MAROC PAYS QUI M'A VU NAITRE PAR SOLY ANIDJAR

HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC-CASABLANCA-RABAT-MAZAGAN-MOGADOR-AGADIR-FES-MEKNES-MARRAKECH-LARACHE-ALCAZARQUIVIR-KENITRA-TETOUAN-TANGER-ARCILA-IFRANE-OUARZAZAT-BENI MELLAL-OUEZANE
 
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 LE PETIT MAROCAIN

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Soly Anidjar
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MessageSujet: LE PETIT MAROCAIN   Dim 27 Jan 2008 - 22:09

LE PETIT MAROCAIN
N°13287 du MERCREDI 02 MARS 1960
AGADIR: PLUS DE 5.000 VICTIMES, MORTS ET BLESSES
UN APPEL DE SM LE ROI

http://www.communautejuiveagadir.com/communautejuiveagadir/accueilpag.html

" LE DEVOIR HUMAIN, RELIGIEUX ET NATIONAL EXIGE DE CHACUN DE NOUS DE VENIR EN AIDE A NOS FRERES SURVIVANTS "

RABAT, le 1er Mars (DNCP) - SM Le Roi a lancé sur les antennes de la Radiodiffusion Marocaine, l'appel suivant :
" Peuple fidèle, c'est avec tristesse et le cœur plein d'amertume que nous nous adressons à vous. En ce jour, une grande et terrible catastrophe s'est abattue sur notre pays. Un affreux cataclysme a detruit la ville d'Agadir, a fait de ses habitants des victimes et l'a laissée en ruines. La parole est incapable de décrire cette calamité. L'heure n'est pas aux discours, car ceux que Dieu a sauvés, attendent de nous des actes de solidarité, mais non point des pleurs et des paroles.
Nous avons chargé notre Prince héritier Hassan de diriger les opérations de sauvetage et secours et d'en surveiller sur place l'éxecution. De même, nous avons chargé la princesse Aicha d'organiser une campagne de solidarité dans l'ensemble du royaume et de collecter des dons destinés aux sinistrés.
Nous avons également affectés les crédits pour les soins urgents. Le devoir humain, religieux et national exige de chacun de nous de venir en aideà ceux de nos frères survivants de la cville martyre et de leur apporter toutes formes d'assistance, en espèce ou autre, manifestant ainsi sa fraternité et accomplissant en même temps ses obligations religieuses et nationales. "
" Si vous faites un bienfait, Dieu vous le rendra au centuple et vous accordera le pardon, car Dieu est bienveillant et magnanime. (Coran)




Dernière édition par le Dim 27 Jan 2008 - 22:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: LE PETIT MAROCAIN   Dim 27 Jan 2008 - 22:11

JE SUIS VIVANT, MAIS C'EST revenir de presque l'au-delà "

