HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR

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 HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA

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Soly Anidjar
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MessageSujet: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Mer 2 Aoû 2006 - 8:46

Rappel du premier message :

HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA
Casablanca : Une jeune métropole à la croissance rapide

Casablanca offre à qui veut bien la regarder une extraordinaire collection de lieux, d'édifices, de rues et de jardins. Elle est le symbole même de la vitalité du Maroc et le creuset de son destin moderne. Nouvelle venue dans le réseau des villes marocaines, elle oppose à la légitimité historique des capitales impériales le dynamisme de son économie et de sa culture.
Quatre ou six millions, selon des estimations contradictoires peuplent mille et une villes diverses au visage toujours différent. C'est à une rencontre avec ces Casablancais, dans leurs quartiers et leurs habitations, qu'est consacré ce livre. Pour découvrir leur expérience urbaine, faite d'habitudes quotidiennes, scandées en moments distincts, les auteurs ont parcouru la métropole marocaine, observant les foules et les promeneurs et frappant aux portes des maisons, afin de saisir ce lien si précieux qui unit les habitants et leur ville.

Chaque génération des constructions que les Casablancais ont habitées, du XVIIIe siècle à nos jours, est représentée au long de ses rues par des exemples saisissants. l'invention plastique des architectes s'y est condensée en grands immeubles d'habitation scandant la ville de leurs portiques et de leurs tours, en maisons souvent cachées derrière les arbres, et dont les splendeurs intérieures ne sont qu'entr'aperçues, ou en bâtiments publics qui rendent compte des intentions politiques des autorités successives pour maîtriser une ville turbulente et rebelle. Les pièces de la collection d'édifices de Casablanca représentent un concentré des courants architecturaux du XXe siècle, des festons décoratifs de l'Art nouveau à la géométrie de l'Art déco.







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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Jeu 8 Jan 2009 - 14:43

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Jeu 8 Jan 2009 - 14:45

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Jeu 8 Jan 2009 - 14:45

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Jeu 8 Jan 2009 - 14:46

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Jeu 8 Jan 2009 - 14:47

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Jeu 8 Jan 2009 - 14:50

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Jeu 8 Jan 2009 - 14:51

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Jeu 8 Jan 2009 - 14:53

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 12 Jan 2009 - 12:42


Le nom d’Anfa est utilisé sous les appellations suivantes : Bd d’Anfa, Rue d’Anfa(en Ancienne Médina), Lice d’Anfa, Impasse Lice d’Anfa, Bd Lice d’Anfa, le Val d’Anfa, Anfa Supérieur, les Hauteurs d’Anfa.

A propos d'Anfa Hotel, ci-dessous un article de presse de Raymond Lauriac, publié juste après l’achèvement des travaux de rénovation et d’embellissement de « l’Anfa Hotel » en 1947.


"Anfa est un de ces noms prestigieux qui bravent l’oubli à travers les siècles. Déjà connu des Romains, il n’est pas un habitant du Maroc qui l’ignore, pas plus d’ailleurs que les innombrables touristes ayant parcouru ce beau pays. Car on ne vient pas au Maroc sans voir Casablanca, et toute visite de cette ville comporte Anfa sur son itinéraire.
Dans la douce vie de l’avant -guerre, on allait à Anfa pour jouir de l’incomparable panorama qu’on découvre du haut de sa colline. On embrasse de la l’immense ville blanche qui semble sortir d’un rêve ,le port et sa foret de mats et enfin le magnifique ruban de cote tout empanaché d’écume qui s’étend de la piscine municipale -la plus grande du monde - jusqu’au sanctuaire de Sidi Abderrahman .Entre ces deux points s’égrènent, le long de la route en corniche, nombre de sites réputés : la pointe d’El Hank, avec ses rochers en falaise et son phare, l’arène de sable fin de la nouvelle Plage d’Ain-Diab, ainsi que le beau boisement qui vient mourir sur la ligne de dunes.

Raymond Lauriac


Dernière édition par Soly Anidjar le Lun 12 Jan 2009 - 13:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 12 Jan 2009 - 12:46

Casablanca détient le record absolu en terme de destructions de ses monuments, je pense à la prison des corsaires d’Anfa (dite portugaise) du XVI° s. dont on retrouve les quelques ogives au parc de la Ligue arabe, à la disparition de la citerne portugaise sur les hauteurs de Mers Sultan pas loin de l’ex Fort Provost , de la porte dite El Bab Lekdim (comme son nom l’indique) l’une des plus anciennes de la ville, au petit poste de garde doté d’un canon (petite sqala) a l’angle du jardin Zerktouni (ex Arset des Français), d’une partie du Mellah, à la porte ciselée qui donnait accès aux lieux d’habitation et de commerce (Kissaria) mitoyens de Sidi Beliout (que traverse le Bd Houphouet Boigny) à la porte dite Bab El Afia (au Bd Tahar El Alaoui) qui tombe en ruine en dépit de son caractère éminemment historique, Son nom dérive du portugais Casa Branca ou (maison blanche), hispanisé ensuite en Casablanca. Les Portugais fondèrent la ville en 1515. Ceux-ci avaient détruit la ville d'Anfa, située au même endroit, quelques années plus tôt. Mais il restait, au-dessus des ruines, une maison blanchie à la chaux qui servait de repère aux marins d'où le nom. Les Portugais quittèrent l'endroit en 1755 suite aux attaques des troupes musulmanes de plus en plus fréquentes. Au XIXe siècle, la population augmenta énormément en parallèle avec l'accroissement du trafic maritime. Elle fut un port stratégique durant la Seconde Guerre mondiale pendant laquelle elle accueillit la conférence de Casablanca (sommet anglo-américain de 1943).
Appelée ad-dar al-baïda en arabe classique - dar beïda en marocain dialectal - littéralement « maison blanche », Casablanca est la plus grande ville du Maroc.


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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Jeu 8 Oct 2009 - 11:21


Une israelienne peut elle obtenir un visa marocain?

bonjour
je suis d'origine marocaine mais je ne suis tituaire que d'un passeport israelien. est ce que je peux voyager au maroc et si oui a qui s'adresse pour obtenir un visa vu qu'il n y a pas de relations diplomatiques entre le maoc et israel.

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Abdelatif le Bidaoui

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Jeu 8 Oct 2009 - 11:23

Bonjour
israelienne ou pas ,juive ou pas ,tu es d'origine marocaine ,donc tous les remparts de notre royaume vous seront ouverts.On s'en fout des relations diplomatiques.Mettez seulement votre kaftane et soyez la bienvenue.Les marocains savent qu'une bonne partie des membres du gouvernement israelien est d'origine marocaine,ce sont nos compatriotes, n'en deplaise à certains !!.

Beaucoup le visitent soit en groupe soit à titre individuel , et la plus part d' entre eux viennent visiter leurs familles qui ont préféré rester au Maroc ou se recueillir et prier sur leurs proches défunts ou commémorer leurs saints ensevelis au Maroc, ils sont reçus avec respect en tant que marocains d' origine.

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Mercedes Barcessat
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Jeu 8 Oct 2009 - 12:42

Lah itik saha, Abdelatif, tu es un representant extra du Maroc. Je vais te recommender pour a cote du ministere du tourisme.

Salut

Mercedes
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 18:48

Anfa, le nom qui désigne Casablanca à l'origine, signifie “la colline” en arabe : c’est en effet sur une butte dominant la mer que s’implante la première communauté berbère Barghouata. Les Phéniciens y avaient antérieurement établi un comptoir, suivis par les Romains et les Berbères qui s'opposeront aux Idrissides et aux Omeyyades.
En 1515, les Portugais baptisent la ville Casa Branca, à cause de la présence d'un fortin blanc qui lui donnera aussi son nom arabe de Dar el-Beïda, tandis que les Espagnols, au XVIIIe siècle, lui donneront le nom de Casablanca.

Casablanca est le débouché naturel de la Chaouïa et du Tadla. Capitale économique du royaume, sa croissance rapide depuis le début du siècle est due à l'activité de son port.
À l'aube de l'an 2000, Casablanca franchira la barre des quatre millions d'habitants. Sa population d'une grande diversité ethnique et culturelle abrite la grande majorité des Juifs marocains.
Le port d'Anfa, prospère et célèbre en Europe pour les lainages cuirs et céréales qui y transitaient, suscite les convoitises.
Ainsi entre le XIIe et le XVe siècle, les Portugais tentent de s'y installer; l'infant Ferdinand du Portugal débarque à la tête de 10 000 hommes pour anéantir les corsaires d'Anfa à la fin du XVe siècle.
En 1515, un deuxième raid portugais en finit avec la cité des pirates. Les Portugais reconstruisent la ville et y installent un fortin blanc, la “Casa Branca”, qui assure la protection de la route d’El Jadida. Une petite communauté juive semble s’ y être installée; elle est dispersée par les Portugais à la fin du XVe siècle.
Des takkanot de Fès sont attribuées à deux Juifs de Casablanca, Moïse et Dinar Anfaoni, tandis qu’une synagogue, celle du Rabbin Elias, y fut construite en 1750.

