdelkader), Bihi (Brahim), également on remarque un manifeste dans les arts culinaires, artisanat, agriculture et notre monnaie ancienne est gravée de l’étoile David. C’est au Maroc et Afrique du Nord qu’une grande partie du peuple Juif a réussi à vivre en paix alors que partout au monde les Juifs ont subi les pires répressions, c’est un motif de fierté pour Imazighen. La tolérance a toujours guidé leur mode d’existence
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MessageSujet: Re: VIE JUIVE AU MAROC   Mer 22 Avr 2009 - 15:38

Les XVIe et XVIIe siècle, sous la dynastie des Saadiens, les persécutions vont reprendre : conversions, brimades et impôts exorbitants. Mais malgré tout, certains dignitaires juifs continuent d’occuper des postes importants. En 1765, le Sultan Mohamed ben Abdellah fonde Mogador et octroie à plusieurs familles juives, des privilèges commerciaux. La coupure géographique instituée à Fez, a servi de modèle et à diverses époques, être rééditée à Marrakech (1557), Meknès (1682), Rabat, Salé et Tétouan (1807-1811). En 1803, la première école de l’alliance israélite est créée à Tétouan, en 1805 à Tanger et en 1867 à Mogador. La coupure n’était cependant pas totale, quelques habitants juifs y gardaient encore des magasins et nombreux étaient ceux qui le shabbat excepté, s’y rendaient pour les besoins de leur commerce. Le Mellah, groupement des Juifs leur donnait la possibilité de jouir d’une certaine autonomie interne (Dyanim, Sofrim, Hazzanim…. etc)

Ils furent les premières victimes des troubles et des soulèvements provoqués par l’ingérence des Européens. Tant que les raisons complexes qui ont poussé cette communauté installée depuis plus de deux milliers d’années au Maroc à s’exiler, n’auront pas été clairement enseignées dans les livres d’histoire, les générations futures ne pourront jamais concevoir que l’on peut être juif et marocain. Pour eux « le vieux Maroc » s’écroula en montrant son plus mauvais visage, celui de la haine et des persécutions. Le Judaïsme marocain traversa alors des moments difficiles tout en connaissant une crise interne du fait de l’opposition en son sein entre une minorité agissante largement éprise de modernité et une majorité demeurée fidèle sur le plan culturel, intellectuel et encore plus religieux, à une tradition figée depuis l’arrivée des expulsés d’Espagne en 1492-1497. Bien après des années 1940, ils furent victimes de discrimination raciale instaurée en France, la communauté qui épouse les idéaux du colonisateur au point de vouloir prendre sa nationalité, se trouve en butte contre sa politique raciste

Depuis 1860 avec le processus de modernisation imposé par les puissances étrangères sous le règne de Sidi Mohamed ben Abderrahman, la France en l’occurrence, un processus dans lequel la minorité juive adopte un comportement très différent de la majorité musulmane. C’était un point de départ aussi lors de la prise de Tétouan par l’armée espagnole à la suite d’une escarmouche avec l’armée marocaine dès le règne de Maulay Yazid ben Sidi Mohamed. C’est aussi de cette date que commence l’intérêt des organisations philanthropiques juives internationales d’Angleterre, d’Allemagne, des Etats-Unis et surtout de la France pour le Judaïsme marocain. La démarche était d’intervenir auprès des autorités marocaines en vue de l’amélioration de leurs conditions sociales et surtout de leur statut « Dhimmis » qui leur était imparti en temps que minorité religieuse. Il faut également reconnaître que la rigidité de la politique marocaine dans ce domaine leur facilita la tache. Une minorité agissante était conquise à l’appel de la modernisation, la grande majorité des Juifs marocains étaient conservateurs. En dehors de l’orfèvrerie, de la frappe de monnaies, du travail de cuirs, de laines et de fabrication d’armes, les Juifs intervenaient par le biais « d’associations » dans l’agriculture (oliviers, figuiers, vignobles) et jouaient un rôle important dans le ramassage de ce produit stratégique. . Pour ce qui est de notre histoire, les Berbères et les Juifs ont cohabité en harmonie. Des Berbères furent convertis au Judaïsme, des brassages génétiques avaient lieu, alors du fait de l’absence de l’obstacle religieux. Les premiers Juifs sont arrivés cinq siècles avant J.C, donc les Marocains par leurs ancêtres ont du être juifs ou animistes. Les Arabes sont venus en colonisateurs, il a fallu asseoir l’Islam et la civilisation, ils ont donc piétiné tout ce qui existait déjà. L’histoire berbère en a également fait les frais.

