MAROC PAYS QUI M'A VU NAITRE PAR SOLY ANIDJAR

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 L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY

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Soly Anidjar
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MessageSujet: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 17 Mai 2007 - 20:42





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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 17 Mai 2007 - 22:02





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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 17 Mai 2007 - 22:04





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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 17 Mai 2007 - 22:07





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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 17 Mai 2007 - 22:14

Louis Hubert Gonzalve Lyautey (17 novembre 1854 à Nancy - 27 juillet 1934 à Thorey) est un militaire français, officier pendant les guerres coloniales, ministre de la guerre lors de la Première Guerre mondiale, puis maréchal de France. Il était académicien.

Issu d'une famille de militaires franc-comtois (commune de Vellefaux), il eut son enfance marquée par une chute à l'âge de deux ans d'un balcon au premier étage. Il fut alors soigné par le chirugien Velpeau[1] mais dut porter un corset pendant dix ans l'obligeant à rester alité longtemps. Il lut beaucoup. Il entra à Saint-Cyr en 1873 puis fut envoyé en Algérie pendant deux ans en tant qu'officier de cavalerie de 1880 à 1882 où il découvrit la société musulmane. Il ne fit jamais mystère de ses opinions royalistes.

Il servit en Indochine de 1894 à 1897, d'abord à l'état-major du corps d'occupation à Hanoï (Tonkin), puis en qualité de chef du bureau militaire du gouverneur général Armand Rousseau. Ce fut au Tonkin qu'il rencontra Gallieni qu'il devait rejoindre à Madagascar où il servit de 1897 à 1902.

Il devint colonel en 1900, général de brigade en 1903, général de division en 1907.

Au Maroc, il fut chargé en mars 1907 d'occuper Oujda, en représailles de l'assassinat à Casablanca du docteur Mauchamps ; il réprima ensuite le soulèvement dans la région des Béni-Snassen (novembre 1907) et fut nommé haut-commissaire du gouvernement pour la zone marocaine occupée dans la région d'Oujda.

La convention de Fès (mars 1912) établit le protectorat français sur le Maroc, dont Lyautey fut le premier commissaire-résident général. Il entreprit la « pacification » du Maroc, malgré le début de la Première Guerre mondiale.

C'est en tant que résident général qu'il laissera une trace profonde dans la société et l'urbanisme marocain. Attaché à la culture locale comme sa collaboratrice Isabelle Eberhardt, il édicta plusieurs lois visant notamment à protéger les centres anciens des grandes villes (les villes coloniales seront construites à la périphérie des médinas) ou à établir des règles strictes laissant aux Marocains des espaces de liberté (interdiction pour le non-musulmans de pénétrer dans les mosquées).

Pendant la Première Guerre mondiale, Lyautey fut ministre de la Guerre dans le gouvernement d'Aristide Briand, entre décembre 1916 et mars 1917.

Il retourna ensuite au Maroc, et fut fait, en 1921, maréchal de France. Mais, sous le gouvernement de Paul Painlevé, il se vit retirer le commandement des troupes engagées contre la rébellion d’Abd-el-Krim qui fut confié à Philippe Pétain. Lyautey démissionna et rentra définitivement en France, en 1925.

Il fut chargé d'organiser l’Exposition coloniale de 1931. Il mourut le 27 juillet 1934 dans son château de Thorey. Il fut inhumé à Rabat mais ses cendres furent ramenées en France pour être déposées aux Invalides en 1961.

Lors de son passage au Maroc, il avait affirmé que "la France se doit d'être une grande puissance musulmane". Il avait également écrit, dans la préface à la traduction française du Mein Kampf de Hitler : "Tout Français doit lire ce livre."

Actuellement, le Lycée Lyautey de Casablanca est l'un des plus grands lycées français hors de France. Le portrait de Lyautey ornant l'établissement a été réalisé dans les années 1990, sur une proposition de la Direction, ce qui a soulevé un débat parmi les élèves, quand au regard à porter sur l'oeuvre et les responsabilités du Maréchal Lyautey. A la même période, un drapeau français accroché par la direction sans le drapeau marocain a été retiré par des élèves. Le lycée Lyautey est ouvert aux filles à l'indépendance.

Il fut brillamment élu (avec 27 voix) à l'Académie française en 1912 au fauteuil 14, accueilli par l'historien moderniste Louis Duchesne qui écrivit son discours de réception.

Il fut élevé à la dignité de maréchal de France en 1921.



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 17 Mai 2007 - 22:16

Louis Hubert Gonzalve Lyautey naît le 17 novembre 1854, à Nancy, au 10 de la rue Girardet, dans un bel hôtel particulier voisin de la place Stanislas, où résident ses parents. Son père, Just Lyautey, ingénieur des Ponts et Chaussée, à l’époque chargé de construire un secteur du canal de la Marne au Rhin, est issu d’une famille de la grande bourgeoisie franc-comtoise. L’année précédente, il s’est uni à Laurence de Grimoult de Villemotte, descendante d’une lignée dont les origines normandes sont attestées depuis le XIème siècle, anoblie à la veille de la Révolution. Au mois de mai 1856, lors d’une cérémonie militaire en l’honneur du baptême du Prince impérial, le nourrisson est victime d’une chute. Il tombe du premier étage du domicile familial et survit miraculeusement. Plus tard, l’enfant se plaint de douleurs dorsales. Atteint à la colonne vertébrale, on décide de l’opérer. Avec succès. Hubert Lyautey demeurera cependant deux années alité, de 1859 à 1861. Toute son enfance sera faite de soins maternels et d’isolement.

Jusqu’à l’âge de dix ans, son éducation est confiée à mademoiselle Slavinska, une institutrice. En 1864 enfin, il est inscrit au Lycée de Nancy. Bientôt, devant la persistance de ses douleurs lombaires, ses parents renoncent à le scolariser et lui donnent un répétiteur. Formé aux idées politiques et religieuses de sa famille (royaliste et catholique), le jeune Lyautey est avide de lectures, celles qui content les exploits militaires du passé, qui mêlent également géographie et voyages d’exploration. Une sœur, Blanche, naît en 1867. Hubert peut bientôt retrouver ses camarades au Lycée, pour peu de temps néanmoins puisque les Lyautey, suite à une promotion obtenu par Just, doivent s’installer à Dijon, dans la vieille ville, dans l’hôtel de Broin. Au Lycée de la ville, le jeune homme crée un bataillon, animé par un journal, Le Courier de l’Armée, alors que les forces françaises, qui doivent lutter contre les troupes prussiennes sont battues à Sedan.

Bachelier au mois de juillet 1872, Hubert Lyautey gagne ensuite Versailles, toujours pour suivre la carrière professionnelle de son père. Celui-ci, caressant l’espoir que son fils suive ses traces, l’inscrit à l’école Sainte-Geneviève, où l’adolescent doit préparer son entrée à l’École Polytechnique. Indécis quant à son avenir, il est également reçu à Saint-Cyr, qui accueille à l’époque nombre de jeunes gens d’illustres familles, avides d’une carrière militaire et de revanche face à l’ennemi allemand. Le jeune homme étouffe cependant dans le cadre strict de la vie de caserne, avant qu’il ne fasse la rencontre du capitaine Albert de Mun. Ce dernier le fait entrer au sein du Cercle catholique de Montmartre, qu’anime la pensée du sociologue Frédéric Le Play. Il s’agit ainsi pour ces fils de famille « d’aller au peuple ».

Classé 29ème sur 281 à sa sortie de Saint-Cyr en 1885, Hubert Lyautey est admis à l’école d’État-major, où l’on forme les futurs cadres de l’armée française. Les cours et débats qui traitent de tactique et de technique militaire décuplent son ennui. A tel point que le futur officier s’inscrit également aux cours de la faculté de droit. Lui manque aussi le contact humain, celui du commandement et de l’homme de troupe. Aussi décide t-il à deux reprises d’entreprendre une retraite hivernale au monastère alpin de la Grande Chartreuse. , Il est nommé lieutenant le 31 décembre 1877, après avoir été reçu 10ème sur 24 au brevet d'état-major. Alors qu'il bénéficie d’un congé de deux mois, son ami et camarade de promotion Prosper Keller lui propose de voyager en sa compagnie à travers l’Algérie. Cette découverte des grandes étendues africaines, ce style de vie le marquera à jamais.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 17 Mai 2007 - 22:17

A son retour, le jeune officier rejoint son régiment, le 20ème Chasseurs à Cheval, dans sa garnison de Rambouillet, avant d’être muté à Châteaudun, après avoir accomplit son stage de cavalerie. Plus près des siens, Lyautey y passera deux années, avant de demander un congé pour raison de santé. Le 1er août 1880 il est à Sézanne, affecté au 2ème Hussard. Puis c'est l'Algérie, à Orléansville. Fort peu enclin à cultiver les amitiés dans cette garnison sans relief, Lyautey apprend l’arabe et fréquente le désert et ses populations. L’année suivante cependant, le général Baudin l’appelle auprès de lui à Alger, en tant que chef d’état-major de la subdivision et de la place. Ce travail de logisticien (ses fonctions consistent à organiser les embarquements des troupes françaises de retour en métropole), l’occupe sans le passionner, lui qui rêve de s’enfoncer dans les grandes étendues de l’intérieur algérien. Lyautey retrouve ces régions au mois de mai 1882, quand son escadron gagne Miliana. Lui, part encore plus avant vers le sud, au poste avancé de Teniet-el-Haad. Quelques mois plus tard, promu capitaine au choix (à moins de vingt-huit ans donc), Lyautey est à Bruyères, en plein cœur des Vosges, avec le 4ème Chasseurs. Un congé lui permet d’entreprendre un « voyage d’étude » à Rome. Après une entrevue à Goritz, en Autriche, avec le comte de Chambord, prétendant au trône, l’officier est reçu par le pape Léon XIII.