C'est sur un site détruit par le séisme de Lisbonne (1755) que Sidi Mohammed ben Abdallah décide de rebâtir une ville en 1770. Les Espagnols y installent leur comptoir en 1781, mais Casablanca demeure un petit hameau pendant encore 60 ans, avec ses 700 habitants. Il faut attendre1830 pour que la ville opère une mutation qui la propulsera un siècle plus tard au rang de mégalopole africaine. Les Européens installent leurs comptoirs et les Marocains, commerçants et artisans, affluent. La population dans la médina atteint les 20 000 personnes à la fin du XIXe siècle (contre 8 000 en 1850).
C'est au cours de cette période que la communauté juive se développe avec l'arrivée des Juifs d’Essaouira, Tanger, Tétouan et Rabat ainsi que des villages de l'intérieur.
À la suite de l'instauration du Protectorat, l'agrandissement du port, en 1906, détermine son évolution. S'opposant à l'occidentalisation de la région, les tribus berbères se soulèvent et mettent à sac la ville et le mellah, ce qui provoque l'intervention française. Le général Lyautey fait de Casablanca la capitale économique du Maroc. Dès 1920, Casablanca devient le premier port du Maroc.
La communauté juive connaît le même essor. Le Beth Din est institué dès1918 et le premier journal juif, Or Hamaarav (La Lumière du Maroc) est fondé en 1922, suivi par l'Avenir Illustré et l'Union Marocaine.
Avec ses synagogues, ses talmud Torah et son école de l'AIU, Casablanca accueille une population d'environ 6 000 Juifs (30% de la population de la ville) auxquels se joindront un millier de personnes fuyant les pillages de Settat en 1903. Ce boom démographique entraîne une misère notable dans le mellah surpeuplé de la vieille médina. Aujourd'hui la communauté est très active avec à sa tête Boris Tolédano et le grand rabbin Aaron Monsonégo. Elle s'appuie sur des institutions dynamiques.
L'organisation sociale communautaire est cependant soutenue par un kahal dynamique qui se charge de la redistribution de taxes prélevées sur les produits cacher, ainsi que de généreuses contributions aux œuvres de bienfaisance (la Maternelle, Aide scolaire, Hôpital juif).
Les nombreuses écoles de l’alliance, les garderies, les dispensaires forment un complexe communautaire imposant. Les mouvements de jeunesse comme le DEJJ contribuent à l’action éducative. Le home S.D Lévy, foyer pour personnes âgées, financé avec l’aide de l’AJDC et de l’OSE abrite quelque 100 personnes. L'accès à l'école est gratuit pour les enfants nécessiteux.
Les activités variées de cette ville-champignon attirent vers des emplois divers (artisanat, petit commerce, négoce ou industrie) une population venant de toutes les villes du Maroc.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 18:49

Les banques, le transit, l'import-export, les professions libérales offrent également des débouchés aux jeunes. L’attirance de Casablanca ne se démentira pas tout au long du siècle, en dépit de l'épisode de Vichy.
La communauté juive compte 70 000 personnes en 1948 et, entre 1948 et 1968, des milliers d'autres provenant des communautés environnantes viennent s'y installer.
Le mellah de Casablanca connaît, à partir des années 1950, une émigration. L’expansion de l’après-guerre conduit nombre de Juifs à résider dans les quartiers européens, alors que la communauté développe ses clubs de jeunesse, ses journaux, ses centres sportifs, ses institutions médicales et culturelles et son réseau scolaire.
Parmi les figures qui ont marqué l'histoire de la communauté juive de Casablanca, on peut citer :
Moïse et Dinar Anfaoni, Jacob Raphaël Benazéraf, Haim Ben Soussan, Dr Léon Benzaken, Haïm Elmaleh, Moïse Eliakim, S.D. Lévy, Isaac Marache, Élie Nataf, Meyer Obadia, David Ouaknine, Meyer Toledano, Yahia Zagury.L'architecture à Casablanca
par Monique Eleb
Du petit noyau d'environ 20 000 habitants au début du siècle, avec ses quartiers musulman, juif (le Mellah) et européen, Casablanca voit sa croissance s'accélérer grâce aux qualités de son hinterland. L'essor de son port sera décisif et attirera les commerçants européens qui s'y installeront dès le milieu du XIXe siècle, rejoignant les marocains, musulmans et Juifs. Une ville nouvelle française apparaîtra au monde pendant la première moitié du XXe siècle comme un laboratoire, un lieu d'expérimentation des techniques de l'urbanisme et comme un lieu d'innovations architecturales.
Le rôle, considéré comme dominant en ce qui concerne la constitution de la ville, des spéculateurs et des industriels français, doit être réévalué en regard de l'activité des Marocains musulmans ou juifs et des autres arrivants.
L'idéologie de l'assistance des Français, leurs motivations commerciales entrent en effet en concurrence avec les choix des premiers entrepreneurs juifs et rencontrent les réactions complexes de l'élite marocaine. La place spécifique des Juifs dans l'édification de Casablanca a émergé en même temps que leur importance dans la première industrie du Maroc qu'a été la construction jusqu'au milieu du siècle.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 18:52

Le mellah de Casablanca en 1900 : ghetto ou quartier? La configuration d'une véritable ville est clairement lisible sur le plan dressé en 1900 par Félix Weisgerber. Bien que le Mellah ne soit aux yeux de Weisgerber "pas aussi strictement limité qu'il l'est dans la plupart des villes marocaines", les Juifs n'échappent pas à leur condition de dhimmi : "les dhimmis ne bâtiront point de maisons plus hautes que celles de Musulmans; leurs synagogues surtout ne devront point s'élever au-dessus des minarets et des mosquées". Plan de Félix Weisgerber, 1900.

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 18:53



Il faudra se souvenir de cette caractéristique de la vie des Juifs du Maroc pendant des siècles, pour comprendre la fièvre constructive de certains des propriétaires des immeubles les plus spectaculaires du centre de Casablanca.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 18:54

Mais avant cette nouvelle conjoncture, la situation des Juifs des villes côtières est décrite comme particulière. Le lieu de résidence des Juifs dans la Médina de Casablanca n'est donc pas limité par un mur d'enceinte. Les synagogues y sont nombreuses, une vingtaine au début des années vingt, mais peu monumentales. Les maisons en maçonnerie de couleurs vives forment un dédale de rues composés selon des règles habituelles au monde urbain des pays musulmans avec ses hiérarchies subtiles entre impasses, rues semi-privées et voies publiques.


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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:12

En 1918, les israélites purent sortir de leur Mellah et habiter des demeures en plein centre de la ville indigène, souvent dans le petit quartier chrétien qui s'y formait. Mais sans oublier qu'en 1955 les couvres feu interminables, les grenades des terroristes les bombes et coups de feu, des individus entraient dans les maisons du mellah avec des couteaux et des batons, une epoque que les anciens du mellah n'oublierons jamais.

Sortis du mellah, ils n'en rougissent nullement et continues a s'interesser a d'autres choses, le melah jour apres jour va se vider de ses habitants et se sont les musulmans qui vont prendre leur place.

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:13

En réalité le Mellah de Casablanca n'est plus le vrai ghetto marocain. Il est privé de ses murs et beaucoup d'israélites habitent les quartiers indigènes ou européens, mais malgré tout, il forme encore une puissante agglomération ramassée autour de ses synagogues et de ses croyances.

Les Arabes y passent mais ne s'y établissent point. Situé au sud-est de la ville indigène, séparé d'elle plutôt par les frontières de l'âme que par tout autre obstacle matériel, le Mellah continue à vivre sa vie d'autrefois, s'appuyant aux remparts de la cité".
"Le Mellah groupe ses rues et ses maisons dans un étroit espace. Les demeures sont teintes en bleu, en rose, en jaune et sont plus colorées encore sous le ciel incandescent du Maroc. Les rues y sont étroites mais bien entretenues; nulle part, les traces sordides que l'on pouvait contempler il y a quelques années encore.
En contact avec la civilisation moderne, l'israélite de la côte a puisé dans ce voisinage des notions d'hygiène qu'il ignorait auparavant, et les règles plus strictes de la voirie municipale ont été appliquées au Mellah."
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:15

Lorsque les marins du Galilée débarquent le 5 août 1907 à Casablanca, la ville est déjà engagée dans une modernisation sensible à laquelle les Juifs possédants prennent part. La ville est "déblayée, nettoyée, assainie", les égouts "visités et réparés", les voies tracées et éclairées par des militaires devenus "à la fois chefs de chantier et agents de police". Les problèmes sanitaires persistent, en dépit de la création en 1909 d’un hôpital et d'un dispensaire et de la construction d'un abattoir double pour les musulmans et les israélites. La gestion de la voirie par les Militaires passe par une mise en ordre visuelle de la médina,dont les maisons sont numérotées en 1909, les noms des rues en français et en arabe étant inscrits aux carrefours.
Une partie de la population juive, vraisemblablement les derniers arrivants des villages de l'intérieur, habite des huttes en paille ou nouallas, comme de nombreux européens nouvellement débarqués et la plupart des soldats.
Ces huttes constituent pratiquement l'ensemble du quartier des Tnâker mais sont aussi parsemées hors les murs à l'ouest, au milieu des cimetières et des jardins qui bordent la ville.
Sans travaux spécifiques sur la question de l'architecture domestique, on peut malgré tout avancer que les maisons des Juifs aisés doivent abriter une seule famille et sont probablement organisées sur le même modèle que les maisons marocaines avec pièces non spécialisées ouvertes autour d'une cour. Les pièces y sont hautes, plus longues que larges et des divans longent les murs. La plupart de ces maisons sont occupées par plusieurs familles qui alors ne disposent souvent que d'une chambre, et partagent la cour, ce qui est banal alors dans les classes populaires.
Ces maisons très vite surélevées dans toute la Médina deviennent de petits immeubles, selon le modèle européen, ornées de balcons, où logent plusieurs familles, et on en trouve dans tous les quartiers, Mellah compris.
Dans ce cas les meubles sont de type européen. Enfin, depuis des décennies des immeubles collectifs, de type européen mais à terrasses, organisées en appartements, sont habitées par toutes les populations présentes à Casablanca.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:17



Entre le débarquement français et la guerre, la tripartition de la ville - la médina dense, le Mellah et le stnaker, relevée par Weisgerber en 1900 est remplacée par un déploiement plus complexe des groupes nationaux et des catégories sociales. Si les Juifs continuent à habiter le Mellah, de plus en plus ouvert sur le reste de la ville, les plus fortunés d'entre eux n'en commencent pas moins à migrer vers l'extérieur. À la fin 1912, alors que Casablanca compte 46 000 habitants, les musulmans sont 25 000, les israélites marocains 9 000, les Français 7 000, les Espagnols 2 500 et les Italiens 2 200. Une bonne vision de la structure foncière est fournie par les plans établis entre 1912 et 1918, dont celui du géomètre et lotisseur Georges Buan publié lors de l'Exposition franco-marocaine de 1915.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:18

La ville ayant été reconquise et reconstruite à partir du XVIIIe siècle par le Sultan, une grande partie du sol de Dar el-Beida était propriété du Makhzen en 1907. La corruption et la désorganisation contribuent à dilapider ce patrimoine foncier.