AGADIR, 1er mars. (de notre correspondant particulier. Willy CAPPE). - Je suis vivant. je suis libre, et en ce jour, c'est revenir de presque l'Au-delà. 23h45,douze heures exactement après la première secousse, et c'est l'énoulement.
Pas une maison qui n'ait été ébranlée, des dizaines de grands immeubles effondrés, des centaines maisons, villas ou maisonnettes effondrées ou à demi détruites. Des centaines de morts, des centaines de blessés, des milliers de sans abri. Tout ceci en dix secondes, quinze tout au plus. Le temps pour moins malchanceux de tenter de sortir, et assez de temps aux forces d'une nature déchainée de faire payer un horrible tribut, Tous ceux qui ont pu fuir se sont éloignés des maisons.
Dans une totale obscurité
C'est évidemment l'obscurité totale. qui rend toutes choses encore plus inquiétantes. Et pour des milliers de pauvres gens, car il n'y a plus à Agadir que de pauvres gens, ce sera l'attente interminable d'un iour pourtant redouté. Car, que sera la vision première, lorsque l'astre de vie paraitra ? La peur, une peur malsaine, suante, pned au ventre. Les uns sont saufs, tous réunis. D'autres savent déjà qu'un être cher gît là, sous des décombres.
Des quartiers périphériques qui ont moins souffert, déjà certains ont fait une rapide tournée en nocturne à travers ce qui fut la ville, et ils rapportent des nouvelles tragiques : "Tel immeuble est effondre, tel autre à demi, des dégâts énormes ".
Les premiers secours
II n'y a pas eu dix minutes d'écoulées que les premiers secours s'organisent. C'est avec les éléments de police, l'Armée royale et la Base aéro-navale.
Tout ce qui roule se dirige vers les quartiers les plus éprouvés : la ville nouvelle, le plein centre et le Talbordj.
Camions et voitures de pompiers de la base. des Forces armées royales, arrivent chargés de soldats casqués et munis du matériel élémentaire de secours : pelles et pioches. A la lueur des phares de voitures. les premiers sauveteurs attaquent le sommet des décombres. Les six heures de la nuit passeront ainst à essayer de sauver ce qui pouvait être sauvé. de vies humaines d'abord, de vêtements ensuite.
Avec le lever de l'astre de vie.
Q'est une vision d'apocalypse qui apparait.
Au sens même des écritures. c'est l'abomination de la désolation.
En la seule ville nouvelle, on compte plus de quinze grands immeubles de 4 à 7 étages effondrés. réduits à un tas de gravats.
Deux grands hôtels, remplis de clients sont réduits à la même expression dans le seul périmètre du Fer à cheval.
Spectacle Hallucinant
On compte aussi dans ce même périmètrecinq ou six grands immeubles à demi effondrés et une bonne quinzaine de villas, Mais lorsqu'on atteint le plateau de Talbordj, le spectacle est littéralement hallucinant. Les immeubles effondrés sont en quantité innombrable.
Et le jour qui s'est levé est un des plus ensoleillés qui soit. Et c'est heureux pour cette population aux neuf dixièmes sinistrée. Avec la lumière chaude revient l'espoir. Espoir de retrouver quelqu'etre cher qu'on sait enseveli, parfois qu'on aperçoit méme, ou dont on reconnaît les vêlements de jour indice que l'être humain n'est sans doute pas très loin.
Les sauveteurs grattent les morceaux de gravats, et combien qui sont en dessous, se battront toute la nuit pour se dégager, et triompheront parfois.
Il n'y a jamais d'espoIr perdu. Dans la fin de la matinée, vers midi, on retirera un garçon de 15 ans absolument Indemne. Et ce n'est qu'un cas, qu'un exemple, qu'un encouragement pour les sauveteurs. C'est la preuve que la vie est forte et peut lutter, même contre le surhumain, contre l'inhumain.
Mais à la Base aero-navale française, tout le personnel, tout le matériel est mis à la disposItion de la ville. Dans les locaux militaires s'enlassent les blessés de toutes confessions, de toutes nationalités. L'hôpitaI est à demi-sinistré. On a dû évacuer les malades dans la rue. A la base, on soigne les urgences, et on évacue par avion. Un gigantesque pont aérien est organisé. Toutes les bases françaises, américaines et espagnoles sont alertées. et c'est un carroussel incessant au-dessus de la ville.
A 10h30 S.M. le Roi, SAR La princesse Lalla Aïcha arrivent, réserevent leur première visite aux blessés, puis vont apporter leur réconfort aux innombrables sinistrés et familles des victimes.
A 11 h. 15, c'est M. Parodi, ambassadeur de France qui arrive et est reçu par M. René Jeudy, consul général de France qui lui rend compte du travail effectué.
De toutes parts, agriculteurs, industriels et particuliers offrent des véhicules, du personnel et des abris pour les sinistrés.
Des centres d'hébergement et de ravitaillement sont installés.
Mais il faut, hélas, s'occuper aussi des innombrables morts. Les corps sont rassemblés à la base et en d'au tres lieux.
Un bilan direz-vous ?
Impossible à chiffer. On découvre à tout instant de nouvelles disparitions. On découvre aussi de nouveaux survivants véritables miraculés d'un au-delà tangible.
Willy CAPPE


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MessageSujet: Re: LE PETIT MAROCAIN   Dim 27 Jan 2008 - 22:12

Nous sommes restés impuissants devant les appels des blessés qui sortaient des décombres
nous raconte un fonctionnaire rescapé.

" C'est épouvantable, il faut avoir vécu cela, Non, aucune parole ne peut vous décrire cette nuit horrible. Des décombres, c'étaient des appels que l'on entendait et qui sortaient de tous les points du sol " C'est un fonctionnaire qui parle, et qui a tout perdu. Mais il est en vie, les siens aussi.
" Nous étions déjà couchés. ma femme et moi, notre petit garçon dormait dans la chambre voisine de la nôtre, raconte-t-il. Nous étions dans un point d'Agadir où la secousse précédent le désastre n'a pas été entendue. Nous avons d'un seul coup entendu un grondement et en même temps nous recevions des plâtras sur le corps. Nous nous sommes levés immédiatement, avons pris notre enfant.
Nous sommes sortis en courant, recherchant un terrain vague. Dans cette sorte de pénombre, on apercevait des maisons réduites en tas de poussières des cris sortaient de terre. Ce qui était affreux, c'était de se voir impuissant devant ces appels qui faiblissaient petit à petit pour s'éteindre finalement "

Des klaxons bloqués hurlaient dans la nuit
" Des klaxons de voitures bloqués augmentaient par leur son, le sinistre de la nuit. Nous avons gagné notre auto. Les portières étalent fermées, mais heureuSement une vitre était ouverte. Nous nous sommes placés à l'intérieur. Nous avons pensé aux amis et nous nous sommes dirigés vers leurs habitations, Les maisons étaient ou démolies ou écroulées. Quelques instants après. des voitures de la Base aéronavale française circulaIent en ville, invitant les sinistrés à se diriger vers la base. Nous nous y rendimes.

" Nous fûmes tous accuellis et avons reçu les premiers réconforts. Tous les sinistrés, sans distinction étaient soignés ou alimentés. Les voitures de la base n'arrêtaient pas de circuler et de réconforter ou de tramporter les blessés.
A 9 heures du matin, la base nous disait qu'ils ne conservaient que les blessés graves. En voiture, avec les miens et quelques personnes que je recueillais, je me suis dirigé vers Casablanca, où j'arrivais à la nuit.