De retour en France, en manœuvre avec son régiment au camp de Chalons, le capitaine Lyautey se fait remarquer du général L’Hotte, inspecteur de la cavalerie, qui le choisit comme aide de camp. Pendant les quatre années qui suivent, il suit son nouveau chef dans ses tournées d’inspection. A Commercy, puis à Tours, c’est l’occasion pour lui, au delà d’une vie faite de mondanité et d’un travail harassant, de se familiariser avec la tactique militaire, alors en plein renouvellement, d’étendre également ses connaissances du milieu militaire, en visitant les garnisons, en prenant contact avec tel ou tel chef de corps. Au mois de mai 1886, il s’installe cette fois-ci à Paris, son supérieur étant désigné pour succéder au général de Galliffet à la tête du Comité de cavalerie. Lyautey qui, pourtant, regrette son entrée à Polytechnique et sa vie passée dans les couloirs feutrés des états-majors, commence à susciter les jalousies. Il quitte ses fonctions d’officier d’ordonnance pour être nommé le 19 novembre 1887 capitaine-commandant au 4ème Chasseurs à Cheval, à Saint-Germain-en-Laye. Au cours de ces dernières années, Hubert Lyautey a laissé mûrir ses convictions. Si sur le plan spirituel, il s’est laissé gagner au scepticisme, ses ambitions ont mûri. Être du monde, voilà un objectif en soi, car ce statut permet l’indépendance d’esprit et d’attitude à laquelle aspire l’esthète qu’il est devenu.

Dans la capitale, le capitaine Lyautey fréquente à présent la haute société, et ses salons réputés. Il se lie avec le tout-Paris littéraire et artistique. Auprès du colonel Donop, le jeune officier est enfin à la tête d’une troupe, un escadron. Se souciant du confort des soldats, il crée un foyer, une pièce de réunion et de lecture à leur disposition. A ses subordonnés, il impose d’être au contact des hommes, de les connaître. Cette entreprise de régénération de la vie militaire reste confinée à l’intérieur du cadre du régiment, au moment pourtant où elle apparaît comme étant indispensable dans l'ensemble de l'armée. Réapparaît en effet à cette époque un certain anti-militarisme de littérature, qui se nourrit notamment de l’expérience du service militaire qu’ont connue les auteurs. Citons entre autres Le Cavalier Miserey, ce récit de la déchéance morale d’un homme dont la cause directe est la vie abrutissante qui est la sienne en caserne. « L’Arche sainte », « l’instrument de la Revanche » ne fait donc plus l’unanimité chez les Français, alors que se profile à l’horizon le spectre de l’Affaire.

Sous la demande d’Hubert-Melchior de Vogue, un critique littéraire de talent, Hubert Lyautey fait paraître dans la Revue des Deux Mondes un article écrit de sa main, mais non signé (car l’officier est en activité de service), au titre évocateur : « Du rôle social de l’officier dans le service militaire universel ». Publié dans le numéro du 15 mars 1891, ce texte fait grand bruit, car il prône l’action sociale dans l’armée. Au delà d’une formation purement militaire, Lyautey recommande, suivant son propre exemple, une action éducatrice au sein de la caserne et à destination de la jeunesse française, appelée à faire partie de la communauté des citoyens. Si la presse est élogieuse, il faudra cependant attendre le siècle suivant et les initiatives du général André, pour voir les recommandations du capitaine de cavalerie mises en pratique. On reconnaît bientôt sa plume et Lyautey est convoqué dans le bureau du ministre de la Guerre, Charles Freycinet. Celui-ci le réprimande sévèrement. Les éloges d’Albert de Mun le touchent davantage. Il reçoit également un courrier abondant, ainsi que des fonds substantiels qui permettent d’équiper les bibliothèques des régiments demandeurs. Le voilà promu conférencier, multipliant également les réunions au sein des milieux intellectuels parisiens.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 17 Mai 2007 - 22:18

La battage fait autour de cet article fondateur, la grande visibilité de l’officier ne nuiront pas à sa carrière. Nommé chef d'escadrons au printemps 1893, il est affecté au 12ème Hussards, à Gray, en Haute-Saône. Avant de rejoindre son régiment, Lyautey tire profit d’un congé de trois mois pour effectuer un voyage en Orient, après dix années passées en France. Quelques mois après son retour et sur la demande du général Jacquemin, il rejoint l’état-major de la 7e division de cavalerie à Meaux, puis l’état-major des troupes du Tonkin. Le voici satisfait. Il avait en effet adressé à ses supérieurs une demande d’affectation en Indochine. A Hanoi, au mois de novembre 1894, Lyautey occupe les fonctions de chef du 2ème bureau de l’état-major et a donc autorité sur les quatre provinces du Tonkin. Celles-ci à l’époque sont infestées de bandes de pirates chinois, avec qui lesquelles gouvernement français est en négociations.

Lors des cérémonies d‘inauguration du chemin de fer de Langson, il fait la connaissance de l’illustre colonel Gallieni. L’amitié naît entre les deux hommes, qui s’estiment mutuellement. Ensemble, ils effectuent au début de l’année 1895 une tournée d’inspection du Haut-Tonkin. A son retour, Hubert Lyautey se voit confiée mission d’importance. A la tête d’une colonne de 4.000 hommes et toujours aux côtés de Gallieni, il doit réduire Ké-Tuong, la place forte du chef pirate Baky. Le succès de l’entreprise lui permet de recevoir la Légion d’Honneur le 1er janvier 1896. De juillet à décembre 1895, Lyautey assume ensuite les fonctions de chef d’état-major par intérim des forces d’occupation en Indochine, avant d’occuper le poste de chef du bureau militaire du gouverneur Rousseau. Ceci l’oblige à de fréquents voyages aux cotés de ce dernier à travers l’Annam, le Siam et le Cambodge. Entre temps, il est de nouveau sollicité pour une campagne de pacification, dans la région de Ha-Giang cette fois-ci. C’est d’ailleurs ce type d’action, mêlant occupation et administration, et non les vastes opérations militaires et répressives sans grand résultat, qu’il défend auprès du ministre des Colonies André Lebon, avant d’être appelé à Madagascar auprès de Gallieni, devenu général.

Hubert Lyautey débarque à Tamatave, le 7 mars 1897. A cette époque, alors que la France tente d’imposer son protectorat sur les populations de l’île, celle-ci est dans une situation de complète anarchie. L’officier, promu lieutenant-colonel, le 7 septembre suivant, se voit confier au cours des deux années qui suivent l’ouest de Madagascar, qu’il parvient à pacifier. Son commandement est aussi fait de tentatives de modernisation de l’île grâce à des constructions de routes (celle de Majunga notamment) ou des essais de plantation dans les zones marécageuses. A partir du mois de mai 1899 il obtient un congé, pendant lequel il est nommé colonel, le 6 février 1899. Il a quarante-cinq ans. A Paris, quelques mois plus tard, il prononce une conférence sur la pacification en cours au Tonkin et à Madagascar devant les très influents membres de l’Union Coloniale. Le texte de son discours sera publié dans la Revue des Deux Mondes avec cette fois-ci l’autorisation de son ministre de tutelle, le général de Gallifet, sous le titre de « Du Rôle colonial de l’Armée ». Celle-ci se voit de nouveau attribuer un rôle social par l’orateur, puisqu’il s’agit rien moins que d’entreprendre une transformation complète des structures de la société indigène et des pays sous autorité française.

Au printemps 1900, le colonel Lyautey est de retour à Madagascar. Pour la deuxième fois, il va se trouver éloigné de la France au moment où l’armée est au cœur d’une crise politique qui divise l’opinion. Après l’Affaire Dreyfus, celle des fiches. Lyautey reçoit cette fois-ci la responsabilité du sud de Madagascar, une région non encore occupée. De Fianarantsoa, siège de son gouvernement, il prépare une expédition militaire vers les zones forestières à pacifier. Là, il doit adapter les directives qui lui sont données et composer avec les populations rencontrées, leurs organisations et leurs mœurs. S’appuyant ainsi sur les groupes ethniques qui sont attachés à un territoire, il leur impose son autorité, oubliant le verbiage administratif et diplomatique. Le 1er janvier 1902, fort de la soumission des principaux chefs, il décide d’imposer un désarmement complet dans cette région de Madagascar. Au mois de juillet suivant, Hubert Lyautey est de retour en France. Avant son départ, il laisse quelques consignes au général Gallieni, qu’il quitte après sept années de fructueuses collaborations, demandant notamment à ce dernier d’adapter la législation française au degré d’occidentalisation des habitants de Madagascar.