Dès le mois d'août 1907, le prix des terrains commence à monter, pour atteindre des prix quasi-parisiens, la spéculation devenant une activité fondamentale des Européens et des musulmans qui possédaient des terrains hors les murs, notamment en bordure du souk, mais aussi des israélites, dont la liberté d'action en matière immobilière était jusqu'alors limitée à leur maison.

À l'exception d'une poche de terrains Maghzen situés à l'ouest et en bordure du rivage à l'est, ils font apparaître une mosaïque dans laquelle les grandes emprises des lotissements créés par les compagnies financières et foncières françaises (Soblanca, Société agricole, Société Foncière, Crédit marocain, Comptoir lorrain du Maroc des frères Nathan, etc.), sont raccordées par les nappes des terrains libres et les opérations ponctuelles, dans laquelle se lit la concurrence entre les Européens établis avant le Protectorat tels que Ferrieu, Fernau ou Philip et les juifs, tels que Bendahan, Cohen ou Nahon et Cie.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:18

Casablanca, ville nouvelle française a donc été, surtout dans les 30 premières années, construite en grande partie par des propriétaires juifs pour des locataires souvent juifs. Très présente dans la construction de bâtiments remarquables, cette population semblera à certains moments dominer la scène culturelle casablancaise. Quelle que soit leur origine nationale ou religieuse, la plupart des habitants de la ville doivent de toute façon faire face à une pénurie de logements qui restera une donnée constante de la situation, sauf lorsque les effets de la crise de 1929 entraîneront une certaine contraction de la demande pour très peu de temps. La présence, tangible, des investisseurs institutionnels, tels que les grandes compagnies d'assurances, et l'État du Protectorat est moins spécifique à Casablanca que l'activité des investisseurs privés : passée la fièvre spéculative des premières années, la crise du logement contribue à perpétuer le sentiment de l'urgence et à créer de bonnes conditions de rentabilité pour ces acteurs. Européens enrichis, grands bourgeois juifs d'Afrique du nord et féodaux marocains feront construire parallèlement leur propre villa et des immeubles de rapport en ville.
L'un des premiers ensemble de maisons juives situé à l'extérieur de la médina est encore visible aujourd'hui à l'angle du boulevard Moinier et du boulevard de Paris. Cinq maisons sont groupées autour d'un jardin, dont l'une, celle de Haïm Ifergan, abrite aussi une synagogue.
La date de 1910 est inscrite sur le fronton ce qui montre que la ville nouvelle est dès les débuts de son développement, habitée par des Juifs.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:19

Marius Boyer l'un des plus talentueux et des plus prolifiques parmi les architectes casablancais est l'un des seul à avoir une clientèle dans toutes les composantes de la ville et il trouve des clients que son attitude avant-gardiste n'effraie pas. Après avoir construit l'immeuble Scemla et Guedj rue de l'Horloge en 1919, au style néo-marocain, c'est avec deux clients juifs qu'il ira le plus loin dans l'expérimentation de formes innovantes ou inhabituelles.
Il fait appel en 1928 à des notions débattues à Paris, et notamment la suppression de la cour fermée, lorsqu'il construit l'immeuble Lévy-Bendayan à l'angle du boulevard de Marseille et de la rue Lassalle.
Le soubassement de ce grand immeuble-îlot de huit étages avec trois cours ouvertes (une innovation!) accueille des commerces. A partir du 5e étage, les retraits permettent les terrasses qui agrandissent les chambres et les salles à manger, et jouent avec les brise-soleil pour former le couronnement. Une parente du premier propriétaire nous a affirmé qu'il n'acceptait comme locataires que des Juifs de la zone espagnole, indice d'une division très nette des origines au sein même de la population juive de Casablanca.
L'idéal du gratte-ciel donne aux architectes et à leurs clients l'ambition de créer des ensembles d'habitations en rupture avec le petit immeuble courant, au travers des exemples américains. Ils créeront des édifices remarquables, qui provoqueront des débats bien au delà du milieu de l'architecture, car de nombreux Casablancais se passionnent pour la métamorphose de leur ville.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:21

L'immeuble de Moses Asayag, construit par Boyer, boulevard de la Marine en 1930, est alors l'un des plus élevés de Casablanca puisqu'il compte 10 étages. Le type de l'immeuble à gradins imaginé et décliné par Henri Sauvage qui en construira très peu à Paris, est repris par Boyer mais dans des conditions nettement plus favorables, car la demande de logements à terrasses est très forte.
De plus, les parcelles des immeubles casablancais sont beaucoup plus grandes que les parcelles parisiennes, les commanditaires plus prospères et toujours prêts à faire état de leur modernité.
Le corps principal de l'immeuble est composé de trois tours, les retraits formant les terrasses des garçonnières et des duplex commençant à partir du septième étage. Entre les deux bâtiments une rue intérieure recouvre un garage à voitures enterré.Cet immeuble reste le plus spectaculaire et le plus admiré des immeubles casablancais aujourd'hui. L'immeuble Bendahan, conçu par Edmond Brion en 1935, est remarqué lors de sa construction sur l'emprise d'un marché. En proue sur un carrefour, tel un navire immaculé, le bâtiment principal occupe quatre rues et donne sur la place Edmond Doutté, alors l'une des plus fréquentées du centre. Le soubassement est occupé par des boutiques ou de grands magasins.Deux figures d'architectes : les frères Suraqui Nés en Algérie en 1893 (Oran et Alger), les frères Suraqui arrivent en 1923 à Casablanca et sont patentés en 1924. Géomètres de formation ils seront diplômés de l’Union Professionnelle des Bâtiments de France. Les frères Suraqui vont ponctuer la ville nouvelle d'immeubles de luxe ou moyens construits par des clients juifs, à quelques exceptions près, dans des quartiers fréquentés par les Juifs mais totalement insérés dans le Centre de la ville. Même si le nombre de pièces est réduit, celles-ci doivent être servies. Tous les immeubles du Centre ont une salle de bains. Ainsi l'art de vivre local diffère-t-il des usages de la métropole par la diffusion d'un confort qui n'est pas seulement l'apanage de l'élite. La plupart des appartements des immeubles construits au même moment dans les années Trente pour la petite bourgeoisie de Toulouse, ville de taille comparable alors à Casablanca, ne possèdent pas de salle de bains.
Les appartements de luxe des immeubles situés sur les grandes artères sont le plus souvent composés selon des principes éprouvés comme la dissociation des parties publique, privée et de service. On y retrouve la fluidité des espaces de réception propice aux fêtes et signe de luxe ainsi que les dégagements de service.
Les chambres de service et de domestique sont souvent au même étage que l'appartement, la petite chambre-lingerie présente, sur de nombreux plans, étant vraisemblablement destinée à une domestique.
Les immeubles dont les parcelles sont profondes permettent, comme à Paris, de concevoir deux corps d'immeubles au statut différent.
Ainsi l'immeuble Tolédano, construit par les frères Suraqui boulevard de Paris, est-il composé d'un bâtiment sur rue avec des appartements associant salon et salle à manger, desservi par un escalier principal et un escalier de service, et d'un immeuble sur cour, aux appartements plus petits et sans salon, desservi par un escalier unique. Un autre immeuble boulevard de Paris pour les frères Tolédano en 1928 sera remarqué pour ses brises-soleils.
Les Suraqui construiront pour les frères Tolédano de très nombreux immeubles toujours très bien situés comme celui de I.P.M. et A. Tolédano, Avenue d'Amade, Place Capitaine Maréchal et rue Chevandier-de-Valdrôme en 1930, jouxtant un autre immeuble important dans l'image de la ville, pour Mr Hassan et le Vicomte de La Salle, avec des frontons décorés, qui bordent tous deux aujourd'hui le côté ouest de la Place Mohammed V.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:22

Dans les années 40 et 50 d'autres immeubles seront construits pour d'autres Tolédano toujours sur de grandes artères comme l'avenue du Général Moinier ou le boulevard d'Anfa, ainsi que de nombreuses villas dans ces quartiers du Centre. Alors qu'ils utilisaient beaucoup les décors néo-marocains, zelliges, frises, etc., avec l'mmeuble de M. G. Braunschvig, Bd de la Gare, datant de 1927, la façade commence à se dépouiller pour arriver, avec l'immeuble que les frères Suraqui construisent à leur propre usage, rue Chevandier-de-Valdrôme en 1930, à une façade épurée et géométrique de style art décoratif, ce qui montre qu'ils savent s'adapter à la demande et au goût du client.
Ce qui se voit aussi l'année suivante en 1931 quand ils construisent le grand immeuble de Salomon Benalal, près de l'avenue du Général Drude, occupée par des commerces de gros, souvent tenus par des Juifs, qui joue sur les courbes et les verticales, sans décor surajouté et qui se déploie sur trois rues et sur l'une des places les plus commerçantes de la ville.ls se spécialiseront aussi dans les bâtiments scolaires commandés par l'Alliance Israélite universelle et aussi par la Communauté juive, comme les Groupes scolaire Narcisse Leven, boulevard Moulay Youssef, en 1927 et Moïse Nahon, en 1933, à l'extrémité du même boulevard et aussi le Groupe scolaire israélite, boulevard des Régiments Coloniaux en 1949. Joseph Suraqui sera aussi chargé du Groupe scolaire de l'habitat israélite, Boulevard Calmel, en 1955.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:23