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MessageSujet: Re: LE PETIT MAROCAIN   Dim 27 Jan 2008 - 22:12

Un Safiot de passage à Agadir "J'ai lutté pendant 6 heures avant d'être délivré"

SAFI, 1er mars (d.n.c.p.). - A Safi nombreux sont les habitants qui ressentirent les secousses du tremblement de terre d'Agadir à 23h40. Avertis ce matin mardi à 4 heures de la catastrophe qui s'était produite à Agadir, nous avons été tout de suite voir les immeubles qui comptent le plus d'étages. Aucun d'eux n'était endommagé.
Nous avons ensuite interrogé une vingtaine de concitoyens. Les uns avaient senti leur lit remuer, d'autres debout eurent l'impression d'avoir un vertige, mais la plupart ne s'aperçurent de rien.

A 17h30, plusieurs isolés et une dizaine d'ambulances amenèrent à l'hôpital François-Maire de Safi, des blessés légers ou des victimes de commotions. Les grands blessés devaient arriver beaucoup plus tard. Nous avons pu joindre l'un des "miraculeusement rescapés": M. Ahmed Ben Meaachi de Safi qui se trouvait à Agadir pour effectuer un stage dans une compagnie pétrolière. Il est couvert de blessures sur tout le corps mais heureusement sans gravité.
"Il me semble que mon lit remue encore", nous dit-il. On lit dans ses yezux un restant d'épouvante. Voici ce qu'il nous declare:
"Je me suis couché à l'hôtel Gautier vers 23h30; je venais d'éteindre la lumière depuis cinq minutes, lorsque j'entendis tout d'un coup comme un roulement de tonnerre, et tout s'effondra sous moi, mon lit et le plancher ; j'eus l'impression d'être précipité dans un gouffre et je me trouvais coincé sur des débris de toutes sortes, aveuglé par la poussière et le sable, j'entendais des hurlements autour de moi. Je criais moi-même, mais ne pouvais bouger, j'ai lutté ainsi pendant six heures, les cris autour de moi cessèrent petit à petit, un homme qui se trouvait sous d'autres débris plus bas que moi, mourut avant l'arrivée des sauveteurs.
"C'est à plus de six heures que le gérant du Claridge et trois ou quatre marins français vinrent me sauver et eurent beaucoup de mal à me sortir d'où j'étais; j'eus l'impression en sortant que toute la ville d'Agadir était détruite. J'ai vu aussi du feu sur les bateaux dans le port.
"Vers neuf heures, un rescapé, M. Jex m'a emmené à Safi, il m'apprit que lui, un pilote et son petit garçon et moi-même étions les seuls rexcapés de l'hôtel. Alors que j'étais encore sous les débris de l'éboulement, j'ai bien eu l'impression de ressentir deux ou trois secousses légères".
Plusieurs autres blessés nous ont fait des récits tous plus épouvantables les uns que les autres. A l'hopital François-Maire, les blessés graves arrivent. Tout le personnel, tous les docteurs, médecin-chef en tête, sont là et tous avec un admirable dévouement, prodiguent leurs soins aux malheureuses victimes de la catastrophe d'Agadir.


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MessageSujet: Re: LE PETIT MAROCAIN   Dim 27 Jan 2008 - 22:13

QUATRE MURS ET UN TOIT: TERREUR DE CERTAINS RESCAPES
atteints d'une compréhensible "claustrophobie"

Pendant toute la journée et la soirée d'hier, le pont aérien établi entre Agadir et Casablanca pour amener les blessés d'Agadir a été assuré sans interruption. Dans les centres hospitaliers casablancais, tout le personnel sanitaire : médecins, infirmiers et assistantes, était en état d'alerte et prêt à recevoir les blessés qui ne cessaient d'affluer.
Dans les premières heures de la matinée. six avions atterrissalent au Camp Cazes, pour y débarquer les
premières victimes.
Les ambulances du Croissant Rouge, de la Croix-Rouge et militaires attendaient sur l'aire d'atterrissage ; à peine l'avion s'était il posé, que déjà elles repartaient chargées de blessés vers l'hôpital Maurice Gaud, et l'hôpital militaire français Jean Vial. Hommes, femmes enfants, étaient ensuite dirigés selon leur état dans les différents services. Certains, atteints grièvement, étaient emmenés d'urgence dans les blocs opératoires, pour y subir des interventions chirurgicales délicates. Avec douceur, infirmiers et infirmières pansèrent les blessures. Les victimes, encore sous le coup de l'émotion, ne semblaient pas encore avoir réalisé, ne parlant pas, ils regardaient hébétés tous ces gens qui s'affairaient autour d'eux.
La plupart d'entre eux faisaient preuve d'une "claustrophobie", hélas bien compréhensible : la seule idée de pénétrer dans un bâtiment, d'être entre 4 murs, sous un toit, leur semblait odieuse et insupportable : des scènes pénibles eurent lieu à ce sujet, et il fallait toute la douceur et toute la compréhension du personnel sanitaire pour faire admettre à ces malheureux qu'il était nécessaire de les faire pénétrer dans les locaux, afin de les soigner.
Dès leur admission, des signes distinctifs d'identité leur étaient placés sur le bras gauche.