Suivant les conseils du général de Galliffet, Lyautey accepte le commandement du 14ème Hussards, basé à Alençon. Il lui faut en effet reprendre goût au commandement en métropole, celui de « ces 800 sabres qui ne sabreront jamais rien ». L’horizon de l’armée lui apparaît désormais comme étant bien étroit. Il se consacre alors à la rédaction d’un gros volume, que publie Lavauzelle au mois de mai 1903, Dans le Sud de Madagascar : Pénétration militaire, Situation politique et économique. Peu de temps plus tard, il est nommé en Algérie, commandant de la subdivision d’Ain-Sefra, dans le sud Oranais. Dans cette région frontalière d’avec le Maroc, la situation s’est dégradée pour l’occupant français. Des convois ont été attaqué, ainsi que le poste de Taghit. Les populations sont en ébullition, sans que l’on sache comment ramener le calme. Le colonel Lyautey, à qui l’on donne les étoiles de général de brigade, apparaît alors comme l’homme de la situation. L’accueil qu’il reçoit de ses supérieurs est des plus froids, à la différence de celui que lui réserve le gouverneur général Jonnart. Lyautey a en effet demandé au ministère une complète liberté de manœuvre.

Davantage qu’avec son ministère de tutelle, c’est avec Théophile Delcassé, le ministre des Affaires étrangères qu’il a à lutter. Celui-ci voit en effet d’un mauvais œil l’arrivée dans cette région sensible de ce militaire à la trop forte personnalité, alors qu’il est en train de négocier la conclusion et la reconnaissance d’un nouveau protectorat français en Afrique du Nord, celui sur le Maroc. Pourtant leurs deux démarches, pour être différentes, n’en sont pas moins complémentaires. Le général Lyautey s’attache en effet à assurer la sécurité des routes commerciales en établissant une ligne de postes militaires, celui de Berguent notamment, en levant des goums (des troupes auxiliaires d’origine indigène) comme le lui autorisent les conventions de 1903 conclues avec le sultan du Maroc Abd-el-Aziz. Cette pacification militaire, faite de la multiplication des contacts avec les chefs de tribus, s’accompagne de projets civils, comme la construction d’un ligne de chemin de fer entre Beni-Ounif et Colomb-Béchar ou la création de lieux de marché dans les oasis. Au cours de ces mois d’activité et de voyage à travers le sud Oranais, Hubert Lyautey retrouve le père Charles de Foucault, ancien chasseur à cheval devenu ermite.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 17 Mai 2007 - 22:19

Au mois d’octobre 1906, un opposant de l’expansion coloniale, Georges Clemenceau, est appelé à la présidence du Conseil. Il ne peut cependant revenir sur le mouvement engagé par la France de la Troisième République depuis trois décennies. Au Maroc où s’achève la conférence internationale d’Algerisas, les Français sont désormais placés sous la surveillance des autres grandes puissances européennes, de l’Allemagne de l’empereur Guillaume II notamment. Malgré l’opposition de son ministre de tutelle, le général Picquart, qui lui est hostile, le général Lyautey obtient le commandement par intérim de la division d’Oran, autrement dit de toutes la région frontalière avec l’Algérie. Il quitte donc son quartier général d’Ain-Sefra et gagne Oran et le Château-Neuf, qui sera sa résidence pendant les trois années qui suivent. Nommé divisionnaire, il foule pour la première fois le sol marocain et va à Rabat avec Regnault, ministre de France à Tanger pour une mission diplomatique. Le gouvernement s’est en effet décidé à agir devant la multiplication des incidents au Maroc, que l’anarchie menace, et des exactions commises sur les ressortissants français. Après une première intervention contre la tribu des Beni-Snassen, Lyautey est convoqué à Paris par Georges Clemenceau au mois de février 1908. Ayant convaincu le président du Conseil qui souhaitait auparavant le muter à Perpignan, l’officier général est envoyé en inspection à Casablanca, auprès du général d’Amade, son ami et camarade de Saint-Cyr. Ayant séduit le Tigre par sa vue claire des événements marocains, Lyautey apparaît de plus en plus comme l’homme de la situation, qu’il considère néanmoins comme un « bourbier ».

Mais l’inaction des autorités française le désespère. A tel point qu’il songe à demander son retour en métropole et une affectation dans sa Lorraine natale. D’autant que son esprit aventureux est à présent occupé à d’autres horizons, ceux des sentiments cette fois-ci. Sur le bateau qui le ramène de Casablanca à Oran, Hubert Lyautey a fait la connaissance d’Inès Fortoul, veuve du colonel Fortoul et mère de deux enfants. S’étant revus à plusieurs reprises (elle dirigea une équipe d’infirmières de la Croix-Rouge en Afrique du Nord), ils décident bientôt de se marier. La cérémonie a lieu au mois d’octobre 1909, en l’église Sainte-Clotilde, à Paris. Inès désormais accompagnera l’officier dans son existence quotidienne, à Oran comme lors de ses chevauchées à travers le désert saharien. Après le décès de son ami Vogue, il est enfin rappelé en métropole, non sans avoir auparavant réussi à mettre la main sur les rives du fleuve Moulouya, à 350 kilomètres à l’ouest d’Ain-Sefra. Après avoir pris quelques repos à Vichy au cours de l’été, le général Lyautey, qui s’est vu confier le commandement de la division de Rennes, fait son entrée dans la ville le 2 janvier 1911. Restant au fait des événements parisiens, l’instabilité ministérielle des années qui suivent le rend amer, d’autant plus que le 30 mars 1912, par le traité de Fez, le gouvernement Poincaré conclu enfin un protectorat avec le Maroc, ce qui déclenche l’insurrection d’une partie de la population. Lyautey, lui, regarde à présent à l’est, convoitant un commandement militaire en Loraine où la guerre qui ne manquera pas d’éclater contre l’Allemagne voisine (il en est convaincu) portera bientôt les combats. Cependant, il est de nouveau sollicité en Afrique du Nord. Suivant les vœux d’Alexandre Millerand, nouveau ministre de la Guerre (dont le chef de cabinet n’est autre que le fils de son ami Armand Rousseau, l’ancien gouverneur d’Indochine), le général Lyautey devient le premier Résident général au Maroc.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 17 Mai 2007 - 22:19

Arrivé à Casablanca le 13 mai 1912, Lyautey, qui s’est attaché les services du colonel Gouraud, est contraint de faire face à une situation préoccupante. Il doit gagner Fez, menacée par la rébellion des tribus du Rif et du Moyen Atlas. Dans la ville encerclée et qui menace également de s’insurger, il lutte bientôt avec ses hommes contre les 20.000 assaillants, pied à pied dans la Médina. L’aide de Gouraud, qui sera bientôt nommé général, lui est précieuse. Au cours de ces trois semaines, Lyautey transmet à ses subordonnés un peu de son calme et de son assurance. Il gagne également les élites de la ville par ses talents de diplomate. Ayant évalué ses forces et leurs dispositions, l’officier français choisit d’implanter ses troupes dans les régions littorales et stratégiques. La conquête du Maroc intérieur, en effet, reste à faire, et notamment celle de ces régions montagneuses aux mains des tribus berbères. Peut-être aurait-il mieux valu procéder suivant son exemple, en gagnant progressivement les différentes tribus du désert à l’autorité des Français, par la confiance que ceux-ci inspirent, la force qu’ils déploient ?

Après l’abdication de Moulay-Afid, le 12 mai 1912, Moulay-Youssef devient sultan. Plus pondéré et plus pieux que son frère, celui-ci est un atout pour le Résident général, qui songe en effet à s’appuyer sur son autorité et sur l’Islam afin de gouverner conjointement le pays. Le souverain entreprend un voyage triomphal qui le mène dans les principales villes du Maroc. Lyautey reçoit les principaux cadis, des chefs de guerre, dans son palais du Dar Beida, leur exposant ses projets de développement futur. Pendant les deux années qui suivent et grâce à des officiers de valeur (qui ont pour nom d’Espèrey, Mangin, Gouraud, Henrys...), la pacification progresse, la diplomatie se substituant de plus en plus aux moyens militaires. En parallèle, Hubert Lyautey s’investit personnellement dans l’œuvre coloniale. Ayant choisit Rabat pour capitale, il impose également le choix de Casablanca pour lieu de création d’un grand port. Le Résident, qui se refuse à être freiné dans son entreprise par les lenteurs administratives de la métropole, utilise les crédits militaires afin de moderniser le réseau des routes principales, en attendant les voies ferrées. Le 19 mars 1913, un projet de réorganisation de la justice au Maroc est soumis au Parlement. Soucieux qu’il est de préserver la culture marocaine, Lyautey oblige à ce que les travaux d’urbanisme soient soumis à l’approbation de son Service des Beaux-Arts.