Plus modeste par la taille mais aussi spectaculaire, l'immeuble Ettedgui ou Mellul, construit par Jean Balois et Paul Perrotte, boulevard du général Moinier (1934), n'est pas moins élaboré en ce qui concerne la forme, les matériaux et le niveau de confort. Doucement galbée, la façade est scandée par des vagues régulières de bow-windows.Les cinq cages d'escaliers hiérarchisées, qui ne desservent que cinq appartements par étage, disent l'ambition de l'immeuble.
Dans les années 1930 le rejet des thèmes néo-marocains se poursuit dans les habitations et les édifices publics du centre. L'esthétique dépouillée d'une modernité tempérée, où le travail sur le volume prime sur le décor, se diffuse, bien que le débat sur le décor se poursuive dans les revues. Parallèlement, un saut semble s'effectuer en matière de confort et les immeubles de rapport ou à loyers modérés font appel aux principes les plus modernes d'hygiène et de confort tandis que la hauteur moyenne des immeubles croît fortement, la course vers la grande hauteur, qui affecte les immeubles de bureaux atteint aussi l'habitation et est suivie par tous les journaux.
L'analyse de ces immeubles bourgeois serait incomplète si l'on oubliait la prise en compte de la présence grandissante de l'automobile dans l'habitat de ce groupe social. Dès la fin des années 1920, les garages envahissent les sous-sols de ces bâtiments. Par ailleurs, la plupart des immeubles de cette catégorie, sont équipés d'un ascenseur dès qu'ils dépassent trois étages.
Les villas : références et adaptation
Les quartiers de villas, régulés par le plan Prost, s'étendent au sud et à l'ouest de Casablanca. En général verdoyants, ils accueillent un large éventail d'habitations, des villas les plus luxueuses aux pavillons les plus modestes. Les Juifs installent des villas d'abord dans les quartiers les plus centraux alors que très vite les "Européens" vont migrer vers Anfa ou Mers-Sultan. Le quartier d'Anfa supérieur constitue un lieu de villégiature dans l'agglomération même, permettant le repos des aventuriers, des forcenés du travail que sont les Casablancais aux yeux des observateurs.
La création de ce quartier et son développement sont le résultat d'une politique concertée, qui relève non seulement de la réglementation urbanistique et du zonage de Prost interdisant les industries, mais aussi de l'action des lotisseurs privés.
Le calme et les qualités paysagères du quartier doivent beaucoup aux frères Teste, propriétaires d'une grande partie des terrains d'Anfa, qui ont, chacun à leur façon, lutté contre les spéculateurs.
Ce contrôle quelque peu tyrannique, puisqu'il porte sur le plan de l'habitation et l'organisation de la vie la plus intime, a garanti moins l'unité en termes de style qu'en termes de recrutement social de la population.
Les terrains resteront ainsi pendant quelques décennies hors de portée des Marocains, sauf de quelques aristocrates influents si ce n'est des plus riches, et des Juifs de toute nationalité qui ne commenceront à y accéder vraiment que dans les années 50. Ségrégation sociale et raciale se conjuguent donc, alors que le mélange des populations sera plus effectif à Mers-Sultan, pendant d'Anfa au sud-est. C'est donc sur les beaux boulevards des limites du Centre que s'installeront sans problème les bourgeois juifs.
La villa Assaban, situé Boulevard de Bordeaux, représentative par sa façade assez pauvre d'innombrables petites villas casablancaises des limites du centre, est très surprenante par contre par le déploiement de ses fastes à l'intérieur.
Deux salons résument les références de ces bourgeois nantis, partagés entre deux cultures : dans l'un des salons le style Louis XVI avec pilastres et dorures côtoie un mobilier néo-classique, dans l'autre le décor arabo-andalou brille de tous ses feux, mais au mobilier marocain se mêlent des fauteuils viennois.
La villa de Mr Cohen (Violetta) construite par les frères Suraqui en 1929, est située sur le boulevard Moulay Youssef, presqu'entièrement habité alors par les bourgeois juifs possédants de Casablanca.
Elle est remarquable surtout pour son ornementation Art déco, notamment la salle de bains est une très grande pièce bien éclairée, lambrissée de marbre blanc. Au delà des différences en termes de luxe ou de genre, ces villas ont pour point commun l'attention au confort, à l'utilisation de matériaux faciles à entretenir dans le climat de la ville. Elles sont structurées autant par l'attention à l'apparat que par la place faite aux domestiques.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:25

La villa Benazéraf de Marius Boyer (1928) rue d'Alger, face à la cathédrale, est moderne par son volume mais comporte des détails et un décor du plus pur style art décoratif. Sa composition est centrée autour d'un hall-salon à double hauteur et d'espaces de réception fluides, avec un "magnifique escalier circulaire dans un décor de marbre noir orné de baguettes d'or". L'organisation des pièces des hôtels de luxe parisiens de la fin du XIXe siècle, reprise par les architectes modernes se retrouve ici, le salon arabe tenant lieu de "petit salon".
De même au premier étage, la grande chambre ouverte sur une loggia, flanquée d'un boudoir et d'une salle de bains de marbre blanc, suit les principes de la distribution de l'appartement des maîtres dans les hôtels particuliers parisiens des années 1920. Le perron d'accès, constitué "d'une série de dalles-marquises en retraits successifs", le "patio fleuri" et sa "vasque orientale, sur lequel prend jour un salon arabe" faisait de cette villa disparue en 1994 une œuvre d'un raffinement mémorable.La dénomination de "villa néo-marocaine", de plus en plus fréquente dans les années 1920, dénote plus souvent l'emprunt d'éléments décoratifs au répertoire marocain, qu'une organisation spécifique de l'habitation. Si la villa Bonan, construite par Boyer et Balois boulevard Moulay Youssef (1930) a des tuiles vertes sur la façade et un "pignon à toiture à quatre pans, d'un ensemble néo-marocain", l'intérieur répond aux principes de l'hôtel particulier: "l'immense hall à parquet de chêne, d'un aspect d'intérieur très européen, [est] meublé dans le goût classique, avec son coin de feu, et son accès, par des portillons de fer forgé, à un jardin d'hiver et à une magnifique pergola".En fait à la fin des années 1920, de nombreuses villas qualifiées de "marocaines" ont une organisation et un décor "à la française" et chez les Juifs on peut bien sûr voir dans ce choix une métaphore de la double appartenance culturelle.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:26

La destruction d'une partie du Mellah La Place de France, véritable cœur de la ville, est séparée du Mellah par un simple mur et dès le début du développement de la ville nouvelle la question de son extension et de la réduction du Mellah est discutée. Cette question provoque des réflexions contradictoires et des conflits durables, dont la résolution définitive n'interviendra pas avant les années 1950. Elle révèle l'attitude ambiguë et changeante du Protectorat vis à vis de la communauté juive.
Dans le plan d'extension de la ville, conçu par Prost en 1917, il est question de détruire une partie du Mellah qui s'est largement étendu vers le quartier des Tnaker et de détruire une partie de la muraille.
C'est précisément sur la présence du mur que s'appuient les partisans du projet officiel, à commencer par le Syndicat d'Initiative de Casablanca, qui affirme que "les murailles d'enceinte qui bordent actuellement la place de France ne présentent aucun caractère historique non plus qu'aucun cachet artistique et qu'il n'y a là, à cet égard, nul inconvénient à les abattre, que le quartier israélite situé immédiatement au delà de ces murailles n'offre aucune beauté accessible aux touristes en raison de sa malpropreté et de son insalubrité.
La commission municipale ne cessera de débattre de ces problèmes. En 1929, le Service des Beaux-Arts redéfinit l'ordonnance de la place, en introduisant des "immeubles à redents, sans cour intérieure, permettant un plus grand développement de surface".
Pendant ce temps, les démolitions sont engagées, puis interrompues en 1933 faute de crédits pour les expropriations.

Une palissade est tendue entre la tour de l'Horloge et le boulevard du 2e-Tirailleurs, la réglementation de la publicité et le traitement esthétique de ce rideau urbain occupant de nombreuses séances de la Commission municipale.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:27

Un autre projet d'extension et d'aménagement de la ville est présenté en 1944 par l'architecte Alexandre Courtois. Ce projet à grand axe nécessite lui aussi de détruire une grande partie du Mellah devant lequel on remplacerait les palissades par un Musée des Arts indigènes.

Ce projet n'aura pas de suite mais le Mellah sera peu à peu détruit et dans les années qui suivront, à l'arrivée de Michel Ecochard qui dirigera les Services de l'Urbanisme et de l'Habitat, les mal logés et expulsés du Mellah se verront proposer à partir de 1951, les quartiers d'El Hank et TSF après de nombreuses pressions des représentants juifs à la Commission du logement.
Les populations juives de Casablanca après 1945
C'est dans le cadre des programmes du Protectorat que les projets infructueux des années 1930 trouveront un débouché au lendemain de la guerre, grâce à leur intégration dans le plan général de la ville et à la priorité budgétaire qui leur sera donnée. Les perspectives de la croissance urbaine et le zonage social seront au centre des débats qui aboutiront à l'adoption du plan d'Écochard en 1952.

Dans le périmètre urbain, les projections du service tendent à la "décompression" et à l'"extension" de l'habitat dans la période 1950-1965. Une "zone d'extension israélite" sera recherchée vers la route de Camp Boulhaut à proximité de l'usine Bata, les autorités voyant cette zone "plus aisément du côté d'El Hank"1. La proposition d'une "cité pour les israélites", située à environ dix kilomètres des limites de la ville se voit rejetée par la communauté juive car trop éloignée des lieux de culte et des commerces et se prononce, en dépit des inconvénients, en faveur des terrains d'El Hank.
L'équipe d'Écochard tranche en faveur de l'habitat collectif, qui ne semble pas difficile à accepter pour cette population.
Cet habitat "adapté" est calqué sur le stéréotype du HBM (habitation à bon marché) français, à salle commune distribuant les autres pièces, auquel ont été systématiquement ajoutés des patios. Une première opération est construite par Zeligson en 1950 face au phare d'El Hank.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:30

Un projet plus ambitieux sur un terrain situé à l'autre extémité du périmètre prévu pour cette population fait l'objet d'un concours organisé en 1950 par le service de l'Habitat(Immeuble pour "israélites" à l'angle des boulevards
de la Corniche et Calmel, face au phare d'El Hank, .)