De 1912 au 1927, les opérations de pacification se poursuivent ; grâce à l’alliance israélite, l’enseignement du français va prendre une importante considérable dans la communauté juive. Le protectorat permettra également l’immigration des Juifs vers l’Amérique du Nord et du Sud. La communauté juive en France bien avant la première guerre mondiale n’eut son salut que grâce à l’intervention du Roi Mohamed V, il l’a soutiendra à plusieurs reprises, il a ainsi déployé un énorme parasol royal qui a protégé les Juifs marocains de la vindicte génocidaire de l’Allemagne nazie et de ses exécutants, par procuration, de Vichy.
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En juin 1948 quelques jours après la déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël des persécutions ont éclaté à Jerada et à Oujda. En 1954 à la veille de l’indépendance du Maroc, dans les mellahs de Casablanca, de Rabat, des biens ont été pillés, des écoles saccagées et des synagogues brûlées car pour les jeunes marocains le Juif est d’abord Israélien. Cette vision existe même chez une certaine élite marocaine. Après la résistance de Mohamed V qui réduit la pression de la résidence sur les Juifs marocains, le Roi entre publiquement en dissidence selon une note du Quai d’Orsay lorsqu’il déclare aux notables juifs invités à la fête de trône « Je n’approuve nullement les lois anti-juives et je refuse de m’associer à une mesure que je désapprouve. Je tiens à vous informer que comme par le passé, les israélites restent sous ma protection et je refuse qu’aucune distinction soit faite entre mes sujets ». Puis une audience secrète accordée aux représentants de la communauté juive afin de les assurer qu’ils ne seront, en aucun cas, dépouillés de leurs biens. Ces actes font de lui jusqu’aujourd’hui comme leur sauveur, le plus grand, le plus juste et aussi l’un des dirigeants les plus tolérants que les Juifs n’aient jamais connu dans leur histoire.

Chez les Ahl Debdou, le tombeau de Sidi Youssef Elhadj que Musulmans et Juifs se réclament de lui. Toujours à Debdou la tombe du Rabbin Chloumou Mimoun (au temps des Mérinides), il y existe un clan d’Aoronides au XIXe siècle à propos d’eux, Sloush écrit « Les Berbères préférent tuer vingt musulmans que de toucher à un seul Juif ». Sidi Ali ou Yahia dit Bou Tkhnift ancêtre des Ait Sidi Ali aussi Ait Serghouchène tous sont des marabouts d’El Mers. Un tombeau juif à Rich (Rachidia) de Rabbi Itzhak Abessehra, un autre à Ben Ahmed, celui de Rabbi Yahia Lakhdar, un autre à Ouezzane, celui de Amrane Bendiwana, un autre…… Des dizaines de mausolés sont visités annuellement par des Juifs du Maroc et du monde entier qui viennent spécialement pour célébrer leur saint. C’est la fameuse Hiloula ; Chinoune plus connu sous Sidi Chenaoui, aussi Daniel ou Sidi Diniale sont des saints juifs qui sont également visités par des pèlerins berbères musulmans.

Les Juifs berbères sont non seulement des sujets de fierté pour nos concitoyens, mais ces marocains juifs sont nous et nous sommes eux. Ils étaient nos collègues au travail, nos copains de classe, nos partenaires en affaires, nos voisins. Il est crucial pour nous autres marocains de renier notre propre identité. On trouve donc surprenant aujourd’hui que les Juifs marocains véhiculent la culture marocaine alors que l’on trouverait cela normal si c’étaient des musulmans. Aujourd’hui la nouvelle génération c’est uniquement l’Israélien vu à la télévision par contre l’ancienne génération c'est-à-dire nos arrières grands pères, le lien entretenu était étroitement lié à l’espace dans lequel on se situait. Une autre raison importante est la méconnaissance totale des marocains de leur vraie histoire : les Arabes sont venus en colonisateurs, il fallait asseoir l’Islam et la civilisation arabe, donc ils ont piétiné tout ce qui existait déjà. L’histoire des Berbères en a également fait les frais. Il y a eu d’autres éléments comme la colonisation. On évoque souvent le Dahir berbère, mais on oublie de parler des autres pratiques qui ont favorisé la séparation des communautés juives, berbères et arabes.