Auréolé de cette réussite incontestable et jouissant à présent d’un grand prestige dans l’opinion, Hubert Lyautey est élu à l’Académie française, le 12 novembre 1912, suivant les instances d’Albert de Mun. L’année suivante, le 30 septembre, à Rambouillet, il est décoré de la Grand-Croix de la Légion d’Lonneur, des mains du résident de la République Léon Poincaré. Le 27 juillet 1914 cependant, le ministre de la Guerre Adolphe Messimy lui donne l’ordre de rapatrier vers la France la quasi-totalité des troupes française et indigènes présentes sur le territoire marocain. Quelques jours plus tard en effet, la guerre est déclarée à l’Allemagne. « Une guerre entre Européens c’est une guerre civile ! C’est la plus monumentale ânerie que le monde ait jamais faite ! », s’exclame Lyautey. Au Maroc, celui-ci, fort dépité que son ami Joffre ne l’appelle pas auprès de lui à l’état-major, meurtri également de la destruction du château familial de Crévic, poursuit son œuvre de pacification et de développement. Le Résident général encourage l’artisanat local, la renaissance des foires et autres marchés urbains. Peu enclin à l’établissement de colons, un mouvement d’ailleurs freiné avec le déclenchement du conflit, Lyautey préside à l’établissement d’un cadastre des terres agricoles. En ville, il favorise la création de lycées et d’écoles primaires supérieures à destination des populations européennes et de la bourgeoise marocaine, futurs cadres du pays en devenir.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 17 Mai 2007 - 22:21

Au mois de juillet 1915, le Résident général est en France, sur le front, où il visite la division marocaine. C’est l’occasion pour lui de critiquer avec vigueur la manière dont gouvernants et militaires mènent la guerre. Hubert Lyautey dénonce ainsi les offensives à répétitions qui saignent l’armée française. Il faut selon lui être plus économe des hommes. Une plus grande concertation entre les armées alliées est nécessaire, de même que la concentration du pouvoir politique, afin de répondre à cette situation d’urgence. Le 10 décembre 1916, Aristide Briand fait appel à lui pour le ministère de la Guerre du nouveau cabinet dont il est le président. Sans pour autant avoir répondu par l’affirmative, le général Lyautey, qui souhaite auparavant une réforme au plus haut niveau de l’État et de l’armée, est nommé. Briand a agi avec légèreté, d’autant plus que le général Nivelle a remplacé Joffre sans que le nouveau ministre n’ait été consulté. Dès son arrivée à Paris, le 22 décembre 1916, le nouveau général en chef lui annonce son plan d’une grande offensive sur le chemin des Dames. Même s’il considère tout ceci comme étant bien mal engagé, Lyautey ne peut peser sur les événements. Après avoir averti Poincaré, Briand et Nivelle de ses craintes, il se voit répondre que tout ceci n’est pas de son ressort. Le ministre s’aperçoit en fait, mais un peu tard, qu’il est placé au centre d’une combinaison politique. A la Chambre enfin, le 14 mars 1917, ayant eu connaissance des multiples fuites parvenues à l’ennemi concernant les préparatifs de l’offensive du 16 avril, il refuse aux députés l’exposé des dispositions liées à l’organisation de l’aviation. Ceux-ci crient au scandale et Hubert Lyautey, qui se sent depuis longtemps manipulé par un Aristide Briand soucieux avant tout de se maintenir à la tête de l’État, démissionne. Reconduit dans ses fonctions de Résident général au Maroc, il est de nouveau à Rabat au mois de mai 1917.



Davantage préoccupé par les événements européens, les différents gouvernements qui se succèdent après l’armistice de 1918, le pressent de demeurer au Maroc. Lyautey, lui, songe à prendre sa retraite. La disparition de proches parents au cours du conflit l’a profondément ébranlé. De plus, la conclusion d’une paix entre belligérants, œuvre notamment de Clemenceau et de Foch, ne lui inspire aucune confiance en l’avenir. Concernant le Maroc, le 18 novembre 1920, il adresse au ministère une note (dite « du coup de barre »). Celle-ci pose la question de la nature du protectorat. Pour la Résident général, celui-ci demeure en effet indispensable à la stabilité et au développement du pays, même si le sultanat est nécessaire au maintien de l’autorité française. Lyautey estime également que les populations ont vocation à être indépendantes, une émancipation qui doit selon lui s’accomplir avec lenteur. Dans ses administrations d’ailleurs, de plus en plus de jeunes cadres marocains sont présents aux cotés des fonctionnaires français.Ces vues personnelles tranchent avec le devenir de l’Algérie voisine, devenue colonie de peuplement.

Élevé en 1921 à la dignité de maréchal de France, il fait aussi l’objet de la sollicitude du peuple marocain, quand, au mois de février 1923, de violentes douleurs au foie, l’obligent à demeurer alité, entre la vie et la mort. Des prières publiques sont alors prononcées en son honneur. Après deux interventions chirurgicales en France, le Résident général apparaît fatigué. Malgré la venue au pouvoir de ses amis Paul Deschanel et Alexandre Millerand, tous deux élus successivement aux plus hautes fonctions de l’État, il voit ses troupes militaires diminuer en effectif, au moment où l’émir Abd el-Krim menace les provinces du Sud marocain. Celui-ci est bientôt vaincu et repoussé au loin. Mais les événements ont alerté le gouvernement qui dépêche au Maroc le maréchal Pétain pour une mission d’inspection. Avec la complicité du président du Conseil, Maurice Painlevé, celui-ci décide d’une vaste offensive militaire, sans que Lyautey n’ait donné son aval. Le Résident général est d’ailleurs dessaisi du commandement supérieur des troupes au Maroc le 22 août 1925. Il sent l’heure venue pour lui de quitter le Maroc et adresse à Painlevé et une lettre de démission un mois plus tard. Embarqué à Casablanca sur un paquebot d’une ligne régulière, seuls des torpilleurs anglais et espagnols rendront au maréchal de France les honneurs dus à son rang et à l’ampleur de son œuvre... Pauvre Cartel des gauches, pauvre état-major !



De retour en France, Hubert Lyautey s’installe dans son château lorrain de Thorey. C’est là qu’il reçoit, le 18 juillet 1826, la visite du sultan du Maroc. La même année, il prononce quelques conférences au sujet du Maroc et de l’entreprise coloniale, notamment à l’occasion du trentenaire de l’Union Coloniale à Paris. Le maréchal s’investit également dans la vie locale et provinciale de cette terre qui lui est chère, étant membre de la Chambre de commerce de Nancy, présidant à de multiples œuvres. Le grand agnostique retrouve d’ailleurs la foi et communie dans l’église de Thorey le jeudi saint de l’année 1930.

Enfin, un projet d’envergure l’occupe au cours de ces années, l’organisation de l’Exposition coloniale qui se tient à Paris, au bois de Vincennes, en 1929 et en 1931. Le gouvernement Poincaré l’avait en effet nommé commissaire général de cette gigantesque manifestation, le 27 juillet 1927. Son but : montrer la cohésion et la richesse de l’Empire, cette « plus grand France », et faire connaître aux Français ces cultures issues d’autres continents. L’exposition, où le visiteur peut admirer une reconstitution du temple d’Angkor Vat, est un immense succès, qui est aussi celui du maréchal. Enfin ce dernier peut recevoir le témoignage massif de l’estime que lui porte ses contemporains.

Le maréchal Hubert Lyautey s’éteint le 27 juillet 1934, à Thorey. Après une messe célébrée dans l’église du lieu, son corps est déposé dans le caveau des ducs de Loraine, à l’église des Cordeliers de Nancy, et veillé par des officiers de l’armée française, sabre au clair. Des obsèques nationales sont ensuite célébrées. Un an plus tard, suivant ses vœux et ceux du sultan Sidi Mohammed Ben Youssef, le cercueil du maréchal Lyautey, après avoir traversé la Méditerranée escorté par une escadre internationale de plus de trente navires de guerre, est inhumé à Rabat, dans un mausolée construit près du parc de la Résidence. Depuis le 10 mai 1961, son corps repose dans la chapelle de l’Hôtel des Invalides, à Paris.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Ven 12 Déc 2008 - 16:24

Bonjour a vous
Superbe leçon d'histoire que vous. nous avez narrée
Lors du rappatriement des cendres du Maréchal LYAUTEY en 1961 , deux jeunes portaient les coussins ou était épinglées les décorations du Maréchal LYAUTEY ,il s'agissait de :
Catherine LEMARTRET et d'Alain ROCCHI ,mon jeune frère
Pour mon père qui était arrivé en 1919 avec mes grand-parents , se fut un immense honneur qui avait été réservé a notre famille .
Hélas Je n'ai pu assister a cette cérémonie ,(j'étais militaire de carriére en Algérie )
Avec toutes mes amitiés
Christian ROCCHI
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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Jan 2009 - 16:56

La statue de Lyautey a Casablanca :
une image du protectorat
par Jean-Luc Pierre, résident à Casablanca.

En août 1907, au moment où l'armée française débarque à Casablanca, le général Lyautey, commandant de la division d'Oran, pacifie les confins algéro-marocains et occupe Oujda au Maroc. En 1908, il est choisi pour accomplir une mission d'inspection à Casablanca. C'est surtout comme Résident Général au Maroc, entre 1912 et 1925, qu'il marque de son empreinte l'Empire chérifien et le paysage urbain de Casablanca.

La statue équestre du Maréchal Lyautey, envisagée à la mort de Lyautey en 1934, est inaugurée en 1938 au centre de la Place de la Victoire appelée aussi Place Administrative, l'actuelle place Mohamed V. Entre 1907 et 1912, les généraux Drude, D'Amade puis Moinier, ont installé à cet emplacement le quartier général du corps expéditionnaire français. Lyautey décide de rassembler les fonctions administratives de Casablanca sur l'espace des anciens camps militaires.

Comme pour les anciennes places royales, l'ordonnancement de la Place de la Victoire met en harmonie les axes et les monuments. Les architectures s'inspirent de l'art islamique transfiguré par une vision résolument moderne. Les façades monumentales et les axes de la place convergeaient vers la statue équestre du Maréchal Lyautey. En une nuit de novembre 1955, à l'issue des accords de la Celle-Saint-Cloud, la statue est déplacée de quelques centaines de mètres et entre dans le jardin de l'Hôtel du commandement militaire qui est, depuis 1959, le Consulat Général de France.