Huit immeubles sont achevés en 1951 à l'angle des boulevards Moulay Youssef et Calmel, face à la piscine Municipale par l'équipe de Rousseau spécialisée dans le logement populaire.

Les immeubles comprennent quatre étages desservant quatre appartements accessibles par coursives et sont plus économiques que le premier groupe construit. Ils sont "tous orientés au sud, recherchant l'ensoleillement maximum, ce qui évite le chauffage d'hiver". Placés en coupe-vent et tournant, eux aussi, le dos à la mer, ils sont implantés au milieu de grands espaces verts, qui engloblent une garderie-dispensaire de forme circulaire. Une école y sera construite.

Les Domaines achètent en 1952 et 1953 d'autres terrains au sud de la route de la Corniche et à l'ouest, au droit de la pointe d'El Hank, pour y construire des barres entre 1955 et 1960. Un autre projet sera réalisé par Joseph Suraqui.
Destinées à la même population, des habitations économiques seront construites en 1953-1954, pour la CIFM (organisme public) par Joseph Suraqui. Rassemblés dans une longue barre de 6 étages, dont la silhouette est rythmée par les claustras des cages d'escaliers, des cuisines et des salles de bains, les immeubles ont surmontés de terrasses avec buanderies.
Les villas, luxe et fantaisie Dans les années 1950, la construction d'une dizaine de villas aux formes hardies impressionne à la fois les Casablancais et les critiques européens. Œuvres plastiques des plus personnelles, elles sont aussi admirablement organisées pour ceux qui veulent et peuvent vivre avec art, le moindre détail de la vie quotidienne ayant été patiemment étudié. La villa bâtie en 1949 par Jean-François Zévaco pour le lotisseur Sami Suissa est la plus précoce de ces villas que l'on pourrait croire construites en Californie ou au Brésil.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:31

Édifiée à l'abri des curieux sur un grand terrain d'Aïn Harouda par Wolfgang Ewerth, la villa de l'industriel Serge Varsano (1954) est d'un luxe comparable. Le décor et le mobilier utilisent toutes les ressources de la production des designers européens et américains et constituent avec les objets et les tableaux une sorte de manifeste du goût dominant des années 1950.Élie Azagury, l'un des premier architecte juif marocain diplômé à l'ENSBA, mène d'abord une réflexion sur la villa unifamiliale de petite dimension. Azagury réinterprète le patio de la maison marocaine traditionnelle dans l'une des premières villas qu'il construit sur la pente de la colline d'Anfa, avec une vue exceptionnelle sur la ville.
La maison qu'Élie Azagury construit à son propre usage à la fin des années 1950 en haut de la colline d'Anfa est la plus spectaculaire manifestation du néo-brutalisme casablancais. Un jeu savant d'ombre, de lumières et de vues proches et lointaines traverse ce lieu à la fois joueur et austère et d'une rugosité raffinée.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:39

La fondation d'Anfa reste un mystère, d'après Léon l'Africain, né en 1490, elle aurait été fondée par les Romains. Pour Marmol, son origine serait Phénicienne. Pour Ezzayani, né en 1734, la ville aurait été fondé par les Berbères. Les Zénètes s'établirent à Tamesna et Tadla, les Sanhadja en Doukkala. Les émirs des Zénata bâtirent la ville d'Anfa dans les Tamesna et la ville de Day dans le Tadla.

La Grotte des Rhinocéros est un site d’intérêt préhistorique inventorié et sous la protection de la Direction du Patrimoine. Il présente un caractère exceptionnel et une importance patrimoniale par son abondance d'outillage acheuléen associé à une très riche faune de mammifères, dont l’âge est estimé aux environs de 400 000 ans.

Avec plus de trente espèces de mammifères, quelques reptiles et plusieurs différentes espèces d'oiseaux, on considère les vestiges de la faune préhistorique découverte sur ce site comme étant la plus riche du quaternaire nord-africain.

La présence de huit crânes plus ou moins complets de rhinocéros blancs demeure néanmoins la découverte la plus exceptionnelle du gisement, d'où le nom qu'on lui a attribué.

Le site de Casablanca actuel fut habité par l’homme durant l’époque Paléolithique. Les origines de la ville ne sont pas connues exactement mais il semble que la ville d’Anfa se trouvait autrefois au même endroit qu’actuellement.

Les découvertes archéologiques à Sidi Abderrahman (sortie sud de Casablanca) attestent d’un peuplement du site depuis la préhistoire. Il semble qu’Anfa était occupée par des pêcheurs berbères depuis la plus haute Antiquité, époque à laquelle l’endroit sert d’escale aux navires phéniciens en route pour les îles Purpuraires au large d’Essaouira. Au Moyen Âge Anfa fait partie du royaume des Berghouattas, du nom d’une secte hétérodoxe qui dominait toute la région de la Chaouia, avant d’être prise par les Almohades en 1188.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:40

On ne sait au juste qui, des Phéniciens, des Carthaginois, des Romains ou des Berbères, fonda Anfa mais elle joua un rôle important dans l’histoire marocaine à la fin du VIIe siècle et au début du VIIIe siècle.

Sous la dynastie des Mérinides, le port prospère grâce aux relations commerciales avec la péninsule ibérique, mais le déclin du pouvoir de Fès amène les habitants d’Anfa à se rendre indépendants et à multiplier des raids de piraterie sur les côtes portugaises.

Durant le XIIe siècle, le nom d’Anfa revient très souvent. Anfa entre véritablement dans l’Histoire au XVe siècle, en l’an 1469, et c’est pour sa mise à sac, son incendie et sa destruction par les Portugais.

Les Portugais, en 1469, décident d’attaquer la ville avec 50 navires et 10 000 hommes. Les habitants d’Anfa, n’étant pas en mesure de défendre la ville, la désertent définitivement pour se rapatrier sur Rabat et Salé. La ville détruite, restera inhabitée pendant trois siècles.

Les corsaires d’Anfa furent attaqués en 1469 par une flotte puissante commandée par Ferdinand du Portugal.

À ce spectacle de mort, Léon l’Africain raconte qu’il ne put retenir ses larmes : rien ne restait d’une ville «très policée et prospère parce que son territoire était excellent pour toutes sortes de céréales. En vérité, c’était le plus beau site de toute l’Afrique». Mais les habitants d’Anfa armaient dans leur petit port «des fustes avec lesquels ils commettaient de grands ravages dans la presqu’île de Cadix et sur toute la côte du Portugal».

C’est pourquoi le roi de Portugal décide de se venger, et c’est ainsi que l’infant Dom Ferdinand, fort d’une flotte de cinquante vaisseaux et d’une puissante artillerie, débarque et rase Anfa. La ville, rapporte Léon l’Africain, était «dans un tel état qu’il n’y avait plus d’espoir qu’elle soit jamais habitée à nouveau». Cette prophétie, en fin de compte, ne s’est pas réalisée.

La ville subit une autre attaque portugaise en 1515. Soixante ans plus tard, les Portugais s’installèrent dans l’ancienne ville qui fut fortifiée, reconstruite et baptisée du nom de Casa Blanca. Les attaques incessantes des tribus voisines et les ravages provoquées par le terrible tremblement de terre de 1755 obligèrent les Portugais à se retirer de Casablanca.

Durant le règne de Sidi Mohammed Ben Abdellah (1757-1790) elle fut habitée par les berbères... La ville fut fortifiée et reconstruite. Elle s’appelait à cette époque Dar el Beida, nom que les Espagnols transformèrent en Casablanca.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:50

En 1770, le sultan Mohamed Ben Abdallah, qui venait de perdre la ville de Mazagan (El Jadida), décide de reconstruire cette place pour la préserver d’un débarquement Portugais. La ville est appelée "Dar El Beida" (maison blanche) ou casa blanca (en espagnol). D’emblée, le sultan la dote d’une mosquée, d’une médersa et d’un hammam.

Au XVIIIe siècle, la ville devint un important centre commercial. Au milieu du XIXe siècle, le rôle commercial, de la ville s’accrut et en 1862 un service régulier entre Marseille et le Maroc fut établi. Mais elle restera une petite bourgade jusqu’au milieu du XIXe siècle.

À partir du XIXe siècle, la ville se développe grâce à l’accroissement de l’industrie du textile, et Casablanca deviendra l’un des plus grands fournisseurs de laine du bassin méditerranéen. En 1860 la ville comptait 4 000 habitants pour 9 000 habitants à la fin des années 1880. La ville décide donc de se doter d’un port moderne, aidée par la France, détrônant ainsi Tanger comme premier port marocain dès 1906. La population sera en 1921 de 110 000 dû en grande partie aux bidonvilles.

Le conquérant Almoravide Youssef Ibn Tachfin se heurta en Tamesna (région qui s'étendait de l'Oum Rabiî au Bouregreg) à la résistance des hérétiques berbères les Berghouata. Il réussit à conquérir Anfa en 1068. Au XIIe siècle, le géographe Al-Idrissi décrit la ville comme étant un port commercial actif.

Du XIIIe siècle au XVe siècle siècle, Anfa est une ville importante, Les Almohades et Mérinides se la disputeront puis ce sera les Mérinides et les Wattassides. A la fin de cette dernière, Anfa formera une république de corsaires.

Elle fut démolie de fond en comble une première fois en 1468 à la suite d'une expédition punitive menée par les Portugais suite aux attaques incessantes de leurs navires marchands par les corsaires d'Anfa.

rois siècles d'éclipse plus tard, le sultan Sidi Mohammed Ben Abdallah qui y construisit médérsa et mosquée et la repeupla de Berbére. À la fin du XVIIIe siècle, il accorda aux Espagnols le privilège du commerce du port de la ville qu'ils renomment Casablanca, nom toujours employé aujourd'hui.