Un Veritable pont aérien
En début d'après-midi, les avions centralisaient leurs atterrissages sur la piste de la base aérienne militaire française, 17 appareils au total assurèrent la liaison Agadir-Casablanca.
De très nombreuses personnes inquiètes de la présence à Agadir de parents ou d'amis, stationnaient devant les hôpiaux à la recherche de nouvelles, mals le lock-out le plus complet était appliqué.
Seules les ambulances allaient et venaient sans interruption, établissant la jonction avec l'aérodrome.
A 17 heures, 44 blessés se trouvaient hospitalisés à Maurice Gaud. Quatre d'entre eux y décédaient. L'hôpital Jean Vial avait reçu à peu près à la même heure, 30 blessés dont plusieurs gravements atteints.
S.E. le gouverneur de ]a ville de Casablanca assisté de M. Regragui, se sont rendus aux hôpitaux où ils ont pris des nouvelles des victimes.
Le docteur Boutaleb, médecin chef du centre hospitalier, a déclaré que tout avait été mis en œuvre pour recevoir les blessés d'Agadir, et que les premiers soins ont été appliqués aussitôt. Tout le personnel sanitaire est en état d'alerte, permettant ainsi d'éviter des complications de l'état des victimes, par une attente prolongée.


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MessageSujet: Re: LE PETIT MAROCAIN   Dim 27 Jan 2008 - 22:14

MM GAMBIER ET CARTON, DU ROYAL AERO-CLUB
AGADIR, C'EST POMPEI VU D'AVION
Le site célèbre de la Kasba a disparu

Hier à 18h00, atterrissait la Tit-Mellil le petit avion de tourisme piloté par M. Gambier et M. Carton de retour d'Agadir, la ville martyre.
M. Gambier, très ému par la vision d'horreur d'une ville foudroyée en quelques minutes, nous a déclaré:
" J'ai appris la nouvelle ce matin par la radio et j'ai de ce fait décidé de partir. Quelques minutes après cette décision, M. Carton, valeureux pilote, prenait place à mes côtés dans l'avion et c'était l'envol vers Agadir.
"Agadir, nous a dit à son tour M. Carton, c'est Pompéi vu d'avion". L'image est significative.
- Ce qui m'a le plus frappé reprend ators M. Gambier, c'est l'absence de la kasba que l'on admirait aux approches d'Agadir. Ce site célèbre n'existe plus. Le tremblement de terre a tout rasé. Plus loin, la ville marocaine de Talbordj, d'ordina1re blanche et bleue apparait comme un fouillis de pierre grisâtre, lançant ses tronçons de murs mutilés comme une pierre stérile vers un soleil impitoyable.
"La partie moderne de la ville offre cet aspect apocalyptique d'un monde qui a vécu l'enfer. Çà et là quelques lots de maisons qui ne tiennent debout que par miracle, mais tout autour des amas de gravats, de pierres et d'immeubles qui se sont repliés sur eux-mêmes comme des châteaux de cartes".
- Phénomène curieux, enchaîne M. Carton, les maisons et particulièrement l'hôtel Saada, se sont repliés verticalement en accordéon. La dalle du toit de l'hôtel a écrasé et enfoncé les étages.
"Après quelques passages sur la ville, nous nous sommes posés sur le teraln. J'en ai ressenti une impression semblable à celle d'un arrière-front. Des remorques pleines de blessés faisaient la navette entre la ville détruite et le camp d'aviation. De l'aire d'envol, des avions réalisaient ce pont aérien extraordinaire qui a permis de sauver bien des vies humaines. D'Agadir, l'ancien quartier de Founti qui domine le port n'est plus qu'un remblai. Trois grues ont écrasé les magasins dans leur chute : une seule est debout, témoin muet d'Une nuit d'horreur".
M. Gambier nous a dit ensuite comment il avait trouvé dans sa ferme à 24 km d'Agadir plusieurs amis qui campaient sous des orangers.
- Ce qui caractérise les rescapés de cette nuit infernale, c'est la prostration. Pourtant ils ont trouvé assez de force pour me décrire cette nuit de terreur et de sang.
"Tout a commencé par un grondement sourd ; eux, mes amis, ont senti la terre frissonner et c'est alors qu'ils se ruèrent dehors. Autour d'eux les maisons vacillaient sur leurs assises. Des pierres pleuvaient du ciel et des incendies découpaient dans la nuit un hallucinant décor. Des hurlements, des cris de douleur, des lamentations achevaient de donner à la ville un aspect de fin du monde.
"Aux premières lueurs du jour, on ne voyait que des hommes de la Base de l'Aéronavale et des rescapés du séisme rechercher dans la lueur blafarde les blessés et les morts .
"Sur les routes, c'était l'exode, la ruée loin de ce centre de terreur. Il faut bien le dire, ceux qui restent vivent sous la peur d'un nouveau tremblement de terre ; et comme ce séime a détruit 80 % de la ville, on se demande ce qui pourrait encore arriver. On ne peut qu'éprouver, conclut M. Gambier, devant un tel fléau, un sentiment de peur. On ne pense plus, on subit".