Une statue sans équivalent


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Jan 2009 - 16:59



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Jan 2009 - 17:02

Cet énorme mobilier urbain représentant un personnage de l'histoire contemporaine à cheval n'a, à ma connaissance, aucun équivalent. La statue, signée de l'Architecte Marchisio et du statuaire François Cogné, apporte un témoignage de l'idéologie élaborée par la Résidence. Le cheval est fin et racé, son cou laisse voir la tension des muscles. Attentif, ses quatre pieds sont posés au sol ; aux ordres, la bride est relâchée. Svelte et sans arme, le Maréchal de France salue de son bâton étoilé. Lorsqu'il reçoit son maréchalat en 1921, un Comité de souscription des Français du Maroc lui offre un bâton et il déclare à cette occasion : Cet insigne que vous remettez en mes mains ne me rappellera pas seulement l'honneur que vous me faites, mais ces obligations et ces devoirs. Il pourrait rappeler aussi qu'il doit cet honneur à son passage malheureux au ministère de la guerre en 1917, mais surtout qu'il le doit à aux soldats marocains morts au combat.
Lyautey aime le faste, le panache. Il est en permanence en représentation et manie à merveille la séduction. Cette représentation équestre correspond bien à l'idée que les hagiographes se font de Lyautey. Comme Plutarque dans les Vies parallèles, on le compare à César bâtisseur d'empire ou Alexandre fondateur de villes. Il y a quelques chose d'antique dans cette mâle assurance ; on pense à la statue équestre de Marc Aurèle sur la place du capitole à Rome. Il y a des réminiscences des statues d'Auguste dans le profil et ce n'est pas par hasard qu'Albert Laprade, l'architecte du bâtiment du consulat, dira de lui, plagiant la célèbre formule des Res Gestae, les Hauts Faits du divin Auguste : Le général Lyautey avait trouvé une ville en pisé et en tôle ondulée ; il la laissa dix ans après en béton et en marbre. Il y a du souverain enfin dans cette représentation semblable aux statues des rois trônant au centre des places royales. Dans tous les cas, l'image de Lyautey incarne les valeurs aristocratiques -au sens étymologique du mot - dans lesquelles il croit profondément.
Le piédestal porte des citations bilingues et sept reliefs de bronze historiés illustrent les points forts de l'idéologie et de l'action du proconsul du Maroc. Chacun de ces reliefs comporte deux registres de taille inégale. Un grand motif occupe la partie basse de chaque panneau tandis qu'une petite représentation complète le thème général. La face vers la mer évoque l'apport de la France : le port, la ville, les transports et la santé. La face vers la terre représente les activités traditionnelles des Marocains. Des hommes et des femmes aux amples vêtements, des uniformes militaires contrastent avec la nudité des enfants potelés, sorte de putti mauresques.

L'homme et les mots
Animée d'une idéologie à la fois conservatrice et humaniste, l'œuvre marocaine de Lyautey vise à pacifier et à restaurer le Maroc traditionnel dans le strict respect du régime du protectorat qu'il définit ainsi : Un régime non pas transitoire mais définitif, qui a comme caractéristique essentielle l'association et la coopération étroites de la race autochtone et de la race protectrice dans le respect mutuel, dans la sauvegarde scrupuleuse des institutions traditionnelles.
Les citations bilingues de Lyautey inscrites sur l'important piédestal de la statue évoquent, dans un style volontairement imprécis et fait de bons sentiments, les apports mutuels des deux composantes de la population : Plus je fréquente les Marocains plus je vis dans ce pays, plus je suis convaincu de la grandeur de cette nation. La plus longue citation est à la fois plus complexe et ambiguë : Je crois avec tout mon cœur, toute mon âme et avec toute mon expérience que la meilleure manière de servir la France dans ce pays, d'y assurer la stabilité de son établissement, c'est de lui apporter l'âme et le cœur de ce peuple.
La citation inscrite sur la face tournée vers la terre traduit bien l'ambition, l'autorité et le charisme de Lyautey ainsi que sa volonté de modeler l'espace marocain : Etre de ceux auxquels les hommes croient, dans les yeux desquels des milliers d'yeux cherchent l'ordre, à la voix desquels des routes s'ouvrent, des pays se peuplent, des villes surgissent.
Enfin, la citation qui regarde aujourd'hui le bureau du Consul exalte l'amour que Lyautey porte au pays et aux hommes : Cette parcelle d'amour sans laquelle rien de grand ne peut se faire. Le 2 octobre 1925, dans l'allocution d'adieu à Rabat, Lyautey tient à se rendre au palais à cheval : C'est en sorte sa dernière représentation officielle que la statue fixe ainsi.


Lyautey monarchiste, toujours sensible à la légitimité divine du sultan sur la terre et les hommes, déclare à cette occasion : C'est avec une profonde émotion que j'évoque les souvenirs qui me lient depuis treize ans à Votre Majesté, auprès de laquelle, depuis le début du protectorat, j'ai toujours trouvé des conseils si éclairés, une clairvoyance si judicieuse, un appui si constant pour réaliser l'œuvre de pacification matérielle et morale, de restauration, d'autorité et de développement économique que la France s'était imposée de réaliser dans ce noble et grand pays, dans le respect absolu de sa religion, de ses hiérarchies sociales et de la souveraineté de Sa Majesté chérifienne. Si Lyautey affecte de n'avoir été que le premier serviteur du sultan, c'est pourtant le Résident Général qui détenait la réalité du pouvoir.
Le relief de cette face de la statue qui représente l'accolade de Lyautey et du sultan Moulay Youssef est probablement la représentation de cette ultime rencontre. L'un et l'autre sont accompagnés d'une suite dont les intentions pacifiques se lisent sur les visages, dans les attitudes et par les fourreaux sans lames.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Jan 2009 - 17:02



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Jan 2009 - 17:03



Le premier panneau représente le port et la ville de Casablanca qui ont été les premières préoccupations de la Résidence. Lyautey et Delure se tiennent sur la digue réalisée suivant les plans projetés. Une vue cavalière de Casablanca occupe le registre du haut. Le poids de Casablanca : Port et transports. Le maréchal Lyautey qui a fait de Casablanca la vitrine de son œuvre civilisatrice et l'entrepôt naturel de toutes les régions soumises, déclare le jour de son départ, le 10 octobre 1925 avant de monter sur le paquebot "Anfa" : Casablanca est le meilleur souvenir que j'emporte du Maroc comme il a été la grande joie de mon gouvernement. Il y a aussi rencontré quelques-unes de ses plus grandes souffrances !

Malgré la présence à Casablanca de la plus importante communauté française du Maroc, c'est Rabat qui est choisie pour siège de La Résidence. Cette décision prise en 1913 provoque un vif mécontentement à Casablanca qui se traduit par une petite fronde contre le pouvoir. Christian Houel, journaliste et témoin des premières heures de la présence française au Maroc, expose la pomme de discorde : La place du représentant de la France doit être au milieu du plus grand nombre de Français, industriels, commerçants et colons [...] non dans un château lointain, fut-il historique. En réalité, on jalouse les dépenses faites pour la capitale en pensant qu'elles démunissent Casablanca. Par ailleurs, le transfert de la capitale chérifienne de Fès à Rabat conforte le choix de Lyautey de séparer les lieux de décision politique et la puissance économique.

Ses espoirs dans les perspectives de mise en valeur du pays passent par le développement d'infrastructures ambitieuses. Une politique de construction de routes et de voies ferrées met en relation l'espace marocain, les sphères du pouvoir et le pôle de Casablanca.

L'observation des réalités économiques et géographiques impose le choix de Casablanca comme interface portuaire. Depuis 1911, Casablanca est submergée par la crue des hommes et des choses. Lyautey, au lieu de saupoudrer les crédits, envisage un grand complexe portuaire, véritable poumon du Maroc. Lorsque je suis arrivé au Maroc en 1912 [ écrit Lyautey lors de la cérémonie du premier kilomètre de la grande jetée du port le 15 juillet 1919], j'étais on ne peut moins convaincu de l'opportunité et de la possibilité du port de Casablanca […] Malgré ces dispositions, je fus vite convaincu que c'était ici que le port s'imposait. Mais je ne l'étais pas encore des possibilités de sa réalisation. Le directeur général des Travaux publics Gaston Delure a su lui montrer comment pallier les difficultés techniques et combattre les nombreuses réticences et les ardents conflits d'intérêts.

Le port, mis en service à la fin des années vingt, matérialise l'essor de la ville-phare du capitalisme colonial français. A la veille de la seconde guerre mondiale, Casablanca est le premier port du continent africain avec des quais en eau profonde sur plus de cinq kilomètres, desservis par une centaine de grues et quatre mille dockers.