En 1794, la ville devient la résidence du gouverneur de la province de Chaouia sous le nom de Dar el-Beïda, littéralement "Maison Blanche" devenue Casablanca.

Pour renforcer sa présence et consolider sa pérennité, les français décidèrent de construire un port à la ville. Cette décision a eu pour effet de donner un nouveau souffle à la ville. À partir des années 1920, cette colline fut aménagée pour accueillir les nouveaux venus (principalement français et marocains) qui s'y firent construire de luxueuses villas comparables à celles de Los Angeles ou de Miami.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:52

La ville comptait en 1850 quelques centaines d'habitants,dont Musulmans, Israélites et Européens. La démographie de la ville augmente considérablement sous le règne de Moulay Hassan Ier 20 000 personnes. En 2004, la population du quartier d'Anfa est d'environ 150 000 hab.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 19:53

À partir des années 1950, Anfa connut un nouvel essor avec l'arrivée massive de riches fassis (habitants originaires de Fès) qui constituaient le gotha maghrébin des affaires. Depuis, la réputation d'Anfa comme le quartier le plus chic et le plus huppé du Maroc n'a cessé de croître. En effet le quartier d'Anfa représente la puissance et la réussite des familles d'origine citadine qui y prédominent largement.
Aujourd'hui, le quartier le plus chic de la capitale économique rivalise avec le prix des terrains des grandes métropoles internationales.

Le quartier abrite aussi de luxueux palais, des hôtels, mais est aussi un lieu de divertissement de par ses pubs et discothèques, ses cinémas, ses restaurants, ses clubs de loisirs, son golf, ses complexes sportifs, et de ses galeries marchandes ainsi qu'avec sa corniche émaillée de clubs et de plages privées.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 20:03

En 1943 et en pleine guerre mondiale, elle accueillit la conférence d'Anfa où le président Roosevelt et le premier ministre Churchill, reçus par le sultan Mohammed V et le prince Moulay Hassan (futur Hassan II) s'entretinrent de l'avenir de la campagne alliée en Afrique du Nord.

La Conférence d'Anfa à laquelle pris part feu Sa Majesté Mohammed V, était d'une importance capitale pour notre pays, du fait qu'elle a constitué une date importante dans sa marche vers l'indépendance.

L'hôtel d'Anfa, aujourd'hui rasé, qui se trouvait sur le plateau de la colline verte d'Anfa, fut choisi pour recevoir le président Roosevelt, le premier ministre britannique Churchill, le Général de Gaulle et le général Giraud. La commission d'armistice allemande occupa cet hôtel jusqu'au matin du 8 novembre 1942; il fut réquisitionné par l'armée américaine sitôt débarquée.
Casablanca qui avait déjà subi un bombardement allemand quinze jours avant l'ouverture de cette conférence, avait pu jouir d'une grande tranquillité tout le temps qu'elle avait durée, à la suite d'une heureuse erreur de traduction. En effet, un espion avait signalé aux Allemands, par radio, la tenue secrète de la conférence avec le nom des participants à Casablanca. Berlin avait traduit Casablanca par la Maison Blanche, aux États-Unis à Washington.

Le Président Roosevelt arriva par avion à Casablanca où l'attendait Churchill ainsi qu'un grand nombre de généraux et amiraux américains et anglais dont le Général Eisenhower, futur président des États-Unis.

Anfa fut entourée de barbelés et vidée de ses habitants. Des villas particulières où doivent loger les participants à la conférence, avaient été réquisitionnées. Les présidents Roosevelt et Winston Churchill avaient occupés respectivement les villas Dar Es-Saâda et Mirador qui se trouvent, aujourd'hui encore, face à l'emplacement de l'ancien hôtel d'Anfa. La plupart des réunions se tenaient beaucoup plus dans ces deux villas, qu'à l'hôtel d'Anfa. L'organisation et la sécurité étaient assurées par les Américains.

Les généraux de Gaulle et Giraud ainsi que leurs suites, étaient là en invités, ce qui déplut à de Gaulle qui ne manqua d'ailleurs pas de le faire remarquer à Churchill.

L'affrontement de Gaulle et de Giraud était jugé néfaste par le président Roosevelt et le premier ministre britanique Winston Churchill. C'est pour cette raison, que fut décidé par ces derniers, la rencontre des deux généraux français, dans le but de les mettre d'accord.

Tandis que le Général Giraud arrivait à Casablanca le 17 janvier 1943, de Gaulle refusait de s'y rendre, reprochant à Churchill de ne pas avoir mentionné dans son message que le président Roosevelt se trouvait également à Casablanca. À la suite d'un deuxième message de Churchill, Charles de Gaulle accepta de se rendre à Casablanca où il arriva le 22 janvier 1943. Il fut accueilli par les représentants du président Roosevelt et Churchill.

On barbouilla les glaces de la voiture où le Général avait pris place, afin de cacher sa présence à Casablanca. Le général de Gaulle avait considéré le fait d'avoir été installé dans une ville encerclée par des patrouilles américaines, comme une sorte d'outrage, d'autant plus qu'il s'agissait d'un pays sous protectorat français. c'est un pays occupé avait-il dit à Churchill, avec qui il eut le premier entretien.

Pour la petite histoire, il faut savoir qu'il fallut fabriquer à la hâte, un lit à la taille du Général de Gaulle.

Malgré de nombreux contacts, l'entente entre les deux généraux français, ne s'était pas tout à fait réalisée.

Dîner offert par le président Roosevelt en l'honneur de feu Sa Majesté le Roi Mohammed V. Elliot Roosevelt, fils du président des États-Unis, présent à cette rencontre mentionna dans son livre Mon père m'a dit, parlant de Sa Majesté:Il vint accompagné de son jeune fils, héritier présomptif et suivi de son grand Vizir et de son Chef de Protocole, tous somptueusement vêtus de soie blanche flottante, ils apportèrent des présents: deux bracelets et un haut diadème d'or pour ma mère. Mon père et le Sultan, s'entretenaient avec animation de la richesse des ressources naturelles du Maroc, et des vastes possibilités de développement qui s'offraient à ce pays. Ils prenaient, l'un et l'autre, un grand plaisir à cette conversation. Le Sultan renouant le fil de la conversation, posa la question de savoir, quelles conséquences on devait tirer du conseil de mon père en ce qui concerne le futur gouvernement français. Mon père jouant avec sa fourchette, fit observer gaiement, que la situation, surtout en matière coloniale, changerait radicalement après la guerre. Churchill toussa et à nouveau, essaya de faire prendre un autre tour à la conversation.

À Casablanca, le président Roosevelt avait montré clairement qu'il dirigeait la guerre mais qu'il prévoyait en même temps, l'après-guerre. Il disait à son fils Elliot, qu'il fallait après la guerre: faire entendre raison aux pays colonialistes, et il ajoutait: une autre guerre est à prévoir, si les Nations Unies permettraient que des millions de gens retombent dans le même semi-esclavage colonial. Churchill qui se sentait visé par les propos du Président Roosevelt, avait essayé de détourner la conversation vers un autre sujet.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 20:06

Le président Roosevelt avait reçu Sa Majesté le Roi, par deux fois, ce vendredi 22 janvier. De plus, il avait tenu à lui manifester sa reconnaissance et son admiration pour son attitude courageuse et digne lors du débarquement de Casablanca, en refusant de quitter les lieux de combat pour regagner Fès, comme le désirait expressément le général Noguès, et en demandant à celui-ci de faire cesser les combats. Le président Roosevelt et le peuple américain, avaient également apprécié la mobilisation volontaire et en masse des Marocains aux côtés des Alliés, à laquelle avait appelé Sa Majesté le Roi.

Le dîner, tenant compte strictement de tout ce que l'Islam interdit, démontrait le respect du Président américain, lui même très religieux. Étaient présents aux côtés du président Roosevelt notamment, Churchill, les généraux Nogès et Patton, Harry Hopkins, le colonel Elliot Roosevelt, le capitaine de Vaisseau John D. Mc Rea, attaché naval de la Maison Blanche, ainsi que Robert Murphy, représentant du Président, qui avait eu des contacts secrets avec Sa Majesté le Roi, avant le débarquement.

Sa Majesté le Roi était accompagné de Son Altesse Royale Moulay Hassan, âgé alors de 14 ans, qu'il avait tenu à associer à cette rencontre, dans le but de parfaire sa formation et de le préparer à assurer son devoir de futur Roi.

Le grand Vizir El Mokri et le chef du protocole Maâmri, assistaient à la réception. Comme on peut le constater, le Prince Héritier, Son Altesse Royale Moulay Hassan, a côtoyé dès son jeune âge les grands de l'époque: Roosevelt, Churchill, de Gaulle, Eisenhower, entre autres. Son Altesse Royale s'intéressa beaucoup au matériel sophistiqué de l'armée américaine. Après la rencontre entre Sa Majesté le Roi et le président Roosevelt, il était clair que les États-Unis allaient soutenir le Maroc dans la marche vers son indépendance. Si le Président Roosevelt avait été impressionné par Sa Majesté le Roi Mohammed V, vis-à-vis duquel il se montra plein d'attention, la conduite ambiguë du général Noguès qui s'opposa par les armes au débarquement des forces américaines, l'avait en revanche, déçu. Sa Majesté le Roi, avait effectivement, dissocié sa position de celle de Noguès. La Mort du président Roosevelt, quelques mois plus tard, allait priver le Maroc d'un soutien précieux dans sa lutte pour l'indépendance.
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 20:11



Franklin D. Roosevelt et le général Henri Giraud à Casablanca, janvier 1943
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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 20:19

Le cuisinier de la conférence d’Anfa : Pierre Gouveneaux


Servir des convives comme Roosevelt, Churchill et Mohammed V n’est pas chose aisée, surtout pour un jeune cuisinier. En 1943, Pierre Gouveneaux a 16 ans et il est désigné pour s’occuper de la restauration lors de la conférence d’Anfa... A 82 ans, le regard brillant de fierté et des souvenirs à la pelle, il a choisi L’Economiste Magazine pour raconter son histoire.
Enfance chaotique
Orphelin dès l’âge de deux ans, Pierre Gouveneaux a passé une enfance triste qui l’a marqué toute sa vie. Né en 1927 à Casablanca et plus précisément à Médiouna, Pierre était loin de s’imaginer quel destin l’attendait. Ses parents se sont installés au Maroc dans les années 1920 et étaient les premiers à avoir ouvert un café à Casablanca, «le Café de la poste» à Mediouna. La famille vivait bien de son commerce jusqu’au jour où le père décède suite à un accident. Le choc était terrible et la mère n’a pas tenu le coup après la mort tragique de son mari. Deux ans plus tard, elle décède et laisse ses deux enfants. N’ayant aucune famille au Maroc, les petits ont été placés à l’orphelinat d’Anfa (nom originel de la ville de Casablanca). Quelques mois après, sa sœur tombe malade et périt des suites de sa maladie. A 5 ans, Pierre est seul au monde. Il passe deux autres années à l’orphelinat avant d’être placé dans une famille d’accueil. Les Fradillon prennent bien soin du petit orphelin le traitant comme leur propre fils. Son séjour chez les Fradillon lui a permis d’obtenir son certificat des études primaires à l’école européenne mixte de Beauséjour en 1941.