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MessageSujet: Re: LE PETIT MAROCAIN   Dim 27 Jan 2008 - 22:15

Plus de 100 sinistres rassemblés au centre d'Ain Bordja
Une centaine de sinistrés ont été amenés par convoi hier soir à Casablanca où ils ont été logés dans une caserne militaire, à AïnBordja. Les victimes seront hébergées jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée à leur situation. D'autres sinistrés étaient attendus dans la nuit .

Voici une liste de sinistrés d'Agadir rassemblés au Centre d'hébergement inter-armée d'Aïn-Bordja:

Mme Moragues et 3 enfants - Mme Join et 3 enfants - Mme Ferry et 2 enfants - Mme Gatounes et 1 enfant - Mme Puchu et 1 enfant - Mme Kwalo et 1 enfant - Mme Bouganen et 6 enfants - Mme Martini et 2 enfants - Mme Lareynie - Mme Schneider - M. Castronovo et 4 enfants - Mme Tunier, 1 enfant - Mme Vaupene, 1 enfant - Mme Orven - M Mme Dzredzic, 2 enfants - Mme Peres, 2 enfants - M. Salpiero, 3 enfants - Mme Bos, 1 enfant - Mme Deliance, 1 enfant - Mme Mario Ohayon, 6 enfants - Mme Maurice Bensoussan, 3 enfants - Mme
Martini, 2 enfants - Mme Penerse, 2 enfants - Mme Frech (famille 10 personnes) - Mme Maicho - Mme Abouderem, 2 enfants - M. et Mme Cohen - Mme El Cabar - Mme Victoria Zahan - Mme Knafo Eliane et 4 enfants - 1 enfant seul qui se nomme Mosnino André - Mme Bougagni Simone - Mme Knafo Mani - Mme Hanania Bouganine - M. Zohbat (2 femmes et 4 enfants) - M. Afriat, 1 femme, 5 enfants et une nièce - Mme Marcelle Morsulo - M. Vielle Pierre - Mme Delarico Blanche - Mme Galant Monique et un enfant - Mme Andreran Arlette et 2 enfants - Mme Mory Claude - M. Spi Maurice, 1 femme et 2 enfants - l'enfant Bettan Eliane - l'enfant Hanina Rosa - M. Cohen Maurice - Mme Cohen Messoda et 5 enfants - M. Zohbat, 1 femme et 4 enfants - M. Quenanot, 3 enfants - M. et Mme Pirrignot - M. Ekhanale - M. Chiram - M. Soler Jean - M. Kessos - M. et Mme Guigui et 5 enfants - M. Mario Delarez - M. et Mme Serignat et 5 enfants - Mme Barzulo.


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MessageSujet: Re: LE PETIT MAROCAIN   Dim 27 Jan 2008 - 22:16