Un port, c'est une porte. La découverte du phosphate l'année même de la décision de construire un grand port artificiel implique de concevoir l'interrelation entre les différents moyens de transports, le navire, la route, le rail.
Les routes s'améliorent rapidement et les pistes de plaines sont au fond assez faciles à entretenir. En revanche, dès l'aube de son action au Maroc, Lyautey piaffe d'impatience de réaliser un réseau ferré ramifiant le pays car, dit-il, le territoire est exploitable presque en entier. Or, le chemin de fer piétine du fait des freins imposés par les accords internationaux de 1911 qui stipulent que le réseau ferré marocain ne pourra être réalisé que lorsque la ligne Tanger-Fès sera construite. Avec la partition du Maroc entre la France et l'Espagne, et l'orientation résolument atlantique du Maroc colonial, cette ligne ne correspond plus à une nécessité première. Pour arriver à un accord franco-espagnol, on va tordre l'axe en sorte qu'il se rapproche de la côte et de Rabat.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Jan 2009 - 17:04



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Jan 2009 - 17:05



Mais Lyautey n'attend pas la solution financière et politique pour commencer les études et surtout pour imposer en 1912 un réseau Decauville à voie étroite. A vocation militaire au départ, ce réseau devient accessible au trafic civil.

Le développement autour de la ville d'une étoile de voies ferrées et de routes qui la relient aux quatre grandes villes du pays, a conduit à son terme l'évolution qui a fait de la ville le centre économique incontesté du pays.

Sur le deuxième panneau, un navire à quai baptisé "Maréchal Lyautey", une grue, des paquets, des dockers illustrent les échanges de produits avec la métropole. Un crieur de journaux porte sous le bras la Vigie marocaine dont le titre est bien lisible dans le bronze. Ce journal, la voix des colons, ne fut pas un modèle d'objectivité. Son fondateur, Christian Houel avoue : Je prenais la défense systématique des Français. Le nombre des journaux est considérable compte tenu du lectorat potentiel. Outre La Vigie, La Presse Marocaine, Le Progrès Marocain, Le Maroc, deux hebdomadaires, L'Information Marocaine et Les Annales Marocaines participent à la formation de l'opinion. Christian Houel, revenant au Maroc au seuil des années vingt après quelques expulsions, accuse : L'opinion n'était plus libre, mais dirigée par des hommes qui n'avaient guère que le souci de leurs propres affaires. Souvent les relations entre la Colonie de Casablanca et Lyautey furent tendues, comme en 1919 où l'atmosphère fut si irrespirable que le Résident eut bien l'intention de ne plus y revenir.

Le registre du haut montre une puissante locomotive. Ce n'est, on l'a vu, qu'à partir de 1921 que le chemin de fer pourra aller de l'avant au rythme souhaité par Lyautey.
Le troisième panneau évoque les préoccupations hygiénistes et médicales du premier protectorat. Lyautey visite un malade alité devant une infirmerie. Personnel médical européen et indigène, religieuses et enfants marocains assistent à la scène. L'état sanitaire du Maroc est catastrophique à la veille du protectorat. Fièvres, pestes, variole, typhus emportent rapidement les corps mal nourris. Pour lutter contre les épidémies et les pathologies sociales, Lyautey mène un combat afin d'assurer une couverture sanitaire intégrale du Maroc. Des hôpitaux de campagne ont accompagné la pénétration militaire et les infirmeries sont restées. La peur du Marocain et celle des maladies se confondent souvent. C'est surtout contre le corps malade de la ville musulmane que les médecins du Service de santé publique vont œuvrer : assainissement, dératisation, désinfection, vaccination.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Jan 2009 - 17:06



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Jan 2009 - 17:07



Lyautey rêve de compenser la rudesse de l'expansion coloniale par la mission médicale et met l'accent sur la prophylaxie. Un parc dans la ville orne le registre du haut. La place s'ouvre en effet sur le parc Lyautey (l'actuel Parc de la Ligue Arabe), le poumon de Casablanca, où eucalyptus, ficus, palmiers filtrent l'air. Les préoccupations hygiénistes sont manifestes : les immeubles étendent leurs ailes pour absorber les vents d'ouest et échapper aux miasmes des quartiers plus populaires, à la misère et aux maladies qui frappent durement les miséreux.



Les trois reliefs côté terre ou une figuration de la vie marocaine traditionnelle

Les trois reliefs de l'autre face sont consacrés aux activités économiques, politiques et spirituelles traditionnelles. Sur le premier panneau, un souk établi en lisière de forêt permet d'exposer, au premier plan, les fruits de la terre marocaine. Le registre du haut montre une scène de labour à l'araire tiré par deux dromadaires, dont l'archaïsme tranche avec à la mise en valeur de l'économie rurale coloniale absente de ces représentations.

Les intérêts des communautés agricoles traditionnelles et ceux des colons ne sont pourtant pas convergents. Dans un premier temps, une politique conservatoire de la tribu et de ses biens est développée, mais elle va à l'encontre de la faim de terre des colons. Alors il faut bien concilier les intérêts et Lyautey déclare : Les Marocains ne sont pas nomades, beaucoup de tribus ont gardé la coutume antique de la propriété collective des terres. Nous arrivons à les convaincre que la véritable forme de la propriété est la propriété individuelle. Et ainsi, à mesure que nous transformons les terres collectives d'une tribu en terres individuelles, comme nous accroissons la valeur du domaine de chaque membre de la tribu, nous demandons en retour une cession d'une partie de la terre collective à l'État. Et c'est justement sur cette terre collective que nous créons des lots domaniaux pour en faire bénéficier la colonisation française. Lyautey se révèle un apôtre du progrès économique et de l'individualisme agraire qui pourtant doivent bouleverser les mentalités et la société de manière profonde. A quelle pression répond-t-il ? Celle de la rentabilité ? Celle des colons ? Celle de la mise en valeur ? Celle des autorités françaises ? Donne-t-il le change à l'accusation récurrente d'indigénophilie dont il est victime ?

Le panneau central évoque la vie nomade et la tribu avec des tentes et des cavaliers en armes. Le ralliement des tribus, au nom du sultan, s'est obtenu en usant de diplomatie à l'égard des grands Caïds. Le respect des coutumes et des traditions tribales fige une réalité mouvante par essence dans un cadre administratif relié au principe externe de l'autorité. C'est en toute conscience que cette politique est évoquée par Lyautey dans une note à André Tardieu dès novembre 1913 : Gagner quelques personnalités marquantes pour gagner du même coup tous leurs clients [...] la méthode du protectorat, c'est plus souple, moins coûteux, cela réclame moins de personnel, demande moins de temps et assure davantage le respect des coutumes et des traditions.
Une vision historique déformée par l'histoire féodale européenne assimile les grands Caïds à des seigneurs. On veut voir dans l'autre son propre monde perdu, on croit déceler dans les casbahs la silhouette des châteaux forts…


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Jan 2009 - 17:08



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Jan 2009 - 17:09



Un dernier panneau présente les produits de l'artisanat marocain au pied de la Koutoubia de Marrakech : reliures d'art, maroquinerie, orfèvrerie, argenterie… Dès le printemps 1912, Le Résident Général nomme Tranchant de Lunel comme conservateur des monuments historiques et crée le "Service des antiquités, beaux-arts et monuments historiques". Ce fut la bonne fortune du Maroc d'avoir, dès l'origine cette belle équipe d'artistes et d'hommes de goût, passionnément épris des beautés de ce pays, résolus de se donner à leur sauvegarde écrit-il en pensant à Gallotti et à Majorelle.

Conscient cependant du risque que présente l'irruption des produits de l'industrie européenne pour la survie des arts marocains, Lyautey ordonne en 1913 une enquête sur les centres de production. Il organise en 1915 une exposition franco-marocaine à Casablanca. Un office des Industries d'art indigène assure à partir de 1918 la surveillance de la production et l'écoulement des produits de l'artisanat. La reliure, ce bel art marocain traditionnel, a maintenant sa place à Paris, où vous l'admirez et l'achetez. Rappelons que Lyautey sera commissaire général de la grande exposition coloniale de 1931.

Le registre supérieur représente l'arc de Volubilis, qu'au terme des fouilles, on a remonté en 1933. Cette représentation rattache le Maroc aux cultures méditerranéennes et préislamiques. En effet, une partie du monde berbère avait été intégrée à l'espace culturel méditerranéen antique. Certains idéologues de la colonisation pensaient reconstituer au profit de la France l'unité de l'Afrique du Nord rompue par les Arabes depuis l'antiquité romaine. Cette conception de l'histoire se fondait également sur le mythe de l'antagonisme Arabes-Berbères créé au 19e siècle pour servir les intérêts des colonisateurs.

Lyautey n'a jamais sacrifié au mythe berbère. En revanche, après son départ, une politique berbère tentera de briser l'unité nationale en divisant les populations arabes et berbères marocaines, au mépris d'une riche histoire commune.



Conclusion

Si les espérances de Lyautey seront brisées par les appétits politiques et économiques de la puissance protectrice, il reste que les choix ambitieux faits pour Casablanca en matière portuaire et aéroportuaire vont s'avérer cruciaux pour les intérêts des Forces alliées au tournant de la guerre. En novembre 1942, après avoir été bombardé par la flotte américaine, le port sert jusqu'en 1945 au débarquement des armes et des hommes pour la reconquête de l'Europe.

Après l'indépendance politique obtenue en 1956, les Européens quittent progressivement Casablanca, laissant les quartiers centraux à une élite citadine marocaine, mais la Médina abandonnée par ses élites traditionnelles se dégrade.