L’Evènement d’Anfa
A l’âge de 14 ans, Pierre décide de quitter l’école et sa famille d’accueil et de ne compter que sur lui-même. Son enfance douloureuse l’a rendu autonome et déterminé. Il s’est mis à chercher un travail et c’est à Anfa Hôtel qu’il a trouvé refuge. «J’ai choisi un hôtel parce que je savais que j’allais être nourri et logé, chose que je n’aurais pas trouvée ailleurs», fait observer Pierre Gouveneaux. Chapeauté par Lambert, le chef cuisinier de l’hôtel, à qui il doit une fière chandelle, le jeune garçon s’est donné corps et âme pour apprendre le métier. Et de fil en aiguille, l’adolescent assimile les secrets de l’art culinaire. Et c’est en 1943, alors que Pierre n’avait que 16 ans que l’évènement de sa vie se produit. Un événement qui a non seulement marqué l’Histoire mais également l’avenir du jeune Gouveneaux. Il s’agit de la fameuse conférence d’Anfa qui s’est déroulée du 14 au 24 janvier à l’hôtel même où Pierre travaillait. Cette conférence, dont l’objectif était de préparer la stratégie des alliés après la guerre à l’égard de l’Europe, a réuni les plus grands chefs d’Etat de l’époque. Elle fut décidée par le président des États-Unis, Franklin Roosevelt, et le Premier ministre britannique, Winston Churchill, qui invitèrent à se joindre à eux, d’une part, Joseph Staline (qui déclina l’offre), et d’autre part, les généraux français Henri Giraud et Charles de Gaulle. Giraud, qui gouvernait alors, en sa qualité de «commandant en chef civil et militaire», l’Afrique du Nord et l’Afrique occidentale française, accourut sans hésitation à la demande de Roosevelt. Des décisions furent prises à cette conférence, quant à l’invasion de la Sicile, puis du reste de l’Italie, et quant à l’aide à apporter à l’URSS. Le but de cette conférence était également de réconcilier le général de Gaulle et le général Giraud.
Dix jours durant, les banquets se succèdent. Le jeune chef cuisinier raconte que cette rencontre s’est passée dans la confidentialité totale. A telle enseigne que même après la conférence, le staff est resté enfermé pendant deux jours.

La gloire à 16 ans
Aussitôt averti de l’arrivée imminente des personnalités, le patron de l’hôtel fait partir tout le personnel sans donner aucune explication, à personne. Seul Pierre est resté. On lui a octroyé la lourde tâche de cuisiner pour ces invités de marque alors qu’il commençait à peine à affûter ses armes dans le métier. Les Américains lui ont préparé un laisser-passer afin de pouvoir accéder sans encombres à l’hôtel et à la villa Mirador (aujourd’hui actuelle résidence du consul général des USA) où Roosevelt était installé.

Outre les festivités quotidiennes, le jeune cuisinier garde très fièrement en mémoire le dîner préparé par ses soins et offert par Roosevelt au Roi Mohammed V et au Prince héritier Hassan II (voir page photos).
A la fin de la rencontre, Gouveneaux a été félicité par le Souverain et son fils ainsi que Roosevelt et Churchill pour ses prestations culinaires. A telle enseigne que le général Eisenhower a même voulu l’emmener avec lui aux Etats-Unis pour qu’il devienne son cuisinier personnel. Si Pierre Gouveneaux a accepté l’offre au début, il a fini par changer d’avis sous l’influence des ragots. Il faut dire que Pierre était jeune, inexpérimenté et n’avait jamais quitté son Maroc natal. «J’étais tenté au départ, mais une des gouvernantes à l’hôtel m’a effrayé en me disant qu’il y avait la guerre. Comme j’étais jeune je l’ai cru et je me suis caché dans la cave pour fuir», confie-t-il à L’Economiste Magazine.
Toutefois, cette conférence fut la clé de la réussite et le début d’une carrière prometteuse pour Gouveneaux. Son nom est devenu synonyme de cuisine raffinée et succulente.

Une renommée nationale
Après avoir passé cinq ans à Anfa Hôtel, il décide de changer de vie et d’aller vers d’autres expériences. En 1945, il se fait embaucher à Rabat pour l’ouverture du restaurant «Tout va bien». Pendant l’inauguration, il a eu une autre proposition à l’hôtel Balima à Ifrane en tant que saisonnier. L’hôtel se trouvant à proximité du Palais royal, Pierre a eu l’occasion de rencontrer à nouveau le Prince héritier Hassan II qui appréciait énormément sa cuisine. «Le Prince venait tout le temps à l’hôtel pour déguster ma cuisine», se souvient Gouveneaux qui a même participé, à Ifrane, à la préparation de bon nombre de repas pour des cérémonies officielles. Mais en 1947, ses obligations le rattrapent. Il quitte Ifrane pour passer son service militaire. Il rejoint ainsi le régiment marocain à Marrakech. Mais sa renommée le dépasse. Le colonel qui était à la tête du régiment le reconnaît illico et lui propose de travailler pour lui. A la fin de son service après un an et demi, le colonel nomme Pierre Gouveneaux caporal et lui offre de rester à son service. Malgré les multiples avantages, Gouveneaux refuse la proposition. D’ailleurs, il n’a jamais accepté de travailler chez un particulier.

Voyages, voyages
Pierre multiplie les expériences en tant que saisonnier, certaines le menant jusqu’en France, son pays d’origine. Il avait la possibilité d’y faire carrière mais son amour pour le Maroc l’en a toujours empêché. «J’ai fait plusieurs saisons avec des confrères marocains qui sont d’ailleurs restés en France. Malgré le fait que je sois Français d’origine, dans mon esprit j’étais Marocain et je ne m’imaginais pas vivre ailleurs qu’au Maroc», affirme-t-il. Au début des années 1950, Pierre pose ses valises à Fès où il assure la gestion du restaurant du Grand Hôtel. Cette ville occupe une place particulière dans son coeur, car c’est là où il a fait la connaissance de Suzanne Calabuig devenue son épouse en janvier 1955. Il fonde alors sa propre famille mais garde un rythme de vie trépidant.

L’OCP, le tournant
Son savoir-faire et sa notoriété lui permettent d’accéder à l’OCP en 1960 en qualité d’agent chargé de la gérance du club des ingénieurs à Khouribga. «Quand j’ai été recruté, il était prévu que je reste au siège de l’OCP. Et vu l’importance du site de Khouribga, le directeur général a préféré me muter pour que les invités soient mieux servis», ajoute-t-il. En effet, ce complexe représentait le cœur de la production du phosphate. La ville a accueilli de grandes personnalités, telles que l’actuelle Reine des Belges, Paola épouse de Albert II (voir photo) et pour chaque visite les banquets étaient préparés par Gouveneaux. Un autre événement a marqué sa carrière, il s’agit de l’inauguration du complexe de phosphate à Safi par le Souverain où il a «reçu» environ 3.000 convives. Pour lui, cette réception représente sa plus grande fierté et les dizaines d’années qu’il a passées à l’OCP lui ont permis d’affirmer ses compétences.

L’époque Lamrani
Dix ans plus tard, début 1970, Gouveneaux retente l’expérience de gestion en acceptant l’offre de Mohamed Karim Lamrani (alors Premier ministre) de s’occuper des restaurants de General Tire. En 1987, à 60 ans pile, il prend une retraite bien méritée, mais continue tout de même à offrir ses prestations pour des particuliers, pas n’importe lesquels. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Pierre Gouveneaux, très apprécié par le personnel de General Tire se voit presque «contraint» de retourner travailler dans l’entreprise. En effet, de nombreuses grèves du personnel, revendiquant son retour, le persuadent de revenir. Il «remet» ça pour huit autres années avant de se retirer définitivement.

Retraite
Depuis 1995, Pierre vit au bord de la mer. Il s’est installé dans un de ses nombreux cabanons, à Mohammédia (plage David). Il avait acheté des cabanons dans les années 50 et vit actuellement des rentes que lui rapportent les locations. Faire la cuisine n’est devenue pour lui qu’un simple loisir, il prépare à manger seulement pour lui et pour ses invités.
Même si sa vie a été pour le moins mouvementée, Pierre a tout de même eu le temps de construire sa petite famille. Avec Suzanne, il a eu deux garçons. Il menait un rythme de vie assez «speed», il finissait à des heures tardives. «C’est un métier qui demande beaucoup de temps et ce n’est pas évident de mener une vie de famille en bonne et due forme», conclut-il. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle sa femme l’a quitté pour partir en France. Par contre ses deux enfants sont restés avec lui et l’un d’eux a même suivi la voie paternelle. Il a fait ses études à Glion en Suisse, une des meilleures écoles hôtelières. Dès son retour au Maroc, il a rejoint le restaurant «Le Cabestan», y a passé quelque mois et a décidé de changer de métier pour sa famille. Pour ne pas recommencer la même histoire.