Premières listes des blessés
ADMIS A L'HOPITAL MAURICE GAUD DE CASABLANCA:
Halima bent Bark ; Jaama ben Mohamed : Hallma Mohamed : Israil Fiby ; Mina Monstiech ; Margolis Zelda ; Fatima bent Raja ; Salah ben Boujemaa ; Rabi Messaoud ; Brahim el Ahmed : Mahjoub ben Ahmed : Lahcen ben Bark.
Fatima bent Tahar ; Izza bent Mohamed ; Lahcen ben Mohamed ; Louisa bent Mohamed ; Fiby Zorah ; Abdallah ben Larbi ; Jobar Abderrahim ;Hadj Mohamed : Abdelkader ben Djlllali : Sadia bent Mohamed.
Lignès Liliane: Abdeslem ben Mohamed ; Lugassy Rosette ; Breteau Roger ; Gauthier Anny : Fatima Hamadi ; Moulay Ahmed Chérif.
M'Ham ben Abderrahman ; Yamma bent Bark ; Mohamed ben Ahmed ; Mohamed ben Ahmed : Martlnez Albert ; 2 Marocains non identifiés.
Abdallah Ahmed, Naïma bent Dactour, Aaron Athias, Essard Lahcen, Mahjoub ben Ahmed, Bark ben Miloud, brahim ben larbi, une petite fille inconnue européenne 4 à 5 ans ; Nounée Villa Pastor. Ahmed ben Mohamed, Ahmed ben Mohamed, Ben Bouzzi Abdelrafa, Sabboun Hassan Bouazza, Lahakim Bachir, Abdelaziz ben Lahcen, Mohamed ben Abdallah, Mohamed ben Lahcen, Mustapha Bekkaï, Abdallah ben Ahmed, Ali ben Mohamed, Zorah Zemmani, Brahim ben Ahmed, Mahjoub ben Ahmed, Lahcen ben Bark, Fatima bent Tahar, Izza bent Mohamed, Lahcen ben Mo hamed, Louisa bent Mohamed, Fatima bent Mohamed, Diby Zorah, Abdallah ben Larbi, Jabar Abderrahim, Hadj Mohamed. Abdelkader ben Djilali, saadia hent Mohamed, Khalifa Rachel, Lignès Liliane, Abdeslem ben Mohamed, Lugassy Rosette, Zorah Tahar.
Mohamed ben Brahim, Ahmed ben Raho, Embark ben Mohamed, X ben X, Brahim ben Abdallah, Aïcha bent Lahcen, X ben X. enfant marocain, X ben X, Âhmed ben Hamou, Ben Yaya Fatha, Fatima Ahmed, Mohamed ben Abdelkader, Fatima bent Brahim; Ben Aïssa Rhaduey, Fatima Brahim, Ahmed Moussa, Zorah Abdeslem, Jacob Barsisat, Abitbol Maurice, Abdallah ben X, Mohamed ben Ahmed, Larbi ben Bachir, Janula Ouzzaoui, Lahoucine ben Ahmed, Idder ben Idder, Ahmed ben Mimoun, Afikir Ahmed, Mme Narahanne, Boujmaa Mohamed, Ali Aomar, Zorah bent Bark, Bounemana Ahmed, Mohamed Amar, Aïcha Lahoucine, Fatima Mohamed, Bark Salem, Messaoud Mouyal, Mimoun Abitbol, Nessim Abitbol.
M'Barka bent Hadj ; Marie Bohbot : Houcine Brahim ; Bel Hadj Benizrais ; Fatima Brahim ; Giacomo M'Bark bel Hadj Houcine ; Mimi Myara ; Hama Myara ; Aicha Ahmed ; R'kia bent Bouy : Messody Achour ; Mamar Mohamed Mle 1.235 ; El Gamali Ahmed ; Mohamed Laoufi ; Lahoucine ben Mohamed ;
Mnia bent Mohamed T'touch ; Mnia bent Mohamed : Fatima bent Ahmed : Fatima Brahim ; Fatima ben Lyazid ; Ahmed ben Bark ; Brahim Moktar ; Mme Romero Orlando ; Dantel Romero ; Belaid ben Lahoucine ; Zolida ben Bena ; Mellouk Mohamed ; Chmicha Ahmed : X ben X 45 ans, Marocain ; Michel Avenot ; Zorah bent El Hadj ; Mohamed ben Ahmed ; Marto Emilio ; Abdallah ben Mohamed ; Moulay Ahmed.
Enfant X ben X, marocain, sexe masc. ; Lahcen, enfant; Barka bent Mohamed ; G'Mia bent Mohamed ; Zorah Tili ; Mohamed ben Ghazi ; Zoulida bent Ahmed ; Kassem ben Aoamar ; ChamaÏn Brahim ; Khaddouj bent Mohamed :
AÏcha bent Lahoucine ; Chaignon Catherine; Lahcen Lahoucine ; Moulay Bark ; Mohamed ben Ahmed ; Fatima bent Abdallah ; El Mezianne Mohamed ; Mohamed Lahcen ;
Louis Cabézéro ; Mohamed Belaïd ; Moulay Ahmed Bibi : Mohamed ben Abdellah ; Parent Marguerite ; Hadda bent Mohamed ; Bark ben Tahar ; Keltoum Mohamed ; Abdallah ben Ali ; Touma Mohamed ; Khalifa Albert ; Amina bent Hassan ; Abdelaziz ben Hassan; enfant Tarjik ; Aïcha bent Ahmed ; Anonna Zizon ; Razi ben Chraïbi ; Moulay ben Abdellah ; Alvarez Marie ; Brahim ben Ahmed ; Fatima bent Ali ; Lassa Ali.
ADMIS A L'H0PITAL JEAN VIAL
Mme Cramenences Renée ; Bougreau Yves ; Miles Gisèle et Agnès Martinez (deux sœurs): Mata Sanchez Pedro : Krispel Haïda et sa fille Rachel.
Carasco Segura Manuel : Hanounia Marie ; Habiba bent Hamafi ; Munoz Joséphine ; Aicha bent Salah.
Mme Goosdoue Yvette et sa mère ; Mme Lasri Esther ; Riboh Léa et Ribah Solue ; Normand Louis ; Manghaï (sujet anglais, diplomate) ; Mme Larrade Marie-Louise.
Gabet Joseph ; Mme Ohayon et Mme David (ne sont pas blessées, mais hospitalisées pour maternité ; Mlle Diaz Lili ; Tupinier Henri ; Mlle Baïata Lydie et son fiancé Vial Freddy ; Mme Lannaud Louise ; Ksour ben Ahmed (des F.A.R.).
Des blessés évacués sur Marrakech ont été hospita1isés à la Base aérienne
MARRAKECH, 1er mars (DNCP). _ Dès que la nouvelle du tremblement de terre enregistré à Agadir fut connue, des équipes de secours parties de Marrakech s'y sont rendues: pompiers, gendarmes et policiers, ambulances.
Le service de Santé était alerté et prenait ses dispositions en conséquence pour hospitaliser les victimes qui, transportées par avions, commencèrent à arriver à Marrakech dans la matinée, vers 10 heures.
200 lits étaient réservés, et les équipes de chirurgiens, docteurs et infirmiers étaient en place.
Les premiers blessés arrivés à Marrakech, ont été hospitalisés à la Base Aérienne. Ce sont les moins atteints, car ils ont pu se dégager aussitôt. Ils n'ont pas pu donner de renseignements, ayant été réveillés durant la nuit par le bruit des maisons qui s'effondraient et ne se rappellent que du nuage de poussière dans lequel ils furent enveloppés.