Le recensement de 1971 donnait pour Casablanca une population de 1,5 million d'habitants. A l'instar des grandes villes des pays en développement, Casablanca devient une mégapole : 2,3 millions d'habitants en 1982 et probablement plus de 4 millions aujourd'hui. Son administration a cherché à maîtriser sa croissance par un réseau de larges boulevards et l'installation de nouveaux quartiers. La part des résidents français s'est considérablement réduite alors que de nouvelles nationalités continuent de conférer à la ville son allure cosmopolite.
La littoralisation de l'économie marocaine entreprise il y a deux siècles s'est poursuivie jusqu'à nos jours. Dans cette mégalopole en voie de constitution le long de l'Atlantique, la part de Casablanca reste prépondérante. La construction de la Grande Mosquée dans la dernière décennie du 20e siècle donne à "Casablanca-Dar el-Beida" le symbole essentiel de l'urbanité musulmane et la consacre tout à la fois cité impériale et ville mondiale.


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MessageSujet: RE : L'HISTOIRE DU MARÉCHAL LYAUTEY   Sam 14 Fév 2009 - 15:02

Bonjour à toutes et à tous,

Tout d'abord, félicitations aux responsables du site pour sa présentation et pour son contenu, ainsi qu' à ceux qui interviennent pour l'alimenter et le faire vivre. En tant que webmaster du site lyautey.fr j'interviens pour souligner l'intérêt des textes produits sur votre site concernant l'épopée du Maréchal Lyautey et pour vous inviter à venir sur notre site consacré à sa personnalité, à son oeuvre, à à son message qui reste d'actualité.

De son vivant, le rayonnement de Lyautey avait déjà inspiré bien des écrivains et des conférenciers, soit parce qu'ils avaient servi au sein de son équipe, soit parce qu’ils l’avaient côtoyé en des occasions diverses ou tout simplement observé à travers ses réalisations.

Depuis sa mort, c'est par dizaines et même par centaines que se comptent biographies, récits, études, articles, mémoires ou thèses sans qu’il soit possible d’affirmer que tout a été dit sur le personnage et sur son oeuvre. Aujourd'hui, internet dont Lyautey aurait certainement été un fervent utilisateur et un promoteur, prend le relais.

Soixante quinze ans après sa mort, Lyautey devenu un symbole continue d'étonner et de fasciner; et ceci est compréhensible. Son oeuvre est d’une variété exceptionnelle. Elle est indélébile, parce qu’elle fut essentiellement humaine, et ses réalisations s’inscrivent dans une logique de prospective. Le génie de Lyautey avait perçu avant l’heure la révolution économique et industrielle qui allait secouer notre vieux monde, mais aussi la révolution technologique qui suivrait. Son mérite est d’avoir attiré l’attention sur les problèmes sociaux qu’allait engendrer la société moderne et d’avoir proposé des solutions empreintes d’humanisme.

Il attire aussi parce que son exemple comme ses écrits poussent à la réflexion. La méthode Lyautey s'appuie sur le refus de la pensée unique et des recettes toutes faites, synonymes de paresse intellectuelle et de routine. La méthode Lyautey, c’est un état d’esprit, c’est une dynamique qui pousse à la recherche d’une méthode personnelle adaptée aux hommes et aux circonstances.

Evoquer Hubert Lyautey, c'est à la fois évoquer :

- l'Homme d'Etat dont le nom reste associé à l'histoire du Maroc,
- l'Homme d'action pratiquant et insufflant l'esprit d'équipe et l'esprit d'entreprise,
- l'Humaniste ayant un sens aigu du social, prônant sans cesse l'effort et la recherche de ce qui peut unir les hommes. Il énonçait : “Il n'y a pas d'oeuvre humaine qui pour être vraiment grande n'ait besoin d'une parcelle d'amour”.
- l'Européen convaincu il y a plus d'un siècle,
- le Promoteur de l’amitié entre les peuples, à l’instar des relations franco-marocaines qu'il avait initiées,
- le Visionnaire des relations à instaurer avec le Maghreb et les Pays de la Méditerranée,
- l Instigateur de la stratégie de dissuasion qui préférait “montrer sa force pour en éviter l'emploi",
- l'Homme de communication et de management avant la lettre

Lyautey fut sans conteste un précurseur. A bien des égards, il le reste et il mérite de servir de référence pour tous ceux qui ont le respect des valeurs fondamentales qu'il défendait.

Retrouvez Lyautey sur
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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Sam 14 Fév 2009 - 18:00

Bienvenue, au Colonel Pierre Geoffroy, et très émue d'avoir une personne avec un grade si élevé comme le votre, le site Maroc-Amitie est très flatté de votre présence, je suis entrain de visiter votre site
http://www.lyautey.mosaiqueinformatique.fr/content/blogsection/1/57/

Félicitation et bonne route pour ce beau site
Amitie Soly Anidjar


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Mer 8 Juil 2009 - 19:52

entree du marechal Lyautey a Taza au Maroc


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Mer 8 Juil 2009 - 19:54



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Mer 8 Juil 2009 - 19:56



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 12 Avr 2012 - 16:18

La dépouille de Maréchal Lyautey, véritable concepteur de la dualité "Tradition et modernité" qui continue de rythmer la vie du Royaume, est rapatriée en France après avoir vécu sous terre au Maroc , près de trois décennies durant . c'est l'époque, 1961, où les premiers singes de tension (et affranchissement) entre le Maroc et La France, ancienne puissance coloniale, vont poindre



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 30 Aoû 2012 - 7:57



Le Maréchal Lyautey entouré de ses principaux collaborateurs, lors d'un Conseil du Gouvernement tenu à Casablanca le 8 janvier 1923. Il démissionnera par la suite et retournera définitivement en France en 1925.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Nov 2012 - 6:50


Le 30 mars 1912, la France imposait la signature du traité de protectorat au sultan Moulay Hafid, representant le Maroc. L'événement a coincidé avec l'arrivée du célèbre résident général Louis Hubert Lyautey, surnommé Sidi Lyautey. L'historien Daniel Rivet revient sur ce personnage dont le passage continue de fasciner les Marocains un siècle plus tard.

À l'époque du protectorat, Louis Hubert Lyautey est déjà l'objet d'une concurrence entre Français et Marocains. Les premiers célébrant le maréchal, l'homme de guerre, les autres se souvenant de celui envers qui les oulémas font dire des prières quand il tombe malade, en 1922, à Fès. Il a en fait été complètement absorbé dans l'imaginaire des élites marocaines, même parmi les nationalistes. Certainement à cause de son discours sur le Maroc : un vieux pays avec une histoire singulière, des élites intellectuelles, économiques et politiques, qu'il voulait préparer à prendre en main les leviers de l'économie et de l'État. Le résident général prône et pratique une politique d'association, tout en flattant le patriotisme confessionnel des Marocains de son temps.

À partir de 1947 et soumis au régime de la trique du général Juin, les nationalistes ressortent ses thèses, notamment celles publiées dans Lyautey l'Africain : ses déclarations sur l'indépendance à prévoir et ses odes à la grandeur et à la singularité du pays. Mohammed V a bien saisi cette fascination, lui qui demanda le rapatriement en France du corps de Lyautey, jusque-là enterré dans les jardins de la résidence générale, à Rabat, et qui sera transféré aux Invalides. Je me demande si ce n'est pas une manière, peut-être inconsciente, de déboulonner la statue du commandeur. Il y a encore des vieux Slaouis qui doivent invoquer les mânes de Lyautey face aux travaux de réaménagement de la vallée du Bouregreg. Ce remodelage de la ville doit en chagriner beaucoup, car le maréchal avait préservé les vieilles villes et sauvé Fès de la destruction.



D'un autre côté, il faut bien dire le paradoxe insoluble entre la volonté de Lyautey de conserver le « vieux Maroc » et son ambition de faire de la façade atlantique une Californie française. C'est-à-dire de faire du neuf, ce qu'il juge impossible dans une France corsetée par le jacobinisme. Il fait appel au « génie français » dans l'urbanisme de Casablanca, l'agrobusiness dans le Gharb, la santé. Une maquette conçue par les ingénieurs et les fonctionnaires pour un pays neuf. Même si ce Maroc des villes, replié sur soi, se coupe de la réalité sociale. D'ailleurs, les Marocains n'ont jamais vraiment accepté le protectorat.


Sidi Lyautey, une icône

Dans ce sens, il serait artificiel de séparer un « bon » protectorat sous Lyautey, respectueux du pays et de sa culture, et le régime de ses successeurs, qui n'auraient rien compris et défait son héritage. Aucun résident général n'a remis en question Lyautey, figure iconique, presque maraboutique. Il y a enfin l'aspect sombre du personnage. Ce mélange de pragmatisme et de cynisme qui lui permet, en s'appuyant sur les grands caïds, de tenir tout le Sud avec quelques bataillons pendant la Première Guerre mondiale.

L'héritage anachronique de Lyautey

Les élites technocratiques qui gouvernent le Maroc d'aujourd'hui, l'entourage de Mohammed VI, ont-ils lu les textes de Lyautey ? J'en doute.





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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Nov 2012 - 6:57

Au Maroc, le lycée Lyautey de Casablanca est l'un des plus grands lycées français de l'étranger. Le portrait du maréchal Lyautey qui orne l'établissement a été réalisé dans les années 1990, sur une proposition de la direction, et a soulevé un débat parmi les élèves quant au regard à porter sur l'œuvre et les responsabilités du maréchal Lyautey
. À la même période, un drapeau français, accroché par la direction sans le drapeau marocain, a été retiré par des élèves[réf. nécessaire].