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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 20:27



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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 20:35

Combat de Sidi Messaoud, dit de Sidi Brahim, du 19 octobre 1907.Au cours du combat qualifié d'héroïque par la presse coloniale, de nombreux soldats ont eu maille à partir avec les Marocains.Le 19 octobre 1907 eut lieu un engagement très sérieux, les rapports du général Drude considèrent que la journée a été héroïque pour sa cavalerie. Tous les soldats et officiers sont d'après lui dignes d'être cités pour leurs faits d'armes.L'intervention française au Maroc est provoqué par les massacres d'européens à Casablanca, le 30/7/1907. Investie par les puissances coloniales de la prééminance au Maroc depuis la conférence d'Algésiras, la France est chargée de rétablir l'ordre. Son intervention se déroule en 3 phases : * Le 2/8/1907, le général Drude est envoyé à la tête d'une force de 3000 hommes (3bn d'infanterie, 1,5 escadrons de chasseurs d'Afrique, 1 section de mitrailleurses, 2 batteries d'artillerie). Après un débarquement de force à Casablanca, les troupes en organisent la défense, mais restent trop peu nombreuses pour aller au delà de quelques reconnaissances le long du littoral. Après avoir reçu des renforts qui portent ses forces à 6000 hommes en septembre, il prend le poste de Mediouna. * En janvier 1908, le général d'Amade relève Drude et arrive à la tête d'autres renforts (3 bns d'infanterie, 4 escadrons de cavalerie et une batterie de 75). Ces nouvelles troupes permettent d'organiser des colonnes mobiles qui au premier trimestre 1908 ont quelques engagements sérieux contre les troupes marocaines soulevées, mais sans succès probant * En Mars, le gouvernement décide de renforcer significativement les troupes par l'envoi de 3 nouveaux bataillons venus d'Algérie et de deux bataillons sénégalais. Les forces sont ainsi portées à 14.000 hommes. Ce nouveau contingent permet au corps expéditionnaire d'occuper les postes en territoire ennemis pour mieux pacifier la région.


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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 20:41



Nommé général de brigade le 27 mars 1907, il est affecté quelques temps à l'état-major général de l'armée, avant de rejoindre le Maroc.C'est à cette période que le général d'Amade commence à être connu. Sa mission au Maroc est délicate. Il a en effet la charge de pacifier la province de la Chaouïa. Si à la fin de l'année 1907, après les troubles de juillet et août, la ville de Casablanca et ses abords immédiats sont sécurisés et surveillés par les troupes du général Drude, le reste de la Chaouïa est encore très instable. Les postes français y sont fréquemment attaqués. La présence française est loin d'y être totalement assurée. D'Amade est donc chargé d'expulser de la région les forces dissidentes qui s'y trouvent encore. Celles-ci sont surtout concentrées autour de deux principaux centres de rébellion : Settat et M'Dakra.À la tête de la colonne du littoral, il met son principe en application. Il remporte ainsi ses premiers succès entre le 2 et le 6 février 1908. Le 2 février, sa victoire de Dar-Kseibat lui ouvre la voie de Settat, dont il s'empare quelques jours plus tard. Cette action lui permet de soumettre les Oulad-Saïd. Se retournant ensuite contre les M'Dakra, il les combat entre le 18 et le 29 février, puis exerce contre eux de violentes répressions (entre le 8 et le 15 mars, puis du 11 au 16 mai). Cette campagne pour le moins vigoureuse aboutit à la soumission de ses adversaires.Mais en marge de son action militaire à outrance, le général d'Amade ne néglige ni la logistique, ni l'aménagement du terrain. Dans les régions pacifiées, il fait installer des lignes téléphoniques qu'il jalonne de gîtes d'étapes et de magasins divers. Dans cette deuxième phase de sa mission, il fait preuve d'une grande activité et d'une incontestable efficacité. Après avoir été pacificateur, il se fait administrateur. Il organise ainsi les camps militaires de la région de Casablanca et se soucie du développement économique de la ville, dont il assure le rétablissement rapide des activités portuaires. En outre, il met sur pied un système d'impôt fondé à la fois sur des taxes sur les marchés et sur les deux impôts coraniques que sont l'Achour et le Zekkat (le premier frappe les productions du sol et le second porte sur le capital en animaux domestiques). Il impose également le versement d'une indemnité de 2.500.000 francs, divisée en trois tranches recouvrables en 1909, 1910 et 1911.Dans le domaine militaire, d'Amade doit être considéré comme l'initiateur des goums marocains, dont l'avenir devait prouver les grandes qualités guerrières. C'est lui en effet qui organise ces troupes indigènes ayant pour mission de suppléer les troupes françaises en campagne au Maroc, puis de les remplacer peu à peu dans certaines missions.Après une quinzaine de mois de présence, il quitte le Maroc le 22 février 1909.


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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 20:50

General Gouraud

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 20:52

Henri Joseph Eugène Gouraud (1867-1946) est un général français qui s’illustra aux colonies (Soudan français (actuel Mali), Mauritanie, Tchad, Maroc).En 1907, il est promu colonel et commissaire du Gouvernement général en Mauritanie, et mène, à son initiative, une grande campagne contre des guerriers qui lancent des razzias. Par sa campagne de Mauritanie, il assure au moins partiellement la sécurité des transports entre le Maroc et la Mauritanie. Il participe ainsi au grand projet colonial français de constitution d'un vaste empire français en Afrique de l'Ouest. Après avoir suivi les cours du centre des Hautes études militaires, le colonel Gouraud part en 1911 au Maroc. Il mène des combats victorieux qui lui valent de recevoir les étoiles de général de brigade. Il est alors chargé du commandement de la région de Fez. Il est nommé en 1914 au commandement des troupes du Maroc occidental.

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MessageSujet: Re: HISTOIRE DE LA COLLINE D'ANFA   Lun 18 Oct 2010 - 21:02

Louis Hubert Gonzalve Lyautey (17 novembre 1854 à Nancy - 27 juillet 1934 à Thorey) est un militaire français, officier pendant les guerres coloniales, résident général au Protectorat français du Maroc en 1912, ministre de la Guerre lors de la Première Guerre mondiale, puis maréchal de France en 1921.Au Maroc, il fut chargé en mars 1907 d'occuper Oujda, en représailles de l'assassinat à Casablanca du docteur Mauchamp; il réprima ensuite le soulèvement dans la région des Béni-Snassen en novembre 1907, et fut nommé haut-commissaire du gouvernement pour la zone marocaine occupée dans la région d'Oujda.En mars 1912, la convention de Fès établit le protectorat français sur le Maroc, dont Lyautey fut le premier résident général. Il entreprit la « pacification » du Maroc, malgré le début de la Première Guerre mondiale.C'est en tant que résident général qu'il laissera une trace profonde dans la société et l'urbanisme marocain. Attaché à la culture locale comme l'écrivaine Isabelle Eberhardt dont il fut proche, il édicta plusieurs lois visant notamment à protéger les centres anciens des grandes villes (les villes coloniales seront construites à la périphérie des médinas) ou à établir des règles strictes laissant aux Marocains des espaces de liberté (interdiction pour les non-musulmans de pénétrer dans les mosquées).Pendant la Première Guerre mondiale, Lyautey fut ministre de la Guerre dans le gouvernement d'Aristide Briand, entre décembre 1916 et mars 1917.Il retourna ensuite au Maroc, et fut fait maréchal de France en 1921. Mais, sous le gouvernement de Paul Painlevé, il se vit retirer le commandement des troupes engagées contre la rébellion d’Abd-el-Krim qui fut confié à Philippe Pétain. Lyautey démissionna et rentra définitivement en France en 1925. Dans ce contexte [colonialisme, occupation], et lors de son passage au Maroc, il avait affirmé que « la France se doit d'être une grande puissance musulmane ».« Au fond, si j'ai réussi au Maroc, dans la tâche que le gouvernement de la République m'avait confiée là-bas, c'est pour les raisons mêmes qui me rendaient inutilisable en France.J'ai réussi au Maroc parce que je suis monarchiste et que je m'y suis trouvé en pays monarchique. Il y avait le Sultan, dont je n'ai jamais cessé de respecter et de soutenir l'autorité. J'étais religieux, et le Maroc est un pays religieux. Je crois qu'il n'y a pas de vie nationale possible et prospère, et naturelle, qui ne fasse sa place au sentiment religieux, aux disciplines religieuses .Je crois à la bienfaisance, à la nécessité d'une vie sociale hiérarchisée. Je suis pour l'aristocratie, pour le gouvernement des meilleurs. J'ai vu qu'il y avait des écoles où allaient les enfants de telles classes, d'autres écoles où allaient des enfants d'autres milieux et qui ne se mélangeaient pas.J'ai respecté tout cela, à la fois parce que cette soumission au fait fortifiait ma propre politique et parce que mes propres convictions m'en montraient la légitimité et la noblesse. Mais tout cela m'eût été impossible en France. Et c'est pour cela que je n'aurais peut-être pas réussi à Strasbourg. »Actuellement, le lycée Lyautey de Casablanca est l'un des plus grands lycées français de l'étranger. Le portrait du maréchal Lyautey qui orne l'établissement a été réalisé dans les années 1990, sur une proposition de la direction, ce qui a soulevé un débat parmi les élèves quant au regard à porter sur l'œuvre et les responsabilités du maréchal Lyautey. À la même période, un drapeau français, accroché par la direction sans le drapeau marocain, a été retiré par des élèves. Depuis l'indépendance du pays, le lycée Lyautey est ouvert aux filles.

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HISTOIRE DES JUIFS DU MAROC PAR SOLY ANIDJAR :: MAROC :: VOYAGE A TRAVERS LES RUES DE CASABLANCA-
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