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MessageSujet: Re: LE PETIT MAROCAIN   Dim 27 Jan 2008 - 22:18

VISION D’APOCALYPSE DANS LA VILLE MARTYRE

AGADIR, 1er mars (De notre envoyé spécial Chouffani El Fassi). - Jamais dans l'histoire du Maroc on n'a vu ou connu une aussi. terrible catastrophe comme celle du 29 février qui sans nul doute va marquer dans tous les esprits une date inoubliable mais douloureuse.
En effet pour ceux qui connaissaient Agadir cette charmante ville d'estivage avec son beau ciel toujours bleu, son climat et sa belle plage, c'est une grande déception.
En survolant la ville on remarque que la forte secousse n'avait attaqué qu'une partie de sa totalité c'est-à-dire le Talborjt (quartier populeux et commercial), ce qui fut la médina et la ville nouvelle avec ses hôtels et buildings. Mais quand on est sur place il n'en est pas de même car la ville a souffert dans les 70 % de ce séisme.
Le terrain dans son ensemble qui fait partie de la base aéro-navale française était bondé non pas de visiteurs mais de centaines d'appareils, les uns arrivant et les autres partant. Partout les officiers et les "pompons rouges" couraient par-ci et par là, ou s'afairaient par-ci par-là, brancards sur lesquels gisaient des vieillards, des jeunes, des hommes, des femmes dont les vêtements sont maculés de sang.
En effet, c'est dans cette base mise à la disposition du gouvernement par le commandement français qu'ont été aménagés les centres de triage, d'hospitalisation et du service d'urgence.
Ce sont les médecins de l'aéronavale qui depuis le commencement du tremblement de terre n'ont cessé de s'occuper des victimes. La petite exemplaire des victimes. La petite infirmerie a été elle-même, transformée en une salle d'opération où il fallait opérer avec des moyens de fortune.

La sollicitude des sauveteurs
Mais le plus terible ce sont ces centaines de malheureux et de malheureuses qui ne cessent de gémir et d'appeler, qui son épouse, qui ses enfants, qui ses parents, ce qui rendait encore la mission des jeunes matelots transformés en infirmiers d'occasion plus difficile. Que de fois on a vu ces jeunes gens se pencher avec douceur sur les malades et les prendre entre leurs bras pour les transporter jusqu'à l'infirmerie afin de leur donner les premiers soins.
Les Américains ont envoyé eux aussi un groupe médical et des médicaments, de même que l'ambassadeur Yost et l'amiral Frank Akers commandant les forces maritimes de la Méditerranée se sont déplacés pour discuter avec le gouverneur de l'aide dont la ville pouvait avoir besoin.
Il est à signaler que plus de 2.000 personnes ont été évacuées et d'autres continuent de l'être par la
voie aérienne, grâce aux avions ( militaires. français, américains et de la Royal Air Maroc vers les divers centres hospitaliers du Maroc donc ceux de Taroudant, Essaouira, Marrakech et Casablanca. Certains touristes américains ont été évacués vers Kénitra.
Plus d'une trentaine de blessés atteints de fractures de crânes ont été dirigés vers Casablanca.
Dès qu'on quitte l'aviation, il n'y a pas moyen de se frayer un chemin, tant sont nombreuses les voitures y compris les camions militaires et civils qui transportent aux camps les rescapés. En effet, tous les moyens de transports disponibles étaient réquisitionnés pour transporter les blessés graves ou autres et en général tous les rescapés au centre de triage.

En ville
Au quartier industriel, le séisme n'a pas l'air d'avoir provoqué des dégâts (quelques murs lézardés) et quelques toits écroulés. Les rues sont vides de piétons. Tous les habitants ont déjà quitté leurs demeures.
Mais en se dirigeant vers le cen tre de la ville, on découvre de plus en plus d'immeubles en ruines; là le tremblement de terre a frappé fort. Le Saada qui était la fierté des Gadiris, a terriblement souffert ; des quatre étages, il ne reste plus qu'un tas informe de pierres et de blocs de ciment dans lequel les sauveteurs essaient de decouvrir les dernières victimes. Plus loin, la Préfecture est restée telle qu'elle était : pas une lézarde, il en est de même de l'immeuble consulaire et des bâtiments des moulins du Littoral. Sur les balcons de certains immeubles chancelants, le linge flotte au vent. Mais en montant vers le centre proprement dit de la ville, on découvre le drame.
De l'hôpital, il ne reste plus que quelques murs et tout autour un hôpital de campagne. Les médecins mandés d'urgence ont été obligés de l'aménager sur la place publique. Et c'est là aussi où près des vivants, dorment de leur dernier sommeil les morts qui, alignés côte à côte, attendent l'heure d'être inhumés. Plus loin, les quelques parents ou membres des familles attendaient avec impatience d'avoir des nouvelles.