Les contingents Amazighs conduits par les chefs dans de fructueuses conquêtes faites au nom de l’Islam furent amenés tout naturellement à la conversion. A vrai dire c’est étrange cette merveilleuse histoire de transformation d’une population de plusieurs millions d’Amazighs par quelques milliers de bédouins. Les communautés juives marocaines ont été plurielles, leur cœxistence avec l’autre n’a pas été linéaire. Elles dépendaient étroitement des religions, des tribus et des espaces partagés. C’est cette pluralité qui s’est inscrite de manière indélébile dans l’identité marocaine. La fête de la Mimouna qui se tient chaque année, le dernier jour de Pâque, à cet occasion les familles juives préparaient un panier plein de mets juifs et allaient prendre leur premier thé sucré chez une famille musulmane. En échange de l’offrande, la famille recevait de la part de ses hotes musulmans de la farine, du lait et du miel. Cette fête a donc institutionnalisé le dialogue entre les communautés et nulle part on ne retrouve une telle symbiose. Autrefois les mères juives et marocaines (musulmanes) avaient l’habitude d’allaiter chacune l’enfant de l’autre, si un bébé musulman pleurait, la mère juive l’allaitait et vice versa. Les familles juives aisées pratiquaient également les métiers de courtage, le commerce de produits agricoles et une activité interdite aux musulmans : le prêt à intérêt.

A l’indépendance en 1956, des Juifs vont occuper des postes importants, les positions hostiles du Parti de l’Istiqlal vont favoriser une nouvelle émigration, souvent dans la clandestinité mais tous ces Juifs gardent toujours une partie de leur cœur au Maroc, leurs ancêtres ont vécu près de trois millénaires.
Aujourd’hui plus de la moitié des Marocains sont défavorables aux Juifs. La situation désastreuse dans les années 80 des camps de Sabra et Chatilla a écoeuré les Marocains au point de considérer tous les Juifs comme des monstres. Une autre raison importante est la méconnaissance totale par les Marocains de leur histoire.
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kamal ha
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MessageSujet: Echos du Mellah à Tinghir   Lun 11 Mai 2009 - 23:20

Bonsoir à tous,

Tout d'abord, bravo pour ce très beau site, très instructif et qui nous fait replonger dans cette belle histoire marocaine.
Je suis un jeune franco marocain et je prépare actuellement un documentaire sur la présence juive à Tinghir, ma ville natale.

Nous avons filmé les témoins musulmans de cette présence mais aussi des jeunes pour savoir ce qui a été transmis de cette histoire plurielle. L'école ne joue pas son rôle, hélàs. J'ai pu mesurer à quel point l'évocation de ce monde a constitué uen véritable perte pour nous. Parfois, je fais un rêve et je me dis qu'ils vont revenir.
Le Mellah où je suis né aussi est un lieu magique avec ses ruelles escarpées et ses maisons en terre de pisée.

J'ai retrouvé des juifs de ma ville natale à Or Aquiva en Israêl, rencontre émouvante avec une femme qui connaissait mon grand-père.

Il est de notre devoir de sauver ce patrimoine et de transmettre et je milite ardemment pour cela. Il faut que les programmes scolaires prennent en compte la dimension juive de l'identité marocaine et de son apport à l'histoire.

Nous avons le devoir de réveiller cette magnifique mémoire juive dans le Maroc d'aujourd'hui. En tous les cas, tel est mon dessein à mon niveau.

Kamal Hachkar
Cinéaste
k.hachkar@voila.fr
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samira el yousfi

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MessageSujet: Re: VIE JUIVE AU MAROC   Mar 19 Mai 2009 - 13:42

Bonjour,l'alliance israelite a été crééé à tanger en 1865,beaucoup de mes ami(e)s qui ont étudié avec moi au lycée Regnault le second cycle venaient de là- bas.Bye.
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