Une ville portuaire du Maroc, a porté le nom de « Port-Lyautey » jusqu'à la fin du protectorat. Elle fut rebaptisée « Kenitra » et est située à 30 km au Nord, environ, de la capitale, Rabat.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Nov 2012 - 6:58



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Nov 2012 - 7:03



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Nov 2012 - 7:05



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Nov 2012 - 7:09

5 août 1890
Convention secrète entre la Grande-Bretagne et la France : cette dernière se voit reconnaître le droit d'occuper le Sahara occidental pour préserver un passage vers le sud, c'est à dire vers le Niger et le Tchad. Il s'agissait d'assurer la sécurité sur l'Algérie, mais cette convention ne fut jamais vraiment exploitée.

Mai 1902
"Accord des confins" : le Sultan du Maroc et le gouvernement Français se mettent d'accord pour un contrôle commun dans la région frontalière avec l'Algérie.

Octobre 1903
Le colonel Lyautey est appelé pour assurer la pacification de la frontière Algéro-Marocaine depuis la Méditerranée jusqu'à Beni Alles. Il dispose de 8000 hommes, mais outrepasse les pouvoirs que le gouvernement lui a fixés et dépasse les limites de la frontière. Il occupe Bechar (en territoire marocain au Sud est) et l'appelle Colomb.

Au même moment, le Maroc est exsangue financièrement, et fait appel à la Banque de Paris et des Pays-Bas qui devient le principal créancier du royaume.

31 mars 1905
Le kayser Guillaume II inquiet de l'avancée des troupes de Lyautey débarque au Maroc à Tanger.

du 7 janvier au
6 avril 1906
à Algésiras
Conférence internationale à la demande du Sultan sous la pression du Kayser. Treize pays y participent et la France en sort vainqueur. L'indépendance du Maroc y est affirmée, mais les principaux ports tombent sous le contrôle de la France et de l'Espagne. La France devient majoritaire dans la Banque d'Etat du Maroc.

Le traité d'Algésiras est particulièrement mal vécu par la population Marocaine. Des émeutes éclatent dans les grandes villes.





19 mars 1907
Assassinat à Marrakech du docteur Mauchamp, médecin humanitaire, mais soupçonné par la population d'être un "agent" travaillant pour la France : grande émotion en France.


5 août 1907
A la suite de violentes émeutes provoquées par la profanation d'un cimetière musulman lors de travaux dans le chantier du port , le croiseur Galilée bombarde la ville de Casablanca en représailles, et les troupes débarquent et occupent la plaine de la Chouïa autour de Casablanca.






16 août 1907
Le sultan Abd El Aziz est remplacé par son frère. Mais il est impuissant devant les Français et se soumet.

1909
En réaction à l'occupation par la France de la Chouïa, l'Espagne s'installe dans le Rif.

14 mars 1911
Soulèvement populaire contre l'autorité du Sultan à Fès qui échoue.

4 mai 1911
Le sultan Moulay Hafid, dans la contrainte , signe une lettre demandant l'appui de la France : les Français occupent aussitôt Fès, Meknés et Rabat.

1er juillet 1911
Le Kayser Guillaume II, mécontent de l'attitude de la France, envoie le croiseur Panther à Agadir, officiellement, pour protéger les intérêts des Allemands dans le Souss. On est proche de la confrontation armée entre les deux pays.

4 novembre 1911
Appuyée par la Grande Bretagne, la France accorde à l'Allemagne des compensations territoriales en Afrique Équatoriale , et en contrepartie celle-ci reconnaît le" protectorat" de la France sur le Maroc.

30 mars 1912
Sous la pression de 5 000 soldats qui cernent le Palais, le Sultan Moulay Hafid signe le traité du protectorat.


16 mai 1912
Rejoints par des mutins, des rebelles soulèvent Fès. Le gouvernement Français envoie les généraux Lyautey et Gouraud.

Lyautey est nommé Résident général du Maroc.


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Nov 2012 - 7:11

5 août 1912
Le sultan MOULAY HAFID vient de signer le 30 mai le traité de protectorat, dit traité de Fès, mais sa personnalité inquiète Lyautey, qui lui préfère son jeune frère MOULAY YOUSSEF, et il le force à abdiquer pour "raisons de santé".



16 août 1912
Les tribus du Sud, "les hommes bleus", sous la conduite de Hel Hiba, se soulèvent et se dirigent vers Marrakech. Pour les contenir et les repousser vers le Sud, Lyautey obtient la neutralité des chefs de tribus de l'Atlas. Parmi ceux-ci, THAMI EL GLAOUI : il est récompensé de sa collaboration en étant nommé Pacha de Marrakech, par un dahir du Sultan.

Ce n'est qu'en 1934, que la dernière région, le jbel Saghro, fut "pacifiée". La résistance à l'occupation Française fut donc continue de 1912 à 1934.



20 juillet 1921
La tribu des Beni Ouriaghel dans le Rif central, se soulève sous la conduite du fils du Cadi, ABD EL KRIM. Ce dernier a une culture européenne, il parle parfaitement l'Espagnol et a une vision moderne du monde.

Abd El Krim, contrairement aux autres résistants, a un projet politique précis. Profitant d'une lourde défaite de l'armée espagnole venue réprimer le soulèvement (3500 morts et 5000 blessés), il s'empare d'un armement lourd impressionnant : des dizaines de canons, des milliers de fusils et leurs munitions lui permettent d'équiper ses compagnons d'armes.

Il n' aucun mal à s'adjoindre l'alliance des chefs de tribus qui refusent le protectorat : il proclame la République Confédérée du Rif. Il en devient le Président, constitue un gouvernement, lève une armée et organise une administration.



1924
Les Espagnols n'occupent plus que quatre ports et se sont retirés des terres sous la pression des troupes d'Abd El Krim.

Le gouvernement Français s'inquiète, car les troupes sont proches de Fès et Taza. Des renforts sont nécessaires. PETAIN est envoyé sur place.

LYAUTEY n'apprécie pas son rival. Il démissionne et est remplacé par un civil, THEODORE STEEG, nommé Résident Général.



Octobre 1925
LYAUTEY rentre définitivement en France. Pétain et son adjoint Naulin parviennent à bloquer l'offensive sur le Front Rifain.



Début 1926
Avec l'appui de dix escadrilles d'aviation, et de 160.000 hommes, les troupes françaises, alliées aux Espagnols commandés par Primo de Riveira, lancent une contre-offensive.

17 mai 1926
Au prix d'une effroyable boucherie dont sont victimes les populations civiles, et sous un déluge de bombardements, ABD EL KRIM se soumet.

Il est aussitôt exilé à l'Ile de la Réunion dont il s'évadera en 1947. Il se réfugiera alors en Egypte où il y meurt en 1963.

Le président NASSER lui offre des funérailles nationales. Son prestige était alors si grand, qu'en 1956 à l'indépendance, il ne reçut pas l'autorisation de revenir au Maroc, tant son "aura" politique paraissait encore inquiétante pour l'entourage du Roi MOHAMMED V. Celui-ci avait rencontré Abd El Krim au Caire en 1959.



18 novembre 1927
Mort du Sultan MOULAY YOUSSEF.

Les Français imposent comme Sultan son 3ème fils Sidi Mohammed, âgé de 17 ans, censé être plus docile.



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Nov 2012 - 7:15

27 JUILLET 1934 MORT DU MARECHAL LYAUTEY

En 1912 ,celui qu’on allait surnommer Lyautey l’Africain devenait le premier résident général de France au Maroc.
Né à Nancy, le 17 novembre 1854.
Comme nombre de ses ancêtres, Hubert Lyautey se destina très tôt à la carrière militaire et entra à Saint-Cyr en 1873.

Hubert Lyautey n’était pas encore maréchal de France quand il fut élu à l’Académie française, le 31 octobre 1912, au fauteuil d’Henry Houssaye par 27 voix. Il ne fut reçu qu’après la guerre, le 8 juillet 1920, par Mgr Duchesne.
Le maréchal Lyautey, résident général de France au Maroc de 1912 à 1925, occupe indéniablement une place toute particulière dans le légendaire colonial français. Et le nombre des études qui lui ont été consacrées en témoignent tout à fait.


Mort en France, le 27 juillet 1934, Lyautey fut enseveli à Rabat. En 1961, sa dépouille devait être ramenée en France pour être déposée aux Invalides,En 1934 peu de temps après le décès du maréchal Lyautey, un des principaux collaborateurs de L'Afrique française, l'organe du comité de l'Afrique française et du comité du Maroc, J. Ladreit de Lacharrière publia une première bibliographie qui rassemblait à la fois les publications de Lyautey et les études qui lui avaient été consacrées.La statue équestre du Maréchal Lyautey, envisagée à la mort de Lyautey en 1934, est inaugurée en 1938 au centre de la Place de la Victoire appelée aussi Place Administrative, (l'actuelle place Mohamed V),En une nuit de novembre 1955, à l'issue des accords de la Celle-Saint-Cloud, la statue est déplacée de quelques centaines de mètres et entre dans le jardin de l'Hôtel du commandement militaire qui est, depuis 1959, le Consulat Général de France.

pour moi, qui suis née bien apres sa mort, Lyautey represente pour moi,le parc Lyautey, la statue Lyautey, le lycee Lyautey,Le college Lyautey, la ville de Port-Lyautey et vous ?


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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Nov 2012 - 7:31



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   Jeu 8 Nov 2012 - 7:33



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MessageSujet: Re: L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY   

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L'HISTOIRE DU MARECHAL LYAUTEY
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