Une femme se jette par la fenêtre
Mais il y eut plusieurs et autres cas plus terribles - telle cette fem me qui a prefere se jeter du 3ème étage avec son enfant pour soi-disant le sauver.
Une femme marocaine nous a dit qu'elle a été projetée hors de chez elle alors qu'elle préparait le dîner - mais ses 7 enfants sont restés sous les ruines.
On dit que le chef d'escale d'Air Maroc, le fils du consul de France et deux médecins ont eté tués.
Si on devait donner tous les détails sur les divers incidents, il nous faudrait des pages et des pages. Il
n'est pas possible pour un être humain de détailler tant de malheurs et tant de misères. Ce qu'on peut dire, c'est que la catastrophe est sans précédent. Mais ce que de nombreux spécialistes ne comprennent pas, c'est qu'il n'y eut pas de raz de marée.

S.M. le Roi sur les lieux
Sa Majesté le Roi qui, dès lés premières heures de la matinée s'était rendu à bord du Constellation de la Royal Air Maroc à Agadir, accompagné de S.A.R. la princesse Lalla Aïcha et du président Abdallah Ibrahim et des membres de son gouvernement, a visité en détail toute la ville et a été très peiné du malheur qui vient de frapper la belle cité.
A Inezgane, le Souverain a présidé dans le bureau du Cercle une importante séance de travail et a donné ses directives pour les mesures à prendre. C'est ainsi que le monarque a décidé la constitution de deux commissions, l'une d'aide sous la présidence de S.A.R. la princesse Lalla Aïcha, et la seconde, technique, que doit présider S.A.R. le prince héritier Moulay Hassan.
En effet, S.A.R. le Prince héritier, qui avait rejoint Sa Majesté à Agadir, est rentré hier après_midi à Rabat mais il devait revenir à Agadir pour prendre la direction des travaux que l'Armée Royale devrait commencer dès ce matin. A ce sujet, il est à signaler qu'un bataillon du Sud converge actuellement vers Agadir ainsi que plusieurs détachements d'Essaouira et aussi des éléments du génie et de la gendarmerie. Une compagnie médicale se dirige vers la ville sinistrée. La gendannerie royale a, de son côté, réquisitionné tous les oisifs pour aider au déblayage.

L'organisation sanitaire
Du point de vue médical, tous les médecins disponibles ont été appelés à Agadir. Plus de 4 tonnes de médicaments sont déjà arrivés sur Place, sans compter l'aide américaine et française consistant en tentes et médicaments: Le Croissant-Rouge Marocain est en action sous la direction effective du Dr Kebbaj.
Du commissariat de police, des locaux de la Gendarmerie et des pompiers il ne reste que quelques portes. L'hôtel Marhaba a, lui aussi connu quelques destructions ; le Mauritania, en grande partie, le Gauthier et le cinéma Rialto en entier; mais on dit qu'il n'y a pas eu tellement de victimes comme certains le laissent entendre.
Le quartier qui a connu le plus de dommages reste le Talbordt dont le nombre des habitants s'élevait à quelque 15.000. Là tout a été détruit, tout a été rasé. De la mosquée il ne reste que la moitié du minaret.
Les sauveteurs ont passé toute la journée à fouiller dans les décombres, mais le sauvetage se révèle très difficile.
Des conversations que nous avons pu avoir avec certaines victimes il ressort qu'un premier séisme avait été ressenti lundi à 12 heures et qu'il avait duré 2 secondes - En ce qui concerne le tremblement de terre proprement dit, c'est à 23h50 qu'il a commencé pour se terminer une vingtaine de secondes plus tard.

Le Gouverneur nous dit:
M Bouamrani, gouverneur de la ville nous adit qu'il se trouvait avec ses enfants dans sa maison particulière quand il a entendu un grondement qui a fait vibrer la maison plus de petites vibrations avec des coups de petits grondements, suivis de cris perçants et des gémissements qui venaient du dehors. Voulant allumer la lumière électrique, celle-ci ne vint pas, alors il sortit voir ce qui se passait, et c'est ainsi qu'il ne remarqua que de la poussière et une flamme rouge. Gardant son sangfroid il retourna pour sauver ses enfants et sa famille, malheureusement il n'a pu sauver qu'une partie. Son beau-père était resté sous les décombres. Il voulut alors téléphoner, l'appareil ne marchait plus. Il fut alors obligé de faire plusieurs centaines de mètres pour trouver sa voiture et demander des secours.
Est sur place pour l'exécution ,des ordres royaux ; MM. Hassan Zemmouri, Sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur ; le colonel Oufkir, les Drs Sentici et Benhima, le commandant Habibi, le capitaine Nmichi, etc ...
Etant donné les dangers que présente encore Agadir, un ordre vient d'être pris pour évacuer tous les valides vers les Houaras. Cette évacuation aura lieu par camions des F.A.R.
On apprend d'une part que les services de transmission sont sur place, mais que pour le moment seules les liaisons par radio des F.A.R. sont possibles d'autre part on signale l'arrivée pour mercredi de la 7ème flotte américaine, des escadres françaises et portugaise. La Cie nationale de Navigation a de son côté fait dérouler quelques-uns de ses cargos.
En dernier lieu on croit savoir que le nombre des morts est d'environ 1.500, mais que les recherches se poursuivent.
Avant de terminer, signalons l'héroisme de la gendarmeire royale, qui avec son petit effectif de 20 personnes a pu sauver durant la nuit tragique quelque 100 Individus.


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